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Instantané, le blogue des archivistes.

La 4e Journée des archives religieuses sur le thème de l’accessibilité : du droit à la pratique

Le comité des archives du Conseil du patrimoine religieux du Québec tiendra, le 15 avril 2016, sa 4e Journée des archives religieuses à BAnQ Vieux-Montréal. Pour cette quatrième édition, le comité propose le thème de l’accessibilité aux archives religieuses, un enjeu aussi fascinant que fondamental de la pratique archivistique. Les archives ecclésiastiques constituent un patrimoine inestimable. Elles témoignent notamment du rôle majeur des communautés religieuses et du personnel clérical dans toutes les sphères de la société. Mais ces mêmes archives, d’une portée historique évidente, renferment aussi de nombreuses informations récentes d’ordre personnel parfois sensibles et délicates. Dans un contexte d’accessibilité accrue aux archives, comment discerner l’intérêt historique des documents et le respect de la vie privée ? Voilà un réel défi auquel les archivistes sont fréquemment confrontés dans leur pratique.

Cette 4e Journée tentera de faire la lumière sur les enjeux vécus par les archivistes religieux dans le contexte de leurs relations avec les chercheurs et, plus largement, avec les utilisateurs. Quel est le fondement juridique de l’accessibilité des archives religieuses, notamment des archives des communautés de vie consacrées ? Comment maintenir l’équilibre entre la volonté de diffuser ce patrimoine archivistique et la nécessité de protéger les données à caractère personnel qu’il contient ?


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Conférenciers de la première Journée des archives religieuses et les membres du Comité des archives, le 18 avril 2012 à BAnQ Vieux-Montréal. Source: Conseil du patrimoine religieux du Québec

 

La journée, qui se veut un moment d’échange et de formation, se subdivisera en deux parties. En matinée, deux conférenciers nous entretiendront du thème de l’accessibilité des archives religieuses dans le contexte du droit canonique et du droit civil, tandis qu’un troisième traitera de l’usage du droit d’auteur dans le contexte archivistique. En après-midi, les participants se joindront à deux ateliers au choix sur une problématique associée à l’accessibilité aux archives religieuses. Enfin, pour terminer cette journée, les participants assisteront à une séance plénière qui permettra de faire le pont entre tous les ateliers.


Pour plus d’informations, visitez la page de la Journée des archives religieuses 2016.


Daniel Ducharme, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Nouvelle version du Recueil des règles de conservation des établissements de santé et de services sociaux du Québec

Reportage sur l'hôpital de Fort George, Photographe Jules Rochon, avril  1972, BAnQ Québec E10,S44,SS1,D72-80

Reportage sur l’hôpital de Fort George, photographe Jules Rochon, avril 1972, BAnQ Québec, E10,S44,SS1,D72-80

Tel que mentionné dans notre billet de blogue Les calendriers de conservation du milieu de la santé et de services sociaux : nouveaux établissements, nouvelles règles du 26 mai 2015, le Comité national des archives de la santé et des services sociaux (CNASSS) est heureux de vous annoncer la parution de la nouvelle version du Recueil des règles de conservation des documents des établissements de santé et des services sociaux du Québec. Il s’agit d’une version partielle qui regroupe les règles de gestion sur lesquelles les gestionnaires des établissements de santé et des services sociaux peuvent s’appuyer pour élaborer et tenir à jour leurs propres outils de gestion documentaire. Ces nouvelles règles tombent bien : elles permettront aux établissements récemment fusionnés de se conformer à la Loi sur les archives, notamment en élaborant et en faisant approuver les règles de gestion de leurs calendriers qui s’avèrent en grande partie communes aux « installations » qui leur sont rattachées.

Parmi les nouveautés de ce recueil, nous retrouvons une cotation plus conforme à la pratique de l’élaboration des autres recueils sectoriels. En effet, le comité a décidé de laisser tomber les sections G (gestion) et X (exploitation) de l’ancien recueil de 2009 pour opter pour une cotation numérique. De plus, afin de répondre aux besoins du milieu de la santé, la présente version du recueil comprend 22 règles inédites dont celles portant sur les évaluations internes et externes, sur le comité de gestion de risques ainsi que sur la gestion du financement lié à la recherche.

La sortie de cette version partielle du recueil a pour effet de rendre désuètes les règles G du recueil de 2009. Les établissements sont donc invités à utiliser dès maintenant le recueil 2015 pour toutes leurs activités de gestion.

Les règles de mission de la section X (séries X1, X2 et X3) de l’ancien recueil sont cependant toujours en vigueur. Le comité, qui poursuit ses travaux, espère rendre public l’ensemble de règles associées au dossier de l’usager au début de 2016.

Une affaire à suivre, donc…

Recueil des règles de conservation des documents des établissements de santé et de services sociaux du Québec
Section A – Présentation générale 
[PDF – 354 Ko]. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2015, 30 pages.
Section B – Séries de gestion  [Word – 361 Ko et PDF – 1,04 Mo]. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2015, 145 pages.

 

Audrey Bouchard, archiviste – BAnQ Québec

Daniel Ducharme, archiviste –  BAnQ Montréal

De nouveaux défis pour Normand Charbonneau

Le 10 mars dernier, nous apprenions le départ de Normand Charbonneau de son poste de conservateur et directeur général des archives à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).  Monsieur Charbonneau a occupé, au cours de ses vingt-cinq années de services aux Archives nationales du Québec et, depuis 2006 à BAnQ, de nombreuses fonctions. Il a entre autres été archiviste spécialisé à l’iconographie et a assumé différentes fonctions de gestion à Québec et à Montréal avant de devenir conservateur et directeur général des archives en janvier 2012. Il quittera ses fonctions le 17 avril 2015 pour se joindre à Bibliothèque et Archives Canada où il assumera la responsabilité de chef de l’exploitation.

Au long de sa fructueuse carrière et dans toutes les fonctions qu’il a occupées au sein de notre institution, Normand Charbonneau s’est démarqué par son leadership et son style de gestion. Avec sa détermination, sa fougue et sa connaissance approfondie de la communauté archivistique du Québec, il a donné à la Direction générale des archives (DGA) une impulsion nouvelle en amorçant notamment deux importants chantiers, soit la refonte de la Loi sur les archives et celle de la base de données Pistard. Nous sommes persuadés que son successeur, avec le soutien de l’équipe en place, sera en mesure de poursuivre ces importants projets.

Difficile de résumer en quelques mots l’héritage laissé par Normand Charbonneau. Nous pouvons cependant rappeler le message qu’il a transmis lors de la conférence d’ouverture du Congrès de l’Association des archivistes du Québec (AAQ) au printemps 2012. Il concluait sa présentation par ces mots :

En guise de conclusion, le message que mes collaborateurs et moi voulons vous transmettre est simple : ne craignons pas d’affronter les défis et travaillons de façon concertée à les résoudre de manière à poursuivre notre objectif : être au service de nos institutions et de la collectivité.

[…]

Chacun de nous, à notre façon et dans nos milieux de travail respectifs, peut infléchir la suite des choses. Pour cela, il ne faut pas se contenter du statu quo : il faut oser faire les choses et prendre des risques.

 Arrêtons de poursuivre des chimères et d’attendre les solutions miraculeuses. Luttons plutôt contre le cynisme qui trop souvent nous anime. Luttons contre l’immobilisme dû au poids des traditions et osons quitter le confort de nos habitudes.

[…]

Animés par la pensée de Normand Charbonneau, nous souhaitons poursuivre dans cette voie avec la ferme intention de jouer notre rôle et d’oser imaginer des solutions nouvelles dans ce monde en constante évolution.

Enfin, nous félicitons monsieur Charbonneau pour sa nomination à Bibliothèque et Archives Canada. Nous lui exprimons notre profonde reconnaissance et sommes convaincus qu’il va continuer à travailler avec le même dévouement « au service de nos institutions et de la collectivité ».

 Le comité du blogue Instantanés

 

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Le retour des grands maîtres!

Du 14 février au 5 avril 2015, le Centre d’archives régional de Charlevoix (CARC) présente, au Carrefour culturel Paul-Médéric de Baie-Saint-Paul, une exposition mettant en valeur des documents d’archives de quatorze peintres ayant marqué l’histoire de Charlevoix et du Canada. Certaines pièces présentées sont très rares, notamment des lettres de Clarence Gagnon dans lesquelles il parle de son profond attachement pour Baie-Saint-Paul. On y retrouve également des photographies, qui dressent un portrait intimiste de la vie de ces artistes en témoignant de leur vie de famille ou encore des liens d’amitié avec d’autres peintres.

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Francesco Iacurto en train de peindre Jean-Paul et Madeleine Lemieux devant leur maison de L’Isle-aux-Coudres, 1984. Centre d’archives régional de Charlevoix. Fonds Claude Le Sauteur (P59). Photographe non identifié.


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René Richard, (s.d.). Centre d’archives régional de Charlevoix. Fonds René Richard (P9) Photographe non identifié.


Cette exposition vise également à rappeler la réalisation du Circuit des grands maîtres de l’art figuratif canadien, un parcours en plein air au centre-ville de Baie-Saint-Paul qui permet de découvrir treize monuments en bronze réalisés en hommage à ces artistes tels que René Richard, Marc-Aurèle Fortin, Jean-Paul Lemieux, Jean-Paul Riopelle et Claude Le Sauteur. Chaque monument permet au piéton de découvrir une œuvre ainsi qu’une biographie du peintre à l’honneur. À l’initiative de Rosaire Tremblay, administrateur du C.A.R.C, le premier buste du circuit, à l’effigie de René Richard, a été inauguré en 1998 et est situé devant la bibliothèque du même nom. L’idée de faire un circuit et de réaliser d’autres monuments fait rapidement son chemin dans la communauté. Le C.A.R.C. est devenu alors le porteur de ce projet de « musée à ciel ouvert ».

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Buste de René Richard réalisé par le sculpteur Gérard Thériault, 1998. Centre d’archives régional de Charlevoix. Collection du Centre d’archives régional de Charlevoix (P1000). Photographe non identifié.


Rappelons que le CARC est un service d’archives privées agréé par Bibliothèque et Archives nationales du Québec depuis 1998. Cet agrément se veut une reconnaissance de son expertise, de son rayonnement, du volume et de la qualité des archives qu’il possède et des conditions dans lesquelles il les conserve. Le CARC a pour mission de conserver et de mettre en valeur le patrimoine archivistique de la région de Charlevoix. Il met également à la disposition des citoyens près de 214 mètres linéaires d’archives textuelles ainsi que des photographies, des cartes et plans, des images en mouvement et des enregistrements sonores. Il conserve notamment les fonds suivants : Félix-Antoine Savard, Claude Le Sauteur, René Richard, Cyril Simard et le Fonds Petites Franciscaines de Marie.

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Salle de consultation du CARC, 2012.


Christelle Lavoie, directrice-archiviste, CARC et Marie-France Mignault, archiviste, BAnQ

Des détectives travaillent au courrier de recherche de BAnQ !

Répondre aux questions du courrier de recherche requiert souvent des talents de détective. Voici l’exemple du travail investi pour répondre à une requête relative à l’acte de naissance – il y a plus d’un siècle – d’« Helen Poulos alias Apostolopoulos née en 1909, fille de James Poulos et d’Yvonne Campeau ».

Un mariage entre Demetrius Poulos – qui signe James Poulos – et Yvonne Campeau a été retracé en 1916. Mais lors de son mariage en 1942, le nom de famille d’Helen est Roumeliotis Poulos et son père est «feu Demetrios Rumeliotis». Alors comment James Poulos alias Demetrios Apostolo Poulos peut-il être Demetrios Rumeliotis !

Un «James Poulos alias Demetrios Apostopoulos, époux d’Yvonne Campeau» est décédé en 1945. Pourtant à son mariage en 1942 Helen a déclaré que son père était déjà décédé. S’agirait-il de deux individus ?

En recommençant la recherche du début, nous avons retracé un Demetrios P. Roomeliotes, époux d’Eva Campau, décédé en 1910. Et qui était le témoin? Demetrios A. Apostolopoulos !

La naissance d’Helen Poulos ou Apostolopoulos a été retracée sous Marie Yvonne Helena Romitos, fille de feu James Romitos et d’Yvonne Campeau, née en novembre 1909 et baptisée en décembre 1910 à la paroisse catholique de Saint-Jean-Baptiste à Montréal.

Et la surprise ne s’arrête pas là !

La naissance est aussi enregistrée en juin 1910 à la paroisse grecque orthodoxe Holy Trinity sous Helen Roumeliotes, fille de «Demetrios P. Roumeliotes et Eva D. Campu» !

Ainsi l’enfant est née Helena Roumeliotis; son père, Demetrios P. Roumeliotis alias James Romitos, est décédé neuf mois après sa naissance; sa mère Yvonne alias Eva Campeau s’est remariée à un ami de la famille Demetrios Apostolo Poulos alias Demetrios Poulos alias James Poulos alors qu’Helena n’avait que 6 ans. À l’âge adulte, elle a choisi de porter les patronymes de son père et de son beau-père.

Voilà un exemple du travail investi par les techniciennes et techniciens employés au Service de la diffusion de BAnQ.

 

Ginette Robert, technicienne en documentation – BAnQ Vieux-Montréal

Denyse Beaugrand-Champagne, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Un partenariat qui dure depuis plus de 20 ans !

Il y a 20 ans, le 1er mai 1994, la Société du patrimoine des Beaucerons obtenait son agrément confirmant ainsi son professionnalisme et devenait par la même occasion un partenaire privilégié de Bibliothèque et Archives nationales du Québec en matière de sauvegarde et d’accessibilité des archives privées. Fondée en 1976, la Société consacre ses activités à la connaissance, à la conservation et à la mise en valeur de l’histoire et du patrimoine de la Beauce.

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Vieux couvent de l’ensemble institutionnel de Saint-Joseph-de-Beauce où se trouvent les locaux de la Société du patrimoine des Beaucerons, 2009. Photographe Éric Turcotte.

 

Située dans la Maison de la culture de Saint-Joseph-de-Beauce dans le même édifice que le Musée Marius-Barbeau, la Société fait partie d’un magnifique ensemble institutionnel reconnu composé de plusieurs bâtiments qui la place au cœur même d’un pôle culturel important de la municipalité et de la région. Profitant de ses partenariats établis avec la Fondation Robert-Cliche et les MRC de la Nouvelle-Beauce, Robert-Cliche et Beauce-Sartigan, elle offre des services de qualité à la population et rayonne sur l’ensemble du territoire de la Beauce et sur celui de la région de Chaudière-Appalaches.

 

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Salle de consultation de la Société du patrimoine des Beaucerons, 2009. Photographe Éric Turcotte.

 

Présentement, la Société du patrimoine des Beaucerons possède plus de 230 fonds d’archives dont ceux de l’historien Honorius Provost, des juges Léonce et Robert Cliche et de la collection Claude Loubier. Ces fonds proviennent d’individus, de familles, d’organismes, de clubs sociaux, d’entreprises et de fabriques et représentent plus de 165 mètres linéaires de documents textuels, 725 000 documents iconographiques et près de 1500 cartes et plans.

 

Éric Turcotte, archiviste – BAnQ Québec

Marcel Masse et la diffusion du savoir

Nous apprenions le 25 août dernier le décès du politicien Marcel Masse. Rappelons-nous brièvement sa longue et brillante carrière politique. Actif d’abord sur la scène provinciale, comme député unioniste et indépendant dans le comté de Montcalm (1966-1973), il occupera plusieurs fonctions ministérielles pour l’Union nationale dans les cabinets de Daniel Johnson (père) et de Jean-Jacques Bertrand. Il fait par la suite le saut en 1984 sur la scène fédérale où il représentera la circonscription de Frontenac à la Chambre des communes jusqu’en 1993. Pendant cette période, il sera successivement ministre des Communications, ministre de l’Énergie, des Mines et des Ressources et ministre de la Défense nationale dans les différents cabinets du premier ministre Brian Mulroney. Par la suite, Marcel Masse occupera divers postes dans la haute fonction publique québécoise : président du Conseil de la langue française, délégué général du Québec à Paris et président de la Commission des biens culturels du Québec.

 

Photographie de Marcel Masse, mars 1970. BAnQ Québec (E10, S44, SS1, D70-77). Photographe : Jules Rochon.

Photographie de Marcel Masse, mars 1970. BAnQ Québec (E10, S44, SS1, D70-77). Photographe : Jules Rochon.

 

Il reçoit tout au long de sa carrière de nombreux titres honorifiques (officier de l’Ordre national du Québec, commandeur de l’Ordre des Palmes Académique, officier de la Légion d’honneur de France, citoyen d’honneur de la ville de Royan, en France, commandeur de l’Ordre de la Pléiade, médaille du Conseil international des archives, etc.) qui témoigne de son implication dans la diffusion et la promotion du savoir culturel, historique et patrimonial québécois. Nous ne pouvons passer non plus sous silence sa contribution à l’essor de plusieurs organismes et évènements, dont le Festival international de Lanaudière, la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs, la Société du patrimoine politique du Québec, la Société Héritage de Champlain, l’Encyclopédie multimédia du patrimoine culturel de l’Amérique française, le Comité des archives de l’Amicale des anciens parlementaires du Québec et l’Encyclopédie du patrimoine politique du Québec.

Caricature de Raoul Hunter représentant Marcel Masse et Jean Lesage, 18 février 1968. BAnQ Québec (P716,S1,P68-02-18).

Caricature de Raoul Hunter représentant Marcel Masse et Jean Lesage, 18 février 1968. BAnQ Québec (P716,S1,P68-02-18).

 

Homme d’idées et travailleur acharné, monsieur Masse a été un défenseur dévoué des intérêts du Québec, de sa culture ainsi que de la langue française.

Marcel Masse lors d’une visite à BAnQ Québec en mai 2014 en compagnie de son épouse, madame Cécile Martin, et de nos collègues Michel Simard et Sylvie Bédard.  Photographe : Rénald Lessard.

Marcel Masse lors d’une visite à BAnQ Québec en mai 2014 en compagnie de son épouse, madame Cécile Martin, et de nos collègues Michel Simard et Sylvie Bédard. Photographe : Rénald Lessard.

 

Christian Drolet, archiviste-coordonnateur – BAnQ Québec

François David, adjoint du conservateur et directeur général des archives – Direction générale des archives

Les fonds d’architectes et le tri qualitatif

Des critères de tri spécifiques ont été développés par les archivistes de BAnQ pour assurer la conservation et la diffusion des fonds d’architectes. Ces critères ont été élaborés en tenant compte des besoins de la recherche et des impératifs de gestion (ressources humaines, besoins des usagers, ressources financières, espaces d’entreposage, etc.).

La Direction générale des archives de BAnQ a donc défini certains critères spécifiques qui encadrent et guident le travail de ses archivistes lors du traitement de ce type de fonds. Par exemple, on conservera intégralement des listes, des inventaires et des fichiers rappelant l’ensemble des réalisations d’un bureau d’architectes. On procèdera également à une sélection qualitative et quantitative d’environ 10 % des dossiers de projets architecturaux. Parmi les critères qualitatifs, soulignons les suivants :

  • Les projets mis en nomination ou ayant obtenu un prix;
  • Les projets majeurs représentatifs de la carrière de l’architecte;
  • Les projets qui attestent de la spécialité de l’architecte;
  • Les projets particuliers marquant un progrès dans l’expression artistique ou technique;
  • Les projets qui se distinguent par la qualité graphique et d’exécution des dessins;
  • Les projets de restauration sur des bâtiments patrimoniaux (dont ceux classés par le Conseil du patrimoine culturel du Québec);
  • Le dossier le plus complet de tout projet qui répète une réalisation;
  • Les projets qui témoignent de l’utilisation de matériaux, de techniques ou de vocabulaire stylistique ou décoratif propres à une région;
  • Les projets liés à des événements publics;
  • Les projets significatifs pour une localité ou une région.

L’archiviste effectue, avec la collaboration du créateur des documents lorsque possible, cette  sélection qualitative des projets architecturaux. L’application de ces critères qualitatifs permet au créateur des documents et à l’archiviste d’identifier les projets les  plus significatifs. Les projets répondant à plusieurs critères doivent être privilégiés.

Dessin architectural de l’Église Sainte-Clothilde de Beauce, par l’architecte Louis-Philippe Lefebvre, 1947. BAnQ Québec, Fonds Louis-Philippe Lefebvre, architecte (P900)

Dessin architectural de l’Église Sainte-Clothilde de Beauce, par l’architecte Louis-Philippe Lefebvre, 1947. BAnQ Québec, Fonds Louis-Philippe Lefebvre, architecte (P900)

 

En terminant, soulignons que ces critères ont été reçus favorablement par le Comité consultatif sur les archives privées de BAnQ formé de quatre chercheurs et d’un représentant de la communauté archivistique. De plus, ces critères tiennent compte des questions soulevées par plusieurs institutions patrimoniales qui se traduisent, entre autres, par la réévaluation des normes et des pratiques quant à la nécessité d’adapter et de redéfinir leur espace documentaire. Une réponse à ces préoccupations réside entre autres dans une révision du contenu de l’ensemble de leurs fonds et collections.

Christian Drolet, archiviste-coordonnateur – BAnQ Québec

Une année faste pour la Société d’histoire d’Amos

L’année 2014 se veut très spéciale pour la Société d’histoire d’Amos (SHA). En effet, en plus de fêter son 20e anniversaire d’agrément, la SHA participe activement aux festivités du 100e anniversaire de la ville d’Amos. Le 22 mai dernier, dans le cadre de la 38e édition du Salon du livre de l’Abitibi-Témiscamingue, la SHA a effectué le lancement de son livre intitulé Amos, ville centenaire, 1914-2014.

 

Kiosque de la SHA lors du 38e Salon du livre de l’Abitibi-Témiscamingue. Photo : Guillaume Trottier

Kiosque de la SHA lors du 38e Salon du livre de l’Abitibi-Témiscamingue. Photo : Guillaume Trottier

Première monographie historique sur Amos à être publiée depuis 1937, cet ouvrage comble un grand vide. C’est sous la gouverne de Carmen Rousseau, présidente de la SHA, que plusieurs personnes ont contribué à la rédaction de cet ouvrage qui deviendra assurément un incontournable de la littérature amossoise. Avec les célébrations et les activités entourant le centenaire de la ville d’Amos, l’expertise de la SHA est grandement sollicitée. Avec la Corporation des Fêtes du centenaire d’Amos, elle a réalisé de nombreux projets tels que la production d’un calendrier, des capsules historiques, une projection sur la cathédrale, des photos pour le site Web, etc. Cette effervescence suscite un intérêt renouvelé pour le patrimoine et sa valeur malgré la relative jeunesse de la région. La SHA profite de cette conjoncture favorable et la population, plus conscientisée à l’importance de la mémoire, accentue les dons d’archives.

 

 

Salle de recherche et d'exposition de la SHA. Photo: Sébastien Tessier

Salle de recherche et d’exposition de la SHA. Photo: Sébastien Tessier

Rappelons que la SHA, fondée en 1980, succède à la Société Historique du Diocèse d’Amos créée en 1952 à la demande de Mgr J.O.V. Dudemaine. À partir de 1982, le service d’archives commence à prendre forme avec le traitement de ses premiers fonds. Depuis 1994, la SHA qui est située dans la Maison de la culture de la ville d’Amos possède des locaux modernes et multifonctionnels lui permettant de bien desservir les chercheurs et de conserver ses archives dans des conditions ambiantes de première qualité. Actuellement, la SHA conserve plus de 150 mètres linéaires de documents textuels et 110 000 photographies.  Parmi les fonds les plus précieux, on retrouve le fonds Pierre Trudelle, le fonds Studio Morasse / H. Dudemaine et le fonds Bernard Cossette. Longtemps assumé par madame Pierrette Blais, le poste d’archiviste est maintenant occupé par monsieur Guillaume Trottier.

 

 

 

Pour de plus amples informations, consultez le site web de la SHA http://www.societehistoireamos.com/ ou rendez-vous sur place au 222, 1re Avenue à Amos.

 

Guillaume Trottier, Archiviste – Société d’histoire d’Amos

Sébastien Tessier, Archiviste-coordonnateur – BAnQ Rouyn-Noranda

Les 14e Journées des archives de l’Université catholique de Louvain: une contribution de BAnQ

Logo de l'Université Catholique de Louvain (Louvain-la-Neuve - Belgique), Wikimedia Commons, 2006

Logo de l’Université Catholique de Louvain (Louvain-la-Neuve – Belgique), Wikimedia Commons, 2006

J’ai eu le privilège d’assister aux 14e Journées des archives de l’Université catholique de Louvain qui se sont tenues à Louvain-la-Neuve (Belgique) les 24 et 25 avril 2014 sous le thème Projeter les archives : vers de nouveaux fondements. À cette occasion, j’ai pu constater que la prospective peut être abordée de façon fort différente selon que l’on pratique le métier d’archiviste en Belgique, en Suisse, en France ou au Québec et, surtout, selon le milieu dans lequel on le pratique (que ce soit dans un service d’archives traditionnel ou dans un service de gestion des documents numériques d’une entreprise privée). Par ailleurs, ces Journées ont compté sur la présence de plusieurs intervenants issus du milieu de l’histoire, de la documentation et des musées. Des chercheurs interdisciplinaires ont donc contribué à cette réflexion collective sur l’avenir des archives. Pour en savoir davantage sur ces Journées, veuillez vous rendre sur le site de l’Université catholique de Louvain.

Dans cet ensemble de communications diversifiées, la contribution de BAnQ a pris la forme de deux exposés. Dans le premier, Normand Charbonneau, conservateur et directeur général de BAnQ, a entretenu l’assistance de la diffusion, plus précisément sur les nouvelles formes que prend cette fonction dans le contexte actuel. Intitulée Renouveler notre relation avec les clientèlesPour sortir de notre cloche de verre, il  illustre l’importance de la fonction diffusion à BAnQ, fonction qui s’étend à celle, beaucoup plus vaste, de la relation avec les clientèles et les partenaires. Déjà, une analyse de balisage des activités (benchmarking) démontre que la relation avec les clientèles, à la Direction générale des archives de BAnQ, occupe 42 employés à temps complet sur un total de  101. Cela témoigne de l’importance grandissante de cette fonction dans une institution nationale d’archives. Dans sa conférence, Normand Charbonneau a invité les auditeurs à aller au-devant de leurs clientèles, celles qu’il nous incombe de servir. Pour ce faire, il a rappelé que « l’archiviste doit devenir médiateur et travailler en collaboration avec des acteurs de différents horizons (créateurs d’informations, technologues, avocats, gestionnaires en ressources humaines, en ressources financières et en ressources matérielles, etc.) ». Le texte de sa communication sera publié dans les actes qui seront diffusés au printemps 2015, mais on peut dès lors en prendre connaissance sur le portail de BAnQ.

Dans le second exposé intitulé Les principes fondamentaux de l’archivistique à l’épreuve des technologies de l’information et des communications, j’ai dévoilé le résultat d’une enquête réalisée de février à mars 2014 auprès du milieu québécois des archives. Aussi, après avoir rendu compte des écrits récents de certains auteurs sur la question, j’ai exposé  les résultats de cette enquête menée auprès d’archivistes québécois issus de tous les milieux de la pratique : institutions nationales d’archives, ministères et organismes gouvernementaux, sociétés d’État, établissements d’enseignement, municipalités, villes et, enfin, entreprises privées. Cela m’a permis, entre autres choses, de confronter la théorie à la pratique en dévoilant si ces principes avaient une incidence concrète sur le métier d’archiviste à l’ère numérique. En conclusion, j’ai présenté la problématique particulière que pose l’évaluation des archives à l’ère des TIC – fonction transversale qui se trouve au cœur de toutes les actions de l’archiviste contemporain.

Ma participation à la 14e édition de ces Journées des archives fut une expérience inoubliable. Je remercie le personnel du service des archives de l’Université catholique de Louvain de m’avoir invité à y contribuer.

 

 Daniel Ducharme, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal




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