Marie Cardinal : être d’ici et d’ailleurs

Marie Cardinal est née à Alger en 1928 d’une famille française établie en Algérie depuis 1837.

Marie Cardinal, 1978. BAnQ Vieux-Montréal (P833, S2, D892). Photo : Jean Goupil.

C’est là qu’elle rencontre Jean-Pierre Ronfard, qui deviendra son mari, alors de passage dans la capitale algérienne avec une troupe de théâtre.

Marie Cardinal doit quitter son pays peu après la naissance de son premier enfant, lorsque la guerre d’Algérie éclate. Elle conserve toute sa vie un profond attachement à sa terre natale, lequel transparaît dans son œuvre.

La famille s’installe ensuite en France, tout en séjournant en Grèce, au Portugal et en Autriche où le couple est envoyé comme professeurs. À partir de 1960, Marie Cardinal réside à Montréal par intermittence pour y suivre son époux qui vient d’obtenir le poste de directeur de la section française de l’École nationale de théâtre du Canada. Le reste du temps, elle vit en France avec leurs trois enfants. C’est là-bas qu’elle écrit son sixième ouvrage, « Les mots pour le dire », qui connaît un succès retentissant lors de sa publication en 1975.

Marie Cardinal reçoit la nationalité canadienne en 1982 et s’installe définitivement à Montréal en 1984, mais la femme de lettres n’a pas eu le coup de foudre pour la métropole.

« Entre Montréal et moi ça ne s’est pas passé tout de suite. »

Carnet #8, p. 25, [entre 1989-1993]. BAnQ Vieux-Montréal (P996, S4, D8).

La romancière est née dans un pays de chaleur, mais ce sont les hivers montréalais qui lui font aimer la ville. Marie Cardinal est émerveillée par la beauté de la neige qu’elle perçoit comme un miracle de la nature.

« Mais surtout, c’est le froid qui, hiver après hiver m’a fait aimer Montréal. »

Carnet #8, p. 27, [entre 1989-1993]. BAnQ Vieux-Montréal (P996, S4, D8).

Ces mots proviennent des carnets qui font partie des archives de Marie Cardinal cédées par Alice et Bénédicte Ronfard à BAnQ en 2018. Les 11 carnets intimes, que la femme de lettres avait l’habitude de cacher sous son oreiller, sont riches d’écrits de tous genres. Ils contiennent des journaux personnels, des ébauches et variantes de romans, des réflexions philosophiques sur le féminisme, la famille, la terre natale, la politique et l’art. Des extraits de ces textes uniques qui s’entrelacent dans ces carnets ont été publiés dans L’inédit, publication posthume qui est«…le fruit inattendu et inespéré d’un travail de recherche entrepris en 2009 sur les carnets intimes de Marie Cardinal par ses filles Alice et Bénédicte Ronfard et [par l’éditrice Annika Parance]. » (L’inédit, p. 7.)

Catherine Beaudoin, stagiaire de l’Université de Montréal (supervisée par Marthe Léger, archiviste) – BAnQ Vieux-Montréal

En complément 

Fonds Jean-Pierre Ronfard (P863).

CARDINAL, Marie. L’inédit. Annika Parance éditeur, 2012, 257 pages.