Portail BAnQ Nétiquette

Ce don que j’ai – 4

16 décembre 2015 par Gilbert Turp | Catégorie(s) : Non classé

Au café qui donne sur la vitrine où semblent se profiler les ombres blanches de passants (œuvre d’art discrètement intégrée à mon architecture signée Dominique Blain), un homme et une femme qui n’ont pas l’air de se connaître et qui ne sont pas assis à la même table lisent cependant le même livre : Les années, de Annie Ernaux.

En levant les yeux vers la vitrine, l’homme murmure soudain, comme si ça lui échappait  : est-ce donc ça de l’autofiction ?
Bonne question, ne peut s’empêcher de lui répondre la femme. Mais qu’est-ce donc que l’autofiction ? Une mémoire fictive ? Un récit de soi ?

Il semble qu’Annie Ernaux déjoue cette catégorie. Alors que s’ouvre à moi son texte, je ne vois ni autofiction, ni mémoires, ni l’essai au « je », mais un portrait des années que l’auteure reconnaît comme siennes même si elles sont un peu passées. Un autoportrait, donc, mais dans le temps. Un regard sur la traversée de l’histoire où les êtres humains sont comme des ombres blanches et passantes. Un très beau tableau du temps comme une grande nature morte.

Les commentaires sont fermés.




© Bibliothèque et Archives nationales du Québec