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Le train du jour – 4

21 décembre 2015 par Gilbert Turp | Catégorie(s) : Non classé

En littérature, les médias ont un certain pouvoir sur les choix de lecture de mes visiteurs, du moins quand ils font écho à un livre ou font scintiller l’aura d’un écrivain de façon regroupée. De même, quelques prix littéraires ont un impact décisif, comme le prix des Libraires, le prix des collégiens, le Femina, le Gouverneur Général, le Nobel.

Mais d’abord, le goût de la lecture s’ancre chez mes lecteurs à même le sentiment qu’ils ont de leur propre culture. Le lien d’appartenance étoffe leur manière d’être et de rêver.

C’est la littérature québécoise qui circule le plus et qui est la plus en demande. Puis, vient la littérature de fond, les auteurs reconnus, les classiques. La lecture permet à l’esprit de voyager librement dans l’espace et le temps, de s’élancer du socle vers le large, de dériver entre l’ici-maintenant et le il-était-une-fois-dans-un-pays-lointain, de goûter le désir de comprendre où l’on est et celui d’imaginer où l’on pourrait être.

Il me fait plaisir de songer que mes visiteurs allient le souci de leur propre culture à une quête s’ouvrant sur l’universel. Les gens reconnaissent leur culture comme seuil d’où prendre leur envol aux quatre vents du monde et appareiller sur les sept mers en direction des merveilles de l’humanité pour rentrer ensuite à la maison, la tête pleine de saisissements et les yeux pleins d’étincelles.

Lire est toujours un espoir et une découverte. Les écrivains bourdonnent sur ces champs de culture comme des abeilles, poussés par une Reine impossible. En produisant leur miel, ils fécondent les fleurs.

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