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Cette nuit, j’ai rêvé d’un cauchemar

24 mars 2016 par Gilbert Turp | Catégorie(s) : Non classé

C’est à cause de Bruxelles, bien sûr. Bruxelles et aussi Istanbul, Mogadiscio, Bagdad. Des bombes sautaient dans plusieurs villes d’Orient, d’Occident. Un kamikaze errait d’une gare à une école, d’un aéroport à un marché public en actionnant son téléphone. Et ça sautait, les plafonds s’effondraient, des gens hébétés se retrouvaient adossés aux murs, les vêtements déchirés, parfois leur peau aussi, et leur cœur. Il y avait aussi des gens tués, et le cœur déchiré de ceux qui les aimaient et qui se demandaient encore s’ils rentreraient ce soir.
Il y avait aussi la colère aveugle du kamikaze errant, et sous sa colère, il y avait une souffrance. Une souffrance presque innée, transmise de très loin, historique sans doute et qui se confond avec l’existence elle-même. Une souffrance qu’on ne sent plus, mais qui vous justifie jusqu’à atteindre le point de non-retour, bien visible dans son invisibilité même, le point où celui qui erre bascule dans la haine et le goût de l’anéantissement.
Je me suis éveillée, muette au milieu des dégâts et debout sur mon socle. J’ai essayé de me rappeler pourquoi j’existe et ce que je fais là, ici. Je me disais que la culture que je contiens, représente et offre est mon acte de foi, de vie, et ma réponse à la violence.

 

un_peu_lasse_aujourdhui

Un peu lasse aujourd’hui

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