Explorera-t-on un jour l’espace à la manière de Star Trek?

par Jean-François Barbe, bibliothécaire
Histoire, sciences humaines et sociales, Grande Bibliothèque

Selon l’auteur et journaliste scientifique Claude Lafleur, les expéditions interplanétaires à la Star Trek ne se feront pas avant, au moins, le XXIIe siècle.

« Il est beaucoup plus efficace d’envoyer des robots ou sondes spatiales que des équipages », a dit cet excellent vulgarisateur lors d’une conférence Où serons-nous en 2044?* donnée à la Fédération des astronomes amateurs du Québec. Claude Lafleur explique que les robots coûtent moins cher que les expéditions humaines, que leurs pertes ne font sourciller personne (la fusée étant un moyen de transport très risqué) et qu’à la fin de leurs missions, on peut les laisser dériver dans l’espace. Aussi, avec les progrès de l’intelligence artificielle, des microsondes de la taille d’une boîte à chaussures pourraient bientôt se mettre à explorer notre système solaire.

Les obstacles à l’exploration humaine sont immenses, au premier chef notre capacité à franchir des distances colossales. Par exemple, une expédition aller-retour sur Mars prendrait au moins deux ans, dont huit mois pour le trajet aller dans un contexte où les astronautes n’auraient à peu près rien d’autre à voir que l’obscurité du néant. Les participants seraient soumis « à un niveau d’isolement et de lassitude qu’aucun équipage n’a éprouvé à ce jour », constate Claude Lafleur dans un document intitulé Espace 2068, les 50 prochaines : ce que nous réserve, et pas, l’exploration de l’espace*.

Quant à la sortie du système solaire par vaisseau spatial, seules les imaginations les plus fertiles peuvent l’envisager comme possibilité théorique. Dans Notre Univers: bizarre, mystérieux et… époustouflant), Claude Lafleur donne l’exemple d’Alpha du Centaure, le système stellaire le plus près du nôtre, avec une distance de 4,37 années-lumière. Soulignons qu’une année-lumière représente une vitesse de 300 000 km à la seconde.

Or, nous dit Claude Lafleur, en supposant qu’on pourrait propulser un vaisseau à la vitesse de 100 000 km/heure – ce qui prendrait alors trois heures et demie pour se rendre sur la Lune, comparativement à trois jours à l’heure actuelle – il faudrait tout de même patienter 4,7 millions d’années pour atteindre Alpha du Centaure!

La plupart des documents électroniques signés par Claude Lafleur sont constitués d’entrevues, sous forme de questions/réponses, et comptent une vingtaine de pages. Ils constituent une agréable et solide introduction vers les grands enjeux de l’exploration spatiale.

Voici d’autres livres numériques, plus volumineux, afin d’en savoir davantage.

Explorateurs de l’espace : voyage aux frontières de l’univers*
Michel Tognini et Hélène CourtoisEn près de 200 pages, les auteurs – respectivement astronaute et astrophysicienne – survolent l’histoire de l’exploration spatiale ainsi que ses défis actuels. Ils esquissent les pistes de réflexion de spécialistes sur l’éventuelle faisabilité de vols habités au-delà du système stellaire. « Parsemé d’interviews de scientifiques et de voyageurs de l’espace, cet ouvrage effectue un mariage paradoxal entre la science et l’univers du fantastique », résume Aérobibliothèque, un site d’informations sur les publications aéronautiques francophones.
100 idées reçues, contrevérités et faits insolites sur la conquête de l’espace*
Luc Mary et Philippe PoinasRespectivement historien des sciences et ingénieur thermique, les auteurs ont préparé une amusante synthèse de l’histoire et de l’actualité de la conquête spatiale, soit depuis la fin des années cinquante. Les lecteurs sont invités à valider cent affirmations qui débutent les cent « chapitres » de ce livre. Par exemple, le chapitre 82 s’intitule Les vols habités vers les planètes lointaines vont se multiplier. Fausse affirmation que les huit pages du chapitre sauront démonter.
Oublier la Terre? La conquête spatiale 2.0*
Jacques ArnouldSpécialiste des questions éthiques à l’agence spatiale française, l’auteur s’interroge sur les ambitions des milliardaires de la Silicon Valley, les Elon Musk de SpaceX et Jeff Bezos de Blue Origin, à ouvrir une phase dite commerciale de l’exploration spatiale. Cet « excellent petit essai » invite à « nous interroger sur le sens et la finalité de cette odyssée commençante », récapitule le quotidien financier Les Échos (vu à travers la ressource électronique Eureka*).
Chasseurs de planètes*
François RothenLes premières planètes tournant autour d’un autre astre que le Soleil n’ont été repérées qu’en 1995. Selon le site Exoplanet.eu, près de 4 300 exoplanètes ont été identifiées et ce chiffre augmente de jour en jour! Ex-professeur de physique à l’Université de Lausanne, François Rothen entend retracer « le contexte historique et les circonstances de la découverte des exoplanètes, ainsi que les perspectives qu’elle ouvre dans la compréhension de l’univers lointain. »
Cosmonautes! Les conquérants de l’espace*
Alex NikolavitchPour une rapide introduction à l’exploration spatiale et à ses impacts sur la culture populaire, principalement le cinéma, la science-fiction et la bande dessinée.

Pour les jeunes

Ex-président de la Fédération des astronomes amateurs, Jean-Pierre Urbain a la vulgarisation dans le sang. Les trois livres électroniques suivants s’adressent aux plus de dix ans.

En route vers les étoiles : construis ton propre vaisseau spatial*

Il y a de la vie sur les exoplanètes*

Objectif Mars*

La conquête de l’espace*
Jessica LupienPlein d’images, ce petit livre de 31 pages est destiné aux 5 à 8 ans. Il n’est jamais trop tôt pour bien faire!

Vous vous intéressez à l’astronomie? Lise aussi notre billet sur la planète Mars.

 

* Pour utiliser ces ressources, il faut être abonné à BAnQ et s’authentifier.
Abonnez-vous.