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L’amour des mots – 6

19 janvier 2016 par Gilbert Turp | Catégorie(s) : Non classé

Le mot communication a son singulier et son pluriel. Chez moi, il est partout. Je suis d’emblée la preuve concrète que la communication est ma base et que les communications, tantôt précises et tantôt flottantes, sont omniprésentes et toujours incontournables.
Le mot « communication » est maintenant utilisé à tellement de niveaux qu’on peut légitimement se demander si un recours aussi pressant et aussi répandu n’est pas l’indice d’un certain manque. Le mot pallierait-il à une insuffisance de réel ? Désignerait-il une cible fuyante qui résiste à être bien nommée ? Composerait-il une sorte de programme en vue de combler un vide ? Autrement dit, le mot « communication » nous parle-t-il en creux de tout ce qui ne nous rejoint pas ?
C’est peut-être pour ça que les dramaturges dits de l’absurde, comme Beckett et Ionesco, se jouaient des mots en déjouant leur sens usuel, révélant des gouffres d’incommunicabilité. Ils préféraient aller au devant des coups en se moquant des mots avant que les mots se moquent d’eux.

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