La description de caricatures… Facile, vous dites?

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Patrick Roy et Jacques Demers, illustrés avec beaucoup de détails par Pijet, 1994. BAnQ Vieux-Montréal, fonds André Pijet (P682).

Depuis plusieurs années, BAnQ se préoccupe de la préservation et de la diffusion du patrimoine documentaire que constituent les fonds d’archives des grands caricaturistes du Québec tels Roland Berthiaume, André Pijet, Jean-Marc Phaneuf et Raoul Hunter, pour ne nommer que ceux-là.

Le caricaturiste illustre des personnalités et des événements de l’actualité en altérant la physionomie des personnes dessinées pour amplifier leurs travers, les rendant tantôt amusantes, tantôt ridicules. Or, si certaines personnalités sont faciles à identifier, il en va autrement de celles qui ont fait la manchette durant un court laps de temps pour ensuite tomber dans l’oubli. En effet, si les Pierre Elliott Trudeau, Jean Drapeau et René Lévesque sont facilement identifiables, il en va tout autrement d’une multitude de personnalités qui n’ont pas acquis une notoriété équivalente. Dans dix ou vingt ans, qui se souviendra, par exemple, des Martin Dumont, Robert Marcil, Luc Leclerc ou Gilles Surprenant ? Pourtant, ces témoins à la commission Charbonneau ont fait la une de tous les quotidiens du Québec au cours des derniers mois… et la joie des caricaturistes!

Cette question met en relief le défi auquel est confronté l’archiviste appelé à décrire de telles œuvres. Son travail consiste à rendre accessibles les caricatures en les décrivant de manière à leur donner un titre, à les dater et à identifier les personnages et les événements illustrés. Cette tâche de description est d’autant plus difficile à réaliser que, très souvent, le contexte dans lequel s’inscrit la caricature et la date de création ne sont pas connus. Un autre facteur important à considérer est le style privilégié par les caricaturistes. Certains d’entre eux, notamment Roland Berthiaume (Berthio), ont adopté, selon les époques, une approche minimaliste, n’utilisant que quelques traits de crayons pour illustrer leurs sujets. À l’opposé, d’autres caricaturistes, comme André Pijet, ont produit des œuvres où les détails abondent. Ces différences de style ont donc un impact significatif sur le degré de difficulté à décrire les caricatures.

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Caricature dans un style minimaliste de Gérard Pelletier, membre du conseil des ministres de Pierre Elliott Trudeau, 1970. BAnQ Vieux-Montréal, fonds Roland Berthiaume (P173).

Ce travail d’identification est heureusement facilité dans la mesure où l’archiviste possède un sens aiguisé de l’observation, une bonne dose de patience et une solide connaissance de l’histoire politique et sociale. Pour appuyer son travail, il peut aussi recourir à des outils de référence, à Internet et à la collaboration de ses collègues.

Chaque caricaturiste, grâce à son talent et en tant qu’observateur attentif de la société, jette un regard unique sur son époque. À la fois œuvre d’art et éditorial, la caricature provoque, dérange ou amuse. L’influence de ces illustrateurs est importante et leur impact social majeur. Pour toutes ces raisons, BAnQ continue à enrichir sa collection de fonds de caricaturistes et à améliorer l’accès à ces archives par une description adéquate.

François David, Adjoint du conservateur et directeur général des archives, et Paul-André Leclerc, Archiviste-coordonateur – BAnQ Vieux-Montréal

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