Marie-Anne Chabin: s’éduquer à la critique et à l’archivage raisonné

Marie-Anne Chabin, Sérendipité et autres curiosités. ÉLP éditeur, 2013

cover_chabin_serendipite

Entre juillet 2011 et août 2012, Marie-Anne Chabin a publié cinquante-neuf billets sur son blogue Impressions, Expressions. Cinquante-neuf billets portant sur autant de définitions de mots, de concepts et de phénomènes propres à la société de l’information dans laquelle vivent, au quotidien, les spécialistes du même nom (archivistes, documentalistes et bibliothécaires) tout comme les citoyens en général. Fait particulier, tous ces mots se terminent par « ité ». Il s’agit de substantifs, bien entendu, dont plusieurs néologismes : touitéunivercité, etc. Un éditeur les a réunis dans un premier tome – Ité-rations – publié en versions ePub, mobi (Amazon Kindle) et PDF. Résultat : Sérendipité et autres curiosités est maintenant disponible sur toutes les plateformes. Vous êtes invités à consulter la fiche de l’ouvrage sur le site de l’éditeur.

Le complément de titre du recueil – Critique malicieuse de la société de l’information à l’usage de ceux qui pensent (et donc, archivent) – place d’emblée l’archiviste et le gestionnaire de documents au cœur de la société de l’information où ils jouent – ou devraient jouer – un rôle essentiel. Marie-Anne Chabin nous invite à repenser, dans sa globalité, la société et ses technologies qui affectent notre vie personnelle et professionnelle au quotidien et à la revoir sous un angle moins immédiat. Elle nous rappelle aussi que notre pratique ne manque pas d’humour tout en étant une discipline des plus sérieuses. En témoigne cet extrait du mot temporalité : « Il semble que le monde numérique, par sa surabondance, sa course à la nouveauté, à une pseudo-actualité, écrase la mémoire humaine, la déracine doucement, et la rend ainsi plus vulnérable car coupée de ses fondations. » Un élément de solution ne tarde pas à venir sous la plume joyeuse de madame Chabin : « Il serait utile de compenser ce glissement, induit par l’environnement technologique, par une démarche volontariste de ré-ancrage de la mémoire dans un passé mieux perçu, mieux discerné, mieux évalué. Cela passe par l’éducation à la critique et à l’archivage raisonné. »

Ce premier tome  sera bientôt suivi d’un second qui comprendra des mots se terminant par « O ».

S’éduquer à la critique et à l’archivage raisonné, voilà ce qui vous est proposé… et tout cela sans aucune lourdeur.

 

Daniel Ducharme, archiviste – Centre d’archives de Montréal