Prix littéraires : les lauréats de 2020

Commencée à la toute fin de l’été avec les premières sélections des prestigieux prix littéraires français – comme le Goncourt, le Renaudot, le Femina et le Médicis – la saison littéraire bat son plein tout l’automne, malgré la pandémie, avec les moments forts que sont, par exemple, l’attribution du prix Nobel, du Booker Prize et, plus près de nous, du Grand Prix du livre de Montréal. Et c’est sans compter ces belles années, comme 2020, où l’on voit des auteurs et des autrices québécois(es) finalistes et lauréat(e)s d’importants prix littéraires en France!

Parce qu’il y a beaucoup de finalistes et de prix décernés, il est parfois difficile de s’y retrouver. Nous vous proposons donc ce billet consacré aux œuvres finalistes ou lauréates de prix littéraires décernés cet automne, et que vous retrouverez dans les ressources numériques de BAnQ!

Au Québec

Commençons par les prix remis chez nous!

Grand Prix du livre de Montréal

Remis en 2019 à Carole David pour son recueil de poésie Comment nous sommes nés, le Grand Prix du livre de Montréal a été attribué cette année à Martine Delvaux pour son essai Le boys club. Le Grand Prix du livre de Montréal existe depuis 1965. Il est remis à une œuvre parue récemment et vise « à promouvoir l’excellence en création littéraire et à souligner le dynamisme du milieu montréalais de l’édition ».

Athanase-David

Depuis 1968, le prix Athanase-David récompense l’ensemble de l’œuvre d’un(e) écrivain(e). La liste des lauréats de ce prix au cours des années dresse un portrait des écrivain(e)s qui ont laissé leur marque au Québec. Le prix a été remis cette année à Carole David. Nous vous invitons d’ailleurs à lire le billet du 23 novembre dernier consacré à l’œuvre de cette écrivaine.

Prix France-Québec

Décerné depuis 1998, le prix France-Québec vise à promouvoir la littérature québécoise sur le territoire français. Le lauréat 2020 a été connu le 17 novembre dernier; il s’agit du roman Kukum, de Michel Jean, un roman qui plonge les lecteurs et les lectrices au cœur de la vie des Innus.

Prix Boréal et prix des Horizons imaginaires

Si les prix Boréal, qui célèbrent les littératures de l’imaginaire (la science-fiction et le fantastique, principalement), sont remis d’habitude dans le cadre du Congrès Boréal à l’issue d’un vote du public, le couronnement des lauréats s’est fait virtuellement cette année, en partenariat avec le Salon du livre de Montréal.

Pour l’occasion, les prix Boréal se sont associés au prix des Horizons imaginaires, autre distinction consacrée aux littératures de l’imaginaire, et ont tenu une cérémonie virtuelle conjointe. En temps normal, le lauréat du prix des Horizons imaginaires, décerné par un jury composé d’étudiant.e.s du réseau collégial québécois et d’universités canadiennes, est annoncé durant le Salon du livre de Montréal.

Le prix Aurora-Boréal (meilleur roman) a été attribué à Patrick Senécal pour son roman Ceux de là-bas, alors que le prix des Horizons imaginaires a récompensé l’autrice québécoise d’origine sénégalaise Ayavi Lake et son roman Le marabout.

Finalistes connus, lauréats à venir

Si le Prix BD des collégiens a été dévoilé le 3 novembre dernier pour récompenser La petite Russie de Francis Desharnais, le lauréat du Prix littéraire des collégiens sera connu plus tard, en 2021. Les finalistes de cette édition de 2021 ont toutefois déjà été annoncés. Il s’agit de : Tireur embusqué de Jean-Pierre Gorkynian; Le Mammouth de Pierre Samson; Chasse à l’homme de Sophie Létourneau; Une joie sans remède de Mélissa Grégoire (non disponible en version numérique) et Ténèbre de Paul Kawczak.

L’Académie des lettres du Québec a également annoncé, le 4 novembre dernier, les finalistes de ses nombreux prix, soient le prix Alain-Grandbois pour la poésie, le prix Marcel-Dubé pour le théâtre, le prix Ringuet pour le roman et le prix Victor-Barbeau, qui récompense un essai. Les lauréats seront connus plus tard, la remise des prix ayant été reportée en raison de la pandémie.

En France

Goncourt

Attendu au début du mois de novembre, le dévoilement du lauréat du prix Goncourt, distinction phare de la saison des prix littéraires français, a finalement eu lieu le 30 novembre, les membres de l’Académie Goncourt misant sur la réouverture des librairies françaises prévue le 28 novembre, elles qui ont dû fermer leurs portes plus tôt cet automne en raison de la pandémie. Les académicien.ne.s ont honoré cette année le roman L’anomalie du prolifique Hervé Le Tellier.

Renaudot

Autres prix dont la remise avait été reportée, les Renaudot, qui reconnaissent l’excellence d’un roman et d’un essai de langue française parus au cours de la dernière année, ont aussi été décernés le 30 novembre. C’est la Québécoise Dominique Fortier qui a remporté le prix dans la catégorie essai, pour son livre Les villes de papier, dans lequel elle brosse un portrait de l’énigmatique poétesse américaine Emily Dickinson, en entremêlant faits historiques et fiction, et en sondant son rapport à l’écriture. Il s’agit du premier sacre pour une œuvre québécoise à ce prix. Dans la catégorie fiction, l’honneur revient au roman Histoire du fils de l’autrice Marie-Hélène Lafon (non disponible en version numérique dans les collections de BAnQ au moment d’écrire ces lignes).

Grand prix de l’Académie française

Parmi les nombreux prix décernés annuellement par l’Académie française, le Grand Prix du roman de l’Académie française est remis à l’auteur du roman que les membres de l’Académie ont jugé le meilleur de l’année. Le prix 2020 a été dévoilé le 26 novembre dernier : Étienne de Montety l’a remporté avec son roman La grande épreuve(non disponible en version numérique dans les collections de BAnQ au moment d’écrire ces lignes).

Femina

Remis le 2 novembre, le prix Femina a couronné cette année le roman Nature humaine, de Serge Joncour. Le prix Femina étranger a été remis quant à lui à deux titres de l’autrice britannique Deborah Levy qui viennent d’être publiés en français aux Éditions du sous-sol, soit Ce que je ne veux pas savoir et Le coût de la vie (au moment d’écrire ces lignes, ce dernier titre n’est pas disponible en version numérique). Notons que Things I Don’t Want to Know (version originale anglaise de Ce que je ne veux pas savoir) est aussi disponible sur Overdrive.

Médicis

Le prix Médicis, remis le 6 novembre 2020, a récompensé Chloé Delaume et son roman Le cœur synthétique. Le prix Médicis du roman étranger a quant à lui été décerné à l’auteur espagnol Antonio Muñoz Molina pour son romanUn promeneur solitaire dans la foule (ces deux derniers titres n’étaient pas disponibles en version numérique au moment d’écrire ces lignes), tandis que le prix Médicis de l’essai a été remis à Fin de combat, le sixième volume du cycle autobiographique du Norvégien Karl Ove Knausgaard.

Sade

Le prix Sade 2020 a été décerné à la Québécoise Marie-Pier Lafontaine, pour son autofiction bouleversante Chienne, publiée en France au Nouvel Attila, et au Québec chez Héliotrope. C’était la troisième fois que le prix Sade récompensait un.e écrivain.e québécois.e. L’an dernier, en effet, le prix avait récompensé Kevin Lambert pour Querelle (Nouvel Attila, 2019; publié au Québec chez Héliotrope en 2018 sous le titre Querelle de Roberval). En 2015, l’autrice Audrée Wilhelmy avait aussi remporté le prix Sade pour Les sangs (Leméac, 2013 et Grasset, 2015) (titre non disponible en format numérique).

Dans le monde anglo-saxon

Women’s Prize for Fiction

Ce prix britannique, dont le nom a varié au fil du temps (Baileys Women’s Prize for Fiction, Orange Prize for Fiction) et au gré des organismes subventionnaires, récompense un roman de langue anglaise écrit par une femme, peu importe son pays d’origine. Cette année, le prix a été attribué à l’autrice irlando-britannique Maggie O’Farrell pour le roman historique Hamnet & Judith, qui met en scène la vie familiale de William Shakespeare.

Deux autrices canadiennes se sont illustrées dans les premières années du prix : Anne Michaels pour Fugitive Piecesest devenue la première non-Britannique à le gagner en 1997, et Carol Shields lui a emboîté le pas l’année suivante avec son sacre pour Larry’s Party (non disponible en version numérique).

Prix Scotiabank Giller

Créé en 1994 par l’homme d’affaires d’origine montréalaise Jack Rabinovitch en hommage à son épouse Doris Giller décédée l’année précédente, ce prix compte parmi les plus prestigieux présentés au Canada. Assorti, en effet, d’une très généreuse bourse de 100 000 $, le prix récompense une œuvre de fiction canadienne de langue anglaise (produite ou traduite dans cette langue). Cette année, le recueil de nouvelles How to Pronounce Knifede l’autrice torontoise d’origine laotienne Souvankham Thammavongsa a été couronné dans le cadre d’une cérémonie virtuelle qui s’est tenue le 9 novembre.

Certaines œuvres québécoises de langue française ont été sélectionnées dans leur version anglaise par le passé. C’est le cas, entre autres, des traductions des romans Vi de Kim Thúy et La fiancée américaine (Songs for the Cold of Heart) d’Éric Dupont, toutes deux finalistes en 2018.

Prix Booker

La plus prisée des distinctions littéraires décernées au Royaume-Uni, le Booker Prize for Fiction célèbre l’excellence d’un roman original publié en anglais en Irlande ou au Royaume-Uni. Les critères d’admissibilité au prix ont été assouplis en 2014 de sorte à inclure des auteurs de tous les pays. Le romanShuggie Bain, son premier, a valu à l’auteur écossais Douglas Stuart le prix en 2020.

Trois auteurs canadiens ont remporté le prix depuis sa création en 1969, soit Michael Ondaatje (The English Patient en 1992), Yann Martel (The Life of Pien 2002) et Margaret Atwood, qui a été consacrée deux fois, pour The Blind Assassinen 2000 et The Testaments l’an dernier, alors qu’elle a partagé les honneurs avec Bernardine Evaristo, autrice du roman Girl, Woman, Other. Cette victoire marquait la première fois qu’une autrice noire recevait le prix.

Prix Rogers Writers’ Trust

Autre récompense qui vaut au gagnant une bourse appréciable (50 000 $), ce prix, commandité par la société Rogers, est remis annuellement par l’organisme caritatif Writers’ Trust of Canada à l’auteur d’une œuvre de fiction canadienne (roman ou recueil de nouvelles). Le roman Ridgerunner de la Torontoise Gil Adamson, un western se déroulant en 1917 dans les Rocheuses, a séduit le jury cette année. La qualité du roman a également été saluée par sa sélection au prix Giller.

Quelques titres d’auteurs québécois ou canadiens d’expression française, comme Nancy Huston (Lignes de faille / Fault Lines), Nicole Brossard (La capture du sombre / Fences in Breathing, non disponible en version numérique) et Gil Courtemanche (Un dimanche à la piscine à Kigali / A Sunday at the Pool in Kigali) ont figuré parmi les finalistes au fil des ans, sans se hisser toutefois au sommet.

Prix Hugo

Plusieurs prix soulignent la richesse et la qualité de la littérature dite de genre parue dans le monde anglo-saxon : citons, entre autres, les prix Dagger (romans policiers) et RITA, qui sera remplacé en 2021 par le prix Vivian (romans sentimentaux). Parmi ce palmarès, la littérature de l’imaginaire n’est pas en reste! En effet, le prix Hugo, qui a été attribué cet été à l’autrice américaine Arkady Martine pour son roman A Memory Called Empire, récompense une œuvre de science-fiction ou de littérature fantastique (fantasy). Exploit inédit, l’autrice afro-américaine N. K. Jemisin a raflé le prix trois années d’affilée avec sa trilogie Broken Earth!

National Book Awards

Cet ensemble de prix reconnaît l’excellence en littérature produite aux États-Unis. Les lauréats de 2020 dans les catégories fiction et poésie sont, respectivement, Interior Chinatown de Charles Yu et DMZ Colony (non disponible en version numérique) de Don Mee Choi.

La liste des lauréats des dernières années comprend certaines des voix les plus marquantes de leur génération, comme Jesmyn Ward (Sing, Unburied, Sing, 2017)etColson Whitehead (The Underground Railroad, 2016).

Prix internationaux

Prix Booker international

Pendant international du Booker dont il a été question plus tôt, ce prix rend hommage à une œuvre publiée au Royaume-Uni dans sa traduction anglaise, et ce, depuis 2016 (date à laquelle les modalités d’attribution du prix ont été entièrement remaniées). C’est l’autrice néerlandaise Marieke Lucas Rijneveld qui a été primée cette année pour son roman The Discomfort of Evening / Qui sème le vent (disponible en français en version papier uniquement). Trois romans d’auteurs français (Mathias Énard en 2017, Virginie Despentes en 2018 et Annie Ernaux en 2019) ont réussi à franchir le premier tour de sélection au cours des dernières années sans être élus vainqueurs.

Prix Nobel de littérature

Cette année, le prix Nobel de littérature a été remis à la poète américaine Louise Glück. Vous retrouverez son recueil Faithful and Virtuous Night dans nos ressources numériques.

Vous avez mis une réservation et êtes en attente qu’une copie du livre se libère? Pourquoi ne pas lire en attendant quelques œuvres des auteurs et autrices nobélisé(e)s dans les dernières années, comme Alice Munro, Patrick Modiano, Svetlana Alexievitch, Kazuo Ishiguro, Peter Handke et Olga Tokarczuk?

par Esther Laforce et Lidia Merola, bibliothécaires
Arts et littérature, Grande Bibliothèque

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