Cinéma bis (10e anniversaire de la mort de Jean Rollin)

Avec une carrière de plus de trente ans et une passion pour le cinéma infiniment supérieure à ses budgets, Jean Rollin est certainement le réalisateur français de cinéma bis le plus prolifique et le plus connu. Appelé également série Z, le film bis est « un film de genre à caractère populaire et commercial à budget faible souvent ignoré et méprisé par la critique » (tiré du livre Les classiques du cinéma bis, à consulter en ligne).

Ce type de cinéma très éloigné des standards du 7e art a pourtant été une influence majeure pour un grand nombre de réalisateurs (Quentin Tarantino, Tim Burton, Gaspard Noé, Peter Jackson ou Sam Raimi, pour ne nommer que ceux-là) et compte de plus en plus d’amateurs.

Pour les amateurs de ce genre de cinéma comme pour ceux qui veulent le découvrir, voici une sélection des films disponibles sur nos plateformes. Il y en a pour tous les goûts : du western spaghetti, du péplum, des arts martiaux, de la comédie, du fantastique, des films (très) gores et parfois tout ça dans le même film!

Un classique de Jean Rollin

Lèvres de sang – Lips of Blood
Jean Rollin, 1975, France

À la vue d’une photo représentant un vieux château isolé, Frédéric sent remonter dans sa mémoire une expérience oubliée de son enfance. Une nuit, dans un tel château, il avait fait la rencontre d’une jeune femme mystérieuse. Elle lui apparaît  dans un cinéma et l’entraîne avec elle dans le monde des vampires (Mediafilm).

6/10 sur IMDB et coté (6) sur Mediafilm

« Un des plus beaux films de Jean Rollin. La fuite du héros dans un Paris désert est une des belles séquences de toute sa carrière et la scène finale sur la plage est absolument merveilleuse » (Les classiques du cinéma bis).

Retrouvez 13 films de Jean Rollin sur Kanopy.

Les hommages modernes au cinéma bis

Death Proof
Quentin Tarantino, 2007, États-Unis

Un cascadeur psychopathe qui provoque la mort de jeunes femmes dans des accidents de voiture affronte deux cascadeuses particulièrement coriaces.

7/10 sur IMDB et coté (4) sur Mediafilm

« Un film particulièrement réjouissant qui cache sous son esthétique kitsch et trash une véritable réflexion sur la culture américaine » (Les classiques du cinéma bis).

Laissez bronzer les cadavres – Let The Corpses Tan
Bruno Forzani et Hélène Cattet, 2017, France

Acculés par la police dans les ruines d’un village méditerranéen, des malfrats armés jusqu’aux dents tentent de garder le contrôle sur la cargaison d’or qu’ils viennent de voler.

6,3/10 sur IMDB et coté (5) sur Mediafilm

« Le montage frénétique, les cadrages soignés et les citations musicales jouissives font de ce film l’une des plus excitantes réactualisations du western spaghetti » (24 images).

Un couteau dans le cœur – Knife+Heart
Yann Gonzalez, 2018, France

Tout en essayant de reconquérir sa monteuse, une productrice de pornos gays traque le mystérieux assassin qui décime sa troupe de comédiens.

6,3/10 sur IMDB et coté (6) sur Mediafilm

« Porté par un insatiable plaisir de raconter, le réalisateur multiplie les mises en abîme autour du thème de l’amour fou et rend hommage au giallo italien qui mêle sexualité, meurtre et fantasme. La séquence finale où l’utopie hédoniste se retrouve soudain balayée par le vent de la mort est belle à en pleurer » (24 Images).

Les westerns spaghetti

Django (Cherchez ce titre sur IndieFlix.)
Sergio Corbucci, 1966, Italie

Dans une région frontalière, un aventurier se mêle des affrontements entre d’anciens soldats sudistes et des bandits mexicains.

7,2/10 sur IMDB et coté (4) sur Mediafilm

« D’une violence graphique encore jamais vue, puissamment interprété par Franco Nero, Django impose la véritable esthétique du western italien autant qu’ont pu le faire les films de Sergio Leone. Un chef-d’œuvre, un film capital dans l’histoire du western et du cinéma bis » (Les classiques du cinéma bis).

The Great Silence
Sergio Corbucci, 1968, Italie

Dans les montagnes enneigées de l’Utah, un pistolero muet accepte de venger une jeune veuve dont le mari innocent a été tué par un chasseur de primes sans pitié.

7,7/10 sur IMDB et coté (3) sur Mediafilm

« Lent, hypnotique, rythmé par la partition mélancolique d’Ennio Morricone et entièrement tourné dans la neige, Le grand silence est un des plus extraordinaires westerns italiens jamais tournés. Un chef-d’œuvre du genre » (Les classiques du cinéma bis).

Les films fantastiques

Carnival of Souls
Herk Harvey, 1962, États-Unis)

Après un accident d’automobile, une jeune fille connaît d’étranges aventures (Mediafilm).

7,1/10 sur IMDB et côté (5) sur Mediafilm

« Ambitieux, intelligent, unique et merveilleux, ce film est depuis longtemps élevé au rang de classique par les fans américains » (Les classiques du cinéma bis).

House on Haunted Hill
William Castle, 1959, États-Unis

Deux époux qui se détestent organisent une soirée dans une maison hantée (Mediafilm).

6,9 /10 sur IMDB et côté (6) sur Mediafilm

« L’association entre le macabre du réalisateur William Castle et l’humour pince-sans-rire de l’acteur Vincent Price fait merveille dans ce film : un bijou entre le pur film d’épouvante et la comédie noire » (Les classiques du cinéma bis).

The Little Shop of Horrors
Roger Corman, 1960, États-Unis

Un jeune fleuriste simple d’esprit alimente une plante étrange qui se nourrit exclusivement de sang humain (Mediafilm).

6,3 /10 sur IMDB et côté (6) sur Mediafilm

« Moins qu’un film d’horreur, il s’agit d’une comédie juive déjantée, aux effets spéciaux rudimentaires mais franchement hilarante » (Les classiques du cinéma bis).

Plan 9 from Outer Space (Cherchez ce titre sur IndieFlix.)
Ed Wood, 1958, États-Unis

Des extra-terrestres tentent de ressusciter les morts et d’en faire des ennemis destructeurs du genre humain (Mediafilm).

4/10 sur IMDB et côté (7) sur Mediafilm

« Une véritable poétique du ratage. Ed Wood est un auteur insensé, absurde dont les films procurent joie, étonnement et émotion » (Les classiques du cinéma bis).

Les films de tueurs en série

The Driller Killer
Abel Ferrara, 1979, États-Unis

Un artiste fauché ayant basculé dans la folie arpente les rues de New York la nuit à la recherche de clochards qu’il tue à l’aide d’une perceuse (Mediafilm).

5,2/10 sur IMDB

« Filmé avec efficacité avec une bande-son new wave très travaillée, le film est une œuvre à l’ambiance incroyablement poisseuse reflétant l’image du New York de l’époque en pleine décomposition » (Les classiques du cinéma bis).

Angst
Gerald Kargl, 1983, Autriche

Après être sorti de prison pour avoir abattu une vieille dame à bout portant, un jeune homme décide de commettre d’autres crimes. Il s’introduit dans une maison et attend le retour de la famille pour les massacrer un à un.

7,3 / 10 sur IMDB

« La violence crue, montrée sans concession et la voix off du tueur font probablement de Angst le film de tueur en série le plus glauque jamais réalisé. À noter les impeccables plans séquence qui accompagnent le tueur dans ses préparations » (Les classiques du cinéma bis).

Les films d’arts martiaux

Crippled Avengers (Cherchez ce titre sur IndieFlix.)
Chang Cheh, 1978, Hong Kong

Trois hommes, rendus paralysés par un chef de guerre diabolique, deviennent amis et apprennent le kung-fu avec l’aide d’un vieil enseignant (IMDB).

7,4 /10 sur IMDB

« Les films de Chang Cheh sont ceux qui m’ont le plus inspiré pour Kill Bill » (Quentin Tarantino).

Les cinq doigts de la mort (Cherchez ce titre sur IndieFlix.)
Chung Chang-Wha, 1972, Hong Kong

Un jeune Chinois habile aux arts martiaux est confronté à de dangereux adversaires (Mediafilm).

7,1 /10 sur IMDB et côté (5) sur Mediafilm

« Par son impact sur la découverte du cinéma d’arts martiaux en Occident, ce film est un des plus importants du genre » (Les classiques du cinéma bis).

Les films de cannibales

Anthropophagus
Joe D’Amato, 1980, Italie

Un groupe d’amis et un autostoppeur se retrouvent bloqués sur une île touristique où ils sont traqués par un tueur cannibale défiguré qui rôde sur l’île (IMDB).

5,4 sur IMDB

« Après une première partie ennuyeuse, le film prend une autre dimension lorsqu’arrive le cannibale. Là, les scènes gore se multiplient dont deux en particulier méritent de figurer dans toute anthologie du genre » (Les classiques du cinéma bis).

Cannibal Holocaust
Ruggero Deodato, 1979, Italie

À la recherche de quatre reporters disparus dans la forêt amazonienne, un professeur découvre qu’ils ont été victimes de cannibales.

5,9/10 sur IMDB et côté (7) sur Mediafilm

« Un dispositif novateur pour l’époque, de remarquables effets spéciaux pour une impression de réalisme et de vérité dans les scènes de torture et de cannibalisme. Un grand film malade, malsain, choquant et inoubliable » (Les classiques du cinéma bis).

Les débuts de Peter Jackson, Sam Raimi et Francis Ford Coppola

Bad Taste (Cherchez ce titre sur IndieFlix.)
Peter Jackson, 1987, Nouvelle-Zélande

Un commando découvre qu’un petit village côtier a été dépeuplé par des extraterrestres se nourrissant de chair humaine.

6,6/10 sur IMDB et côté (7) sur Mediafilm

« Avec un titre qui annonce la couleur, le film est une fantaisie débridée, amusante et peu ragoûtante. Plutôt mal filmé mais les amateurs apprécieront » (Positif).

L’opéra de la terreur 2 – Evil Dead 2
Sam Raimi, 1987, États-Unis

Passant quelques jours dans une cabane isolée en forêt, un jeune couple est assailli par des esprits maléfiques (Mediafilm).

7,8/10 sur IMDB et côté (5) sur Mediafilm

« Le réalisateur, surdoué de la caméra, réalise la suite de son film culte avec des moyens financiers et techniques plus importants et un sens accru de l’humour noir » (Les classiques du cinéma bis).

Dementia 13
Francis Ford Coppola, 1963, États-Unis

Durant un séjour en Irlande chez les parents de son mari, une femme est tuée par un inconnu (Mediafilm).

5,7/10 sur IMDB et côté (5) sur Mediafilm
« Dès ce premier essai, Coppola démontre une parfaite science du cadrage, de la composition des plans et des mouvements de caméra. En revanche, le scénario est aberrant » (Les classiques du cinéma bis).

Les curiosités

Hercule contre les vampires (Cherchez ce titre sur IndieFlix.)
Mario Bava, 1961, Italie

Hercule descend aux enfers pour s’emparer d’une pierre merveilleuse qui pourra guérir sa fiancée atteinte d’un mal mystérieux.

6,3/10 sur IMDB et côté (5) sur Mediafilm

« Dans les scènes du voyage d’Hercule dans les enfers ou dans le royaume maudit, Bava se permet toutes les audaces en termes de couleurs et se livre à des recherches esthétiques phénoménales » (Les classiques du cinéma bis).

Jesse James Meets Frankenstein’s Daughter (Cherchez ce titre sur IndieFlix.)
William Beaudine, 1966, États-Unis

Poursuivi par la justice, Jesse James se réfugie avec un compagnon blessé chez un couple de médecins qui vivent isolés dans une ancienne mission près de la frontière du Mexique. Ce sont en fait des descendants du baron Frankenstein, qui vont transformer le blessé en un robot humain (Mediafilm).

3,2/10 sur IMDB et côté (6) sur Mediafilm

« Le scénario abracadabrant et les dialogues sérieux classent ce film dans la catégorie des “films tellement mauvais qu’ils en sont géniaux”. Billy the Kid vs Dracula du même réalisateur est un parfait complément de ce film pour une soirée du bis entre amis » (Les classiques du cinéma bis).

Dracula’s Dog
1977, Albert Brand, États-Unis

Revenus à la vie, Zoltan, le chien de Dracula, et un serviteur de celui-ci se rendent en Amérique pour retrouver un descendant du célèbre comte.

4,4/10 sur IMDB et côté (5) sur Mediafilm

« Ni le producteur réalisateur, ni son scénariste ne semblent avoir mesuré l’absurdité du projet. Comme de plus le budget est misérable on se rend compte que l’on est en présence d’une de ces perles du cinéma bis indépendant » (Les classiques du cinéma bis).

par Éric Solitude, bibliothécaire
Musique et films, Grande Bibliothèque

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