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Microcosme de la cité

23 octobre 2015 par Gilbert Turp | Catégorie(s) : Non classé

On ne peut pas ouvrir sa porte à tous sans que n’entre le vent et, avec lui, les ombres fuyantes de la Cité. C’est pourquoi les allées sombres de la ville se prolongent parfois dans mes recoins.
À l’étage de la littérature, mes rayons de polars sont pleins de récits d’allées sombres. Les gens aiment lire des histoires qu’ils ne voudraient pas vivre. Ils aiment la liberté de la fiction qui permet les rencontres qu’on repousse dans la vie.

gens aiment histoires quils ne voudraient pas vivre

Dans la vie, les allées sombres de Montréal se résument à deux mots : drogue, sexe. Deux choses qui en elles-mêmes ne sont ni bien ni mal, mais qui dépendent de l’usage qu’on en fait. Je regorge d’histoires de drogue et de sexe qui lancent des promesses démesurées de bonheur, d’amour, d’apaisement, de comblement, d’extase même et de brûlure d’éternité.

Parfois, cependant, la promesse est destinée aux démunis et aux avides. Alors s’immisce dans les récits le motif éternel de l’argent. L’argent qui est bien sûr la valeur en creux des allées sombres de la ville.
Je suis bien contente, finalement, d’être minérale, ligneuse et transparente, car je peux me permettre de vibrer de désirs en imagination tout en étant libre des contingences frémissantes de la chair et de l’oubli, si fragiles aux diktats de l’argent.

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