Portail BAnQ Nétiquette
Instantané, le blogue des archivistes.

Les origines de la présence acadienne à Montréal

 

 

À partir de 1755, de nombreux Acadiens forment plusieurs petites « Cadies » au Québec. Fait historique plutôt méconnu, dans la seconde moitié du 18e siècle, certains d’entre eux choisissent de s’établir sur la seigneurie de l’Île de Montréal appartenant aux Sulpiciens. Ces réfugiés arrivent alors des colonies américaines où ils ont été déportés par les autorités anglaises. Pour la plupart, ils préfèrent s’installer dans les régions de Verdun, de Lachine et de Pointe-aux-Trembles. Peu de textes portent sur l’origine de la présence acadienne à Montréal. Dans son ouvrage Les Acadiens du Québec, Pierre-Maurice Hébert y consacre cependant un chapitre révélant plusieurs faits intéressants.

 

 

À titre d’exemple, des témoignages de personnages contemporains offrent quelques détails au sujet de l’arrivée des Acadiens sur le territoire de la future métropole. Entre autres, le 8 septembre 1757, le comte Louis-Antoine de Bougainville écrit dans son journal à propos de l’arrivée de quatre Acadiens en provenance de la Caroline :

« Quatre Acadiens désertés de la Caroline. Ils ont dit que les Anglais de la Caroline n’avaient dans leur capitale que 40 hommes de garnison, milices du pays; que cette partie serait fort aisée à ravager, les habitations étant éparses, que les Anglais ont fait construire un fort du côté des Cheroquis, dans les eaux du Mississippi »[1].

 

 

Toutefois, selon Hébert, ce sont surtout les archives notariales et les archives de l’état civil qui nous permettent de retrouver les traces des Acadiens à Montréal dans les dernières années du régime français. On remarque quelques indices notamment dans les actes de naissance et de mariage de leurs enfants. À cet égard, les généalogistes et les historiens peuvent se montrer reconnaissants envers les curés de paroisse et les notaires de l’époque. Ces derniers ont pris soin de noter l’origine acadienne des parents.

 

 

Par exemple, dans le greffe de Gervais Hodiesne (CN601,S202), on trouve un bail signé le 3 septembre 1761 par Pierre Gaudet, époux de Marie Arsenault, pour une terre située le long de la rivière Saint-Pierre, sur la côte des Argoulets (c’est-à-dire Verdun). À la suite de la déportation, ce même Pierre Gaudet s’est retrouvé prisonnier en Caroline. Veuf de Marie Arsenault depuis le mois de septembre 1766, il épouse, le 10 février 1771, Ursule Lord, fille de Pierre Lord et de feue Jeanne Doucet, à la paroisse Notre-Dame-de-Montréal. On peut trouver le contrat de mariage de ce couple, préparé le même jour, dans le greffe de François Simonnet (CN601,S372).

 

 

Bail à loyer et à ferme, entre Dominique Gaudet, puis Pierre Gaudet et Pierre Devaut, contracté chez le notaire Gervais Hodiesne, le 3 septembre 1761. BAnQ Vieux-Montréal (CN601,S202 : contenant 1971-00-000/5690).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Contrat de mariage, entre Pierre Gaudet et Ursule Laure [Lord], contracté chez le notaire François Simonnet, le 10 février 1771. BAnQ Vieux-Montréal (CN601,S372 : contenant 1971-00-000/8626).

 

 

 

Acte de mariage, entre Pierre Gaudet et Ursule Laure [Lord], contracté dans la paroisse Notre-Dame-de-Montréal, le 10 février 1771. BAnQ Vieux-Montréal (CE601,S51 : contenant 1971-00-000/12 400).

 

 

Selon Pierre Trépanier, toujours dans l’ouvrage Les Acadiens du Québec, on peut également déceler une présence acadienne dans d’autres greffes de notaires conservés à BAnQ Vieux-Montréal, dont :

  • Pierre Panet de Méru (CN601,S308) ;
  • François-Pierre Cherrier (CN601,S88) ;
  • André Souste (CN601,S376) ;
  • Jean-Baptiste Daguilhe (CN605,S14) ;
  • Louis-Claude Danré de Blanzy (CN601,S108) ;
  • François Simonnet (CN601,S372) ;
  • Louis-Léonard Aumasson de Courville (CN601,S100) ;
  • Barthélemy Faribault (CN602,S29) ;
  • Mathurin Bouvet (CN601,S54).

 

 

En plus des actes de baptême, de mariage et de sépulture reliés à l’arrivée des Acadiens dans la région de Montréal, on peut aussi retrouver des documents très particuliers. Par exemple, le 28 février 1775, dans la paroisse de L’Enfant-Jésus-de-la-Pointe-aux-Trembles, Thimothé Bourgeois et Elizabeth Ouimet font baptiser leur fille âgée de cinq ans. Par la même occasion, ils demandent que l’on réhabilite leur mariage contracté à Boston le 31 janvier 1769.

 

 

 

 

 

 

Acte de mariage, entre Timothée Bourgeois et Elizabeth Ouimet, contracté dans la paroisse de L’Enfant-Jésus-de-la-Pointe-aux-Trembles, le 28 février 1775. BAnQ Vieux-Montréal (CE601,S5 : contenant 1971-00-000/11 941).

 

 

Ainsi, dès que l’on porte une attention particulière, ce pan de l’histoire acadienne est bien visible dans les documents conservés à BAnQ Vieux-Montréal.

 

Denis Boudreau, bibliothécaire – BAnQ Vieux-Montréal

 

 

Pour en savoir plus :

  • Hébert, Pierre-Maurice, chapitre « 22. Montréal » dans Les Acadiens du Québec, Montréal, Éditons de l’Écho, 1994, p. 359-384.
  • Trépanier, Pierre, chapitre « 33. Relations canado-acadiennes » dans Les Acadiens du Québec, Montréal, Éditons de l’Écho, 1994, p. 431-461.

          Aussi disponible dans Prêtnumérique.ca

 

 

[1]  Louis-Antoine de Bougainville, « Journal de l’expédition d’Amérique commencée en l’année 1756, le 15 mars ». Rapport de l’archiviste de la Province du Québec, tome 4, 1923-1924, p. 361.]

Le plaisir de lire des journaux du 19e siècle

 

Grâce à la Collection numérique de BAnQ, les passionnés d’histoire peuvent feuilleter des journaux du 19e siècle dans le confort de leur maison. La Collection offre régulièrement de nouveaux titres qui plairont aux curieux intéressés par les évènements d’une autre époque.

 

Les lecteurs y découvriront, par exemple, que dès l’été de 1867, les Montréalais réclamaient « l’établissement d’un parc public digne de la richesse et de l’importance de Montréal » sur les flancs du Mont-Royal. Un an plus tard, rien n’avait été fait même si un comité nommé pour l’occasion avait produit un rapport favorable au projet et déposé « un plan qui en déterminait l’étendue et le coût ».




Dans son éditorial du 14 juillet 1868 (p. 2, col. 1), La Minerve s’en prenait aux élus beaucoup trop radins : « Ne comprennent-ils pas que plus ils retardent, plus l’exécution de cette entreprise deviendra dispendieuse, qu’ils leur faudra payer trois, quatre et même dix fois plus cher dans quelques années le terrain dont ils auront besoin? »

 

L’auteur de cet article avait bien raison. C’est ce qui se produisit en 1876 à la suite des expropriations, comme nous l’a rapporté notre collègue Hyacinthe Munger dans son billet de blogue : « Un parc pour 1 million de dollars? ».

 

La Minerve terminait son éditorial avec des commentaires typiques de l’époque : « Ils doivent comprendre que s’il ne se fait pas de parc à la montagne il s’en fera un avant longtemps à l’autre extrémité de la ville, et comme toujours ce sera au bénéfice exclusif de nos compatriotes Anglais et Irlandais ».

 

Montreal, Mountain drive. Illustrated Post Card Co, vers 1903. BAnQ Rosemont-La Petite-Patrie (Cartes postales 029241).

 

Finalement, l’inauguration du parc du Mont-Royal sera rapportée dans l’édition du 26 mai 1876 qui qualifiera le parc d’un « des plus vastes qu’il y ait au monde ».

 

Sketches on the Mountain. Park Montreal. W. Scheuer. Canadian Illustrated News, 26 août 1876. BAnQ Rosemont-La Petite-Patrie, Iconographie documentaire (ID C 15).

 

Voilà un exemple de ce que les chercheurs peuvent découvrir en consultant la Collection numérique Images et Revues et journaux québécois de BAnQ qui regroupe un nombre toujours grandissant de titres, dont certains peuvent faire l’objet de recherche en texte intégral.

 

Issus des collections patrimoniales de BAnQ, ces revues et journaux témoignent de la vie quotidienne, culturelle, politique, économique et scientifique du Québec.

 

Denyse Beaugrand-Champagne, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Le grand éboulement de Québec : une tragédie oubliée?

 

Si vous avez déjà visité le Vieux-Québec, il est probable que vous ayez déambulé dans les rues de la Basse-Ville que surplombent le Château Frontenac et la terrasse Dufferin. Peut-être avez-vous visité quelques boutiques de la rue du Petit-Champlain, ou longé le fleuve nonchalamment en profitant des charmes de la promenade Samuel-De Champlain. Bien qu’il n’en subsiste aujourd’hui aucune trace, c’est à deux pas de ce lieu enchanteur que s’est produite l’une des pires tragédies de l’histoire de la capitale.

 

Quartier Vieux-Québec-Basse-Ville — Rue Champlain et rue Petit-Champlain, [vers 1880]. BAnQ Québec (P1000, S4, D59, P55). L. P. Vallée.


Le 19 septembre 1889 à 19 h 30, un bloc de roc se détache de la falaise, déclenchant un immense éboulis qui s’effondre sur le quartier ouvrier Cap-Blanc. En l’espace de quelques secondes à peine, sans que quiconque ait eu le temps de réagir, 13 logements sont ensevelis sous plusieurs tonnes de roches, avec les 36 familles qui y résident.

 

Quartier Cap-Blanc — Rue Champlain – Catastrophe, septembre 1889. BAnQ Québec (P560, S1, P377-1). Photographe non identifié.

 

Tant par l’initiative de la population environnante que par celle des autorités, les opérations de sauvetage débutent rapidement. Plusieurs jours durant, policiers, pompiers, militaires et volontaires tentent d’extirper les survivants des décombres, sous le regard attentif des curieux qui s’agglutinent à proximité.

 

Quartier Cap-Blanc — Rue Champlain – Catastrophe, septembre 1889. BAnQ Québec (P560, S1, P377-2). Photographe non identifié.

 

Les journalistes de l’époque racontent avec beaucoup de détails la scène morbide qui s’offre à eux : les corps des victimes étalés, les lamentations des survivants qui émanent encore de la montagne de gravats, les cris et les pleurs des témoins à chaque funèbre découverte… Ils racontent aussi le cas de Joseph Kemp, 74 ans, qui aurait survécu 113 heures sous les décombres avant d’être finalement déterré le 24 septembre. Immédiatement transféré à l’hôpital, il y serait mort de ses blessures le soir même.

 

Extrait de la page couverture du quotidien « La Justice », édition du lundi 23 septembre 1889. Collection numérique de BAnQ : http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2039742 (consultée le 17 mai 2017)

 

Insurance plan of the City of Quebec, Canada [volume I]. Montréal, Toronto, London, Charles Edward Goad. Extrait de la planche 5, 1898. À noter : la mention « Fallen Rock », plus à gauche (sud), qui identifie le site de l’éboulement, ainsi que l’absence des adresses 133 à 155, jamais reconstruites. Collection numérique de BAnQ : http://services.banq.qc.ca/sdx/cep/document.xsp?id=0003028680 (consultée le 18 mai 2017).


Ce n’est pas la première fois qu’un tel drame s’abat sur la communauté principalement irlandaise du quartier Cap-Blanc. Un autre éboulis similaire, quoique de moindre importance, s’est produit en 1841. Dans les deux cas, la cause serait la même : la ville aurait reçu des pluies torrentielles dans les jours précédents. L’eau, en s’infiltrant dans les fissures de la falaise du cap Diamant, aurait précipité l’érosion de la paroi rocheuse qui s’est finalement détachée.

 

Quartier Cap-Blanc — Rue Champlain – Catastrophe, septembre 1889. BAnQ Québec (P560, S1, P377-6). Photographe non identifié.

 

Même avant que ne surviennent ces tragédies, les autorités avaient été mises au courant du fort risque d’affaissement que représentait le cap. Il aura toutefois fallu que survienne cette dernière catastrophe de 1889, avec son décompte final de 43 morts et d’environ 75 blessés, pour que la falaise et les fondations de la terrasse Dufferin soient solidifiées. Fait intéressant : tous les décombres n’ont pas été retirés du site. Au contraire, les pierres ainsi que certains débris de murs et de fondations ont été intégrés à la falaise, afin d’aider à sa stabilisation.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Légendes complètes des images du diaporama :

– Quartier Cap-Blanc — Rue Champlain – Catastrophe, septembre 1889. BAnQ Québec (P546, D1, P1). Fred C. Würtele.

– Quartier Cap-Blanc — Rue Champlain – Catastrophe, septembre 1889. BAnQ Québec (P546, D1, P2). Fred C. Würtele.

– Quartier Cap-Blanc — Rue Champlain – Catastrophe, septembre 1889. BAnQ Québec (P546, D1, P3). Fred C. Würtele.

– Quartier Cap-Blanc — Rue Champlain – Catastrophe, septembre 1889. BAnQ Québec (P546, D1, P4). Fred C. Würtele.

– Quartier Cap-Blanc — Rue Champlain – Catastrophe, septembre 1889. BAnQ Québec (P560, S1, P377-5). Photographe non identifié.

– Quartier Cap-Blanc — Rue Champlain – Catastrophe, septembre 1889. BAnQ Québec (P560, S1, P516). Photographe non identifié.

– Quartier Cap-Blanc — Rue Champlain – Catastrophe, septembre 1889. BAnQ Québec (P585, D14, P11). Philippe Gingras.

– Quartier Cap-Blanc — Rue Champlain – Catastrophe, septembre 1889. BAnQ Québec (P600, S6, D1, P753). Saml H. N. Kennedy.

 

En complément :

Nous trouvons plusieurs photographies de cette catastrophe à BAnQ Québec dans la Collection initiale (P600) ainsi que dans les fonds Fred C. Würtele (P546), J.E. Livernois Ltée (P560) et Philippe Gingras (P585). Il est à noter que certaines images du fonds J.E. Livernois Ltée, plus troublantes (photographies des victimes, dont des enfants), n’ont pas été intégrées au diaporama afin de ne pas choquer nos lecteurs. Ces images portent les cotes P560, S1, P377-3 et P377-7. Les chercheurs intéressés et avertis pourront les visualiser en ligne à l’aide de notre moteur de recherche Pistard.

 

Les enquêtes du coroner concernant Joseph Kemp et les autres victimes de l’éboulement sont conservées à BAnQ Québec, dans le fonds Cour des sessions générales de la paix du district de Québec, série Enquêtes du coroner (TL31, S26), contenant 1960-01-353/2352, année 1889, dossier 188. Le compte de 43 victimes, utilisé dans cet article, est tiré du nombre d’enquêtes du coroner que contient ce dossier.


Dans les registres de l’état civil de la paroisse de Saint-Patrick (CE301,S98), dans les jours qui suivent le 20 septembre 1889, on retrouve plusieurs actes de sépulture qui portent la mention « Accidentally killed by a landslide ». Ces actes ont été numérisés et sont accessibles en ligne dans la Collection numérique de BAnQ.

Voici également quelques journaux d’époque numérisés qui couvrent l’événement :

– The Quebec Mercury (1804-1903)

– La Justice (1886-1892)

– Le Canadien (1806-1909)

 

Pour en savoir plus sur l’éboulement ou sur l’histoire du quartier Cap-Blanc de Québec :

– SAINT-PIERRE, Jacques. Les malheurs d’une époque, 1859-1979. Publications du Québec. Québec, 2010, 203 p.

– BLANCHET, Danielle. Vieux-Québec Cap-Blanc : place forte et port de mer. Ville de Québec. Québec, 1989, 80 p.

– PROVENCHER, Jean. L’histoire du Vieux-Québec à travers son patrimoine. Publications du Québec. Québec, 2007, 277 p.

 

Charles André Téotonio, technicien en documentation – BAnQ Québec

Une vision de la Belgique libérée

Olivar Asselin est de retour sur le front depuis peu lorsque l’armistice est signé, le 11 novembre 1918. Cependant, il demeure tout de même en Belgique quelques semaines avant d’être renvoyé à Paris, et ultimement au Canada, en 1919. Dans cette lettre datée du 19 novembre et adressée à sa femme Alice, il raconte ses impressions sur la population belge, leur lent retour à la vie normale et plus particulièrement de la rivalité nouvellement exacerbée entre les Flamands et les Wallons. Il est question aussi de la popularité des soldats canadiens-français auprès des civils et du relâchement de la discipline des troupes.

 

« Petit à petit, nos impressions de la Belgique libérée se précisent et se complètent. Dans le peuple, certains éléments ont moins souffert qu’on le croit à l’étranger : ce sont les gens qui vivaient à la fois du soldat allemand et du ravitaillement américain, espagnol, hollandais, scandinave; la hausse des prix, ceux-là, ne les affectait guère. Certains autres ont plus souffert qu’on ne serait tenté de le croire en voyant la mine générale des habitants : ce sont ceux qui, par fierté ou autrement, ne pouvaient s’accommoder de la domination étrangère. […] Il y a même une classe très nombreuse qui, s’étant habituée à compter sur l’assistance des neutres, semble, au dire des patrons, ne pas vouloir reprendre le travail, ou vouloir établir ici le bolchevisme comme il existait en Russie. Cette région de la Belgique est libérée depuis plus de dix jours, mais il n’y a encore virtuellement personne qui travaille. […] Un des traits les plus curieux de la situation, c’est la haine que les gens du pays — les Wallons — ont pour les Flamands. J’avais vu que la guerre avait uni dans un même sentiment patriotique les deux branches de la famille belge : il faut en rabattre : je me demande même si les Flamands, qui avant la guerre étaient aux yeux des Wallons des frères encombrants, mais rien de plus, ne seront pas désormais pour eux des traitres. C’est le nom qu’on leur donne partout ici. […]»

 

Lettre du 19 novembre 1918. BAnQ Vieux-Montréal (CLG72).

Lettre du 19 novembre 1918. BAnQ Vieux-Montréal (CLG72).

 

Vous souhaitez consulter cette lettre d’Olivar Asselin dans son intégralité? Rendez-vous sur Wikisource ou, pour découvrir l’ensemble des lettres sélectionnées, rendez-vous sur la page du projet Première Guerre mondiale de BAnQ.

 

Pour en savoir plus sur Olivar Asselin et sur la diffusion de sa correspondance de guerre, consultez l’article phare du projet.

 

Florian Daveau, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal
Émilie Dufour-Lauzon, agente de bureau – BAnQ Vieux-Montréal
Elena Fracas, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal
Catherine Lamarche, stagiaire de l’Université de Montréal

 

Lettre précédente

 

Un territoire qui se dessine!

Dès les premières incursions sur le continent américain, les explorateurs délimitent et décrivent le nouveau territoire afin d’en obtenir une représentation plus précise.

 

En 1641, les traits de la jeune ville de Québec et de ses environs apparaissent sous la main de Jean Bourdon (vers 1601 – 1668)[i] qui est considéré par plusieurs comme le premier arpenteur de la Nouvelle-France[ii]. Par la suite, plus de 80 arpenteurs sillonnent la colonie pour tracer le pourtour des seigneuries et délimiter les terres concédées aux censitaires.

 

Le véritable plan de Québec en 1663, 1663. BAnQ Québec (P600,S4,SS2,D653). Attribué à Jean Bourdon.

 

Au lendemain de la Conquête en 1760, la fonction d’arpenteur général est créée. Le titulaire obtient le mandat de procéder à l’arpentage des terres de la Couronne pour ainsi officialiser la division des terres dans l’ensemble de la colonie. En 1764, Samuel Holland[iii] est le premier à occuper cette fonction.

 

C’est à Jean-Baptiste Duberger que l’on doit l’ébauche de la première représentation cartographique du territoire du Bas-Canada.

 

Plan of part of the Province of Lower Canada, 1795. BAnQ Québec (E21,S555,SS1,SSS8,P19/1). Jean-Baptiste Duberger.

 

Quelques années plus tard, cette ébauche devient l’inspiration principale de la première carte imprimée du Bas-Canada : A new topographical map of the province of Lower Canada, publiée à Londres en 1803.

 

En 1860, l’adoption de l’Acte concernant les bureaux d’enregistrement et les privilèges et hypothèques dans le Bas-Canada (23, Victoria, chap. 59) vient instituer le cadastre officiel de la colonie. Il s’agit d’un registre des propriétés foncières composé d’un plan et d’un livre de renvoi. Environ 1440 plans[iv] sont réalisés entre 1866 et 1896. Ceux-ci forment le cadastre dit originaire. Encore aujourd’hui, ce cadastre est toujours en vigueur! Ce registre étant devenu incomplet et imparfait au fil du temps, le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles a entrepris la rénovation du cadastre québécois depuis 1992 et prévoit la compléter en 2021[v].

 

Le fonds du ministère des Terres et Forêts, ancêtre du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, est riche en cartes anciennes. Plusieurs d’entre elles sont numérisées et l’offre sera enrichie, dans quelques mois, de plus de 900 cartes datées entre 1679 et 1982.

 

Sonia Lachance, archiviste – BAnQ Québec

 

[i] Jean Hamelin, « BOURDON, JEAN (appelé parfois M. de Saint-Jean ou sieur de Saint-François) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 10 août 2017, http://www.biographi.ca/fr/bio/bourdon_jean_1F.html.

[ii] BAnQ-Québec conserve des photocopies de ce plan ainsi que quelques plans copiés d’après l’original. Références : P600,S4,SS2,D651; P600,S4,SS2,D652; P600,S4,SS2,D653;  P600,S4,SS2,D654.

[iii] F. J. Thorpe, « HOLLAND, SAMUEL JOHANNES », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 10 août 2017, http://www.biographi.ca/fr/bio/holland_samuel_johannes_5F.html.

[iv] Les plans du cadastre originaire sont conservés à BAnQ Québec, dans le fonds du ministère des Terres et Forêts (E21,S105,SS3,SS2).

[v] Site web du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, consulté le 10 août 2014.

Les rails nous tombent sur la tête !

Olivar Asselin est depuis peu de retour sur le front alors que l’armistice est signé le 11 novembre 1918. Cependant, il demeure tout de même en Belgique quelques semaines avant d’être renvoyé à Paris, et ultimement au Canada en 1919. Dans cette lettre adressée à son fils Pierre, il lui raconte quelques anecdotes sur son passage récent en France.

 

« Tu sais que nous sommes en route pour l’Allemagne. Les sales Boches ont tout volé dans les parties de la France qu’ils occupaient. L’autre jour, à Valenciennes, une gentille fillette de six ou sept ans me disait : «Moi, j’ai hâte de voir une vache.» Elle n’a pas bu de lait depuis quatre ans. Dans tout le nord de la France, il n’y a pas d’école depuis quatre ans, parce que les Boches occupaient les écoles qu’ils n’avaient pas détruites; les enfants de six à dix ans ne savent pas lire. […] J’ai vu aussi une autre chose très curieuse. Les Allemands avaient fait sauter, aux joints de tous les rails, un petit chemin de fer établi sur le côté de la route. En face d’une maison, les deux rails avaient été, par un bout, projetés en l’air en même temps avec toutes leurs traverses, sans cependant se détacher à l’autre bout, et ils étaient retombés sur un toit de sorte que, à cet endroit la voie ferrée apparaissait comme ceci : (dessin). On aurait dit les Montagnes russes du Dominion Park.»

 

Lettre du 16 novembre 1918. BAnQ Vieux-Montréal (CLG72).

Lettre du 16 novembre 1918. BAnQ Vieux-Montréal (CLG72).

 

Vous souhaitez consulter cette lettre d’Olivar Asselin dans son intégralité? Rendez-vous sur Wikisource ou, pour découvrir l’ensemble des lettres sélectionnées, rendez-vous sur la page du projet Première Guerre mondiale de BAnQ.

 

Pour en savoir plus sur Olivar Asselin et sur la diffusion de sa correspondance de guerre, consultez l’article phare du projet.

 

Florian Daveau, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal
Émilie Dufour-Lauzon, agente de bureau – BAnQ Vieux-Montréal
Elena Fracas, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal
Catherine Lamarche, stagiaire de l’Université de Montréal

 

Lettre précédente

Lettre suivante

Alexis le Trotteur ou la mort du « Cheval du Nord »

 

Aujourd’hui considéré comme un personnage du folklore québécois, Alexis Lapointe dit le Trotteur a suscité, de son vivant, autant l’émerveillement que les moqueries. Son statut de légende ne s’est consolidé qu’après sa mort, dont plusieurs ignorent qu’elle a été aussi accidentelle que tragique.

 

Alexis Lapointe voit le jour le 4 juin 1860 à Clermont, dans la région de Charlevoix. Enfant différent et original, il est particulièrement obnubilé par les chevaux auxquels il s’identifie. Son passe-temps favori consiste à fabriquer des chevaux de bois qu’il s’amuse à faire courir. Adolescent, il hennit comme un cheval, se fouette fréquemment pour tonifier ses muscles et parcourt souvent de longues distances pour améliorer ses capacités physiques hors du commun. Sa famille accepte mal ses nombreuses excentricités. Comme il ne reste que très peu de temps sur les bancs d’école, il gagne sa vie, par la suite, comme homme à tout faire et comme constructeur de fours à pain. À 18 ans, il quitte sa famille et se met à sillonner les routes de Charlevoix, du Saguenay et du Lac-Saint-Jean ainsi que de la vallée de la Matapédia en se prenant pour un cheval. Peu à peu, sa légende prend vie.

 

Alexis Lapointe dit « le Trotteur » vers 1920, soit quelques années avant son décès. Photographe inconnu. Collection de la Société historique du Saguenay (P2, S7, P01558-3).

Alexis Lapointe dit « le Trotteur » vers 1920, soit quelques années avant son décès. Photographe inconnu. Collection de la Société historique du Saguenay (P2, S7, P01558-3).

 


Indéniablement doté de qualités athlétiques exceptionnelles, il court régulièrement contre des chevaux, des chiens et même des cochons. Il se mesure également à des automobiles, à des bateaux et à des trains, ce qui étend sa renommée. En vieillissant, Alexis court beaucoup moins et il gagne sa vie en travaillant sur différents chantiers en tant qu’ouvrier. Ses exploits se faisant plus rares, sa notoriété s’affaiblit. Le 12 janvier 1924, alors qu’il travaille sur le chantier de construction du barrage de L’Isle-Maligne à Alma, il meurt happé par le wagon d’un train en mouvement. Plusieurs hypothèses sont alors soulevées pour expliquer les circonstances de sa mort. A-t-il trébuché en essayant de distancer le train? S’est-il suicidé en raison de ses capacités physiques déclinantes? Il semble pourtant que son décès ne soit qu’un tragique accident de travail.

 

BAnQ Saguenay possède d’ailleurs l’enquête menée par le coroner Jules Constantin de Roberval. Ce dernier conclut : « […] que le dit Alexis Lapointe, 64 ans, journalier à l’emploi de la Quebec Development Co. est mort tué par un train lui ayant passé sur le corps; sur un pont traversant le bras sud de la Grande-Décharge le 12 janvier 1924. La mort est due à l’imprudence de la victime et aucun blâme ne peut être attribué à la Quebec Development Co. »

 

 

Verdict de l’enquête du coroner Jules Constantin suite au décès d’Alexis Lapointe, Cour de magistrat pour le district de Roberval, 1924. BAnQ Saguenay (TL346, S26, SS1, dossier 193).

Verdict de l’enquête du coroner Jules Constantin suite au décès d’Alexis Lapointe, Cour de magistrat pour le district de Roberval, 1924. BAnQ Saguenay (TL346, S26, SS1, dossier 193).

 

 

L’ironie du sort veut que sa mort ait été causée par l’engin qui a contribué à sa renommée.

 

Fait intéressant, dans le dossier du coroner, une lettre datée du 9 mai 1951 provenant du Département du Procureur général de la Province de Québec indique que les effets personnels trouvés sur Alexis Lapointe lors de son décès ont été remis à l’abbé Victor Tremblay, fondateur de la Société historique du Saguenay et du Musée saguenéen. Les objets en question sont une montre avec sa chaîne en or ainsi que des pièces de monnaie totalisant 2,50 $ en argent. La lettre précise qu’ « […] ils figureraient comme des pièces intéressantes et contribueraient à rappeler le souvenir de ce disparu qui fut un personnage de type régional et vraiment unique ». Ainsi, le mythe du Trotteur avait déjà pris vie. Par ailleurs, le Musée saguenéen, maintenant connu sous le nom de Musée de La Pulperie, détient encore ces objets.

 

 

Lettre du Département du Procureur général de la Province de Québec autorisant l’abbé Victor Tremblay à prendre possession des objets ayant appartenu à Alexis le Trotteur. Cour de magistrat pour le district de Roberval, 1924. BAnQ Saguenay (TL346, S26, SS1, dossier 193).

Lettre du Département du Procureur général de la Province de Québec autorisant l’abbé Victor Tremblay à prendre possession des objets ayant appartenu à Alexis le Trotteur. Cour de magistrat pour le district de Roberval, 1924. BAnQ Saguenay (TL346, S26, SS1, dossier 193).

 

 

 

 

 

 

Montre avec chaîne et pièces de monnaie retrouvées sur le corps d’Alexis Lapointe dit le Trotteur lors de son décès le 12 janvier 1924 et remises à l’abbé Victor Tremblay en 1951. Ces objets sont maintenant conservés au Musée de La Pulperie de Saguenay

Montre avec chaîne et pièces de monnaie retrouvées sur le corps d’Alexis Lapointe dit le Trotteur lors de son décès le 12 janvier 1924 et remises à l’abbé Victor Tremblay en 1951. Ces objets sont maintenant conservés au Musée de La Pulperie de Saguenay.

 

 

Myriam Gilbert, archiviste-coordonatrice – BAnQ Saguenay

Les amis, les Belges !

Olivar Asselin est de retour sur le front depuis peu lorsque l’armistice est signé, le 11 novembre 1918. Cependant, il demeure tout de même en Belgique quelques semaines avant d’être renvoyé à Paris, et ultimement au Canada, en 1919. Dans cette lettre datée du 16 novembre adressée à sa femme Alice, il relate des anecdotes et ses impressions sur la population locale auprès de laquelle les troupes sont postées.

 

« Nous passerons probablement trois ou quatre jours ici; j’essaierai de t’écrire demain. Ce soir, je venais de terminer une lettre à Jean, quand une demi-douzaine de civils, amis de la maison, sont arrivés pour veiller. […] Ce sont, au fond, de très braves gens! Ils n’aiment pas autant les Boches qu’on eût cru tout d’abord, et même, je crois qu’on pourrait dire qu’ils ne les aiment pas du tout. La ‘‘ dame ˮ du chef de comptabilité dit que, le matin que les Canadiens sont entrés dans le village, elle a distribué des baisers pendant trois heures. Elle a, à la place ordinaire, une forte moustache. C’était, paraît-il, du délire et la raison pour laquelle on s’est refroidi, c’est précisément qu’on a trop jeté de chaleur le premier jour. Je dis qu’on s’est refroidi : cela ne les empêche pas de trouver nos soldats polis, avenants, obligeants, bref, chargés de qualités. J’ai peut-être tort d’attendre d’eux, à l’endroit des C.-F., les mêmes sentiments que des Français…»

 

Lettre du 16 novembre 1918. BAnQ Vieux-Montréal (CLG72).

Lettre du 16 novembre 1918. BAnQ Vieux-Montréal (CLG72).

 

Vous souhaitez consulter cette lettre d’Olivar Asselin dans son intégralité? Rendez-vous sur Wikisource ou, pour découvrir l’ensemble des lettres sélectionnées, rendez-vous sur la page du projet Première Guerre mondiale de BAnQ.

 

Pour en savoir plus sur Olivar Asselin et sur la diffusion de sa correspondance de guerre, consultez l’article phare du projet.

 

Florian Daveau, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Émilie Dufour-Lauzon, agente de bureau – BAnQ Vieux-Montréal

Elena Fracas, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Catherine Lamarche, stagiaire de l’Université de Montréal

 

Lettre précédente

Lettre suivante

Célébrons 50 ans d’histoire western à Saint-Tite

 

La capitale du western au Québec est sans contredit la ville de Saint-Tite en Mauricie ; pour ses bottes de cowboy Boulet et pour son festival. Tous les ans, en septembre, les amateurs de western convergent vers Saint-Tite pour assister et participer aux activités du Festival western. Durant dix jours, les 3 700 citoyens de la ville cohabitent avec 600 000 festivaliers. Pour accueillir tous ces cowboys, des champs se transforment en terrains de camping et des résidences en auberges.

 

C’est en 1967, à l’initiative de l’entreprise G.A. Boulet Inc. reconnue pour la fabrication de bottes western, que, pour la première fois, Saint-Tite prend des airs du Far West. L’aventure se poursuit depuis un demi-siècle. À compter du 7 septembre 2017, le Festival western célébrera sa 50e édition.

 

Retournons dans le passé et revoyons en images quelques souvenirs.

 

 

René Mercure vêtu d’un chapeau de cowboy et d’une veste identifiée au nom du festival western de Saint-Tite, 20 août 1969. BAnQ Trois-Rivières (P140,D4413). Photographe : Michel Pothier (Photo Pothier Inc.).

 

 

 

Photographie aérienne montrant la foule dans les rues et les nombreuses roulottes et véhicules motorisés stationnés sur les terrains privés des résidents de Saint-Tite, vers 1990. BAnQ Trois-Rivières (P140,D874). Photographe : Michel Pothier (Photo Pothier Inc.).

 

 

 

Deux cavaliers à cheval au côté d’un train routier, vers 1970-1980. BAnQ Trois-Rivières (P140,D869). Photographe : Michel Pothier (Photo Pothier Inc.).

 

 

Les rodéos

 

 

Un homme sur son cheval participant au rodéo, vers 1970. BAnQ Trois-Rivières (P140,D1297). Photographe : Michel Pothier (Photo Pothier Inc.).

 

 

 

Remise de prix au rodéo, vers 1970. BAnQ Trois-Rivières (P140,D1297). Photographe : Michel Pothier (Photo Pothier Inc.).

 

 

 

Gagnants du rodéo, 24 septembre 1971. BAnQ Trois-Rivières (P140,D5012). Photographe : Michel Pothier (Photo Pothier Inc.).

 

 

 

Un véhicule dans l’arène du stade, vers 1980-1990. BAnQ Trois-Rivières (P140,D877). Photographe : Michel Pothier (Photo Pothier Inc.).

 

 

 

Un homme à cheval participant à une épreuve dans l’arène du stade, vers 1980-1990. BAnQ Trois-Rivières (P140,D877). Photographe : Michel Pothier (Photo Pothier Inc.).

 

 

La parade

 

 

Une calèche du « Motel Harjen » tirée par deux chevaux à la hauteur du marché Métropole au milieu de la foule venue voir la parade, vers 1970-1980. BAnQ Trois-Rivières (P140,D517). Photographe : Michel Pothier (Photo Pothier Inc.).

 

 

 

Char allégorique participant au défilé, vers 1970-1980. BAnQ Trois-Rivières (P140,D867). Photographe : Michel Pothier (Photo Pothier Inc.).

 

 

 

Une diligence participant au défilé, vers 1970-1980. BAnQ Trois-Rivières (P140,D870). Photographe : Michel Pothier (Photo Pothier Inc.).

 

 

 

Char allégorique tiré par deux chevaux, 1986. BAnQ Trois-Rivières (P140,D8138). Photographe : Michel Pothier (Photo Pothier Inc.).

 

 

 

Une diligence et une calèche participant à la parade, 1987. BAnQ Trois-Rivières (P140,D8201). Photographe : Michel Pothier (Photo Pothier Inc.).

 

 

Les bottes de cowboy

 

 

Fabrication des bottes Boulet, 2 octobre 1963. BAnQ Trois-Rivières (P140,D2897). Photographe : Raymond Pothier (Photo Pothier Inc.).

 

 

 

Kiosque de bottes et souliers de l’entreprise G.A. Boulet, 1er mai 1965. BAnQ Trois-Rivières (P140,D3274). Photographe : Michel Pothier (Photo Pothier Inc.).

 

 

 

Fabrication d’une botte de cowboy Boulet, 10 juin 1971. BAnQ Trois-Rivières (P140,D4929). Photographe : Michel Pothier (Photo Pothier Inc.).

 

 

 

Photographie montrant la cordonnerie de Maurice Buissière, 24 septembre 1971. BAnQ Trois-Rivières (P140,D5009). Photographe : Michel Pothier (Photo Pothier Inc.).

 

 

Joyeux 50e!

 

Sophie Morel, archiviste-coordonnatrice – BAnQ Trois-Rivières

Un pillage systématique

 

Après 18 mois loin des lignes de combat, le major Olivar Asselin est de retour en Europe continentale, affilié au 87e bataillon. Le 5 novembre 1918, il se trouve en France, passant à travers les ruines de villages pour se rendre en Belgique. Dans l’extrait choisi, le journaliste évoque le pillage pratiqué par les Allemands pendant la guerre.

 

Lettre du 5 novembre 1918. BAnQ Vieux-Montréal (CLG72).

 

Lettre du 5 novembre 1918. BAnQ Vieux-Montréal (CLG72).

 

« La ville où nous logeons présentement n’a été, par bonheur, que peu endommagée par le bombardement; le plus grand mal est le pillage systématique auquel les Boches se sont livrés. Comme la chose s’était vue ailleurs, les civils se sont tenus dans leurs caves durant l’attaque, pour en ressortir à l’entrée des Anglais; ils n’ont pas fui la ville. Mais tandis qu’ailleurs toutes les maisons avaient été durant les quelques heures, éventrées ou démolies, ici il y en a encore neuf sur dix qui pourront se réparer. Le Boche résiste, mais il recule; la confiance du civil est si grande, que sitôt l’ennemi rendu à trois ou quatre kilomètres, et même moins, il serait encore en état à les foudroyer ou à les emprisonner, ils rentrent dans leurs maisons. C’est l’armée qui nourrit cette population, qui autrement n’aurait à manger que les légumes laissés en terre par les Allemands. Le colonel, trois autres officiers et moi, nous logeons dans la maison d’un négociant en grains et fourrages. Les Allemands ont emporté toute la literie, tous les rideaux jusqu’à la couverture des matelas. Un ami des maîtres de la maison qui logeait avec eux, est arrivé hier. Il dit n’avoir pas mangé de viande, ni beurre, ni lait, depuis trois ans : les Boches prenaient tout pour eux. Nous donnons aux civils un peu de notre viande, et ils nous donnent des légumes. »

 

Vous souhaitez consulter cette lettre d’Olivar Asselin dans son intégralité? Rendez-vous sur Wikisource ou, pour découvrir l’ensemble des lettres sélectionnées, rendez-vous sur la page du projet Première Guerre mondiale de BAnQ.

 

Pour en savoir plus sur Olivar Asselin et sur la diffusion de sa correspondance de guerre, consultez l’article phare du projet.

 

Florian Daveau, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Émilie Dufour-Lauzon, agente de bureau – BAnQ Vieux-Montréal

Elena Fracas, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Catherine Lamarche, stagiaire de l’Université de Montréal

 

Lettre précédente

Lettre suivante




© Bibliothèque et Archives nationales du Québec