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Instantané, le blogue des archivistes.

Noël, de Sept-Îles à Schefferville

 

 

Le fonds d’archives de la Compagnie minière IOC (P21), conservé à BAnQ Sept-Îles, contient plus de cent mille photographies qui témoignent de la vie professionnelle et sociale de ses travailleurs. Ces clichés montrent également le développement des infrastructures et la transformation des paysages de la Côte-Nord et du Labrador depuis les années 1950. En parcourant les photographies, on découvre que les habitants de ces régions isolées ont mis sur pied des activités sportives ainsi que divers événements sociaux pour se divertir à l’extérieur de leur milieu de travail.

 

 

Pour que la période des fêtes soit des plus réjouissantes, des activités étaient organisées pour permettre aux adultes de se rencontrer et de fraterniser. Les soirées dansantes à l’hôtel Santerre de Sept-Îles, notamment, étaient très prisées par les employés de la compagnie qui en profitaient pour célébrer.

 

 

 

 

Soirée des employés de la compagnie minière IOC à l’hôtel Santerre de Sept-Îles, 20 décembre 1963. BAnQ Sept-Îles (M-3060-2). Photographe non identifié.

 

 

 

 

Pour leur part, les enfants étaient à l’honneur lors des festivités. En effet, quelques jours avant Noël, les employés et leurs enfants se rassemblaient pour recevoir des cadeaux, des bas de Noël et des friandises de la main du père Noël. En 1956, plus de 1900 enfants de Sept-Îles et de Schefferville rencontrèrent le père Noël en plus d’avoir le privilège d’assister à des projections de dessins animés, dont « Bugs Bunny ».

 

 

 

Des enfants avec le père Noël au théâtre Lido de Sept-Îles, 21 décembre 1957. BAnQ Sept-Îles (M-282). Photographe non identifié.

 

 

 

 

À Labrador City, des jeux étaient organisés. Les enfants récoltaient des cadeaux en jouant, par exemple, à « Fish Pond », soit la pêche miraculeuse. Ils s’amusaient également à tirer sur des « crackers », ces papillotes qui contiennent une surprise. Enfin, la participation des scouts et des guides du Canada contribua au succès du premier Noël des enfants de Labrador City en décembre 1961.

 

 

 

 

Fête de Noël pour les enfants de Labrador City, décembre 1961. BAnQ Sept-Îles (M-2461-8). Photographe non identifié.

 

 

 

À l’approche du temps des fêtes, entrez dans la magie de Noël en parcourant quelques-unes des photographies tirées du fonds de la Compagnie minière IOC.

 

 

 

Le père Noël dans son traîneau en direction du théâtre Roxy de Schefferville pour la distribution de cadeaux et de bas de Noël, 19 décembre 1958. BAnQ Sept-Îles (M-1156-1). Photographe non identifié.

 

 

 

 

Le père Noël donnant des cadeaux aux enfants de Schefferville, 19 décembre 1958. BAnQ Sept-Îles (M-1163-1). Photographe non identifié.

 

 

 

 

 

Le père Noël avec des enfants à Schefferville, 19 décembre 1958. BAnQ Sept-Îles (M-1165-1). Photographe non identifié.

 

 

 

 

 

Le père Noël et une princesse des neiges arrivent par avion à Schefferville, 22 décembre 1959. BAnQ Sept-Îles (M-1709-1). Photographe non identifié.

 

 

 

 

Le père Noël et les princesses des neiges en traîneau, 22 décembre 1959. BAnQ Sept-Îles (M -1709-13). Photographe non identifié.

 

 

 

 

Noël en famille à Schefferville, 1959. BAnQ Sept-Îles (M-1722-5). Photographe non identifié.

 

 

 

 

Noël en famille à Schefferville, 1959. BAnQ Sept-Îles (M-1722-6). Photographe non identifié.

 

 

 

 

Des élèves de 2e année du primaire de Schefferville chantent des chansons de Noël, 18 décembre 1962. BAnQ Sept-Îles (M-2749-1). Photographe non identifié.

 

 

 

Joyeux Noël !

 

Simon Boudreautechnicien en documentation – BAnQ Sept-Îles

Chapeau, coup de chapeau, tirer son chapeau, chapeau bas…



 

Magasin Dupuis Frères. Foule rassemblée pour profiter des rabais du 53e anniversaire, mars 1921. BAnQ Vieux-Montréal (P20, S3, P58). Photographe non identifié.

Magasin Dupuis Frères. Foule rassemblée pour profiter des rabais du 53e anniversaire, mars 1921. BAnQ Vieux-Montréal (P20, S3, P58). Photographe non identifié.



 

Il existe plusieurs belles expressions de manifestations de respect, d’admiration et de félicitations qui font référence au chapeau.

 

 

Qu’il soit vêtement de travail, d’autorité, de protection ou accessoire de mode permettant d’exprimer sa classe sociale ou sa coquetterie, le chapeau a longtemps été un incontournable dans la vie quotidienne des Québécois.

 

 

Cet accessoire vestimentaire est magnifiquement représenté sur plusieurs photographies conservées dans les centres d’archives de BAnQ.

 

 

Voici quelques spécimens de couvre-chefs :

 

 

 

 

Un homme, vers 1940. BAnQ Rouyn-Noranda (P124, S1, D7-0-1 À 7-1-344). Photographe : Joseph Hermann Bolduc.

Un homme, vers 1940. BAnQ Rouyn-Noranda (P124, S1, D7-0-1 À 7-1-344). Photographe : Joseph Hermann Bolduc.

 

 

 

 

 

Fonds Famille Jean-Charles Michaud, vers 1900. BAnQ Québec (P824). Photographe non identifié.

Fonds Famille Jean-Charles Michaud, vers 1900. BAnQ Québec (P824). Photographe non identifié.

 

 

 

Au-delà des photographies, les chapeaux sont mentionnés dans une grande variété de documents d’archives. Voici quelques exemples que l’on trouve dans  les archives judiciaires et privées.



Registres de la Prévôté de Québec, 21 mai 1721. BAnQ Québec (TL1, S11, SS1, D57, P49) :

Cause entre Antoine Parent, habitant de Beauport, demandeur, comparant par Charles Parent, son frère, contre Augustin Juchereau, écuyer, sieur de Saint-Michel, défendeur, afin que le défendeur soit condamné envers ledit demandeur à tous les dépens, dommages et intérêts, pour provision alimentaire, ledit défendeur affirme que le demandeur avait son chapeau sur la tête en l’injuriant outrageusement, il lui demanda s’il le connaissait et le demandeur lui a affirmé qu’il ne le connaissait d’aucune manière et qu’il se fichait de lui, suite à quoi il lui fit tomber son chapeau de dessus la tête après quoi il voulut le prendre par la cravate ce qui l’obligea, pour se garantir de lui, de le repousser de son mieux, le demandeur, se voyant déchu de ses prétentions, se jeta sur une roche grosse comme les deux poings, le défendeur poussa alors le demandeur, le demandeur demande à prouver tout le contraire de ce que le défendeur a dit, il est ordonné que lesdites parties feront respectivement représenter par-devant nous.

 

 

Documents de la Prévôté de Québec, 3 mars 1751. BAnQ Québec (TL1, S11, SS2, D1704) :

À la requête de Guillaume-Thomas La Madeleine, demeurant sur la rue Champlain à Québec, assignation du sieur Mongeon, forgeron de Québec, afin qu’il soit condamné à restituer au requérant son chapeau de laine et, vu les circonstances du vol, qu’une amende lui soit imposée.

 

 

Fonds Conseil souverain, Jugements et délibérations, 21 août 1674. BAnQ Québec (TP1, S28, P923) :

Contestation entre Monsieur le Gouverneur et Monsieur l’Abbé de Fénélon, qui a été mis sous la garde d’un huissier, à la Maison de la brasserie, que le Conseil lui donne pour prison, pour irrévérence envers le Gouverneur (…) ledit sieur de Fenelon lui a répondu en enfonçant son chapeau sur la tête (…).

 

 

Fonds Juridiction royale de Montréal, Dossiers, 5 novembre 1720. BAnQ Vieux-Montréal (TL4,S1,D2566) :

Ce procès contient une requête du demandeur disant qu’hier soir il aurait été chez le défendeur, comme de coutume, pour y fumer sa pipe, et que la femme de ce dernier l’aurait insulté et lui a arraché son chapeau et l’a déchiré, par rapport à une saisie faite contre elle par Françoise Petit. Il prétend avoir dû se retirer sans son chapeau, ce qui lui fait un tort considérable et l’empêche de vaquer à sa charge d’huissier, n’étant pas en moyen pour en acheter un autre (…).

 

 

 

 

Procès entre André Dorien, huissier, plaignant et demandeur, et Louis Prévost dit Dix-sept, accusé et défendeur, pour voies de fait et dommages, 4 novembre 1720. BAnQ Vieux-Montréal (TL4,S1,D2566).

 

 

 

Fonds Jacques Ferron (MSS424):

Texte : Petits chapeaux pour grosses têtes, 195-. BAnQ Vieux-Montréal (MSS424, S1, SS8, D51).

Texte : D’un chapeau pointu, 197?. BAnQ Vieux-Montréal (MSS424, S1, SS5, D6).

Texte : Un petit chapeau alpin, 198-. BAnQ Vieux-Montréal (MSS424, S1, SS4, SSS1, D209).

 

 

Fonds Paul Buissonneau (MSS465)

Texte : Les trois chapeaux claque de Miguel Mihura, 1959-1961. BAnQ Vieux-Montréal (MSS465,S14,D13).

 

 

Fonds Jean-Marc Phaneuf (P575)

Caricature : Debout devant un chapeau, Robert Bourassa incite la population à financer eux-mêmes le secteur culturel. Il dit : « Chapeau pour nos artistes », 20 avril 1990. BAnQ Vieux-Montréal (P575, S4, SS4, P773).

Caricature: Deux hommes discutent ensemble. L’un d’eux dit : « Franchement le chapeau est bien trop grand! » L’autre réplique à son tour : « À moins que la tête lui ait désenflée! » Pendant que ces deux hommes font leurs commentaires, [Jean Drapeau] se retrouve avec un chapeau beaucoup trop grand pour lui, vers 1980. BAnQ Vieux-Montréal (P575, S4, SS4, P73).

 

 

 

M. Drapeau, vers 1980. BAnQ Vieux-Montréal (P575, S4, SS4, P73). Auteur : Phaneuf.

 

 

 

 

Fonds Jean Grimaldi (MSS433)

Texte : À qui le chapeau ? (comédie en un acte, Lucien Yody et Jules Robleu), 1905. BAnQ Vieux-Montréal (MSS433, S3, SS3, SSS3,D1).

 

 

Fonds François Barbeau (MSS450)

Le dossier porte sur la création des costumes de la pièce de théâtre « La grande magia ». Il contient un horaire des répétitions, des maquettes de costumes, des esquisses, ainsi que des photographies portant sur la production et sur la création de chapeaux et d’ornements de tête, 1998. BAnQ Vieux-Montréal (MSS450, S3, D495).

 

 

Fonds Anna Malenfant (MSS24)

Partition et chanson de Lionel Daunais: Chapeau perdu, 1955. BAnQ Vieux-Montréal (MSS24,S2).

 

 

Fonds Théâtre du Rideau Vert(P831)

Pièce : Le chapeau magique, 1975-1976. BAnQ Vieux-Montréal (P831, S2, D17).

 

 

Fonds Yvon Deschamps (P765)

Le dossier contient des textes de différents auteurs, dont « Chapeau » une traduction de Luis de Cespedes de la pièce de théâtre de Bernard Slade, 1988-1994. BAnQ Vieux-Montréal (P765, S6, D1).

 

 

Fonds Claude Léveillée, commandes musicales (P813)

Le dossier porte sur la comédie musicale à Radio-Canada « Il est une saison », de Marcel Dubé et Louis-Georges Carrier, musique de Claude Léveillée, enregistrée en avril et mai 1974. On retrouve notamment, dans l’ordre de montage des chansons, la mention de la pièce « Les chapeaux », 1974. BAnQ Vieux-Montréal (P813, S2, SS5, D29).

 

 

Fonds Famille Foran (P137)

Ce dossier contient une liste d’achats de Thomas Patrick Foran au magasin de chapeaux et fourrures R. J. Devlin Co à Ottawa. On y retrouve aussi deux certificats d’achat de parts du Victoria Yacht Club et du Hygiene Ice Company of Ottawa, 1903-1906. BAnQ Gatineau (P137, S8, SS1, D8).

 

 

Fonds Famille Joly de Lotbinière (P351)

Lettre d’Henri-Gustave Joly à son fils Edmond, 12 septembre 1890. BAnQ Québec (P351, S4, SS1, P5610). Dans cette lettre, Henri-Gustave mentionne, entre autres, que le plaidoyer dans la cause d’un dénommé Frenette l’inquiète. Cependant, ce dernier lui a garanti qu’il n’avait jamais enfoncé le chapeau du défendeur.

 

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus

 BOLOMIER, Éliane. Chapeaux : mode et savoir-faire. De Borée, Sayat, 2014, 187 p.

Expressions

http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/chapeau/14674/locution?q=d%EF%BF%BDmanger consulté le 16 novembre 2017.

Musée canadien de l’histoire, Avez-vous vu son chapeau?

http://www.museedelhistoire.ca/cmc/exhibitions/hist/hats/hat03fra.shtml consulté le 16 novembre 2017.

MOLLIER, Jean-Yves, Philippe RÉGNIER et Alain VAILLANT, dir. La production de l’immatériel: théories, représentations et pratiques de la culture au XIXe siècle. Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2008, 471 p.

 

 

 

Marie-Pierre Nault, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Barbus et moustachus / A Hair Affair

 

Le 29 novembre dernier, au Siboire Dépôt de Sherbrooke, s’est tenue l’inauguration de l’exposition virtuelle bilingue intitulée Barbus et moustachus / A Hair Affair consacrée aux barbes et aux moustaches portées par la gent masculine aux 19e et 20e siècles.

 

Le projet a été réalisé par des étudiants de la maîtrise en histoire de l’Université de Sherbrooke, grâce à la collaboration du Centre de ressources pour l’étude des Cantons-de-l’Est (CRCE), sous les auspices de l’Université Bishop et de Bibliothèque et Archives nationales du Québec – BAnQ Sherbrooke.

 

Le regard des étudiants

Barbus et moustachus / A Hair Affair est une exposition qui met en scène un sujet peu étudié en histoire : les barbes et les moustaches. Au moyen de photographies d’époque, cette exposition illustre ce que la pilosité faciale masculine a pu représenter dans le paysage social. Les styles de barbes et de moustaches sont-ils liés aux classes sociales ou à un métier en particulier? La moustache est-elle un signe de prospérité ? L’exposition aborde ces questions en trois axes : les styles de barbes et de moustaches, leur rôle social et le rôle social des salons de barbiers.

 

 

 

 

Homme jovial ([189-?]). BAnQ Sherbrooke (P12,P12). Photographe non identifié. Le sujet porte une moustache pyramidale.

 

 

 

 

 

George Frederick Bowen, protonotaire du district judiciaire de Saint-François (1898). Centre de ressources pour l’étude des Cantons-de-l’Est (P006-006-004-005). Photographe non identifié. Le sujet porte une barbe Burnsides.

 

 

 

Le regard des archivistes

Exercer le métier d’archiviste, c’est parfois travailler dans l’ombre afin de redonner vie à des inconnus. Une imposante partie du matériel photographique dévoilé lors de l’exposition Barbus et moustachus / A Hair Affair n’était pas identifié au début du projet. À l’aide d’indices laissés par-ci par-là, nos recherches ont permis de rétablir l’identité de plusieurs personnes, de les localiser dans leur village, de dévoiler leur métier et de dater leur passage sur terre.

 

 

On peut en dire beaucoup lorsque l’on regarde la photographie d’un inconnu. Par exemple, on peut identifier le support photographique, qu’il soit en verre, en métal ou qu’il soit le résultat d’une image colorisée. De même, on peut, par l’habillement, préciser le statut social d’un individu. Enfin, certains éléments, comme la moustache, ressortent comme des signes distinctifs. Cependant, il n’y a rien de plus satisfaisant que de trouver ce qui se cache au-delà d’un regard ou derrière l’esthétique d’un cliché photographique. Cette mission fut un succès pour l’identification de plusieurs portraits.

 

 

 

 

Familles Lippé et Gendreau ([1908?]). BAnQ Sherbrooke (P39). Photographe non identifié. Les sujets portent respectivement une moustache pyramidale, une barbe Spade et une moustache Walrus.

 

 

 

 

 

Homme avec un manteau de fourrure (1884). Centre de ressources pour l’étude des Cantons-de-l’Est (P006-010-001A). Photographe Presby & Son. Le sujet porte une barbe Hulihee.

 

 

 

 

Le regard des organisateurs

Ce partenariat entre le milieu universitaire, le CRCE et BAnQ fut une expérience à la fois intense et très positive. Intense, d’une part, car une exposition réalisée en trois mois est sans conteste un exploit (la planification normale d’une exposition s’échelonne habituellement sur plus d’un an). Et positive, d’autre part, parce que des liens étroits se sont créés pour l’avenir, favorisant, qui sait, la réalisation d’autres projets hors des sentiers battus.

 

 

Cette réalisation, assurément formatrice pour les étudiants, a aussi donné l’opportunité aux visiteurs de découvrir leurs institutions anglophone et francophone de conservation des archives, mais aussi de constater comment l’histoire peut être populaire et vivante. De fait, avec cette thématique insolite, l’histoire s’est avérée décidément très ludique !

 

 

 

 

 

Crédit photo [#676] : Bernard Bilodeau. L’événement a attiré plus de 140 personnes!

 

 

 

 

 

Crédit photo [#685] : Bernard Bilodeau. Le mur ouest de l’exposition laissait paraître les grandes cuves à bière du Siboire.

 

 

 

 

 

 

Crédit photo [#23] : Yves Plante. Les étudiants de la maîtrise en histoire et leur professeur : Vicky Constantineau, Philippe Beauchemin, Éléanor Acier, Dominic Martin, Karl Moffat, Gabrielle Thériault et Julie Allard, chargée de cours à l’Université de Sherbrooke. Saluons Emmanuel Nadeau qui ne pouvait être des nôtres lors de cette soirée.

 

 

 

 

 

Crédit photo : Vicky Martineau. Les complices du projet, Julie Roy et Vicky Martineau, respectivement archiviste-coordonnatrice à BAnQ Sherbrooke et archiviste au Centre de ressource pour l’étude des Cantons-de-l’Est.

 

 

 

 

L’exposition virtuelle est hébergée sur le portail du Centre de ressources pour l’étude des Cantons-de-l’Est à l’adresse suivante : http://www.etrc.ca/fr/explorer-les-archives/expositions. Nous vous invitions à aller la visiter, à naviguer entre ses divers volets, et à constater par vous-même la richesse et la variété du patrimoine archivistique estrien.

Bonne visite!

 

 

Julie Roy, archiviste-coordonnatrice, BAnQ Sherbrooke

La tension monte dans les colonies



En août 1837, David MacLaren, père du futur entrepreneur et industriel James MacLaren, se trouve à Québec pour affaires.

 

 

David MacLaren, vers 1865. BAnQ Gatineau (P57, D34). Photographe non identifié.

David MacLaren, vers 1865. BAnQ Gatineau (P57, D34). Photographe non identifié.




Pendant son séjour, il écrit régulièrement à sa femme Elizabeth Barnet pour s’informer de l’état de leur terre à Torbolton, dans la province du  Haut-Canada, et de la situation familiale ou encore pour lui décrire sa propre vie à Québec. Au même moment au Bas-Canada, la tension monte entre les partisans du Parti patriote et les loyalistes, alors que des assemblées tenues par les chefs patriotes durant l’été 1837 exaltent les foules qui y assistent. C’est dans ce climat politique et social instable que la mort du roi de Grande-Bretagne, Guillaume IV, est annoncée. Une assemblée dite « loyale » est alors organisée le 31 juillet 1837 sur l’esplanade de Québec. David MacLaren décrit dans sa correspondance les processions et les démonstrations dont il est le témoin, notamment une cérémonie en l’honneur du couronnement de la reine Victoria.





(Traduction libre d’un extrait d’une lettre de David MacLaren à sa femme Elizabeth Barnet)

« En ce dernier lundi, il y a eu moult démonstrations de la partie loyaliste de la population. Une réunion, à laquelle on a vu de cinq à huit mille personnes, a pris place sur l’Esplanade. Le but de cette rencontre était d’adopter quelques résolutions contre Papineau et son parti. Plusieurs Canadiens ont participé et donné leur appui à cet événement. Ils ont ensuite défilé dans les rues de la Haute et de la Basse-Ville et leurs environs, accompagnés de musique et, il me semble, de plus d’une centaine de drapeaux de couleurs et de devises très variées produits pour l’occasion. Dans le défilé, monté sur un chariot, on pouvait voir une presse au travail qui distribuait des pamphlets à la foule. Et Sandy, qui ne voulait surtout pas être en reste, a monté un énorme chardon écossais sur un chariot, en plus d’avoir plusieurs chardons écossais imprimés sur ses drapeaux. Il était escorté par plusieurs hommes en costume des Highlands. Évidemment, ce ne serait pas écossais si ça ne venait pas des Highlands.

 

Ils avaient aussi trois canons qui tiraient à intervalles à partir d’un quai. Et dès qu’ils eurent terminé, un grand fusil a commencé à se faire entendre du haut de la Citadelle. Cela a continué pendant environ une heure, les canons tirant à toutes les minutes. Ces coups de fusil n’avaient aucun lien avec le défilé, mais étaient très opportuns. Ils rehaussaient l’importance de la journée et étaient dus à l’annonce officielle du décès du roi.

 

Hier, la jeune reine Alexandrina Victoria a été proclamée, avec grande formalité, – et tout un charivari – et tant de cloches qui ont sonné et de tambours qui ont résonné – et les mousquets qui ont tiré et les canons qui ont lâché leurs boulets. Il y avait assez de bruit pour faire peur à tous les Rats de Québec et ainsi asseoir irrévocablement la reine sur le trône d’Angleterre, – pour autant que de tels bruits puissent faire peur aux rats ou avoir un impact sur la stabilité des royaumes. Le brouhaha mercantile habituel a repris sa place aujourd’hui, et la fumée et les bruits et l’exhibitionnisme des deux derniers jours ont passé tel un rêve. »



 

 

 

Transcription d’une lettre de David Maclaren à son épouse Élizabeth, 2 août 1837. BAnQ Gatineau (P117, S3, SS1, D128).

Transcription d’une lettre de David MacLaren à son épouse Élizabeth, 2 août 1837. BAnQ Gatineau (P117, S3, SS1, D128).

 

 

 

 

Si la lettre de David MacLaren nous offre une description détaillée de l’atmosphère fébrile de l’époque, rien n’indique que les MacLaren prirent part d’une quelconque manière aux événements qui entourèrent les révoltes de 1837-1838. Leurs activités personnelles se déroulaient surtout dans la région de l’Outaouais qui fut peu touchée par les troubles qui éclatèrent à de nombreux endroits dans les colonies.

 

 

Pour en découvrir davantage sur les MacLaren, n’hésitez pas à venir consulter le fonds James Maclaren Company (P117) à BAnQ Gatineau.

 

 

Tristan Dumas, stagiaire – BAnQ Gatineau

Sous la supervision de Jacinthe Duval, archiviste-coordonnatrice – BAnQ Gatineau

 

Samuel Holland et sa correspondance : l’individu derrière l’administrateur public


Major Samuel Holland, arpenteur général du Canada, 1950. BAnQ Québec, Fonds ministère de la Culture et des Communications, Office du film du Québec (E6,S7,SS1,P79053). Photographe : Neuville Bazin.

Major Samuel Holland, arpenteur général du Canada, 1950. BAnQ Québec, Fonds ministère de la Culture et des Communications, Office du film du Québec (E6,S7,SS1,P79053). Photographe : Neuville Bazin.


Le 4 juillet 1794, Samuel Holland, arpenteur général du Bas-Canada, écrit à Herman Witsius Ryland, secrétaire du gouverneur, pour lui demander des instructions à propos d’une demande du lieutenant-gouverneur du Haut-Canada, John Graves Simcoe, qui désire obtenir une carte de la rive sud du Saint-Laurent. Il obéit, ce faisant, à un « vieil ordre » qui stipule « qu’aucune carte ne peut être émise à qui que ce soit sans la permission du gouverneur ». Holland inscrira, plus tard, sur la copie de la lettre qu’il a conservée : « NB – No answer was rec(eive)d to this letter although several times requested [1] [aucune réponse à cette lettre n’a été reçue malgré plusieurs requêtes] ». Cette situation est surprenante, vu l’importance des personnages impliqués. Toutefois, un autre événement rapporté dans la correspondance d’Holland explique à la fois son zèle à faire appliquer littéralement un « vieil ordre » et l’absence de réponse du gouverneur, Guy Carleton, lord Dorchester.


Lettre de Samuel Holland à Herman Witsius Ryland, 4 juillet 1794. BAnQ Québec, Fonds Ministère des Terres et Forêts, Correspondance du Bureau de l’arpenteur général (E21,S60,SS1, contenant 1960-01-38/356).

Lettre de Samuel Holland à Herman Witsius Ryland, 4 juillet 1794. BAnQ Québec, Fonds Ministère des Terres et Forêts, Correspondance du Bureau de l’arpenteur général (E21,S60,SS1, contenant 1960-01-38/356).

Lettre de Samuel Holland à Herman Witsius Ryland, 4 juillet 1794. BAnQ Québec, Fonds Ministère des Terres et Forêts, Correspondance du Bureau de l’arpenteur général (E21,S60,SS1, contenant 1960-01-38/356).


En effet, quelques mois plus tôt, Holland a été accusé de désobéissance à un ordre du gouverneur selon lequel il ne fallait plus payer périodiquement les arpenteurs, mais plutôt leur verser un montant forfaitaire à la fin de chaque contrat. Le 21 mars 1794, Holland transmet à lord Dorchester un mémoire dans lequel il se défend.


Il y explique qu’il a toujours appliqué l’ordre du gouverneur, sauf pour le salaire de l’arpenteur chargé du comté de Gaspé. Cela permettait d’éviter de payer toutes les dépenses relatives aux voyages de cet arpenteur entre Québec et Gaspé et, par le fait même, de réduire les coûts pour la province. Holland rappelle qu’il a agi de façon transparente en indiquant ce cas dans son rapport des dépenses du département. Il retourne plutôt l’accusation de négligence et de désobéissance vers le vérificateur des comptes, Aston Coffin, qui n’aurait pas, selon lui, pris connaissance des commentaires inscrits au rapport et fait cesser la pratique si cela avait été vraiment nécessaire [2].



Mémoire de Samuel Holland présenté à Herman Witsius Ryland, 21 mars 1794. BAnQ Québec, Fonds Ministère des Terres et Forêts, Correspondance du Bureau de l’arpenteur général (E21,S60,SS1, contenant 1960-01-38/356).

Mémoire de Samuel Holland présenté à Herman Witsius Ryland, 21 mars 1794. BAnQ Québec, Fonds Ministère des Terres et Forêts, Correspondance du Bureau de l’arpenteur général (E21,S60,SS1, contenant 1960-01-38/356).

Mémoire de Samuel Holland présenté à Herman Witsius Ryland, 21 mars 1794. BAnQ Québec, Fonds Ministère des Terres et Forêts, Correspondance du Bureau de l’arpenteur général (E21,S60,SS1, contenant 1960-01-38/356).

Mémoire de Samuel Holland présenté à Herman Witsius Ryland, 21 mars 1794. BAnQ Québec, Fonds Ministère des Terres et Forêts, Correspondance du Bureau de l’arpenteur général (E21,S60,SS1, contenant 1960-01-38/356).

Mémoire de Samuel Holland présenté à Herman Witsius Ryland, 21 mars 1794. BAnQ Québec, Fonds Ministère des Terres et Forêts, Correspondance du Bureau de l’arpenteur général (E21,S60,SS1, contenant 1960-01-38/356).

Mémoire de Samuel Holland présenté à Herman Witsius Ryland, 21 mars 1794. BAnQ Québec, Fonds Ministère des Terres et Forêts, Correspondance du Bureau de l’arpenteur général (E21,S60,SS1, contenant 1960-01-38/356).

Mémoire de Samuel Holland présenté à Herman Witsius Ryland, 21 mars 1794. BAnQ Québec, Fonds Ministère des Terres et Forêts, Correspondance du Bureau de l’arpenteur général (E21,S60,SS1, contenant 1960-01-38/356).


Il s’ensuit une correspondance entre Aston Coffin et Samuel Holland, par l’entremise du secrétaire Ryland, dans laquelle chacun défend son point de vue. Finalement, le gouverneur met un terme à la querelle en stipulant que ses ordres « doivent être strictement respectés » et qu’aucune exception n’est permise « sans avoir été préalablement enregistrée et autorisée par un ordre spécial [3] ».


Guy Carleton, lord Dorchester, vers 1880. BAnQ Québec, Fonds J.E. Livernois Ltée (P560,S2,D1,P1798). Photographe non identifié.

Guy Carleton, lord Dorchester, vers 1880. BAnQ Québec, Fonds J.E. Livernois Ltée (P560,S2,D1,P1798). Photographe non identifié.


Ainsi, le 4 juillet 1794, Samuel Holland, probablement déçu du manque de reconnaissance de ses efforts de rationalisation des dépenses, décide de montrer l’absurdité de la situation en demandant au gouverneur des instructions concernant la requête du lieutenant-gouverneur du Haut-Canada. Il sait pourtant qu’il ne peut refuser de transmettre une carte à l’autorité suprême de la province. Ce faisant, il prouve que l’application littérale des ordres peut entraîner des complications administratives. L’insistance dont il fait preuve semble toucher sa cible. L’absence de réponse, qu’il tient à consigner sur papier via son nota bene, est un signe de triomphe.


Compilation cartographique comprenant possiblement la carte demandée par le lieutenant-général John Graves Simcoe. Plan of part of the Province of Lower Canada […]. /Jean-Baptiste, père Duberger, 1795. BAnQ Québec, Fonds Ministère des Terres et Forêts (E21,S555,SS1,SSS8,P19/1).

Compilation cartographique comprenant possiblement la carte demandée par le lieutenant-général John Graves Simcoe. Plan of part of the Province of Lower Canada […]. /Jean-Baptiste, père Duberger, 1795. BAnQ Québec, Fonds Ministère des Terres et Forêts (E21,S555,SS1,SSS8,P19/1).


Outre les « paper wars [guerres de/sur papier] », comme les appelle Samuel Holland, la correspondance du bureau de l’arpenteur général contient une foule d’informations sur le découpage du Québec en seigneuries et en cantons, sur les pratiques d’arpentage ainsi que sur les arpenteurs et leurs collaborateurs (dessinateurs, charretiers, magasiniers, etc.).


Simon Fortin-Dupuis, agent de bureau – BAnQ Québec


[1] Lettre de Samuel Holland à Herman Witsius Ryland dans laquelle il demande l’autorisation du gouverneur pour transmettre une carte de la rive sud du fleuve Saint-Laurent au lieutenant-gouverneur Simcoe, 4 juillet 1794. BAnQ Québec, Fonds Ministère des Terres et Forêts, Correspondance du Bureau de l’arpenteur général. (E21,S60,SS1, contenant 1960-01-38/356).

[2] Rapport de l’arpenteur général présenté à lord Dorchester concernant le traitement de certains ordres reçus, 21 mars 1794. BAnQ Québec, Fonds Ministère des Terres et Forêts, Correspondance du Bureau de l’arpenteur général (E21,S60,SS1, contenant 1960-01-38/356).

[3] Mémoire de Samuel Holland présenté à Herman Witsius Ryland concernant le traitement de certains ordres reçus et les pratiques de gestion des dépenses au département de l’arpenteur général, 2 avril 1794. BAnQ Québec, Fonds Ministère des Terres et Forêts, Correspondance du Bureau de l’arpenteur général (E21,S60,SS1, contenant 1960-01-38/356).

Quelques-unes des plus anciennes photographies conservées à BAnQ Québec maintenant en ligne

 

Exceptionnellement, les photographies de l’Album Paul Gouin seront exposées dans le cadre de la Semaine nationale de la généalogie à BAnQ Québec samedi le 18 novembre 2017 à partir de midi (12h00).

 

L’Album Paul Gouin (E6,S8,SS6) est une collection de 202 photographies anciennes qui mérite d’être regardée de plus près. Les informations concernant la provenance de cette collection sont plutôt succinctes. Chose certaine, c’est au courant des années 1980 que ces photographies ont été versées à BAnQ Québec par le Ministère des Affaires culturelles. On croit également qu’elles ont été colligées par Paul Gouin alors qu’il était président de la Commission des monuments historiques de la province de Québec entre 1955 et 1968, d’où l’appellation de l’album. Malheureusement, il nous est impossible de confirmer la véracité de cette information. Le mystère demeure donc entier.

 

Plusieurs sujets d’intérêt y sont immortalisés. Si l’on y regarde de plus près, on dénote une certaine prédilection du collectionneur pour les paysages de la Ville de Québec du dernier quart du 19e siècle. Les photographies représentant la chute Montmorency, le Port de Québec, le Parlement, la terrasse Dufferin, les marchés Champlain et Montcalm, le quartier Saint-Roch, le parc de l’Artillerie et la rue Saint-Jean y sont autant de témoins de la petite et de la grande histoire de la ville.

 

Un événement semble néanmoins ressortir du lot. Il s’agit du grand incendie qui se déclare dans la nuit du 14 octobre 1866 dans les quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur de la Basse-Ville de Québec. Cette catastrophe met environ 15 000 personnes à la rue. De plus, l’incendie ne laisse que des ruines fumantes sur son passage, alors que les seuls vestiges à se maintenir debout sont les cheminées des 2 500 maisons détruites. Plusieurs pertes humaines sont également à déplorer.

 

Québec, Québec — Quartier Saint-Roch — Après l’incendie de 1866. BAnQ Québec (E6,S8,SS6,P409). Photographe : William Augustus Leggo.

 

Sur certains clichés du photographe William Augustus Leggo, on constate les dommages matériels provoqués par l’incendie. Quoi qu’il en soit, ces photographies ne sont pas sans intérêt historique. Sur certaines d’entre elles, on peut discerner des endroits de la Ville de Québec qui n’existent plus aujourd’hui, dont le quartier de la Vacherie, l’Hôpital de la Marine ainsi que les chantiers maritimes situés le long de la rivière Saint-Charles.

 

Québec, Québec — Quartier Saint-Roch — Après l’incendie de 1866. BAnQ Québec (E6,S8,SS6,P408). Photographe : William Augustus Leggo.

 

Québec, Québec — Vues — Le quartier de la Vacherie et l’Hôpital de la Marine après l’incendie dans le quartier Saint-Roch = Chantiers maritimes. À droite l’hôpital de la Marine, [1866?]. BAnQ Québec (E6,S8,SS6,P412). Photographe : William Augustus Leggo.

 

Québec, Québec — Quartier Saint-Roch — Vues — La ville vue du pont de la Saint-Charles [1866?]. BAnQ Québec (E6,S8,SS6,P410). Photographe : William Augustus Leggo.

 

Un autre événement historique illustré dans l’album mérite également qu’on y accorde notre attention. Le 11 novembre 1871, après une présence de plus de cent douze ans, la garnison britannique quitte la ville. Les officiers et les soldats du 60e régiment, du Royal Artillery et des Royal Engineers sortent de la Citadelle de Québec et du parc de l’Artillerie et défilent pour la dernière fois dans les rues de Québec. Au quai Saint-André, en présence d’une grande foule, ils embarquent sur le navire-transporteur de troupes Orontes.

 

Québec, Québec – Départ des troupes de l’armée britannique le 11 novembre 1871. BAnQ Québec (E6,S8,SS6,P414). Photographe : Livernois & Bienvenu.

 

D’autres perles photographiques se retrouvent dans cette collection. En voici quelques-unes :

 

La Malbaie, Charlevoix est – Vues – La Malbaie et le Cap-à-l’Aigle, [Vers 1875]. BAnQ Québec (E6,S8,SS6,P430). Photographe : Alexander Henderson.

 

Québec, Québec – Vues – La ville prise de la rive gauche de la Saint-Charles, [1863?]. BAnQ Québec (E6,S8,SS6,P436). Photographe : Jules Benoit dit Livernois.

 

Tadoussac – Saguenay – Vues, [Vers 1875] . BAnQ Québec (E6,S8,SS6,P443). Photographe: Alexander Henderson.

 

Montmorency, Montmorency – Sault – Les marches naturelles, [Vers 1865]. BAnQ Québec (E6,S8,SS6,P423). Photographe inconnu.

 

Catherine Lavoie, technicienne en documentation – BAnQ Québec

 

En complément :

 

Voici quelques journaux d’époque numérisés qui couvrent l’incendie de la Ville de Québec en 1866.

Le Courrier du Canada;

Le Canadien;

Le Journal de Québec.

 

Les enquêtes du coroner concernant les victimes de l’incendie sont conservées à BAnQ Québec, dans le fonds Cour des sessions générales de la paix du district de Québec, série Enquêtes du coroner (TL31,S26,SS1), contenant 1960-01-353/2316, année 1866.

L’Hôpital Saint-Luc, au cœur des rénovations urbaines montréalaises


Le visage de l’est du centre-ville de Montréal s’est drastiquement modifié au cours du XXe siècle. Pensons seulement à la construction de l’autoroute Ville-Marie, au creusement du métro, à l’élargissement du boulevard Dorchester (René-Lévesque) ou à l’implantation du campus de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Tous ces projets majeurs ont été réalisés dans le voisinage de l’Hôpital Saint-Luc, qui a été lui-même un acteur important de ces changements urbanistiques. À l’aube de la destruction de l’hôpital, qui permettra l’érection des derniers édifices du nouveau Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), jetons un bref coup d’œil aux quatre grands jalons de l’édification de cet établissement désormais orphelin de patients.


La fondation


Le premier hôpital montréalais entièrement dirigé par des laïcs est fondé en avril 1908, au 88 de la rue Saint-Denis où l’on retrouvait auparavant une variété d’organismes et d’associations. Cet établissement de santé est en fait un dispensaire puisque les médecins y soignent les enfants gratuitement. Les neuf lits disponibles ont tôt fait d’être insuffisants pour les besoins criants de ce secteur plus pauvre de la métropole.


Hôpital Saint-Luc à ses débuts, [191-]. BAnQ Vieux-Montréal (P833,S3,D462).

Hôpital Saint-Luc à ses débuts, [191-]. BAnQ Vieux-Montréal (P833,S3,D462).



Publicité pour les services de l’Hôpital Saint-Luc, Le Devoir édition du samedi 23 novembre 1918. Collection numérique de BAnQ : http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2800177 (consultée le 11 octobre 2017).

Publicité pour les services de l’Hôpital Saint-Luc, Le Devoir édition du samedi 23 novembre 1918. Collection numérique de BAnQ : http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2800177 (consultée le 11 octobre 2017).


Le petit hôpital


C’est grâce au concours de Raoul Gariépy, l’architecte à l’origine du cinéma Rialto de l’avenue du Parc, que l’hôpital prend de l’expansion pendant les années 1920. Raoul Gariépy dote l’établissement d’une imposante façade de briques jaunes caractéristique. Ce nouveau bâtiment occupe alors tout le sud-est du pâté de maisons et il offre plus de 400 lits aux patients. Malgré tout, la croissance de l’hôpital ne fait que commencer.


Élévation de la façade rue Saint-Denis, 8 juillet 1931. BAnQ Vieux-Montréal (P823,S1,D54-841,PF10-2).

Élévation de la façade rue Saint-Denis, 8 juillet 1931. BAnQ Vieux-Montréal (P823,S1,D54-841,PF10-2).


Hôpital Saint-Luc en construction, à l’intersection des rues Saint-Denis et De La Gauchetière, juin 1931 . BAnQ Vieux-Montréal (P833,S3,D462).

Hôpital Saint-Luc en construction, à l’intersection des rues Saint-Denis et De La Gauchetière, juin 1931 . BAnQ Vieux-Montréal (P833,S3,D462).


À l’arrière-plan, l’Hôpital Saint-Luc à l’intersection Saint-Denis et Dorchester [René-Lévesque], [195-?]. BAnQ Vieux-Montréal (E6,S7,SS1,P223465). Photographe : Gabor Szilasi.

À l’arrière-plan, l’Hôpital Saint-Luc à l’intersection Saint-Denis et Dorchester [René-Lévesque], [195-?]. BAnQ Vieux-Montréal (E6,S7,SS1,P223465). Photographe : Gabor Szilasi.


Emplacement de l’Hôpital Saint-Luc, février 1939. Insurance plan of the city of Montreal, volume III. Toronto, London, Underwriters’ Survey Bureau. Extrait de la planche 118. Collection numérique de BAnQ : http://services.banq.qc.ca/sdx/cep/document.xsp?id=0003216546 (consultée le 11 octobre 2017).


Les agrandissements


Le quadrilatère formé par les rues Saint-Denis, Dorchester, Sainte-Élisabeth et De La Gauchetière devient, au fil du temps, le site privilégié pour la construction de bâtiments qui sont ajoutés à l’hôpital ou qui lui sont connexes. L’école et la résidence des infirmières ouvrent en 1945 à l’angle des rues De La Gauchetière et Sanguinet avant de déménager plus au nord, en 1959, dans l’actuel pavillon Édouard-Asselin. En 1963, l’inauguration de l’aile nord, avec son volume massif et son très long saut de loup longeant le boulevard Dorchester, vient clore cette expansion immobilière.


Croquis de l’école des infirmières, 1955. BAnQ Vieux-Montréal (P823,S1,D54-841).

Croquis de l’école des infirmières, 1955. BAnQ Vieux-Montréal (P823,S1,D54-841).


Élévation de l’entrée de l’école des infirmières (détail), 27 novembre 1956. BAnQ Vieux-Montréal (P823,S1,D54-841,P101-042).

Élévation de l’entrée de l’école des infirmières (détail), 27 novembre 1956. BAnQ Vieux-Montréal (P823,S1,D54-841,P101-042).


Nouvelle aile nord et l’école des infirmières, boulevard Dorchester [René-Lévesque], 1964. BAnQ Vieux-Montréal (P97,S1,P3195). Photographe : Armour Landry.

Nouvelle aile nord et l’école des infirmières, boulevard Dorchester [René-Lévesque], 1964. BAnQ Vieux-Montréal (P97,S1,P3195). Photographe : Armour Landry.

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Vers le nouveau CHUM


En 1996, la fusion des trois hôpitaux montréalais rattachés à l’Université de Montréal donne naissance au CHUM. À partir du moment où cette décision est prise, on assiste à un interminable feuilleton sur l’emplacement à privilégier pour ce méga-hôpital. Finalement, les tergiversations cessent en 2010 lors de la mise en branle de ce chantier qui aura duré, lorsque la dernière phase sera complétée, plus d’une décennie.


Pour cette nouvelle construction, le changement d’échelle est frappant : une superficie de 300 000 m², des édifices de plus de 25 étages, plus de 13 000 employés et un agrandissement du périmètre géographique grâce à l’érection du centre de recherche qui enjambe le tunnel Viger jusqu’à la rue Saint-Antoine.  Parmi les bâtiments patrimoniaux qui ont caractérisé la rue Saint-Denis pendant de nombreuses années, il n’y a que le clocher de l’église Saint-Sauveur ainsi que la façade de la maison Garth qui ont échappé aux pics des démolisseurs. Force est de constater que le secteur sera à terme totalement reconfiguré.


Emplacement de l’église Holy Trinity [Saint-Sauveur] et de la maison de Charles Garth (détail), 1er février 1880. BAnQ Vieux-Montréal (CA601,S53,S1,P932).

Emplacement de l’église Holy Trinity [Saint-Sauveur] et de la maison de Charles Garth (détail), 1er février 1880. BAnQ Vieux-Montréal (CA601,S53,S1,P932).


Vous pouvez revoir toutes les images et d’autres encore sur l’album flickr Avant le CHUM.


Hyacinthe Munger, technicien en documentation – BAnQ Vieux-Montréal


Pour en savoir plus :


Quand la curiosité mène à un métier

 

Grâce à l’émission Qui êtes-vous?, j’ai découvert l’immense institution qu’est BAnQ. Intriguée, et surtout émerveillée par les trouvailles qu’on y présentait, mon désir de mieux connaître ceux qui m’ont précédée s’est vite manifesté et m’a conduite directement à BAnQ Saguenay, avec l’espoir d’en savoir plus. Le personnel m’a gentiment fait découvrir divers moyens d’étoffer mon histoire familiale en apparence bien ennuyeuse.

 

Grâce aux archives de l’état civil, plusieurs mystères, racontés par des sources plus ou moins fiables, se sont dissipés. Dans les archives judiciaires, j’ai fait la rencontre d’un aïeul qui « omettait » de payer ses impôts et qui fut poursuivi par le fisc. Son père, lui, devait signer des quittances afin de régler ses dettes. Les Archives des notaires du Québec ont aussi été révélatrices de plusieurs problèmes financiers, ventes et cessions qui ont heureusement été documentés au fil du temps.

 

La nécessité de poursuivre mes recherches s’est rapidement manifestée. Sans trop y croire, j’espérais trouver d’autres histoires croustillantes. Mon souhait a été exaucé, et ce n’est rien de moins qu’une histoire de meurtre qui a ouvert le bal! Encore une fois, grâce aux archives judiciaires, les documents retrouvés m’ont permis de comprendre ce qui s’était réellement passé. Le personnel qui me conseillait dans mes recherches m’a orientée vers les microfilms de journaux de l’époque qui semblaient être désormais la meilleure piste à suivre. Divers articles et témoignages de voisins de la victime ont ainsi été retrouvés.

 

Quant à la base de données Ancestry.ca, elle contenait des informations sur un ancêtre mort durant la Première Guerre mondiale. Comme celui-ci était correspondant pour Le Progrès du Saguenay, j’ai pu consulter ses articles dans la Collection numérique de BAnQ qui regroupe plusieurs journaux de l’époque.

 

On m’a finalement aidée à mettre des visages sur certains de mes ancêtres. Dans le magnifique fonds photographique du Studio Bonneau (P247), il y avait des négatifs de photos de mes grands-parents et d’un arrière-grand-oncle centenaire, ainsi que de deux autres parents lointains morts tragiquement.

 

Cette première visite a rapidement mené à une autre, puis encore à une autre, jusqu’au jour où j’ai décidé d’entreprendre des études universitaires en archivistique. J’effectue actuellement mon stage à BAnQ Saguenay.




Acte notarié de transport de créance de M. Féréol Dubé à M. Joseph E. Cloutier devant le notaire Georges-Antoine Saint-Pierre, 27 mars 1906. BAnQ Saguenay (CN201,S10 – Acte #1545 ). Disponible dans la Collection numérique de BAnQ – Archives de notaires.

 

 

 

 

Article de journal détaillant le meurtre d’Alma Dubé le 6 août 1968 par son époux William Joseph Mulroney, L’Avenir du Nord de Saint-Jérôme, 22 août 1968, page 5, Collection numérique de BAnQ Revues et journaux québécois.

 

 

 

 

 

Lettre du psychiatre L.-C. Daoust au Shérif Me Bernard Sarrasin évoquant l’état mental de William Joseph Mulroney, accusé du meurtre de son épouse Alma Dubé, 3 septembre 1968. BAnQ Vieux-Montréal (TP12,S2,SS26,SSS1).

 

 

 

 

Lettre d’un bureau d’avocats adressée au greffier du palais de justice de St-Jérôme ayant trait à la succession de Mme Alma Dubé et au décès de son époux accusé du meurtre avant son procès, 1er août 1969. BAnQ Vieux-Montréal (TP12,S32,SS26,SS1 – Dossier de coroner 1871) .

 

 

 

 

 

 

Attestation médicale militaire pour l’enrôlement de Johnny Dubé, l’arrière-grand-oncle de Karen Dubé, 6 novembre 1914. Base de données Ancestry.ca, Collection numérique de BAnQ.

 

 

 

 

 

Article de journal évoquant le correspondant de guerre Johnny Dubé, télégraphiste et caporal signaleur dans le régiment Royal Canadien-Français qui est mort en Angleterre à l’âge de 24 ans des suites de ses blessures au front le 17 juillet 1916, Progrès du Saguenay, 12 novembre 1914, page 7, Collection numérique de BAnQRevues et journaux québécois.

 

 

 

 

Photographie de l’arrière-grand-oncle de Karen Dubé, Adélard Dubé qui est mort centenaire le 17 juillet 1996, 1961. BAnQ Saguenay, (Fonds Studio Bonneau enr., P247,S2,P61-298). Photographe : Émilien Bonneau.

 

 

 

 

Karen Dubé, Stagiaire – BAnQ Saguenay
Sous la supervision de Myriam Gilbert, Archiviste-coordonnatrice – BAnQ Saguenay

Risques industriels à la fin du XIXe siècle : l’incendie de MacDonald Tobacco

 

À Montréal, le matin du 25 avril 1895, les trois sœurs Thibodeau quittent le logement familial de la rue Plessis, comme à l’ordinaire. Hermina (29 ans), Alphonsine (27 ans) et Maria (23 ans) n’ont qu’à longer la rue Ontario avant d’apercevoir la grande horloge de la manufacture MacDonald Tobacco qui annonce le début de leur quart de travail. Pour environ 5,00 $ par semaine, elles « écotonnent » le tabac séché dans l’usine de William C. MacDonald, l’un des hommes les plus riches du Canada. Tout comme les Thibodeau, quelque 800 ouvriers – des Canadiens français du quartier Sainte-Marie pour la plupart – sont à l’œuvre quotidiennement pour préparer des cigares et du tabac à pipe et à chiquer.

 

Portrait d’Hermina et d’Alphonsine Thibodeau, vers 1894. BAnQ Vieux-Montréal (TP11,S2,SS2,SSS42, cause no 1557 de l’année 1895). Photographe: J.A. Couture.

Portrait d’Hermina et d’Alphonsine Thibodeau, vers 1894. BAnQ Vieux-Montréal (TP11,S2,SS2,SSS42, cause no 1557 de l’année 1895). Photographe: J.A. Couture.

 

Or, ce jour-là, le travail est abruptement interrompu par une épaisse fumée noire qui sème la panique dans la manufacture : un incendie s’est déclaré. Au quatrième et dernier étage, là où se trouvent les sœurs Thibodeau, l’évacuation s’annonce difficile. Alors que les secours tardent et que l’air devient irrespirable, Alphonsine entreprend de briser l’une des fenêtres grillagées. À ses côtés, Maria observe : « je ne sais pas ce qui lui a donné la force à elle. Avec une boîte elle a défoncé chaque côté du grillage ».

 

Le soulagement est de courte durée. Vraisemblablement poussée par la foule derrière elle, Alphonsine chute par la fenêtre et décède sur le coup. Trois autres employés connaissent le même triste sort et beaucoup d’autres sont gravement blessés.

 

« Incendie de la manufacture de tabac McDonald », René Sangard, dans Le Monde illustré vol. 12, no 574 (4 mai 1895), p. 5.

 

« Incendie de la manufacture de tabac McDonald », René Sangard, dans Le Monde illustré vol. 12, no 574 (4 mai 1895), p. 5.

 

Ces évènements tragiques mènent notamment à quatre enquêtes réalisées par le coroner Edward McMahon. Au terme de ses rapports, celui-ci conclut que le propriétaire de la manufacture est à blâmer « pour n’avoir pas exercé un personnel suffisant et compétent à manier les appareils d’extinction ». À la suite de ce verdict, Désiré Thibodeau et Esther Desrochers, les parents d’Alphonsine, intentent une poursuite civile à la Cour supérieure de Montréal contre William C. MacDonald, qu’ils tiennent pour responsable de la mort de leur fille.

 

Plaque apposée sur l’extincteur de la manufacture MacDonald Tobacco, 1887. BAnQ Vieux-Montréal (TP11,S2,SS2, SSS42, cause no 1557 de l’année 1895).

Plaque apposée sur l’extincteur de la manufacture MacDonald Tobacco, 1887. BAnQ Vieux-Montréal (TP11,S2,SS2, SSS42, cause no 1557 de l’année 1895).

 

Au cours du procès, de nombreuses personnes sont appelées à témoigner, dont Hermina et Maria Thibodeau ainsi que plusieurs autres employés qui s’expriment sur l’incendie et sur leurs conditions de travail. Des personnalités ayant marqué l’histoire montréalaise défilent également : Zéphirin Benoît, le chef de la Brigade du feu de Montréal, ou encore Alexander Cowper Hutchison, l’un des architectes de l’hôtel de ville qui a aussi conçu la manufacture.

 

D’ailleurs, des pièces à conviction variées et étonnantes s’ajoutent au dossier de la cause no 1557 comme, entre autres, les plans de l’usine, les instructions apposées à l’extincteur et les portraits photographiques d’Hermina et d’Alphonsine Thibodeau.

 

Déposition d’Hermina Thibodeau au sujet de son père malade et de sa sœur Alphonsine, 12 janvier 1897. BAnQ Vieux-Montréal (TP11, S2, SS2, SSS42, cause no 1557 de l’année 1895).

Déposition d’Hermina Thibodeau au sujet de son père malade et de sa sœur Alphonsine, 12 janvier 1897. BAnQ Vieux-Montréal (TP11, S2, SS2, SSS42, cause no 1557 de l’année 1895).

 

Au bout du compte, le 15 avril 1897, William C. MacDonald est trouvé civilement responsable de la mort d’Alphonsine. Concrètement, le jugement rendu lui impose de verser 1 999 $ à la famille Thibodeau. L’homme d’affaires tente de faire appel, mais sa demande est rejetée.

 

C’est à partir de ces sources primaires que le récit d’Alphonsine Thibodeau peut être reconstitué, lequel offre des détails fort éclairants pour les chercheurs qui s’intéressent à l’histoire des travailleurs canadiens-français, à l’histoire de la santé et de la sécurité au travail ou encore à l’histoire judiciaire au Québec à la fin du XIXe siècle.

 

 

Marie-France Leclerc, agente de bureau – BAnQ Vieux-Montréal

Frédéric Giuliano, archiviste-coordonnateur – BAnQ Vieux-Montréal

 

 

Pour en savoir plus :

 

Cour des sessions générales de la paix du district de Montréal, enquêtes du coroner :

 

TL32,S26,SS1 (contenant 1992-07-005/20)

Alphonsine Thibodeau, dossier no 92

Ida Fortin, dossier no 93

Séraphine Cinette, dossier no 94

Delphis Chaput, dossier no 95

 

Cour supérieure au greffe de Montréal, matières civiles en général :

 

TP11,S2,SS2,SSS42 (contenant 1987-05-007/256)

Thibaudeau vs MacDonald, dossier no 1557

 

TP11,S2,SS2,SSS1 (contenant 1987-05-007/2708)

Marie B. Gélinas vs MacDonald, dossier no 417

Gravement blessée dans l’incendie, la jeune femme obtient 1 800 $.

 

MacDonald Tobacco et William C. MacDonald:

MacDonald Tobacco, Écomusée du fier monde.

La manufacture Macdonald Tobacco, Centre d’histoire de Montréal.

Usine Macdonald Tobacco, Répertoire du patrimoine culturel du Québec.

MacDonald, sir William Christopher, Dictionnaire biographique du Canada.

Marion Deichmann et Hélène Stevens : émouvante première rencontre de deux amies de longue date


L’histoire des retrouvailles de Marion Deichmann et d’Hélène Stevens illustre comment la découverte de documents d’archives peut permettre de renouer des liens entre deux amies qui se sont perdues de vue depuis plusieurs décennies.


Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, et jusqu’à la fin des années 1950, deux jeunes femmes aux destins très différents ont échangé une volumineuse correspondance. À la suite de la lecture des lettres de Marion Deichmann, retrouvées dans ses archives conservées à BAnQ Vieux-Montréal, ainsi que de celle du livre Je voudrais que son nom apparaisse partout : une enfant au cœur du génocide, écrit par Marion en hommage à sa mère disparue à Auschwitz, Hélène Stevens décide, en juillet 2016, de faire signe à sa correspondante qui habite en France. Elle lui écrit qu’elle aurait grand plaisir à recevoir de ses nouvelles et celles-ci ne tardent pas! Au fil des échanges épistolaires et des conversations téléphoniques, les deux amies en viennent à souhaiter se rencontrer pour une première fois. Ce profond désir s’est réalisé en mai 2017. Marion a traversé l’Atlantique et a finalement rencontré, avec grand bonheur et pendant une semaine remplie de visites et d’activités, son amie Hélène.


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Des reportages de la journaliste Azeb Wolde-Giorghis, présentés à Radio-Canada les 10 novembre 2016 et 18 octobre 2017, ainsi que des textes d’Azeb Wolde-Giorghis et de l’archiviste Marthe Léger, nous racontent cette belle et émouvante histoire de retrouvailles.


http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/814165/jour-du-souvenir-correspondance-guerre-mondiale-juifs-holocauste


http://ici.radio-canada.ca/info/videos/media-7798862/une-quebecoise-et-une-francaise-se-rencontrent-enfin


http://blogues.banq.qc.ca/instantanes/2016/11/11/parrainage-dorphelins-de-deuxieme-guerre-mondiale/


https://www.facebook.com/radiocanada.info/videos/1750678228310510/


Marthe Léger, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal




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