Souvenirs de voyage en trois temps. Jacques Parizeau, des scouts en route vers la Gaspésie (troisième article d’une série de trois)

Les Archives nationales vous invitent à découvrir des journaux de voyage d’une autre époque. Vous suivrez ainsi Edmond Joly de Lotbinière aux quatre coins du globe, Anne-Marie Palardy dans un tour de France en automobile en 1909 et le jeune Jacques Parizeau en autostop vers la Gaspésie.

Sur la route de la Gaspésie

Du 30 juillet au 15 août 1946, le futur premier ministre du Québec Jacques Parizeau et son ami Julien Mackay, portant leur uniforme scout pour convaincre les automobilistes de les faire monter à bord, effectuent un voyage en autostop de Montréal jusqu’à la péninsule gaspésienne.

Jacques Parizeau à 17 ans, 1947. Archives nationales à Montréal, fonds Jacques Parizeau (P686, S1, SS1, SSS2, D52). Photographe non identifié.

Correspondance et souvenirs des années 1940

Jacques Parizeau fait régulièrement le point sur ses découvertes dans des comptes rendus numérotés envoyés à ses parents, Germaine (née Biron) et Gérard Parizeau. Ces envois, « tout en réglant le problème de la correspondance familiale », lui donnaient la possibilité « de garder un souvenir matérialisé et précis de ce [qu’il] voyai[t]1 ». Ils permettent en effet de suivre l’itinéraire de ce périple et de lire d’intéressantes descriptions des lieux visités.

Le jeune homme y parle aussi des activités économiques (agriculture, foresterie, pêche, etc.) qui animent les agglomérations qu’il traverse avec son ami. Il souligne l’accueil chaleureux et la générosité des personnes, souvent des religieux, qui leur offrent le gîte et le couvert. À Percé, où ils rejoignent d’autres scouts qui voyagent comme eux, ils logent dans le grenier au-dessus du garage du juge Maurice Brasset. Les grands-parents maternels de Jacques Parizeau, Blanche (née Fleury) et Édouard Biron, en vacances à Percé, invitent leur petit-fils et plusieurs de ses amis à dîner à l’hôtel où ils séjournent. Ces comptes rendus décrivent, à travers le regard curieux et observateur d’un adolescent de 16 ans, certaines localités du Québec au milieu des années 1940.

Journal de voyage de Jacques Parizeau, 1946, p. 1. Archives nationales à Montréal, fonds Jacques Parizeau (P686, S1, SS1, SSS2, D26, P1).

L’Abitibi, le Nord ontarien et l’Ouest canadien

Ce premier journal de route sera suivi d’un deuxième, qui relate un voyage de Jacques Parizeau en Abitibi et dans le nord de l’Ontario (du 3 au 16 août 1947) avec son frère Michel, puis d’un troisième, alors qu’il se rend dans l’Ouest canadien jusqu’au Pacifique (du 14 juin au 30 juillet 1948) avec son ami Marc Baudouin.

Le jeune Parizeau considère le voyage non seulement comme un plaisir, mais aussi comme un moyen d’acquérir « des connaissances plus précises sur [s]on pays et d’utiles leçons» qui vont certainement servir au futur économiste et politicien. Ces journaux de voyage exceptionnels sont conservés dans le riche fonds d’archives Jacques Parizeau.

Percé, en Gaspésie, entre 1940 et 1950. Archives nationales à Montréal, fonds Jacques Parizeau (P686, S1, SS1, SSS2, D26, P1).

Les écrits de voyage constituent une source de savoir unique et représentent une richesse à explorer dans les fonds d’archives de BAnQ. Découvrez aussi les journaux de voyage d’Edmond Joly de Lotbinière sur ses périples aux quatre coins du globe et d’Anne-Marie Palardy sur son tour de France en automobile en 1909.

Cet article est une version révisée d’un texte paru dans la revue À rayons ouverts, publiée par BAnQ (no 109, hiver 2022, p. 16-19) sous le titre Souvenirs de voyage en trois temps.

Marthe Léger, archiviste, Archives nationales à Montréal.


1. Jacques Parizeau, « Partir… », Le Quartier latin, 11 mars 1949, p. 4.

2. Jacques Parizeau, « Partir… », Le Quartier latin, 11 mars 1949, p. 4.