Riopelle : À la rencontre des territoires nordiques et des cultures autochtones

Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) présente jusqu’au 12 septembre prochain l’exposition Riopelle : À la rencontre des territoires nordiques et des cultures autochtones. Nous profitons de cet événement pour vous proposer des ressources disponibles à BAnQ qui traitent principalement de la vie et des œuvres de Riopelle, tout en soulignant l’apport de la culture et des arts autochtones à la production du grand artiste québécois.

Jean-Paul Riopelle (1923-2002). Point de rencontre – Quintette (polyptyque), 1963.
Paris, Centre national des arts plastiques, 1963. Photo : CNAP / Fabrice Lindor

Jean-Paul Riopelle (1923-2002) rejoint dans les années 1940 le mouvement des Automatistes, fondé par Paul-Émile Borduas, avec qui il cosigne le manifeste du Refus global en 1948. Installé à Paris dès 1947 (avec des séjours fréquents au Québec, où il ne reviendra définitivement qu’en 1990), Riopelle y rencontre notamment André Breton, fondateur du surréalisme, et Georges Duthuit, collectionneur d’art, auprès desquels il développe un intérêt pour la culture et les arts autochtones. Dans les années 1970, Riopelle et son ami Champlain Charest font de nombreuses expéditions de chasse et de pêche au Nunavik et au Nunavut, qui influenceront sa production. Il s’inspire notamment des masques et des jeux de ficelles, typiques de la culture des Inuits, mais également de la nature du Nord, en particulier des icebergs. L’exposition présente près de 160 œuvres, dont 110 peintures, sculptures et œuvres sur papier de Riopelle, de même que des œuvres d’artistes contemporains issus de communautés autochtones. Nous vous invitons à visionner le lancement virtuel de l’exposition pour plus de détails.

Livres numériques

Jean-Paul : fenêtres intimes
Huguette Vachon

Huguette Vachon a été la compagne de Jean-Paul Riopelle durant les seize années qui ont précédé la mort de l’artiste en 2002. Elle livre ici un témoignage empreint de la vive passion qu’elle éprouve toujours pour l’homme. Elle y évoque avec pudeur les lieux et les rencontres qui ont marqué sa vie avec Riopelle, le tout accompagné de photographies inédites.

Identité et modernité dans l’art au Québec : Borduas, Sullivan, Riopelle
Louise Vigneault

Louise Vigneault est professeure en histoire de l’art à l’Université de Montréal, où elle se spécialise dans l’art nord-américain. Dans cet ouvrage, elle s’intéresse à la contribution de trois grands artistes, signataires en 1948 du manifeste du Refus global, à la construction d’une identité québécoise contemporaine, ancrée dans la réalité locale et distincte des modèles dominants alors en vigueur. Outre Riopelle, le livre s’attache à l’apport de Paul-Émile Borduas (1905-1960), fondateur du mouvement des Automatistes et rédacteur du Refus global, et de Françoise Sullivan (née à Montréal en 1923), peintre, sculptrice, chorégraphe et danseuse.

Espace artistique et modèle pionnier : Tom Thomson et Jean-Paul Riopelle
Louise Vigneault

Louise Vigneault établit dans cet ouvrage des parallèles entre les œuvres de l’Ontarien Tom Thomson et du Québécois Jean-Paul Riopelle. Tous deux présentent des productions enracinées dans le contexte nord-américain, qui se distinguent clairement de l’héritage européen et qui marquent l’entrée du Québec et du Canada dans la modernité. Ce livre apporte un complément au précédent ouvrage de la même auteure en situant l’œuvre de Riopelle non seulement dans le contexte historique propre au Québec, mais également dans une perspective continentale qui s’intéresse aux représentations du territoire et de ses habitants.  

Films

Riopelle
Curio.ca / Le Point
2002; 48 min.

Ce film propose un portrait de l’artiste en s’appuyant sur de nombreux témoignages, de même que sur des entrevues avec Riopelle. On y évoque son enfance et ses relations avec ses parents, ainsi que ses rencontres avec Paul-Émile Borduas et André Breton. Il s’en dégage le portrait d’un homme volontiers provocateur et au caractère impétueux.

Jean-Paul Riopelle
Curio.ca / Femmes d’aujourd’hui
1972; 30 min. 23 sec.

Cette production de Radio-Canada provient de l’émission Femmes d’aujourd’hui du 6 décembre 1972, consacrée à Jean-Paul Riopelle lors de l’exposition Ficelles et autres jeux au Musée d’art moderne de Paris. Cette émission est particulièrement intéressante dans le contexte de l’exposition Riopelle : À la rencontre des territoires nordiques et des cultures autochtones, puisque les jeux de ficelles sont typiques de la culture des Inuits. Riopelle se serait notamment inspiré de l’ouvrage sur le sujet de l’anthropologue canadien Guy Mary-Rousselière, disponible pour consultation sur place à la Collection nationale de BAnQ.

Riopelle
1982; ONF / 54 min.
Marianne Feaver et Pierre Letarte

Ce documentaire de l’ONF suit Riopelle dans ses activités quotidiennes. On le voit notamment à une exposition de ses propres œuvres au Québec, avec ses amis à son atelier près de Paris, mais aussi chassant et pêchant dans la forêt québécoise. Ces images nous montrent bien l’homme de culture et de nature qu’était Riopelle, deux facettes que souligne l’exposition du MBAM.

Sites web

Série Au regard d’artistes autochtones

Le site web de l’exposition consacrée à Riopelle au MBAM présente une série de points de vue par des artistes autochtones provenant de plusieurs nations. Parmi ceux-ci figure l’artiste wendat Guy Sioui-Durand, auteur d’ouvrages sur Riopelle qui se trouvent dans la collection de BAnQ.

Institut de l’art canadien

Ce site web présente une riche collection de livres numériques et de vidéos sur l’art canadien. On y retrouve notamment le remarquable ouvrage Jean-Paul Riopelle, sa vie et son œuvre de François-Marc Gagnon (1935-2019), professeur d’histoire de l’art à l’Université de Montréal et spécialiste du mouvement des Automatistes. Plusieurs artistes autochtones sont également à l’honneur, dont Pitseolak Ashoona, Shuvinai Ashoona, Oviloo Tunnillie et Zacharie Vincent.

Fondation Jean-Paul Riopelle

La Fondation Jean-Paul Riopelle a été crée en 2019 afin de perpétuer l’œuvre de l’artiste, notamment en vue du centenaire de sa naissance en 2023. Le site web de la Fondation contient une foule de renseignements sur la vie et les œuvres de l’artiste, sa présence dans les musées du monde entier, ainsi qu’une bibliographie complète.

Katilvik

Ce site web (en anglais) est une véritable mine d’or d’informations sur les artistes autochtones contemporains. D’abord consacré exclusivement à l’art inuit, il est maintenant ouvert à tous les artistes autochtones. On peut y retrouver des œuvres d’artistes autochtones (et même les acquérir en participant à des enchères), ainsi que des liens vers de nombreux autres sites web sur les arts autochtones.

Nous espérons que les ressources que nous vous avons présentées dans ce billet enrichiront votre visite de l’exposition et stimuleront votre intérêt pour Riopelle et les arts autochtones. Pour davantage de ressources sur les arts autochtones, nous vous invitons à consulter notre billet sur le sujet, publié sur le site de BAnQ, en juin 2020, à l’occasion du Mois national de l’histoire autochtone.

Par Wissal Ouardani, bibliothécaire
Arts et littérature, Grande Bibliothèque

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