Halloween et le mois des morts: un regard sur la mort dans nos archives

Qu’il s’agisse de la fête populaire de l’Halloween (31 octobre) ou des fêtes catholiques de la Toussaint (1er novembre) ou celle de la Commémoration des fidèles défunts (2 novembre), les occasions sont nombreuses en cette période de l’année pour célébrer la mort et de nous rappeler que la relation que nos ancêtres entretenaient avec cette dernière est bien différente de la nôtre.  Pour s’en convaincre, il est possible de consulter l’ouvrage de Serge Gagnon, Mourir. Hier et aujourd’hui, parue en 1987 dans lequel l’auteur nous rappelle l’omniprésence de la mort dans le quotidien de nos ancêtres.

 

4-Boudreau - La mort dans les archives de BAnQ - 2013-10-24_1
Enfant dans son lit de mort. Septembre 1916, Fonds Joseph Eudore Le May. Centre d’archives du Saguenay (P90,P8762). Photographie par J.-A. Guay.

 

Différents fonds d’archives de BAnQ offrent  des documents qui témoignent de cette relation. Imaginez, par exemple, recevoir par la poste une enveloppe et une lettre bordées de noir signalant que votre correspondant est endeuillé. Ou encore, parcourir votre album de famille et y trouver la photographie d’un enfant exposé dans son lit de mort!  Macabre? Pas le moins du monde pour nos ancêtres.

 

Image 2
Tombeau de Joseph Guibord, cimetière Notre-Dame-des-Neiges à Montréal. [Vers 1923]. Collection Centre d’archives de Québec, Centre d’archives de Québec ( P1000,S4,D19,P6). Photographie par Edgard Gariépy.
 
 

Même dans la mort, le repos du défunt n’est pas assuré. En particulier si de son vivant, il s’est attiré les foudres de l’Église.  Le décès de Joseph Guibord et l’Affaire Guibord qui s’ensuivit firent à l’époque beaucoup de bruit.  Excommunié par l’évêque de Montréal dans les mois qui précèdent son décès en 1869, sa dépouille se retrouve pour ainsi dire sans domicile fixe. Suite à une longue bataille judiciaire, le cimetière Notre-Dame-des-Neiges se voit obligé de l’accueillir en 1874. Craignant les excès de certains fidèles, des mesures sont prises pour protéger le repos de la dépouille dans sa parcelle nouvellement désacralisée! C’est ainsi qu’une énorme dalle de béton est installée sur la tombe de Guibord.

 

Denis Boudreau, bibliothécaire – Centre d’archives de Montréal