Staline à portée de clics

Plus d’un demi-siècle après sa mort, le personnage de Staline continue à inspirer biographes, cinéastes et auteurs de bandes dessinées.

Selon l’encyclopédie Britannica, Staline « a probablement exercé un pouvoir politique plus grand que toute autre figure de l’histoire ». Responsable de répressions qui firent des millions de victimes en Union soviétique, Staline a également incarné l’immense victoire de l’Armée rouge sur les forces militaires du Troisième Reich. Cette dualité se reflète dans les sondages menés en Russie, très ambivalents à l’égard du dictateur.

Voici quelques documents en format numérique pour en savoir plus.

En quelques pages

  • L’article sur Staline de l’encyclopédie Universalis Éducation compte environ 25 pages. En connaisseur, Nicolas Werth trace un bilan de l’action du tyran à la lumière de récents travaux d’historiens et de l’ouverture d’archives soviétiques. Notons que l’Universalis propose toujours des « articles liés » et des « cartes mentales » donnant accès à divers articles proches du texte principal (ici, par exemple : « bolchevisme », « purges staliniennes », etc.). L’encyclopédie inclut aussi une fonction de synthèse vocale. 
  • Oxford Reference regroupe une série d’encyclopédies publiées par Oxford University Press. En tapant le mot clé « Stalin », nous obtenons quelques synthèses de moins de dix pages, dont celles de Robert V. Daniels (initialement publiée dans The Oxford Companion to International Relations) et de Lynn Viola (initialement publiée dans Encyclopedia of Human Rights). On trouve aussi quelques citations attribuées à Staline, initialement publiées dans la Oxford Dictionary of Political Quotations.
  • L’encyclopédie Britannica inclut une synthèse d’une vingtaine de pages. Les références bibliographiques sont nombreuses. Les textes peuvent aussi être écoutés.

Histoire

L’URSS de la Révolution à la mort de Staline, 1917-1953
Hélène Carrère d’Encausse

Réédité à quelques reprises depuis sa publication en 1993, ce livre de 375 pages de la grande soviétologue française Hélène Carrère d’Encausse fait partie des synthèses incontournables sur l’histoire du pays, de sa fondation à la mort du despote. 

Histoire de l’Union soviétique de Lénine à Staline (1917-1953)
Nicolas Werth

À l’instar des « encyclopédies de poche » de quelque cent vingt pages publiées dans l’impeccable collection Que Sais-je?, cette Histoire de l’Union soviétique de Nicolas Werth peut « satisfaire une première curiosité », comme le signale la revue Raison présente (vu dans la ressource électronique Cairn).

Biographies

Le phénomène Staline : du tyran rouge au grand vainqueur de la Seconde Guerre mondiale
Vladimir Fédorovski

Publiée en 2020, cette biographie sur fond d’anecdotes de l’écrivain à succès Vladimir Fédorovski compte 320 pages. Staline est présenté comme un dictateur « diabolique et génial ». Dominé par sa paranoïa, Staline persécute fidèles, infidèles et agnostiques tout en pilotant la transformation d’une société paysanne en grande puissance militaro-industrielle. Avec la victoire militaire sur l’Allemagne nazie, Staline devient le « grand vainqueur » de la Seconde Guerre mondiale, ce qui institue une bonne partie de sa renommée dans un pays qui rêve toujours à sa puissance passée.

Staline
François Kersaudy

Issue de la plume d’un émérite connaisseur de Churchill, cette biographie de 275 pages, très agréablement illustrée, porte principalement sur les années de guerre de Staline. Selon Kersaudy, Staline n’avait pas le talent d’un stratège militaire. Il avait toutefois celui de pouvoir apprendre de ses erreurs, de s’adapter aux situations (du moins, à partir de l’automne 1942) et d’inspirer la société et l’armée par son inflexibilité.

Stalin, volume I. Paradoxes of power, 1878-1928
Stalin, volume II. Waiting for Hitler, 1929-1941
Stephen Kotkin

Ces deux volumes comptent plus de deux mille pages. Leur richesse documentaire force l’admiration. Le Staline de Kotkin est un homme d’État pragmatique aux profondes convictions idéologiques issues du léninisme. Son passage au despotisme, au milieu d’une mer de sang, s’effectue au volume deux. Selon la critique du New York Times, cette biographie « mérite le large public qu’elle pourrait avoir du mal à trouver » en raison de son défi de lecture. La critique du journal new-yorkais ajoute que cette biographie pourrait constituer « pour des années à venir l’œuvre phare qui éclairera certains des événements les plus dévastateurs du vingtième siècle ». Notons que le volume II peut aussi être écouté, ce qui représente cinquante heures d’écoute en perspective.

Staline
Oleg Khlevniouk

Oleg Khlevniouk est « le plus brillant historien russe de sa génération », affirme Nicolas Werth dans un article publié dans le magazine L’histoire (vu dans la ressource électronique Eureka). Cette biographie de 611 pages s’appuie sur de nombreuses sources inédites. Selon la revue américaine The Historian, le récit est « étonnamment lisible, n’étant pas surchargé par des anecdotes obscures ou des détails excessifs » (vu dans la ressource électronique Eureka).

Romans et sagas

Au temps des loups de Staline
Mario Pelletier

Solide historien de la Caisse de dépôt et de placement du Québec, Mario Pelletier a également une âme de romancier. Inspiré de l’histoire d’une Russe installée à Montréal, ce roman raconte une vie façonnée par la révolution, la guerre civile et la consolidation du régime bolchevique. « De ce récit épique, outre le destin incroyable de Vera et de ses camarades russes, on retiendra les atmosphères et les scènes d’époque que Mario Pelletier excelle à recréer », a signalé la critique du Devoir (vu dans la ressource électronique Eureka).

Les Russes ont un faible pour les romans volumineux ayant l’ambition de mieux comprendre l’existence humaine. Guerre et Paix, de Léon Tolstoï, en est l’archétype (1657 pages dans la Pléiade). Dans cet esprit, mentionnons les titres suivants :

L’Archipel des Solovki
Zakhar Prilepine

Lauréat 2014 du Prix Bolchaïa Kniga (Prix Grand livre), ce roman de 820 pages porte sur la vie d’un homme de 27 ans déporté aux camps des îles Solovki. Fermés par Staline en 1939, les camps des Solovki sont l’ancêtre du Goulag. Prilepine a été choisi écrivain le plus influent de la décennie, selon un sondage mené auprès des lecteurs d’un important site culturel russe. 

L’échelle de Jacob
Lioudmila Oulitskaïa

Cette saga familiale de plus de 600 pages se penche sur le destin de trois générations. Selon le critique du Devoir, « la politique y est à la fois partout sans être nulle part : elle gronde sous les pieds des personnages telle une eau souterraine » (vu dans la ressource électronique Eureka). L’auteure a reçu le Prix Bolchaïa Kniga en 2007 pour son roman Daniel Stein, interprète

Bandes dessinées

Staline
Bernard Swysen (scénario) et Ptiluc (dessin)

Staline est représenté sous les traits d’un ours, Lénine par un chat et Trotski par un coq. Selon le site spécialisé ActuaBD : « l’anthropomorphisme graphique de Ptiluc fait merveille, incontestablement, dans cette approche très particulière de l’Histoire, dans ce qu’elle peut avoir de plus répugnant. Son trait souple, ses personnages se faisant animaux, la caricature des humains et de leurs dérives, la réalisation de ses décors dans une sorte de flou mettant en évidence les personnages, tout cela participe à une distanciation nécessaire pour un récit de ce genre. »

Kamarades : l’intégrale
Benoît Abtey et Jean-Baptiste Dusséaux (scénario) et Mayalen Goust (dessin)

Dans cette histoire d’amour sur fond de révolution d’Octobre, Staline apparaît comme étant prêt à tout pour en assurer le succès. Selon le site spécialisé Ligne Claire, le dessin est « élégant », mais le scénario quelque peu « alambiqué. »

La mort de Staline
Fabien Nury (scénario) et Thierry Robin (dessins)

L’action se déroule après l’attaque cérébrale frappant Staline le 2 mars 1953. Les rivalités au sommet du Parti s’échauffent. Selon le magazine L’histoire, « la force dramatique de Fabien Nury et le talent caricatural de Thierry Robin s’en donnent à cœur joie quand il s’agit de brosser les intrigues et les violences des hiérarques du Parti et de leurs exécutants » (vu dans la ressource électronique Eureka). Rappelons que cette bande dessinée est à l’origine du film La mort de Staline d’Armando Iannucci. 

Films

  • The life and times of Josef Stalin
    Réalisé en 1990, ce documentaire d’une heure et demie est notamment signé par Georges Bortoli, un ex-correspondant de presse à Moscou. Les scènes d’époque sont très expressives.
  • Josef Stalin biography
    Produit en 1953 par British Pathe, ce bref documentaire donne un aperçu des scènes « d’adoration » du leader par les masses.
  • Churchill and Stalin
    Ce film éducatif d’une demi-heure est le dix-septième épisode d’une série de Kanopy intitulée How Winston Churchill Changed the World.

Photos

  • Photos du fonds La Presse
    Cet ensemble de 18 photos célèbres provient de l’agence Associated Press. Cliquez sur « Fichiers », à droit, pour voir l’ensemble des photos.
  • Made in USSR
    Parfois nommé le « Google russe », le moteur de recherche Yandex propose une impressionnante série de photographies sur Staline entre 1917 et 1953. Le site est en russe.

par Jean-François Barbe, bibliothécaire
Histoire, sciences humaines et sociales, Grande Bibliothèque

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