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Instantané, le blogue des archivistes.

À bas les fortifications !

Extrait d’un Plan des Fortifications de la Ville de Montreal Avec les réserves intérieures representant les différentes empietations faites sur les dites reserves, [… ] vertu d’un Acte à l’effet d’oter les murs et les fortifications de la Cité de Montréal. L. Charland (1803), J-P-B. Casgrain (1900). BAnQ Vieux Montréal (CA601,S16,SS2,D6).

 

Ce document consultable à la salle de recherche de BAnQ Vieux-Montréal, est un plan d’arpentage datant de 1803, dessiné par Louis Chartrand. C’est une des dernières représentations des fortifications de Montréal avant leur démolition complète.


Montréal, plan parcellaire, territoire situé entre la rue Craig et le voisinage de la rue Commissioners, depuis la rue Bon-Secours, jusqu’à la rue Beaudry. Paul Gauthier, dessinateur et Conrad Archambault, archiviste.1948. BAnQ Vieux-Montréal. (CA601,S53,SS1,P1463).

 

Les Montréalais étant de plus en plus nombreux et la ville ayant besoin d’espace pour développer les faubourgs, une pétition citoyenne pour l’abattement des murailles délabrées conduit à l’Acte pour abattre les Anciens Murs et Fortifications qui entourent la Cité de Montréal, qui est adopté en 1801.


Plan montrant une partie de Montréal avec les fortifications. Vers 1798. BAnQ Vieux-Montréal. (P318,S8,P31).

 

Procès entre A. Souste et J-C. Raimbault au sujet de la société de fourniture de matériaux pour la construction des fortifications de la ville [extrait]. 1736-1738. BAnQ Vieux-Montréal (TL4,S1,D4356).


Fortifications de Montréal. 1760 / D. Pomarede, 1882. BAnQ Vieux-Montréal (P266,S4,P121).

 

Entre 1802 et 1817, les murs de maçonnerie qui ont contribué à la défense de la ville depuis leur construction entre 1717 et 1738 sont démolis. À l’origine, ces fortifications mesuraient plus de 6 mètres de haut, 2 mètres d’épaisseur, et elles s’étendaient sur plus de trois kilomètres.


Restes de fortifications dans le Vieux-Montréal datant du début du 18e siècle. 1965. BAnQ Vieux-Montréal. Photographie : Armour Landry. (P97,S1,D7586-7586).

 

Catherine Lamarche, stagiaire de l’Université de Montréal (supervisée par Marie-Pierre Nault, archiviste) – BAnQ Vieux-Montréal

 

En complément

 

 

Jouons à cache-cache avec les Allemands!

Le major Olivar Asselin, au front français depuis des semaines, décrit à son ami et collègue journaliste, Jules Fournier, le portrait qui s’offre à lui dans les tranchées. Au printemps de 1917, la guerre semble s’éterniser : les hommes passent des semaines dans les tranchées sans voir leur ennemi et tirent vers le camp adverse sans penser faire un véritable gain tactique.

 

«J’ai déjà fait avec le 22e (auquel je suis attaché pour trois mois à fin d’instruction) j’ai déjà fait deux tours de tranchées, qui ont duré l’un quatre jours et l’autre six. Durant ces dix jours, j’ai vu peu d’Anglais, presque pas de Français, et pas un seul Allemand. Les Français sont comme les Hébreux sur le fameux tableau: ils sont passés. On dit qu’il y a à droite et à gauche de notre corps d’armée beaucoup d’Anglais; mais vivant de part et d’autre comme des taupes, nous ne nous voyons jamais. Le terrain tout autour de nous est hérissé de canons: du moins il doit y en avoir et des masses, car à toute heure du jour on ne peut faire un pas sans qu’ils fassent trembler le sol autour de nous. Mais comme nous circulons par les tranchées, que les canons doivent forcément tirer de plus haut, qu’ils installent la nuit et qu’il serait malsain de monter les interviewer, il peut s’écrouler des semaines sans qu’on en voit un seul. De fait, je n’en ai pas vu un seul. Quant aux Allemands, ceux de nos hommes qui passent des journées entières à trente mètres d’eux, les yeux rivés à un périscope, voient parfois le sommet d’un casque à pointe sautiller comme un rat sur la crête de leur parapet, mais la chose est rare; on se fusille, on se bombarde, sans se voir; les patrouilles qui se rencontrent la nuit se lancent des grenades à tâtons, sur leurs ombres respectives. Ou plutôt oui, l’on se voit. Chaque commandant de peloton, chaque sergent de section, sait exactement ce qu’il y a devant lui; où l’ennemi veille et où il dort; où sont les cuisines, ses bureaux, ses dépôts d’armes et de matériaux. Mais tout le monde voit par le même organe, qui est l’avion. L’observateur d’aviation ne redescend jamais de l’air sans apporter avec lui des photographies où l’œil exercé de l’officier-chef de bataillon, chef de compagnie, simple lieutenant (celui-ci généralement moins expérimenté), — sait discerner, par la distribution des ombres et de la lumière, les tranchées, les bouches de tunnels, l’entrée des gourbis et le reste. Le supérieur transcrit pour l’inférieur le secteur au bout du secteur qui l’intéresse, de manière que chacun, en lançant une grenade à telle ou telle heure déterminée, peut dire à peu près s’il attrapera la sentinelle, le capitaine, l’ordonnance ou le cuisinier. Oh attrapera est peut-être une exagération. Il est en effet bien rare que l’ennemi — que ce soit lui ou nous — ne rentre sous terre au premier indice de danger, vous ne sauriez croire combien il faut de plomb, d’acier, de cuivre, de gaz, pour tuer un homme qui ne veut pas se laisser faire, c’est fabuleux ! […] Il y a un caporal (du nom de CeBlois) qui ne sera jamais autre chose, car il ne sait ni lire ni écrire. Il a déjà deux décorations. L’autre jour, au cours d’un engagement qui avait lieu sur notre gauche, qui ne nous regardait pas, il est allé de lui-même, sans ordres, chercher dans le gaz et sous les balles, sur Terrain du Mort (No Man’s Land) douze soldats et un officier blessés. Il a attrapé une balle à son casque d’acier et une autre à l’épaule. Le lendemain, il s’avançait par un clair de lune, jusqu’au barbelé allemand, pour jeter des grenades à l’ennemi en les traitant d’Enfants de Chienne. »

 

 

Vous souhaitez consulter cette lettre d’Olivar Asselin dans son intégralité? Rendez-vous sur Wikisource ou, pour découvrir l’ensemble des lettres sélectionnées, rendez-vous sur la page du projet Première Guerre mondiale de BAnQ.

 

Caricature. More Fragments from France n 2 .1916. BAnQ Vieux-Montréal (CLG72). Auteur : Bruce Bairnsfather.

 

Caricature. More Fragments from France n 2 .1916. BAnQ Vieux-Montréal (CLG72). Auteur : Bruce Bairnsfather.

 

Pour en savoir plus sur Olivar Asselin et sur la diffusion de sa correspondance de guerre, consultez l’article phare du projet.

 

Florian Daveau, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Émilie Dufour-Lauzon, agente de bureau – BAnQ Vieux-Montréal

Elena Fracas, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Catherine Lamarche, stagiaire de l’Université de Montréal.

 

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Louis Riel raconté au théâtre et à l’opéra

 

En novembre 1967, la fresque historique « Bois-brûlés », nom donné aux Métis du Nord-Ouest, inaugure la 17e saison du Théâtre du Nouveau Monde.

 

Bois-Brûlés, reportage épique sur Louis Riel, de Jean-Louis Roux, affiche du Théâtre du Nouveau Monde, Montréal, 1967. http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/1994945

 

Écrite et mise en scène par Jean-Louis Roux, cette production est consacrée à la vie de Louis Riel et au soulèvement des Métis, communauté issue de l’union d’Amérindiens et de Canadiens-français surtout établie dans les territoires devenus les provinces du Manitoba et de la Saskatchewan.

 

Louis Riel, [1876].  BAnQ Vieux-Montréal (P74,S8,SS2,SSS4,P2). Photographe non identifié.

 

Des chants métis sont d’ailleurs intégrés à la trame musicale, laquelle est composée par Gabriel Charpentier.

 

Réunion avec Gabriel Charpentier le 27 Septembre [sic] 1967, p.1. BAnQ Vieux-Montréal (P873,S13,D19).

 

Bois-brûlés, partition musicale du compositeur Gabriel Charpentier pour le rôle de Pierre Falcon, [1967]. BAnQ Vieux-Montréal (P873,S13,D19).

 

Ce reportage épique met en vedette une imposante distribution, dont Léo Ilial (Louis Riel), Paul Hébert (John A. Macdonald) et Albert Millaire (Pierre Falcon). En 1999, l’École secondaire Louis-Riel de Montréal a présenté une adaptation de cette pièce.

 

Bois-brûlés, extrait du programme de l’École secondaire Louis-Riel, [1999], non paginé. BAnQ Vieux-Montréal (P873,S13,D19).

 

À l’occasion du centenaire de la Confédération, en 1967, la mémoire du leader métis controversé a également donné naissance à l’opéra « Louis Riel ».  Ce drame lyrique en trois actes a été mis en musique par le compositeur Harry Somers, sur un livret signé par Mavor Moore avec la collaboration de Jacques Languirand. Dans le cadre des célébrations du 150e anniversaire du Canada, cette œuvre a été recréée et récemment  jouée à Toronto (20 avril-13 mai 2017). Cette version revue de l’opéra « Louis Riel » sera prochainement à l’affiche à Ottawa, au Centre national des arts (15-17 juin 2017) et lors du Festival d’opéra de Québec (30 juillet, 1er et 3 août 2017).

 

Marthe Léger, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

 

En complément :

http://www.ledevoir.com/culture/musique/497568/opera-les-silences-de-louis-riel

Montréal, mon pays, mes amours ! C’n’est pas encore Athènes ou Paris, mais c’est chic « en titi »

En cette année commémorative de l’arrivée de Jeanne Mance et de Paul Chomedey de Maisonneuve nous vous convions à la lecture d’un texte humoristique. Ce texte rappelle par de nombreuses références historiques, les défis des élus municipaux et des Montréalais et Montréalaises, à la veille du déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale.

CAN-CAN La seule publication du genre en Amérique, Les Publications Lafayette, Montréal, janvier 1938, page 4. BAnQ – GB (PER C-518)

 

Cet article, écrit par un jeune diplômé du Collège Jean-de-Brébeuf, Louis Beaugrand-Champagne, fut publié en janvier 1938 dans la revue mensuelle CAN-CAN dont les numéros de décembre 1937 à février 1939 sont conservés à la Collection nationale de BAnQ (PER C-518).


Denyse Beaugrand-Champagne, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Prévisions météo dans les tranchées : ensoleillé, avec probabilités d’averses d’obus et de shrapnels d’avions.

Olivar Asselin, officier volontaire et créateur du 163e régiment, est envoyé sur le front avec le 22e bataillon pour fins d’instruction. Il est affecté aux tranchées du front français. Le 11 mars 1917, il raconte à son épouse Alice ses premiers jours dans les tranchées. Certains passages de la lettre ont été découpés et supprimés, victime de la censure militaire de l’époque.

 

Lettre d’Olivar Asselin à son épouse Alice. 11 mars 1917. BAnQ Vieux-Montréal (CLG72).

 

«Je passe aujourd’hui mon premier dimanche dans les tranchées. […] J’ai fait mes après-midis avec le commandant le tour des tranchées. À deux ou trois reprises nous avons été éclaboussés par des explosions de bombes ou d’obus. Malgré un temps maussade, les hommes étaient propres, tous de bonne humeur. L’excellence de plus en plus grande de l’artillerie anglaise leur a donné une confiance merveilleuse; ils sont sûrs d’enfoncer la ligne ennemie à la première grande offensive. Quant à moi, ce que je vois autour de moi semble dépasser tout ce qu’on m’avait dit des progrès réalisés par l’armée anglaise dans tous les sens. Le spectacle, en attendant qu’il devienne plus dangereux, m’amuse. À deux reprises, nous avons eu des combats d’avion. Ce matin même une vingtaine de nos machines évoluaient au-dessus du champ de bataille, parmi les shrapnels allemands : il y en a eu trois d’abattus, mais grâce à la tranquille [sic] bravoure des autres la grosse artillerie anglaise a pu établir sur des positions sans doute importantes un tir implacable, qui a duré toute la journée. Il y aura certainement d’ici à trois semaines des événements qui comptent dans l’histoire de l’armée expéditionnaire canadienne. […] Dès maintenant, cependant, j’entends siffler une balle sans frémir, et je peux observer en moi (?) les shrapnels qui éclatent au-dessus de nos têtes à des milliers de mètres d’altitude. Un de ces soirs, j’irai avec les éclaireurs reconnaître le terrain de nuit. Je ne veux pas faire de noyade, ni risquer ma vie inutilement; mais je veux voir tout de suite jusqu’à quel point je puis dompter mes nerfs. Je porte dans un gousset une médaille de Jeanne d’Arc, sur la poitrine votre portrait, toi et les enfants. Je pense souvent à vous. »

 

Vous souhaitez consulter cette lettre d’Olivar Asselin dans son intégralité? Rendez-vous sur Wikisource ou, pour découvrir l’ensemble des lettres sélectionnées, rendez-vous sur la page du projet Première Guerre mondiale de BAnQ.

 

Pour en savoir plus sur Olivar Asselin et sur la diffusion de sa correspondance de guerre, consultez l’article phare du projet.

 


Florian Daveau, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Émilie Dufour-Lauzon, agente de bureau – BAnQ Vieux-Montréal

Elena Fracas, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Catherine Lamarche, stagiaire de l’Université de Montréal.

 

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Annie MacDonald Langstaff – Courage et détermination

Parmi les dossiers de Cour conservés à BAnQ Vieux-Montréal, on retrouve le cas peu commun d’Annie MacDonald Langstaff, qui fit appel à la justice afin d’obtenir le droit de passer les examens d’admission du Barreau du Québec en juillet 1914 (TP11, S2, SS2, SSS42, 1914, dossier 528). Née en Ontario le 6 juin 1887, elle épouse Samuel Gilbert Langstaff en 1904. Après avoir donné naissance à une fille, le couple se sépare en 1906 et Annie déménage à Montréal l’année suivante.

 

En 1911, alors qu’elle travaille comme sténographe dans le cabinet de Samuel W. Jacobs (Jacobs, Hall, Couture & Fitch), Annie entame des études en droit à l’Université McGill. Trois ans plus tard, elle devient la première femme diplômée en droit au Québec, se démarquant au passage par l’obtention d’honneurs individuels.

 

Malgré ses excellentes notes, le Barreau, après lui avoir accordé une courte entrevue, refuse de lui laisser passer les examens sous prétexte qu’elle est une femme et qu’elle n’a pas la permission écrite de son mari. Ce dernier a quitté le Canada et son adresse est inconnue. Il est donc impossible pour la jeune femme d’obtenir son autorisation. Soutenue par son employeur, elle soumet une demande à la Cour supérieure en janvier 1915 afin d’obtenir un mandamus qui obligerait le Barreau du Québec à lui octroyer le droit de passer les examens. L’affaire fait grand bruit. Le jugement tombe le 12 février 1915 : la Cour donne raison au Barreau. Selon le juge Henri-Césaire Saint-Pierre, qui préside ce jour-là, une femme, surtout une femme mariée, ne peut être admise à la profession d’avocat en raison de son sexe. D’une part, la place de la femme en société est au foyer où, en respect des lois de la nature, elle doit tenir le rôle d’épouse aimante. D’autre part, le juge souligne que certains sujets abordés en cour (sodomie, inceste, viol, grossesse, avortement, divorce, etc.) ne pourraient être débattus par une femme sans constituer une « violation de l’ordre public, des lois de la morale et de la décence. »

 

 

Henri-Césaire Saint-Pierre [vers 1900],  BAnQ Québec. (P560,S2,D1,P1181). Photographe : Livernois.

 

Devant ce refus, Annie MacDonald Langstaff persiste et fait porter le jugement en appel. Celui-ci est rejeté le 2 novembre 1915. La décision de la Cour se base sur le principe selon lequel les femmes « ont toujours été exclues de cette profession » et « qu’aucun changement dans la loi n’a été fait en ce sens jusqu’à maintenant au Québec. »

 

Extrait du jugement du 12 février 1915, dossier 528, Cour supérieure, Greffe de Montréal, BAnQ Vieux-Montréal (TP11,S2,SS2,SSS42).

 

 

Au cours des années suivantes, Annie Langstaff deviendra représentante parajuridique et continuera à lutter pour que les générations futures puissent accéder à la profession d’avocat. Ce n’est finalement qu’en 1942 qu’une première femme, Elisabeth C. Monk, y parviendra.

 

Dominique Bergeron, agente de bureau – BAnQ Vieux-Montréal

Ça coûte cher être officier dans l’armée britannique!

Au début de l’année 1917, Olivar Asselin est en Angleterre pour parfaire son entraînement et attendre son déploiement sur le front français. Le 5 mars, à la veille de son départ pour la France, il écrit à son épouse Alice. Il y mentionne les coûts associés à l’achat de son uniforme ainsi qu’à la vie d’officier, et il lui exprime ses regrets d’être un mauvais époux.

 

«Je pars demain pour la France […] Je serai bien désappointé si, en faisant de mon mieux, je ne réussi pas à rester sur le front. Une fois là, je ferai en sorte que la femme qui m’a tant sacrifié — y compris son bonheur — n’ait pas à rougir de moi. Une seule chose m’attriste, à part la pensée que je ne vous reverrai peut-être plus : c’est la gêne matérielle où le mauvais sort veut que je vous laisse. Depuis mon arrivée, j’ai touché les soldes de décembre, janvier, et février, soit, déduction fait-on votre part, quelque chose comme deux cents vingt-cinq piastres. Le renouvellement de mon uniforme et de mon accoutrement m’ont couté plus de cent cinquante piastres. Le mess m’a pris en moyenne trente piastres par mois. […] Sur les cent cinquante piastres que m’a prêtées Georges Garneau, il ne reste exactement $90, en comptant vingt-cinq piastres que je réclame au trésorier de l’armée pour les frais de mon premier voyage à Londres […] Et maintenant, chère enfant, il me reste une chose à te dire, qui est que plus j’approche du danger — du danger volontairement cherché — plus ta sublime figure emplit mon âme. Je n’ai pas été pour toi le mari que tu méritais. Je t’ai fait souffrir, j’ai brisé ta vie. Sera-ce au moins une consolation pour toi d’apprendre que, à mesure que je me suis dégagé des passions terrestres pour entrer à mon tour dans la voie du sacrifice, je t’ai tendrement et profondément aimée ? »

 

Vous souhaitez consulter cette lettre d’Olivar Asselin dans son intégralité? Rendez-vous sur Wikisource ou, pour découvrir l’ensemble des lettres sélectionnées, rendez-vous sur la page du projet Première Guerre mondiale de BAnQ.

 

Photographie d’hommes au front. [1917-1918]. BAnQ Vieux-Montréal (CLG72). Photographe non identifié

Photographie d’hommes au front. [1917-1918]. BAnQ Vieux-Montréal (CLG72). Photographe non identifié

 

Pour en savoir plus sur Olivar Asselin et sur la diffusion de sa correspondance de guerre, consultez l’article phare du projet.


Florian Daveau, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Émilie Dufour-Lauzon, agente de bureau – BAnQ Vieux-Montréal

Elena Fracas, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Catherine Lamarche, stagiaire de l’Université de Montréal.

 

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Il y a 75 ans, la conscription… et ses suites!

Dès le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale, des Canadiens s’enrôlent volontairement pour freiner les visées d’Adolf Hitler en Europe alors que d’autres se précipitent dans le mariage car, dit-on, les hommes mariés seraient épargnés d’un appel sous les drapeaux.

En 1940, l’élection fédérale porte au pouvoir William Lyon Mackenzie King qui promet qu’il n’y aura pas de conscription au pays pour combattre outre-mer. Les soldats volontaires canadiens qui traversent l’Atlantique sont encore suffisamment nombreux pour faire face à l’envahisseur.

 

Paul Boucher, juin 1941. Le jeune soldat fait partie des volontaires canadiens qui s’embarqueront pour le front européen. BAnQ Sherbrooke (P5,S1,D1,P88). Photographe non identifié.

 

Mais la situation change radicalement à la fin de 1941, après l’attaque japonaise contre Pearl Harbour. Le gouvernement canadien doit réévaluer la situation. Sous la pression des forces armées et du Canada anglais, Mackenzie King convoque, le 27 avril 1942, un référendum posant la question suivante aux Canadiens : « Consentez-vous à libérer le gouvernement de toute obligation résultant d’engagements antérieurs restreignant les méthodes de mobilisation pour le service militaire? ».

Sans surprise, les citoyens du Québec se prononcent aux trois quarts contre la conscription, alors que le reste du pays s’engage à plus de 80 % en sa faveur. En raison de cette disparité, le gouvernement King retarde l’application des mesures d’enrôlement. Ce n’est finalement qu’après le débarquement de Normandie en juin 1944, que King impose la conscription devant le manque de volontaires. Mais, dès 1943 déjà, un vaste mouvement de résistance à la Loi sur la mobilisation des ressources nationales avait débuté.

 

Le cas de Madame Provencher

BAnQ – Sherbrooke possède dans le Fonds Cour de magistrat pour le district de Saint-François (TL227), le cas de madame Théodore Provencher (née Rose-Alma Dubreuil), une citoyenne de Sherbrooke, qui voit dans cette résistance une occasion d’affaires. Avec quelques acolytes, elle met sur pied divers stratagèmes pour préserver les jeunes hommes du Québec d’un départ forcé pour le front.

Dans un premier temps, Madame Provencher se contente de fournir une fausse discharge [certificat de démobilisation] aux jeunes hommes qui refusent l’enrôlement. Le papier, d’allure officielle, porte le nom d’une autre personne. Madame Provencher invite ensuite les recrues à aller bûcher du bois, au camp d’un dénommé Bouchard, à Saint-Léon, dans le canton de Marston. C’est ainsi qu’Eugène Gosselin est capturé dans la région de Lac-Mégantic. Il est ensuite expédié à Longueuil, où il écope de 27 jours de détention à purger à l’île Sainte-Hélène. Après cette détention, il retourne au civil car on l’a jugé inapte au service militaire.

 

Témoignage d’Eugène Gosselin à l’enquête préliminaire d’Arthur Thibault, un complice de madame Provencher. Cour du magistrat, 12 mai 1944. TL227,S1,SS1, dossier 4580 (extrait).

 

Témoignage d’Eugène Gosselin à l’enquête préliminaire d’Arthur Thibault, un complice de madame Provencher. Cour du magistrat, 12 mai 1944. TL227,S1,SS1, dossier 4580 (extrait).

 

Témoignage d’Ildé Côté à l’enquête préliminaire d’Arthur Thibault, un complice de madame Provencher. Cour du magistrat, 12 mai 1944. TL227,S1,SS1, dossier 4580 (extrait).

 

Le dernier stratagème employé par madame Théodore Provencher consiste à faire prendre des médicaments aux jeunes hommes appelés sous les drapeaux.

Parfois Madame Provencher remet directement aux recrues des pilules pour les rendre malade et être ainsi inaptes au service militaire. À une autre occasion, elle incite une jeune épouse à envoyer à son époux, mobilisé à Terre-Neuve, un paquet contenant une boîte de crème à raser dont le contenu a été remplacé par un bloc du sucre du pays qui a été précédemment imbibé du mystérieux médicament.

Madame Provencher est accusée à 16 reprises durant la période 1944-1945. Lorsqu’elle est condamnée, ce n’est que pour le temps déjà purgé en prison en attente de son procès et pour des amendes de 25 $ ou 1 mois de prison additionnel. Dans quelques causes, elle réussit même à obtenir un non-lieu, car l’une de ses astuces est de faire payer ses services à une tierce personne ; elle acceptait rarement elle-même l’argent. Dans certains cas, le prétexte employé pour recevoir de l’argent est la vente d’un tableau.

 

Jugement du co-accusé de madame Provencher, Auguste Thibault. Cour du magistrat, 31 août 1944. TL227,S1,SS1, dossier 4592 (extrait).

 

Jugement du co-accusé de madame Provencher, Auguste Thibault. Cour du magistrat, 31 août 1944. TL227,S1,SS1, dossier 4592 (extrait).

 

Acte d’accusation de madame Provencher. Cour du magistrat, 16 novembre 1944. TL227,S1,SS1, dossier 4588 (extrait).

 

Durant la Deuxième Guerre mondiale, nombreux sont ceux qui ont déserté et ceux qui ont aidé les déserteurs, mais le cas de madame Provencher est intéressant par les astuces déployées et par la faiblesse des condamnations qu’elle a reçues.

 

Hélène Liard, agente de bureau – BAnQ Sherbrooke

Gare à la baleine !

Le 26 novembre 1916, à la suite de l’entraînement du 163e régiment aux Bermudes et de sa traversée vers l’Europe, le major Olivar Asselin écrit à son plus jeune fils, Pierre. Depuis le déclenchement de la guerre, la stratégie allemande consiste à freiner le ravitaillement des Alliés du front de l’Ouest, notamment en exerçant un blocus autour de la Grande-Bretagne et en torpillant les navires circulant dans l’Atlantique susceptibles d’acheminer denrées, matériel et hommes au front.

 

« J’écris ceci à mon petit Pierre – Je devrais dire maintenant à mon grand Pierre – pour voir s’il pourra me lire et ensuite me répondre. C’est dimanche, il est 4 heures, et je ne suis pas sorti depuis le matin, mais il paraît que nous avons rencontré durant la journée une baleine et un bateau. Je n’ai pas confiance en cette baleine, car on n’a vu, paraît-il, que l’eau qu’elle lançait. Je me méfie aussi du bateau. Les Allemands, ils essaieront de nous faire du mal, de nous couler. Je crois quand même que nous leur échapperons, et que nous pourrons nous rendre jusqu’en France pour tirer de bons coups de fusil dans la tête de ces maudits, qui font mourir de faim les petits enfants et les mamans, et qui ont fusillé des grand-mamans. Je t’écrirai quand nous serons rendus là. En attendant, étudie bien, car si je me fais tuer, ou si je reviens infirme, tu seras peut-être obligé d’aider ta maman.

Ton papa qui t’aime beaucoup parce qu’il t’a vu pleurer sur le quai quand le bateau a démarré.»

 

Vous souhaitez consulter cette lettre d’Olivar Asselin dans son intégralité? Rendez-vous sur Wikisource ou, pour découvrir l’ensemble des lettres sélectionnées, rendez-vous sur la page du projet Première Guerre mondiale de BAnQ.

 

Carte postale, Le départ du permissionnaire, 3 août 1918. BAnQ Vieux-Montréal (CLG72)

Carte postale, Le départ du permissionnaire, 3 août 1918. BAnQ Vieux-Montréal (CLG72)

 

Pour en savoir plus sur Olivar Asselin et sur la diffusion de sa correspondance de guerre, consultez l’article phare du projet.


Florian Daveau, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Émilie Dufour-Lauzon, agente de bureau – BAnQ Vieux-Montréal

Elena Fracas, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Catherine Lamarche, stagiaire de l’Université de Montréal.

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Monde et merveilles : L’ouverture d’Expo 67 a eu lieu il y a 50 ans aujourd’hui!

 

Lettres géantes en béton « EXPO 67 », 1967. BAnQ Vieux-Montréal (P97, S1, P7846). Photo : Armour Landry

 

Le 27 avril 1967 marque l’ouverture officielle de l’Exposition universelle de Montréal, qui se poursuivra jusqu’au 29 octobre 1967. Des milliers de personnes ont pu la visiter dès le lendemain.


Vous y étiez? Non? Peu importe, tout le monde en a entendu parler! L’Exposition universelle de Montréal figure parmi les événements les plus mémorables de la seconde moitié du XXe siècle au Québec.

 

Exposition universelle de Montréal – Un des lagons à l’Expo. À gauche, le site des concerts en plein air et, à l’arrière-plan, une vue partielle de Montréal, 1967. BAnQ Québec (E6, S7, SS1, P6711100) Photographe non identifié.

 

L’Expo 67 devait à l’origine être pour le Canada et la Ville de Montréal une occasion de fêter le centenaire de la Confédération tout en faisant découvrir aux visiteurs du monde la beauté et la contemporanéité du pays.

 

Première Exposition universelle du pays, cet événement a non seulement permis de faire rayonner Montréal, mais il a été en soi un moteur de modernisation. Les Montréalais ont assisté à la construction de nouvelles infrastructures, de monuments audacieux et du métro, et le Québec, alors en pleine mutation, a vu s’enrichir son héritage culturel et social.

 

Plusieurs fonds et dossiers de photographies conservés par BAnQ en témoignent magnifiquement :

 

Expo 67 - P97,S1,P13502

L’album Flickr : Survol photographique de l’Exposition universelle de 1967 et de son prolongement, l’exposition permanente Terre des Hommes

 

Site des travaux de construction du Pavillon du Québec, île Sainte-Hélène - E6,S7,SS1,P651994

L’album Flickr : Le pavillon du Québec

 

Le parcours thématique Expo 67 : http://www.banq.qc.ca/histoire_quebec/parcours_thematiques/Expo67/?language_id=3


Encore plus d’images…

Le Fonds Office du film du Québec

– E6, S7, SS1, D671460 À 671472

– E6, S7, SS1, D672870 À 672909

– E6, S7, SS1, D790688 À 790721

– E6, S7, SS1, D672819 À 672862

– E6, S7, SS1, D671614 À 671615

– E6, S7, SS1, D672752 À 672752

– E6, S7, SS1, D710954 À 711004

– E6, S7, SS1, D681060 À 681060

 

Le Fonds Germain Beauchamp

– P809, S1, DA

– P809, S1, DB

– P809, S1, DC

– P809, S1, DD

– P809, S1 ,DE

– P809, S1, DF

– P809, S1, DG

– P809, S1, DH

– P809, S1, DI

 

Le Fonds Henri Rémillard

– P685, S2, D175

– P685, S2, D152

– P685, S2, D150

– P685, S2, D158

 

Le Fonds Armour Landry

– P97, S1, D5232-5255

– P97, S1, D5426-5447

 

Le Fonds Collection Expo 67

– P40

 

Le Fonds Compagnie Canadienne de l’Exposition universelle de 1967

– P312

 

Le Fonds Euclide Sicotte

P927,S2

 

Et bientôt en ligne : Le Fonds La Presse P833, S5


Pour en savoir plus…

– Bibliothèque et Archives Canada : https://www.collectionscanada.gc.ca/expo/053302_f.html.

– Archives Ville de Montréal : http://archivesdemontreal.com/mots-clefs/expo-67/

– Musée McCord : Expo 67

– Parc Jean-Drapeau: http://www.parcjeandrapeau.com/fr/expo-67-exposition-universelle-montreal/

 

Catherine Lamarche, stagiaire de l’Université de Montréal (supervisée par Marie-Pierre Nault, archiviste) – BAnQ Vieux-Montréal




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