Des émotions fortes aux Archives nationales!

En cette Semaine internationale des archives, nous souhaitons partager avec vous notre passion pour les archives.

Voici des coups de cœur d’employés des Archives nationales. Nous espérons qu’ils vous feront vivre autant d’émotions qu’à nous!

Dix documents choisis avec amour

Dans le cadre de notre travail, lors de l’acquisition, du traitement et de la diffusion de documents archivistiques, nous faisons des découvertes qui ne nous laissent pas indifférents. Il arrive même que nous tombions carrément en amour avec certains documents, parce que nous les trouvons beaux, qu’ils nous émeuvent, qu’ils nous rappellent des souvenirs, ou qu’ils sont une preuve historique ou un témoignage important de notre identité québécoise commune.


Les Bo-Bo Balls du Café Mee-Ho

Salle à manger du Café Mee-Ho, 1961. Archives nationales à Sherbrooke, fonds Studio Boudrias (P21, S2, D1603, P4). Photographe : Studio Boudrias.

Au Café Mee-Ho de la rue Wellington Sud, à Sherbrooke, les spécialités étaient les fameuses Bo-Bo Balls (de petites boulettes de porc aigres-douces) et le poulet à l’ananas. J’y amenais mes enfants à l’occasion. Ce qu’ils aimaient beaucoup, après s’être rassasiés des mets américano-chinois de l’endroit, c’était de fouiller les banquettes disposées de chaque côté de la salle à dîner : ils y trouvaient régulièrement des pièces de monnaie, échappées des poches de pantalon des messieurs. En plus de profiter d’un dîner exotique dans un décor de film, ils ressortaient du restaurant plus riches qu’avant!

Hélène Liard, agente de bureau (nouvellement retraitée) aux Archives nationales à Sherbrooke


La terre natale

Bécancour, vues aériennes, avril 1965. Archives nationales à Trois-Rivières, fonds Famille Sadoth Tessier (P149, S13, D1). Photographe : Roger Tessier.

Mes ancêtres ayant longtemps vécu à Bécancour, je suis touché chaque fois que je découvre quelque chose de nouveau sur cette localité. J’ai été fasciné lorsque j’ai découvert cette photographie pendant le traitement du fonds Famille Sadoth Tessier. Elle représente le village à l’époque où mon père n’était encore qu’un enfant. Bien que la maison familiale soit à l’extérieur du cadre de la photo, pour moi, cette image représente le Bécancour des histoires de jeunesse de mon père. Elle évoque pour moi les anecdotes qu’il m’a racontées, entre autres, sur son premier emploi à l’épicerie Mailhot.

Éric Lamothe Cyrenne, technicien en documentation aux Archives nationales à Trois-Rivières


Rare et inusité

Estampe gravée par Domenico Montagù, Collège romain, 1770, Archives nationales à Rimouski, fonds Chanoine Ferdinand-Elzéar Couture (P70).

Cette estampe a été découverte dans une reliure ancienne en vélin qui servait de portfolio, avec 11 autres estampes modifiées. Tout de suite, j’ai été intriguée par les fenêtres, que l’artiste avait retouchées pour créer de la lumière à l’intérieur du bâtiment. Le verso de l’estampe permet de voir la technique : une série de petits points percés, des fenêtres découpées, la pose d’un quadrillé pour faire des carreaux, l’ajout d’une mince couche de papier et, pour terminer, l’application de peinture colorée. On remarque que l’estampe a été découpée et marouflée sur carton. Selon notre spécialiste des livres anciens, cette modification après impression est plutôt rare.

Geneviève Vezeau, agente de bureau aux Archives nationales à Rimouski


L’humilité est nécessaire

Manuscrit reproduit par Joseph Vicaire à partir d’un ancien manuscrit rédigé par Étienne Michel, décédé en 1868. Le manuscrit original a été détruit en 1893 lors de l’incendie de l’église. Date inconnue. Archives nationales à Gaspé, fonds Mission des Pères Capucins de Sainte-Anne-de-Ristigouche (P9).

Ma surprise fut grande lors de la découverte de ce manuscrit, pendant le traitement du fonds de la Mission des Pères capucins de Sainte-Anne-de-Ristigouche. Ce qui me touche dans ce document, c’est que je me retrouve complètement démuni devant ces hiéroglyphes. Je me sens comme un jeune enfant devant un livre d’histoire : il m’est impossible de comprendre ce que tout cela signifie.

André Ruest, technicien en documentation aux Archives nationales à Gaspé


Le Far West québécois

Vue de la rue Perreault à Rouyn, vers 1927. Archives nationales à Rouyn-Noranda, fonds Fonderie Horne (P123, S1, P89). Photographe non identifié.

La première chose qui me vient en tête lorsque je regarde cette photo, c’est Lucky Luke. L’architecture, les trottoirs de bois, le cheval, le magasin général, les jeunes qui errent à la salle de billard… Tout y est! Dans les faits, le développement de Rouyn-Noranda est intimement lié à celui du Far West américain. Dans les deux cas, c’est une ruée vers l’or qui est l’élément déclencheur. Si un jour quelqu’un invente une machine à voyager dans le temps, c’est à cet endroit et à ce moment précis que j’aimerais me retrouver.

Sébastien Tessier, archiviste-coordonnateur, Archives nationales à Rouyn-Noranda


La correspondance d’une effrontée!

Lettre de Louisa Trudeau à Aurélie Papineau, 4 janvier 1848. Archives nationales à Gatineau, fonds Familles Mackay-Papineau (P17, S1).

Le premier fonds d’archives que j’ai découvert après mon arrivée aux Archives nationales est celui des Mackay-Papineau, une famille qui a joué un rôle important dans le développement de la région de la Petite-Nation. En explorant le contenu des boîtes, je suis tombée sur de la correspondance et je n’ai pu m’empêcher de lire quelques-unes des lettres de cette série. J’ai laissé ma curiosité se nourrir des petits moments amusants vécus par les membres de cette famille. Une de ces lettres m’a d’ailleurs beaucoup fait rire; elle est devenue un de mes coups de cœur. Elle est intitulée « Ma chère bonne à rien ».

Mélanie Plouffe, agente de bureau aux Archives nationales à Gatineau


Passe-moi la puck…

Madame Luce Côté et ses cinq équipes de hockey à Sillery, 1963. Archives nationales à Québec, fonds Léon Bernard (P967, S2, SS6, D21). Photographe non identifié.

Mon coup de cœur, c’est cette scène de hockey sur une patinoire de Sillery : on y voit madame Côté (au centre dans l’abri), qui s’occupe d’équipes de hockey depuis des années. Le regard de tous sur le jeu qui se déroule, le chien qui n’attend qu’un seul mot pour sauter sur la glace, le dévouement… C’est du plaisir pur, sans complications.

Claude Rocheleau, technicien en documentation aux Archives nationales à Québec


Empathie pour loisirs risqués

Débarcadère temporaire de l’île Sainte-Hélène, vers 1910. Archives nationales à Montréal, fonds La Presse (P833, S3, D487). Photographe non identifié.

Le fonds du quotidien La Presse est constitué de milliers de dossiers d’une grande richesse historique. Celui sur l’île Sainte-Hélène au début du XXe siècle est fascinant. Parmi les dizaines d’épreuves photographiques (qui montrent les bâtiments militaires, le pavillon des rafraîchissements, des pique-niques et le cimetière des soldats), ma préférée est sans contredit celle-ci. J’apprécie le contraste entre les plaisanciers endimanchés débarquant du steamboat en provenance de Montréal, et la précarité du quai et de la passerelle menant au rivage. Une légende au verso indique qu’il s’agit du « débarcadère temporaire ». Heureusement!

Mireille Lebeau, archiviste aux Archives nationales à Montréal


Promenade paisible dans le passé

Sept-Îles, 1920-1930. Archives nationales à Sept-Îles, fonds Joseph-Émile Chabot (P61, S1, P127). Photo : Joseph-Émile Chabot.

Cette photographie représente pour moi le passé, le passé de Sept-Îles alors village de pêche, où aujourd’hui évoluent les nouvelles générations de pêcheurs dans un univers industrialisé. Je ne me lasse pas de parcourir la promenade du Vieux-Quai en imaginant ces paysages, qui demeurent toujours vivants grâce aux photographies d’archives.

Danielle Saucier, archiviste-coordonnatrice aux Archives nationales à Sept-Îles


On comprend enfin l’expression

Bon de la compagnie Price (piton) d’une valeur de 15 sous ou 7 ½ pennies, 31 août 1850. Archives nationales à Saguenay, fonds Roger Boivin (P78, D3, P1).

En 2010, je suis devenue archiviste pour la Société historique du Saguenay, un partenaire de BAnQ. Au cours de conversations avec mes collègues des Archives nationales à Saguenay, j’ai entendu parler des fameux « pitons » de la Compagnie Price.  Cette monnaie a d’ailleurs donné lieu à l’expression à saveur régionale « je ne suis pas la banque à pitons ». Je connaissais certes l’expression, mais je n’avais jamais vu de « pitons »! Étant devenue depuis l’archiviste-coordonnatrice des Archives nationales à Saguenay, j’ai pu enfin admirer cette fameuse collection de monnaie qui date de 1850 à 1853, et je la fais connaître aux chercheurs.

Myriam Gilbert, archiviste-coordonnatrice aux Archives nationales à Saguenay


Marie-Pierre Nault, archiviste, Archives nationales à Montréal