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Le train du jour – 3

12 décembre 2015 par Gilbert Turp | Catégorie(s) : Non classé

À l’étage de la littérature, il y a 5 bibliothécaires vers qui la clientèle se tourne quand elle demande des suggestions de lecture. Elles sont les bibliothécaires de référence. On les voit au comptoir en train de discuter avec les gens, de les aider à trouver une référence. Elles s’occupent aussi de la mise en valeur des collections de livres imprimés et numériques sur leur étage. Elles sont ainsi les mieux placées pour savoir ce que les gens demandent, ce qui suscite leur curiosité et ce qu’ils ont envie de lire. Cependant, rares sont les lecteurs qui reviennent leur dire ce qu’ils ont pensé de leur lecture, ni même les remercier de la suggestion si elle fut appréciée. Ce serait utile pourtant d’entendre ce que les gens aiment ou n’aiment pas de leurs lectures, car les bibliothécaires ne peuvent évidemment pas tout lire. En outre, il est difficile de référer un titre à quelqu’un dont on ne connaît pas les goûts.

Ces bibliothécaires sont aussi des références pour leurs collègues des acquisitions.  Elles suggèrent des achats en fonction des demandes du public. Elles reçoivent des bibliothécaires aux acquisitions des listes de livres qu’elles évaluent avant de faire leur sélection. Ces listes sont pointues, car on commande d’office aux libraires agréés les ouvrages des éditeurs québécois et français (dont le corpus de publication inclus les traductions, comme la collection de littérature scandinave d’Actes Sud, par exemple. Excellente collection, du moins à mes yeux de Grande Baie qui aime les univers profonds comme des lacs gelés, ou glauques comme leur glace mince et traitresse).

Tout ça pour dire qu’entre mes bibliothécaires aux acquisitions qui travaillent en amont et mes bibliothécaires aux références qui travaillent en aval, on achète environ 1000 titres par semaine représentant à peu près 1600 volumes (puisque certains titres sont achetés en plusieurs copies, selon la demande, de quatre à dix, parfois, sans excéder 20 copies). Ce train-là apportant 60,000 nouveaux livres par année, il faut donc élaguer. S’il entre 60,000 livres, il faut qu’il en sorte 60,000 aussi sinon je craque. Parfois, le vertige me saisit à la pensée de tout ce monde qui s’apprête à lire ces 60,000 nouveaux titres par année. Si je demandais à mes bibliothécaires de référence si elles ont le vertige, je pense bien qu’elles se contenteraient de me répondre d’un haussement des sourcils et d’un joli sourire plein d’innocence.

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