Le Québec – Les défis de la sauvegarde de ses écosystèmes

Célébré pour ses grands espaces et la beauté de ses paysages, le Québec fait face aujourd’hui, comme toutes les régions du globe, à des défis environnementaux majeurs.

Un territoire immense à protéger

Le Québec appartient au monde atlantique. Situé au nord-est de l’Amérique du Nord, il entretient depuis plus de 400 ans des liens étroits avec l’Europe. Colonie de la France puis de la Grande-Bretagne, il leur doit l’essentiel de son peuplement et de sa culture. Son américanité est aussi manifeste. Le Saint-Laurent et son réseau hydrographique permettent de rejoindre le cœur de l’Amérique du Nord. Québec et Montréal, ses deux principaux ports, bénéficient d’une position stratégique avantageuse à cet égard. De même, la proximité avec les États-Unis a été source de conflits, d’échanges commerciaux et de mouvements migratoires majeurs.

Jacques Nicolas Bellin, Carte de l’Océan occidental et partie de l’Amérique Septentrionale tirée dePierre-François-Xavier de Charlevoix, Histoire et description générale de la Nouvelle-France […], Paris, Didot, 1744, t. 3, p. xiv. Collections de BAnQ.
Montréal, 2011. Archives nationales à Québec, fonds Pierre Lahoud (P999). Photo : Pierre Lahoud.

La position stratégique de Montréal entre l’Atlantique et les Grands Lacs, l’ouverture du canal de Lachine en 1825 et la canalisation du Saint-Laurent en 1959 favorisent une croissance rapide de la ville et son industrialisation.

L’exploitation des ressources naturelles

Si la chasse à la baleine, les pêcheries et la traite des fourrures incitent les Européens à s’aventurer dans le golfe Saint-Laurent dès le xvie siècle, c’est vraiment à partir de 1632 qu’une colonie de peuplement française, axée principalement sur l’agriculture, s’implante. L’adaptation à l’hiver et aux grandes distances est nécessaire et l’aide des Premières Nations s’avère essentielle. Les basses terres fertiles du Saint-Laurent, bornées au nord et au sud par les Laurentides et les Appalaches offrent des possibilités agricoles rapidement exploitées. C’est d’ailleurs dans cette partie du territoire que se concentre encore aujourd’hui l’essentiel de la population.

Pêche aux marsouins (bélugas) dans les îles de Kamouraska, aquarelle de L. Peyre.1728. Archives nationales à Québec, Collection initiale (P600, S4, SS2, D32).
Sainte-Anne-de-la-Pérade, nichée sur les berges de la rivière Sainte-Anne, près du fleuve, dans les basses-terres du Saint-Laurent, 2013. Archives nationales à Québec, fonds Pierre Lahoud (P999). Photo : Pierre Lahoud.

La colonisation des vastes territoires

Des rives du Saint-Laurent et de ses principaux affluents se met en place un vaste mouvement de colonisation qui s’étend vers l’arrière-pays pour atteindre les Cantons-de-l’Est à la fin du xviiie siècle, le Saguenay et le Lac-Saint-Jean à partir des années 1840 et l’Abitibi dans les années 1920-1930. L’exploitation forestière et minière, le développement des pêches et les projets hydroélectriques au xxe siècle se traduisent aussi par une présence accrue des Québécois dans les zones excentrées. Aujourd’hui, la partie habitée du territoire ne dépasse guère 10 %. Les habitants du Québec ont toujours été mobiles : mobilité intérieure vers de nouvelles zones de colonisation, mouvements vers les centres urbains et migration à travers l’Amérique du Nord. Ainsi, 700 000 personnes migrent vers les États-Unis entre 1850 et 1930.

Le Québec a connu une croissance démographique soutenue grâce à une forte natalité et à différentes vagues migratoires. De 70 000 habitants en 1760, la population atteint maintenant plus de huit millions dont 80 % sont francophones.

Des catastrophes naturelles passées et à venir

Touché périodiquement par des catastrophes naturelles, le Québec subit de plus les effets du réchauffement climatique, de la surexploitation de certaines ressources naturelles, de la pollution et du poids toujours accru de la présence humaine. À cet égard, des actions collectives et individuelles s’avèrent de plus en plus nécessaires pour limiter l’impact négatif des activités humaines sur l’environnement.

Inondation à Saint-Georges par la rivière Chaudière, 31 juillet 1917. Archives nationales à Québec, fonds Ministère de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques  (E57, S44, SS1, PY-146). Photographe non identifié.

Historiquement, les Québécois vivent près de cours d’eau et plusieurs lieux d’habitation sont sujets à des inondations.
Monteur de ligne réparant les fils d’une ligne de transport d’électricité à la suite de la tempête de verglas qui a frappé le Québec en janvier 1998. Archives nationales à Montréal, fonds Le Devoir (P10009, no 3835). Photo :  Jacques Grenier.
Érosion aux Îles-de-la-Madeleine, 2012. Archives nationales à Québec, fonds Pierre Lahoud (P999). Photo : Pierre Lahoud.

Pour en savoir plus

Serge Courville, Le Québec : genèses et mutations du territoire – Synthèse de géographie historique, Sainte-Foy / Paris, Presses de l’Université Laval / L’Harmattan, 2000.

John A. Dickinson et Brian Young, Brève histoire socio-économique du Québec, traduit de l’anglais par Hélène Filion, nouvelle édition, Montréal, Bibliothèque québécoise, 2014.

Peter Gossage et Jack I. Little, Une histoire du Québec – Entre tradition et modernité, traduit de l’anglais par Hélène Paré, Montréal, Hurtubise, collection « Cahiers du Québec – Histoire et politique », 2015.


Rénald Lessard, archiviste-coordonnateur, Archives nationales à Québec, Bibliothèque et Archives nationales du Québec


Ce texte a été publié sous le titre « Le Québec, terre et mer » dans l’ouvrage Reflets de mémoire – Le Québec en images, sous la direction d’Hélène Laverdure, Isabelle Crevier et François David, Les Publications du Québec, 2021, 225 pages.

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