Frida Kahlo à Québec

par Jean-François Barbe, bibliothécaire
Histoire, sciences humaines et sociales, Grande Bibliothèque

Le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) a rouvert ses portes le 29 juin et prolonge jusqu’au 7 septembre l’exposition Frida Kahlo, Diego Rivera et le modernisme mexicain.

Voici quelques ressources en ligne afin de mieux préparer une visite d’été à ce superbe musée de la capitale nationale.

Vie et œuvre de Frida Kahlo

« Depuis sa mort précoce, en 1954, la vie et l’œuvre de Frida Kahlo, qu’on a longtemps présentée dans l’ombre et le sillage de son mari Diego Rivera, font l’objet de révisions constantes qui soulignent avec de plus en plus de force l’originalité et la créativité de cette artiste », résume l’encyclopédie Universalis*.

De fait, Frida Kahlo vendait très peu de peintures de son vivant. « Artiste de réputation modeste au cours de sa vie, Kahlo a gagné de nouveaux admirateurs à la fin du vingtième siècle »**, précise l’encyclopédie Contemporary Hispanic Biography*. 

Sa vie mouvementée et bien remplie – notamment marquée par un terrible accident de la circulation –, ses engagements politiques, sa représentation de l’expérience féminine et un style éclatant de couleurs ont contribué à faire de l’artiste mexicaine une icône internationale.

« Frida est une des premières artistes à se prendre elle-même comme sujet de son art, à représenter le corps souffrant. Elle donne un rôle très important à la photographie dans sa pratique. C’est assez moderne comme habitude et ça nous ressemble beaucoup sur certains aspects », dit André Gilbert, conservateur des expositions au MNBAQ, en entrevue au journal Le Soleil.

Des livres et un film

Les ressources électroniques de la Grande Bibliothèque ne sont pas avares de sources d’informations et de réflexions sur cette artiste emblématique de notre époque. En voici quelques-unes.

Rien n’est noir* de Claire Berest. Cette récente biographie romancée a conquis les lecteurs et lectrices de la francophonie. L’hebdomadaire La Vie (accessible par Eureka*) en disait ceci : « Claire Berest ne livre pas une énième biographie, mais s’intéresse plutôt à sa force de vie. Frida Kahlo, mater dolorosa? Sans doute un peu. Mais sa tragédie n’est pas uniquement ce qui fait d’elle une grande artiste. » L’hebdomadaire L’Express (également accessible par Eureka, comme les autres journaux et hebdomadaires cités dans ce billet) signale que « les chapitres sont courts et galopent d’images prises sur le vif du souvenir en dialogues si vrais qu’ils sont forcément vraisemblables. »
Qualifié d’incontournable de la rentrée littéraire de 2014 par le journal La Presse, le roman Viva* de Patrick Deville fait le portrait d’un certain Mexique des années trente à travers les personnages plus grands que nature de Frida Kahlo, Diego Rivera, Léon Trotski, Malcolm Lowry, Graham Greene, etc. « Un récit émouvant où Deville démontre qu’il sait aussi bien stimuler l’intelligence que prendre aux tripes », précisait le magazine L’Actualité.
El libro secreto de Frida Kahlo* de Francisco Gerardo Haghenbeck intéressera les hispanophones qui aiment la cuisine. Ce livre, précisait le périodique Grazia, « relate la vie de Frida Kahlo, artiste mexicaine qui eut la bonne idée de consigner ses recettes dans un petit carnet noir. Chaque frasque de cette beauté volcanique est accompagnée d’un intermède culinaire : Polvorones à l’orange, Tamal de poulet Hierra Santa…. Miam! »
L’ultime secret de Frida K.* de Gregorio León est un autre de ces romans qu’a inspiré la vie de Frida Kahlo. Selon Le Figaro Magazine, l’écrivain espagnol Gregorio León a signé « un thriller baroque à la sauce mexicaine où grimacent mille têtes de mort. Flamboyant. »
Frida Kahlo, les ailes froissées* de Pierre Clavilier est un « livre hommage à Frida Kahlo la rebelle », a constaté le quotidien Paris-Normandie, ajoutant qu’on y trouve « des clés de lecture pour décoder les symboles utilisés par l’artiste. »
Lauréat de la catégorie Biographie du Festival International du film sur l’art qui se déroule chaque année à Montréal, le film documentaire Frida Kahlo* (en anglais seulement) peut être vu via Kanopy.

Des expos virtuelles

Le MNBAQ n’a pas oublié les internautes avec une exposition virtuelle qui allie le son et l’image. Comme le précise le quotidien Le Devoir, « douze photographies tirées de l’exposition servent de jalons à un parcours guidé par les acteurs Tobie Pelletier et Ariane Bélanger, dont la voix a servi pour l’audioguide conçu par le MNBAQ. On peut ainsi refaire la trajectoire artistique de ces créateurs exceptionnels, dans un agréable assemblage de sons et d’images — à défaut de déambuler dans le lumineux pavillon Pierre-Lassonde. »

Et last but not least, Google n’oublie pas les amateurs de iPhone (ni ceux du web en général). Une expo de plus de 800 peintures, photographies et objets ayant appartenu à Frida Kahlo sont désormais à portée de clic. Une loupe permet de zoomer avec des angles de 360 degrés. L’expo Faces of Frida (en français) est le fruit d’une collaboration de trente-trois musées!

Tiré de l’exposition virtuelle Faces of Frida

Détail intéressant

Le fonds La Presse de BAnQ contient quelques photos de mariage entre Frida Kahlo et Diego Rivera.  

 

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** Notre traduction : An artist of only moderate repute during her own lifetime, Kahlo gained new admirers at the century’s end.