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Instantané, le blogue des archivistes.

Drame sur le lac Témiscamingue

 

En ce mois de juin 2018, le blogue Instantanés fête ses cinq ans d’existence. Afin de souligner cet anniversaire, nous publierons de nouveau, aux cours des prochaines semaines, les cinq articles les plus marquants de l’histoire du blogue. Ces textes coups de cœur ont été consultés par des milliers de lecteurs et méritent d’être redécouverts!

 

Aujourd’hui, nous vous présentons la première position : Drame sur le lac Témiscamingue

 

À travers nos bulletins de nouvelles télévisés et nos journaux, nous prenons régulièrement connaissance de tragédies qui, pour une raison ou pour une autre, réussissent à faire date dans notre histoire locale. Toutefois, plusieurs de ces drames restent méconnus du grand public. Un exemple serait celui qui se déroula sur le lac Témiscamingue, situé sur la frontière entre le Québec et l’Ontario, en 1978.

 

Le dimanche 11 juin 1978, un groupe de 27 élèves, âgés entre 10 et 15 ans, de l’école privée Saint John’s School de Claremont en Ontario (aujourd’hui fusionné à la ville de Pickering, près de Toronto) se rendent sur le lac Témiscamingue pour une expédition en canot qui doit se terminer 3 semaines et 845 km plus tard, aux abords de la Baie James, près de Moosonee, en Ontario. Accompagnés de quatre moniteurs, ce voyage devait être la dernière sortie scolaire de l’année pour ce groupe d’élèves. Aucun signe n’était annonciateur de la tragédie qui se préparait : les élèves avaient des notions de survie en pleine nature et la météo était clémente.

 

En début d’après-midi, les conditions météorologiques changent radicalement et de manière imprévisible sur le lac. Des vents violents se mettent à souffler et des hautes vagues se forment causant ainsi le chavirement des quatre canots de l’expédition. Malgré le fait que tous les membres portaient leurs gilets de sauvetage, au total 12 élèves et un moniteur meurent dans les eaux glaciales du lac Témiscamingue, à la hauteur du village de Saint-Édouard-de-Fabre (situé dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue). Ce n’est que le lendemain matin, grâce à une alerte lancée par un pilote d’hélicoptère, qui était en route vers Ottawa, que les survivants et les corps des victimes du naufrage ont pu être récupérés, soit une vingtaine d’heures après l’évènement.

 

 

 

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Vue du lac Témiscamingue et d’une partie du village de Saint-Édouard-de-Fabre, [1979-1980]. BAnQ Rouyn-Noranda (Fonds ministère de la Culture et des Communications. Direction de l’Abitibi-Témiscamingue et Nord-du-Québec) (E6,S2,SS1). Photographe non identifié.

 


« Un accident » selon le coroner Déry

 

À la suite de l’écoute des témoignages des survivants et de l’examen du matériel impliqué dans l’évènement, c’est le 7 juillet 1978 que le coroner Stanislas Déry remit son rapport d’enquête au Palais de Justice de Ville-Marie. Dans son rapport, malgré plusieurs irrégularités dans l’organisation du voyage par la direction de l’école Saint John’s et les capitaines de l’expédition, le coroner Déry tire la conclusion suivante :

« …la seule conclusion qui s’impose c’est que la cause immédiate de l’accident du 11 juin 1978, il faut la chercher dans une erreur de jugement des quatre (4) capitaines […] parce qu’ils n’étaient pas familiers avec les conditions spéciales prévalant sur le lac Témiscamingue […]. Disons, à leur décharge, que les quatre (4) capitaines […] pouvaient difficilement prévoir un changement et une augmentation aussi subits dans la direction du vent et de sa vélocité. […] Pour résumer, la preuve n’a révélé aucun des éléments qui nous justifieraient d’imputer une responsabilité criminelle à qui que ce soit. »

 

BAnQ Rouyn-Noranda possède quelques documents relatifs à ce drame qui sont disponibles à la consultation. Les archives judiciaires contiennent l’intéressant dossier d’enquête du coroner Stanislas Déry (TP12,S34,SS26,SSS1). Dans le centre de documentation, on retrouve un ouvrage de Scott Sorensen, témoin important de cette tragédie qui a participé aux mesures de sauvetage, intitulé Chronique de la rivière Kipawa. De plus, la collection de journaux sur microfilms donne accès à plusieurs articles sur l’évènement. Finalement, le fonds de la Sûreté du Québec renferme un dossier d’enquête qui est toutefois restreint à la consultation jusqu’en 2078.

 

 

François Veillette, technicien en documentation – BAnQ Rouyn-Noranda

 

 

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Extrait du rapport du coroner Stanislas Déry sur l’accident du 11 juin 1978, 7 juillet 1978. BAnQ Rouyn-Noranda (TP12,S34,SS26,SSS1)

 

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Extrait du rapport du coroner Stanislas Déry sur l’accident du 11 juin 1978, 7 juillet 1978. BAnQ Rouyn-Noranda (TP12,S34,SS26,SSS1)

 

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Extrait du rapport du coroner Stanislas Déry sur l’accident du 11 juin 1978, 7 juillet 1978. BAnQ Rouyn-Noranda (TP12,S34,SS26,SSS1)

 

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Extrait du rapport du coroner Stanislas Déry sur l’accident du 11 juin 1978, 7 juillet 1978. BAnQ Rouyn-Noranda (TP12,S34,SS26,SSS1)

 

Quelques-unes des plus anciennes photographies conservées à BAnQ Québec maintenant en ligne

 

En ce mois de juin 2018, le blogue Instantanés fête ses cinq ans d’existence. Afin de souligner cet anniversaire, nous publierons de nouveau, aux cours des prochaines semaines, les cinq articles les plus marquants de l’histoire du blogue. Ces textes coups de cœur ont été consultés par des milliers de lecteurs et méritent d’être redécouverts!

 

Aujourd’hui, nous vous présentons la deuxième position : Quelques-unes des plus anciennes photographies conservées à BAnQ Québec maintenant en ligne

 

L’Album Paul Gouin (E6,S8,SS6) est une collection de 202 photographies anciennes qui mérite d’être regardée de plus près. Les informations concernant la provenance de cette collection sont plutôt succinctes. Chose certaine, c’est au courant des années 1980 que ces photographies ont été versées à BAnQ Québec par le Ministère des Affaires culturelles. On croit également qu’elles ont été colligées par Paul Gouin alors qu’il était président de la Commission des monuments historiques de la province de Québec entre 1955 et 1968, d’où l’appellation de l’album. Malheureusement, il nous est impossible de confirmer la véracité de cette information. Le mystère demeure donc entier.

 

Plusieurs sujets d’intérêt y sont immortalisés. Si l’on y regarde de plus près, on dénote une certaine prédilection du collectionneur pour les paysages de la Ville de Québec du dernier quart du 19e siècle. Les photographies représentant la chute Montmorency, le Port de Québec, le Parlement, la terrasse Dufferin, les marchés Champlain et Montcalm, le quartier Saint-Roch, le parc de l’Artillerie et la rue Saint-Jean y sont autant de témoins de la petite et de la grande histoire de la ville.

 

Un événement semble néanmoins ressortir du lot. Il s’agit du grand incendie qui se déclare dans la nuit du 14 octobre 1866 dans les quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur de la Basse-Ville de Québec. Cette catastrophe met environ 15 000 personnes à la rue. De plus, l’incendie ne laisse que des ruines fumantes sur son passage, alors que les seuls vestiges à se maintenir debout sont les cheminées des 2 500 maisons détruites. Plusieurs pertes humaines sont également à déplorer.

 

Québec, Québec — Quartier Saint-Roch — Après l’incendie de 1866. BAnQ Québec (E6,S8,SS6,P409). Photographe : William Augustus Leggo.

 

Sur certains clichés du photographe William Augustus Leggo, on constate les dommages matériels provoqués par l’incendie. Quoi qu’il en soit, ces photographies ne sont pas sans intérêt historique. Sur certaines d’entre elles, on peut discerner des endroits de la Ville de Québec qui n’existent plus aujourd’hui, dont le quartier de la Vacherie, l’Hôpital de la Marine ainsi que les chantiers maritimes situés le long de la rivière Saint-Charles.

 

 

Québec, Québec — Quartier Saint-Roch — Après l’incendie de 1866. BAnQ Québec (E6,S8,SS6,P408). Photographe : William Augustus Leggo.

 

 

Québec, Québec — Vues — Le quartier de la Vacherie et l’Hôpital de la Marine après l’incendie dans le quartier Saint-Roch = Chantiers maritimes. À droite l’hôpital de la Marine, [1866?]. BAnQ Québec (E6,S8,SS6,P412). Photographe : William Augustus Leggo.

 

 

Québec, Québec — Quartier Saint-Roch — Vues — La ville vue du pont de la Saint-Charles [1866?]. BAnQ Québec (E6,S8,SS6,P410). Photographe : William Augustus Leggo.

 

Un autre événement historique illustré dans l’album mérite également qu’on y accorde notre attention. Le 11 novembre 1871, après une présence de plus de cent douze ans, la garnison britannique quitte la ville. Les officiers et les soldats du 60e régiment, du Royal Artillery et des Royal Engineers sortent de la Citadelle de Québec et du parc de l’Artillerie et défilent pour la dernière fois dans les rues de Québec. Au quai Saint-André, en présence d’une grande foule, ils embarquent sur le navire-transporteur de troupes Orontes.

 

 

Québec, Québec – Départ des troupes de l’armée britannique le 11 novembre 1871. BAnQ Québec (E6,S8,SS6,P414). Photographe : Livernois & Bienvenu.

 

D’autres perles photographiques se retrouvent dans cette collection. En voici quelques-unes :

 

La Malbaie, Charlevoix est – Vues – La Malbaie et le Cap-à-l’Aigle, [Vers 1875]. BAnQ Québec (E6,S8,SS6,P430). Photographe : Alexander Henderson.

 

 

Québec, Québec – Vues – La ville prise de la rive gauche de la Saint-Charles, [1863?]. BAnQ Québec (E6,S8,SS6,P436). Photographe : Jules Benoit dit Livernois.

 

 

Tadoussac – Saguenay – Vues, [Vers 1875] . BAnQ Québec (E6,S8,SS6,P443). Photographe: Alexander Henderson.

 

 

Montmorency, Montmorency – Sault – Les marches naturelles, [Vers 1865]. BAnQ Québec (E6,S8,SS6,P423). Photographe inconnu.

 


Catherine Lavoie, technicienne en documentation – BAnQ Québec

 

En complément :

 

Voici quelques journaux d’époque numérisés qui couvrent l’incendie de la Ville de Québec en 1866.

Le Courrier du Canada;

Le Canadien;

Le Journal de Québec.

 

Les enquêtes du coroner concernant les victimes de l’incendie sont conservées à BAnQ Québec, dans le fonds Cour des sessions générales de la paix du district de Québec, série Enquêtes du coroner (TL31,S26,SS1), contenant 1960-01-353/2316, année 1866.

Bonheur d’occasion : le reflet de la vie ouvrière d’autrefois

Gabrielle Roy entourée de neuf petits garçons du quartier Saint-Henri à Montréal.

Feature. St. Henri : Gabrielle Roy & Boys of St. Henri. Gabrielle Roy entourée de neuf petits garçons du quartier Saint-Henri à Montréal. 29 août 1945. BAnQ Vieux-Montréal (P48,S1,P11917). Conrad Poirier

 

En ce mois de juin 2018, le blogue Instantanés fête ses cinq ans d’existence. Afin de souligner cet anniversaire, nous publierons de nouveau, aux cours des prochaines semaines, les cinq articles les plus marquants de l’histoire du blogue. Ces textes coups de cœur ont été consultés par des milliers de lecteurs et méritent d’être redécouverts!

 

Aujourd’hui, nous vous présentons la troisième position : Bonheur d’occasion : le reflet de la vie ouvrière d’autrefois

 

Nous célébrons cette année le 70e anniversaire du célèbre roman Bonheur d’occasion de l’écrivaine franco-manitobaine Gabrielle Roy publié en juin 1945. Tout premier livre de l’auteure, l’ouvrage a captivé le monde entier, ce qui valut à la romancière de remporter de nombreuses distinctions, dont le prix littéraire français Femina en 1947.

 

L’histoire nous transporte dans le quartier ouvrier de Saint-Henri en pleine Deuxième Guerre mondiale. On y découvre de minuscules logements dans lesquels les familles nombreuses s’entassaient, des habitations de bois situées au plus près des chemins de fer ainsi que des enfants côtoyant le bruit assourdissant et la fumée noire des locomotives. Le réalisme avec lequel l’auteure décrit la vie de ses personnages ainsi que les lieux où ils demeuraient dévoile le quotidien de la classe ouvrière montréalaise de cette période. En août 1945, le photographe Conrad Poirier, accompagné de Gabrielle Roy, a saisi cette réalité à travers plusieurs clichés, représentations fidèles de ce faubourg tel qu’il était à l’époque. Ces photographies sont conservées à BAnQ Vieux-Montréal dans le fonds Conrad Poirier, accessible à l’aide de la base de données Pistard.

 

 « La maison où Jean avait trouvé un petit garni se trouvait immédiatement devant le pont tournant de la rue Saint-Augustin. Elle voyait passer les bateaux plats, les bateaux-citernes dégageant une forte odeur d’huile ou d’essence, les barges à bois, les charbonniers, qui tous lançaient juste à la porte leurs trois coups de sirène, leur appel au passage, à la liberté, aux grandes eaux libres qu’ils retrouveraient beaucoup plus loin, lorsqu’ils en auraient fini des villes et sentiraient leur carène fendre les vagues. Mais la maison n’était pas seulement sur le chemin des cargos. Elle était aussi sur la route des voies ferrées, au carrefour pour ainsi dire des réseaux de l’Est et de l’Ouest et des voies maritimes de la grande ville. Elle était sur le chemin des océans, des Grands Lacs et des prairies. […] ce n’était autour d’elle que poussière de charbon, chevauchée des roues, galop effréné de vapeur […] Étroite de façade, la maison se présentait drôlement à la rue; de biais comme si elle eût voulu amortir tout les chocs qui l’ébranlaient. » p.34

 

 

maison de la rue Saint-Augustin dans le quartier Saint-Henri à Montréal

Feature. Old House St. Augustin Street. Maison de la rue Saint-Augustin dans le quartier Saint-Henri à Montréal , 29 août 1945. BAnQ Vieux-Montréal (P48,S1,P11923). Conrad Poirier

 

 

Le pont Atwater pivote pour laisser un bateau naviguer sur le canal de Lachine

Feature. St. Henri : Boat at Canal. Le pont Atwater pivote pour laisser un bateau naviguer sur le canal de Lachine, 29 août 1945. BAnQ Vieux-Montréal (P48,S1,P11920). Conrad Poirier

 

 

Gabrielle Roy sur le pont Atwater qui franchit le canal de Lachine

Feature. St. Henri Atwater Bridge & Canal. Gabrielle Roy sur le pont Atwater qui franchit le canal de Lachine, 29 août 1945. BAnQ Vieux-Montréal (P48,S1,P11919). Conrad Poirier

 

 

« Le train passa. Une âcre odeur de charbon emplit la rue. Un tourbillon de suie oscilla entre le ciel et le faîte des maisons. » p.38

 

 

L'arrivée du train bloque le passage d'un camion au croisement des rues Saint-Augustin et Saint-Ambroise à Montréal.

Feature. St. Henri : Traffic at St. Ambroise & St. Augustin. L’arrivée du train bloque le passage d’un camion au croisement des rues Saint-Augustin et Saint-Ambroise à Montréal. 29 août 1945. BAnQ Vieux-Montréal (P48,S1,P11921). Conrad Poirier

 

 

La locomotive et le wagon de queue passent sur la voie ferrée devant Gabrielle Roy.

Feature. Engine Crossing Street : St. Henri. La locomotive et le wagon de queue passent sur la voie ferrée devant Gabrielle Roy, 29 août 1945. BAnQ Vieux-Montréal (P48,S1,P11912). Conrad Poirier

 

 

« Il s’arrêta au centre de la place Saint-Henri, une vaste zone sillonnée du chemin de fer et de deux voies de tramways, carrefour planté de poteaux noirs et blancs et de barrières de sûreté, clairière de bitume et de neige salie, ouverte entre les clochers et les dômes, à l’assaut des locomotives hurlantes, aux volées de bourdons, aux timbres éraillés des trams et à la circulation incessante de la rue Notre-Dame et de la rue Saint-Jacques. […] À la rue Atwater, à la rue Rose-de-Lima, à la rue du Couvent et maintenant place Saint-Henri, les barrières des passages à niveau tombaient. Ici, au carrefour des deux artères principales, leurs huit bras de noir et de blanc, leurs huit bras de bois où luisaient des fanaux rouges se rejoignaient et arrêtaient la circulation. » p.37-38

 

 

La place Saint-Henri avec ses tramways, ses barrières de traverse de chemin de fer et l'église de Saint-Henri démolie en 1969

Feature. Place St. Henri. La place Saint-Henri avec ses tramways, ses barrières de traverse de chemin de fer et l’église de Saint-Henri démolie en 1969, 29 août 1945. BAnQ Vieux-Montréal (P48,S1,P11914). Conrad Poirier

 

 

« Il arriva au viaduc Notre-Dame, presque immédiatement au-dessus de la petite gare de brique rouge. Avec sa tourelle et ses quais de bois pris étroitement entre les fonds de cour […] » p.39

 

 

Gare de Saint-Henri

Feature. Viaduct : St. Henri, Gare de Saint-Henri, 29 août 1945. BAnQ Vieux-Montréal (P48,S1,P11909). Conrad Poirier

 

 

Gare St. Henri

Feature. Gare St. Henri, 29 août 1945. BAnQ Vieux-Montréal (P48,S1,P11913). Conrad Poirier

 

« Rue Beaudoin, on n’entendait dans la maison que la poussée de la vapeur sous le couvercle de la bouilloire […] Pour recevoir Jean, la jeune fille avait brossé, ciré, épousseté; et elle avait fait disparaître tous ces petits vêtements, ces pauvres jouets défoncés, ces petites choses d’enfants qui rappelaient leur vie étroite et bousculée. » p.229

 

 

Rue Beaudoin

Feature. Rue Beaudoin : St. Henri, 29 août 1945. BAnQ Vieux-Montréal (P48,S1,P11908). Conrad Poirier

 

« De nouveaux consommateurs affluaient vers le comptoir. […] Les cinq jeunes serveuses allaient et venaient rapidement, se heurtant dans leur course. […] Leurs pas agités, leurs brusques allées et venues, le frôlement de leurs blouses raides d’empois, le déclic du grille-pain […] le ronron des cafetières sur leur plaque électrique, le crépitement du poste de commande […] » p.16

 

 

Les clients du grand magasin général United de la rue Notre-Dame Ouest mangent au comptoir de restauration rapide

Feature. St. Henri : United Stores : Notre Dame Street, Les clients du grand magasin général United de la rue Notre-Dame Ouest mangent au comptoir de restauration rapide, 29 août 1945. BAnQ Vieux-Montréal (P48,S1,P11924). Conrad Poirier

 

« Les Deux Records, comme la plupart des petites boîtes de ce genre dans le quartier, était moins restaurant que tabagie, casse-croûte et débit de boissons non alcooliques, de crème glacée, de gomme à mâcher. » p.45

 

 

Le restaurant «Les Deux records» aux vitrines et aux murs couverts de panneaux publicitaires. Ce restaurant se trouve rue Saint-Ferdinand.

Feature. Old Restaurant : St. Henri. Restaurant aux vitrines et aux murs couverts de panneaux publicitaires. Ce restaurant se trouve rue Saint-Ferdinand. 29 août 1945. BAnQ Vieux-Montréal (P48,S1,P11918). Conrad Poirier

 

 

Gabrielle Roy, Bonheur d’occasion, Montréal, Boréal, 2009, 455 p. Ouvrage disponible à la Grande Bibliothèque pour le prêt et la consultation sur place.

 

 

Annie Dubé, technicienne en documentation – BAnQ Vieux-Montréal

Florian Daveau, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

La fin tragique de l’adolescent felquiste Jean Corbo

 

En ce mois de juin 2018, le blogue Instantanés fête ses cinq ans d’existence. Afin de souligner cet anniversaire, nous publierons de nouveau, aux cours des prochaines semaines, les cinq articles les plus marquants de l’histoire du blogue. Ces textes coups de cœur ont été consultés par des milliers de lecteurs et méritent d’être redécouverts!

 

Aujourd’hui, nous vous présentons la quatrième position : La fin tragique de l’adolescent felquiste Jean Corbo

 

Le film Corbo du réalisateur Mathieu Denis, à l’affiche depuis le 17 avril 2015, met en lumière la mort tragique de Jean Corbo, adolescent de 16 ans né d’un père italien (Nicolas Corbo) et d’une mère québécoise (Mignonne Côté).

 

Dans la nuit du 14 juillet 1966, Corbo meurt lors de l’explosion d’une bombe qu’il a lui-même posée à l’usine Dominion Textile de Montréal, au 3970,+ rue Saint-Ambroise. Il s’agit du deuxième attentat commis par des membres du FLQ à causer la mort d’individus en l’espace de deux mois à Montréal.

 

 

Édifice de la Dominion Textile

Bâtiment de la Dominion Textile à Montréal, 1966. BAnQ Vieux-Montréal (TP12, S2, SS26, SSS1, D2959). Photographe non identifié.

 

 

En effet, quelques semaines plus tôt, le 5 mai 1966, un attentat a été perpétré dans les locaux de la manufacture H.B. La Grenade, au 2496, rue Rachel Est. Une bombe dissimulée dans un carton déposé par Gaétan Desrosiers a causé la mort violente de Thérèse Morin, 64 ans, employée de la manufacture.

 

 

Lieu de l'explosion

Voiture incendiée à la suite de l’explosion à proximité du bâtiment de la Dominion Textile à Montréal, 1966. BAnQ Vieux-Montréal (TP12, S2, S26, SSS1, D2959). Photographe non identifié.

 

 

Les deux verdicts de l’enquête de coroner ont tenu responsables de mort violente avec négligence criminelle huit personnes, dont Pierre Vallières, Charles Gagnon, Serge Demers et Gérard Laquerre.

 

Figurant parmi des milliers de dossiers judiciaires conservés dans les fonds d’archives de l’institution, des documents liés aux nombreux événements qui ont secoué Montréal à cette époque peuvent être consultés à BAnQ Vieux-Montréal. On y trouvera les enquêtes du coroner, les enquêtes criminelles, les témoignages et les déclarations des personnes impliquées dans la préparation des attentats.

 

 

Acte d'accusation de Vallières et Gagnon

Acte d’accusation de Pierre Vallières et de Charles Gagnon au greffe de la paix, 24 mai 1967. BAnQ Vieux-Montréal (TP12, S2, SS29, SSS2, D7367).

 

 

À titre d’exemple, voici quelques sources qui pourraient intéresser les chercheurs désirant en savoir plus sur ces événements :

– Enquête de coroner suite à la mort de Thérèse Morin : TP 12 S2 SS26 SSS1; dossier 3677; année 1966.

– Enquête criminelle dans le procès de Gérard Laquerre : TP 12 S2 SS29 SSS1; dossier 17890; année 1966.

– Enquête criminelle dans le procès de Charles Gagnon et Pierre Vallières : TP 12 S2 SS29 SSS2; dossier 18303; année 1966.

– Enquête de coroner suite à la mort de Jean Corbo: TP 12 S2 SS26 SSS1; dossier 2959; année 1966.

– Enquête criminelle dans le procès de Charles Gagnon et Pierre Vallières : TP 12 S2 SS29 SSS2 dossier 7367 année 1967.

– Enquête criminelle dans le procès de Pierre Vallières : TP 9   S2 SS7 SSS1; dossier 234; année 1972.

 

 

Pour en savoir plus sur les dossiers de coroner du greffe de Montréal pour les années 1908-1986, voir TP 12 S2 SS26.

Le coroner intervient dans des cas de décès inhabituels. Il tient une enquête, si nécessaire, et produit un rapport qui spécifie les causes du décès. S’il y a lieu, il identifie la ou les personnes qu’il croit criminellement responsables, et donne lieu, dans ce cas, à un chef d’accusation devant la Cour du banc du roi. Le coroner est généralement un médecin qui exerce des pouvoirs judiciaires dans ses enquêtes.

 

Avant cette date, voir TL32 S26.

 

Pour en savoir plus sur le greffe de la paix dans le fonds Cour des sessions de la paix, voir TP12 S2 SS29.

À Montréal à partir de 1919, l’ensemble des causes criminelles sont inscrites dans la juridiction dite « greffe de la paix ». Il s’agit du niveau le plus bas de la justice criminelle. Les magistrats de police réglaient de nombreuses causes à ce niveau, notamment par aveu de culpabilité. Ensuite, les causes contestées procédaient soit à la Cour des sessions de la paix, soit à la Cour du banc du roi, selon la nature des infractions ou le choix de l’accusé d’être entendu devant un juge seul ou devant un juge avec jury.

 

 

Karim Mansouri, agent de bureau –  BAnQ Vieux-Montréal

Le grand éboulement de Québec : une tragédie oubliée ?

 

En ce mois de juin 2018, le blogue Instantanés fête ses cinq ans d’existence. Afin de souligner cet anniversaire, nous publierons de nouveau, aux cours des prochaines semaines, les cinq articles les plus marquants de l’histoire du blogue. Ces textes coups de cœur ont été consultés par des milliers de lecteurs et méritent d’être redécouverts!

 

Aujourd’hui, nous vous présentons la cinquième position : Le grand éboulement de Québec : une tragédie oubliée ?

 

Si vous avez déjà visité le Vieux-Québec, il est probable que vous ayez déambulé dans les rues de la Basse-Ville que surplombent le Château Frontenac et la terrasse Dufferin. Peut-être avez-vous visité quelques boutiques de la rue du Petit-Champlain, ou longé le fleuve nonchalamment en profitant des charmes de la promenade Samuel-De Champlain. Bien qu’il n’en subsiste aujourd’hui aucune trace, c’est à deux pas de ce lieu enchanteur que s’est produite l’une des pires tragédies de l’histoire de la capitale.

 

 

Quartier Vieux-Québec-Basse-Ville — Rue Champlain et rue Petit-Champlain, [vers 1880]. BAnQ Québec (P1000, S4, D59, P55). L. P. Vallée.

 

 

Le 19 septembre 1889 à 19 h 30, un bloc de roc se détache de la falaise, déclenchant un immense éboulis qui s’effondre sur le quartier ouvrier Cap-Blanc. En l’espace de quelques secondes à peine, sans que quiconque ait eu le temps de réagir, 13 logements sont ensevelis sous plusieurs tonnes de roches, avec les 36 familles qui y résident.

 

 

Quartier Cap-Blanc — Rue Champlain – Catastrophe, septembre 1889. BAnQ Québec (P560, S1, P377-1). Photographe non identifié.

 

 

Tant par l’initiative de la population environnante que par celle des autorités, les opérations de sauvetage débutent rapidement. Plusieurs jours durant, policiers, pompiers, militaires et volontaires tentent d’extirper les survivants des décombres, sous le regard attentif des curieux qui s’agglutinent à proximité.

 

 

 

Quartier Cap-Blanc — Rue Champlain – Catastrophe, septembre 1889. BAnQ Québec (P560, S1, P377-2). Photographe non identifié.

 

 

Les journalistes de l’époque racontent avec beaucoup de détails la scène morbide qui s’offre à eux : les corps des victimes étalés, les lamentations des survivants qui émanent encore de la montagne de gravats, les cris et les pleurs des témoins à chaque funèbre découverte… Ils racontent aussi le cas de Joseph Kemp, 74 ans, qui aurait survécu 113 heures sous les décombres avant d’être finalement déterré le 24 septembre. Immédiatement transféré à l’hôpital, il y serait mort de ses blessures le soir même.

 

 

 

Extrait de la page couverture du quotidien « La Justice », édition du lundi 23 septembre 1889. Collection numérique de BAnQ : http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2039742 (consultée le 17 mai 2017)

 

 

 

Insurance plan of the City of Quebec, Canada [volume I]. Montréal, Toronto, London, Charles Edward Goad. Extrait de la planche 5, 1898. À noter : la mention « Fallen Rock », plus à gauche (sud), qui identifie le site de l’éboulement, ainsi que l’absence des adresses 133 à 155, jamais reconstruites. Collection numérique de BAnQ : http://services.banq.qc.ca/sdx/cep/document.xsp?id=0003028680 (consultée le 18 mai 2017).

 

 

Ce n’est pas la première fois qu’un tel drame s’abat sur la communauté principalement irlandaise du quartier Cap-Blanc. Un autre éboulis similaire, quoique de moindre importance, s’est produit en 1841. Dans les deux cas, la cause serait la même : la ville aurait reçu des pluies torrentielles dans les jours précédents. L’eau, en s’infiltrant dans les fissures de la falaise du cap Diamant, aurait précipité l’érosion de la paroi rocheuse qui s’est finalement détachée.

 

 

 

Quartier Cap-Blanc — Rue Champlain – Catastrophe, septembre 1889. BAnQ Québec (P560, S1, P377-6). Photographe non identifié.

 

 

 

Même avant que ne surviennent ces tragédies, les autorités avaient été mises au courant du fort risque d’affaissement que représentait le cap. Il aura toutefois fallu que survienne cette dernière catastrophe de 1889, avec son décompte final de 43 morts et d’environ 75 blessés, pour que la falaise et les fondations de la terrasse Dufferin soient solidifiées. Fait intéressant : tous les décombres n’ont pas été retirés du site. Au contraire, les pierres ainsi que certains débris de murs et de fondations ont été intégrés à la falaise, afin d’aider à sa stabilisation.

 

 

 

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Légendes complètes des images du diaporama :

– Quartier Cap-Blanc — Rue Champlain – Catastrophe, septembre 1889. BAnQ Québec (P546, D1, P1). Fred C. Würtele.

– Quartier Cap-Blanc — Rue Champlain – Catastrophe, septembre 1889. BAnQ Québec (P546, D1, P2). Fred C. Würtele.

– Quartier Cap-Blanc — Rue Champlain – Catastrophe, septembre 1889. BAnQ Québec (P546, D1, P3). Fred C. Würtele.

– Quartier Cap-Blanc — Rue Champlain – Catastrophe, septembre 1889. BAnQ Québec (P546, D1, P4). Fred C. Würtele.

– Quartier Cap-Blanc — Rue Champlain – Catastrophe, septembre 1889. BAnQ Québec (P560, S1, P377-5). Photographe non identifié.

– Quartier Cap-Blanc — Rue Champlain – Catastrophe, septembre 1889. BAnQ Québec (P560, S1, P516). Photographe non identifié.

– Quartier Cap-Blanc — Rue Champlain – Catastrophe, septembre 1889. BAnQ Québec (P585, D14, P11). Philippe Gingras.

– Quartier Cap-Blanc — Rue Champlain – Catastrophe, septembre 1889. BAnQ Québec (P600, S6, D1, P753). Saml H. N. Kennedy.

 

 

En complément :

Nous trouvons plusieurs photographies de cette catastrophe à BAnQ Québec dans la Collection initiale (P600) ainsi que dans les fonds Fred C. Würtele (P546), J.E. Livernois Ltée (P560) et Philippe Gingras (P585). Il est à noter que certaines images du fonds J.E. Livernois Ltée, plus troublantes (photographies des victimes, dont des enfants), n’ont pas été intégrées au diaporama afin de ne pas choquer nos lecteurs. Ces images portent les cotes P560, S1, P377-3 et P377-7. Les chercheurs intéressés et avertis pourront les visualiser en ligne à l’aide de notre moteur de recherche Pistard.

 

Les enquêtes du coroner concernant Joseph Kemp et les autres victimes de l’éboulement sont conservées à BAnQ Québec, dans le fonds Cour des sessions générales de la paix du district de Québec, série Enquêtes du coroner (TL31, S26), contenant 1960-01-353/2352, année 1889, dossier 188. Le compte de 43 victimes, utilisé dans cet article, est tiré du nombre d’enquêtes du coroner que contient ce dossier.


Dans les registres de l’état civil de la paroisse de Saint-Patrick (CE301,S98), dans les jours qui suivent le 20 septembre 1889, on retrouve plusieurs actes de sépulture qui portent la mention « Accidentally killed by a landslide ». Ces actes ont été numérisés et sont accessibles en ligne dans la Collection numérique de BAnQ.

Voici également quelques journaux d’époque numérisés qui couvrent l’événement :

– The Quebec Mercury (1804-1903)

– La Justice (1886-1892)

– Le Canadien (1806-1909)

 

Pour en savoir plus sur l’éboulement ou sur l’histoire du quartier Cap-Blanc de Québec :

– SAINT-PIERRE, Jacques. Les malheurs d’une époque, 1859-1979. Publications du Québec. Québec, 2010, 203 p.

– BLANCHET, Danielle. Vieux-Québec Cap-Blanc : place forte et port de mer. Ville de Québec. Québec, 1989, 80 p.

– PROVENCHER, Jean. L’histoire du Vieux-Québec à travers son patrimoine. Publications du Québec. Québec, 2007, 277 p.

 

 

Charles André Téotonio, technicien en documentation – BAnQ Québec

Cérémonies en hommage à Louis Hémon, auteur de Maria Chapdelaine

 

Le 12 juin 1938, Lydia et Marie Hémon, respectivement fille et sœur de Louis Hémon, assistent au dévoilement d’une plaque commémorative à la gare de Chapleau.

 

 

Lydia et Marie Hémon, parties de Cherbourg (France) à bord de l’Empress of Britain, à leur arrivée au port de Québec, 1938. BAnQ Vieux-Montréal  (MSS351,S3,D2). Photographe non identifié.

 

 

 

Cette cérémonie s’inscrit dans le cadre des activités prévues pour souligner le 25e anniversaire de la mort de l’auteur de Maria Chapdelaine qui a été happé mortellement par un train, en juillet 1913, près de cette localité du nord de l’Ontario.

 

 

 

Discours du président de la Société des amis de Maria Chapdelaine, le juge Édouard Fabre-Surveyer, à la gare de Chapleau, 1938. BAnQ Vieux-Montréal (P764,S7). Photographe non identifié.

 

 

 

Plaque de bronze à la gare de Chapleau, 1938. BAnQ Vieux-Montréal  (P764,S7). Photographe non identifié.

 

 

 

Mesdames Hémon se recueillent également sur la tombe de l’écrivain, originaire de Brest en France, dont les restes reposent dans le cimetière de Chapleau.

 

 

 

Lydia et Marie Hémon accompagnées du curé de Chapleau, l’abbé Roméo Gascon, se dirigent vers la pierre tombale de Louis Hémon au cimetière de Chapleau, 1938. BAnQ Vieux-Montréal (P764,S7). Photographe non identifié.

 

 

 

Pierre tombale de Louis Hémon au cimetière de Chapleau, 1938. BAnQ Vieux-Montréal (P764,S7). Photographe non identifié.

 

 

Le recteur de l’Université de Montréal, Mgr Olivier Maurault, récite des prières devant la pierre tombale de Louis Hémon, 1938. BAnQ Vieux-Montréal (P764,S7). Photographe non identifié.

 

 

 

Le 6 juillet 1938, avant de prendre la mer vers la Bretagne, les deux invitées d’honneur poursuivent leur long pèlerinage en direction de Péribonka, village où a vécu l’auteur et décor de son célèbre roman, pour l’inauguration officielle du Musée Louis-Hémon.

 

 

 

 

 

 

 

Programme de la cérémonie d’inauguration du Musée Louis Hémon [sic], 1938. BAnQ Vieux-Montréal (MSS351,S3,D2).

 

 

Marthe Léger, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

 

En complément :

 

Fonds Paul Gury (P841,S3,D1)

Fonds Amulette Garneau (P931,S2,SS2,D8)

Sommet historique tenu au Manoir Richelieu en mai 1977

 

Le gouvernement de René Lévesque est élu le 15 novembre 1976. Dès le début de son mandat, il désire s’attaquer aux problèmes de relations de travail présents depuis une quinzaine d’années, aux trop nombreux accidents de travail et à la relance de l’économie. Le 19 janvier 1977, le Conseil exécutif adopte l’arrêté en conseil 147-77 qui concerne la création d’un comité provisoire en vue de la tenue d’une conférence regroupant les principaux agents économiques. C’est ce qui lance les travaux préliminaires du sommet économique.

 

 

 

Arrêté en conseil 147-77, 19 janvier 1977. BAnQ Québec (E5, contenant 1994-02-002/2150), page 1.

 

 

 

Arrêté en conseil 147-77, 19 janvier 1977. BAnQ Québec (E5, contenant 1994-02-002/2150), page 2.

 

 

Le 16 mars 1977, Bernard Landry, ministre d’État au Développement économique et président du comité provisoire, dépose son rapport au Conseil des ministres. Le canevas de base soumis à ce moment permet au comité organisateur de préparer la rencontre qui se tiendra au Manoir Richelieu les 24, 25 et 26 mai. Tous les préparatifs nécessaires à la tenue du sommet sont détaillés dans un dossier conservé dans le fonds du Ministère du Conseil exécutif (E5, contenant 2002-11-004/91).

 

Le 24 mai en soirée, environ 130 participants (politiciens, patrons, syndicalistes, représentants des milieux coopératifs et agricoles) et une trentaine d’observateurs sont réunis pour entendre les discours d’ouverture. Les allocutions sont diffusées en direct sur les ondes de Radio-Québec. René Lévesque est le premier à prendre la parole. Son discours est bien accueilli par la majorité des participants. Le Soleil en reprend plusieurs extraits dans son édition du 25 mai 1977, en page A5. Le discours complet est disponible pour consultation dans le fonds du Ministère des Relations internationales (E42, contenant 1989-11-004/209).

 

Les journaux, dont Le Devoir, La Presse et Le Soleil, ont publié de nombreux textes et photographies concernant le sommet. On peut d’ailleurs les retrouver en ligne dans BAnQ numérique. Par exemple, on y apprend que les interventions lors des séances étaient polarisées. De même, les journaux ont publié les commentaires de certains participants. Enfin, quelques critiques au sujet du sommet s’y retrouvent : les règles de procédures étaient trop strictes et elles ne favorisaient pas les échanges, les patrons étaient moins bien organisés pour exposer leurs points communs que les syndicats.

 

Pour témoigner de l’évènement, des photographes du gouvernement sont dépêchés sur les lieux. C’est pourquoi on peut retrouver de nombreuses photographies prises lors du sommet dans le fonds du Ministère des Communications (E10,S44,SS1), dossiers 77-346, 77-347, 77-349 à 77-368. Quelques-unes d’entre elles sont reproduites ici.

 

 

 

Sommet économique La Malbaie, Discours inaugural de René Lévesque. À la table à l’avant on voit les autres personnes ayant prononcé un discours lors de la séance d’ouverture, soit : Pierre Marois, ministre d’État au Développement social, Louis Laberge, président de la FTQ, Richard Laplante, président du Centre des dirigeants d’entreprises, Jean-Marie Poitras, vice-président de la Chambre de commerce de Québec. BAnQ Québec (E10,S44,D77-352,PB2).

 

 

 

Sommet économique La Malbaie, André Bélanger, président du Conseil des hommes d’affaires québécois, et Lise Payette, ministre des Consommateurs, des Coopératives et des Institutions financières et une des rares femmes à participer au sommet, 24 mai 1977. BAnQ Québec (E10,S44,D77-349,PF2).

 

 

 

Sommet économique La Malbaie, Paul Desmarais de Power Corporation, Louis Laberge, président de la FTQ, et René Lévesque, premier ministre du Québec, sortent parler aux employés de la Wayagamack du Cap-de-la-Madeleine, venus manifester contre la fermeture annoncée de leur usine de pâte et papier, 25 mai 1977. BAnQ Québec (E10,S44,D77-363,PC3).

 

 

 

Sommet économique La Malbaie, Bernard Landry lors du discours de clôture, 26 mai 1977. BAnQ Québec (E10,S44,D77-368,PA6).

 

 

Le 26 mai, René Lévesque conclut le sommet en énonçant quelques points de convergence. Par exemple, selon lui, il faut rapidement apporter des correctifs en matière de santé et de sécurité au travail ainsi que revaloriser le statut et les attributions du Comité consultatif du travail et de la main-d’œuvre. On peut lire des articles de journaux sur ces points de convergence, dont celui qui a été publié dans Le Devoir le vendredi 27 mai 1977.

 

Le sommet économique se termine en quelque sorte sur un au revoir, puisque les participants conviennent que, si ce premier rendez-vous a permis d’énoncer les problèmes et les positions de chacun, d’autres rencontres seront nécessaires pour en arriver à une véritable politique économique. C’est ainsi que le deuxième sommet économique se tiendra du 14 au 16 mars 1979 à Montebello. Mais cela est une autre page d’histoire!

 

Annie Labrecque, technicienne en documentation – BAnQ Québec

 

Sources complémentaires

 

BOIVIN, Jean, Le travail : point de vue sur notre réalité, Québec, le Sommet, 1977, 62 p.

L’économie : point de vue sur notre réalité : le développement économique du Québec 1901 [i.e. 1961]-1980 : une synthèse, Québec, le Sommet, 1977, 65 p.

QUÉBEC (PROVINCE), Le Sommet économique (Pointe-au-Pic, 24-26 mai 1977) Gouvernement du Québec, ministère des Communications, Direction générale de l’édition, Centre de documentation, Québec, Centre de documentation, 1977, 230 p.

QUÉBEC (PROVINCE), Le Sommet économique : Pointe-au-Pic, 24-26 mai 1977 : juin 1977, Québec, Ministère des Communications, 1977, 230 p.

ROBERT, Bernas, L’économie : document de référence : bilan et perspectives, Québec, le Sommet, 1977, 130 p.

SOMMET ÉCONOMIQUE DU QUÉBEC (1977 : POINTE-AU-PIC, Québec), Rapport, le Sommet économique : Pointe-au-Pic, mai 1977, Toronto, Micromédia, 1978, 2 microfiches

Le testament politique de Chevalier De Lorimier ou l’histoire d’un document clandestin

 

Le testament politique de François-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier est un document déterminant dans l’histoire des patriotes. Tel que raconté dans le film 15 février 1839 de Pierre Falardeau, ce texte a été écrit par de Lorimier quelques heures avant sa pendaison à la prison du Pied-du-Courant à Montréal. Le condamné a adressé cette déclaration à ses compatriotes afin de préserver sa réputation et sa mémoire, mais aussi pour que ses motivations politiques ne soient pas déformées par le camp ennemi. Le document se termine d’ailleurs par le fameux « Vive la liberté, vive l’indépendance! ». À l’époque, les patriotes combattaient notamment pour l’autonomie du Canada face à la Couronne britannique.

 

François Marie-Thomas Lorimier, photographie d’un dessin, vers 1900. BAnQ Québec (P560, S2, D1, P812). Photo : J.E. Livernois.

 

 

Lien vers le testament politique dans BAnQ numérique

Testament politique de Chevalier de Lorimier et discours de Charles Hindenlang, 15 février 1839. BAnQ Rimouski, fonds du Séminaire Saint-Germain de Rimouski (P60, P1).

 

La version originale de ce document n’a jamais été retrouvée. C’est pourquoi la découverte récente d’une copie datant de 1840 à BAnQ Rimouski est tout à fait exceptionnelle. Cette retranscription se trouvait dans une boîte du fonds d’archives du Séminaire de Rimouski. Il s’agit probablement de la version la plus ancienne du testament. Fait encore plus intéressant, ce document aurait été recueilli par l’agriculteur Lambert Richard de Saint-Pascal, dans le Kamouraska, qui ne savait ni lire ni écrire. Le testament a ensuite été transmis de génération en génération jusqu’à ce que le prêtre David-Alexandre Michaud de Saint-Octave-de-Métis en hérite et le dépose aux archives du Séminaire en 1937. Pendant toutes ces années, le testament dormait dans une boîte.

 

En plus du texte de Lorimier, le document de 1840 contient également une copie du discours prononcé sur l’échafaud par le patriote Charles Hindenlang qui a lui aussi été pendu. Nous savons que Hindenlang voulait que son discours soit recopié par d’autres prisonniers afin d’augmenter les chances qu’il soit distribué à l’extérieur des murs.

 

 

Journal Le Canadien, 18 février 1839, http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/1908929.

 

 

Lorsque nous avons étudié le document de plus près, nous avons constaté rapidement que les inscriptions de Hindenlang et de Lorimier sont des retranscriptions de leurs signatures et paraphes, mais cela confirme néanmoins que la personne qui a reproduit les textes avait accès aux documents originaux. On peut donc émettre l’hypothèse qu’un prisonnier ou un proche des condamnés a effectué rapidement une copie.

 

 

 

Signature originale dans une lettre de Charles Hindenlang au baron Fratellin, datée de la prison de Montréal, 15 février 1839. BAnQ Québec, fonds Ministère de la Justice (E17, S37, D2977).

 

 

 

Retranscription de la signature de Charles Hindenlang – Extrait du testament politique de Chevalier de Lorimier et du discours de Charles Hindenlang, 15 février 1839. BAnQ Rimouski, fonds du Séminaire Saint-Germain de Rimouski (P60, P1).

 

 

 

En 1839, le Bas-Canada était toujours sous l’emprise de la loi martiale à la suite des événements de 1837-1838. Le testament, avec toute sa résonance politique, n’a pu circuler librement au lendemain de la mort de Lorimier, mais il a plutôt eu une vie clandestine dans les années qui ont suivi. La veuve de Lorimier en aurait donné une copie à un journal du Vermont favorable aux patriotes, appelé le « North American », qui l’a publié en anglais. Par la suite, le texte est tombé dans l’oubli pendant plusieurs années. Il a fallu attendre la parution, en 1884, de l’ouvrage de L-O David sur les patriotes pour remettre définitivement à l’avant-plan l’auteur du testament politique et en faire un héros.

 

Comment ce document a-t-il pu circuler, en pleine crise de la loi martiale, et se retrouver discrètement chez un agriculteur analphabète de Saint-Pascal alors que le Kamouraska avait été relativement pacifique pendant les rébellions de 1837-1838? Est-ce que cet exil des grands centres a permis de sauver le document? Le mystère demeure entier!

 

Guillaume Marsan, archiviste-coordonnateur – BAnQ Rimouski

 

Références :

– DESBIENS, Marie-Frédérique, Dernières lettres de Chevalier de Lorimier, édition critique et commentée, Mémoire présenté à la Faculté des études supérieures de l’Université Laval, 2000, 165 p.

– DESCHÊNES, Gaston,  Le mouvement patriotique sur la Côte-du-Sud, Les Cahiers d’Histoire, 2015, 137 p.

– GALARNEAU, Claude, Charles Hindenlang, dans le Dictionnaire biographique du Canada [en ligne], http://www.biographi.ca/fr/bio/hindenlang_charles_7F.html (page consultée le 16 mai 2018).

– LORIMIER, Chevalier de, 15 février 1839 : lettres d’un patriote condamné à mort / édition préparée par Marie-Frédérique Desbiens et Jean-François Nadeau, Comeau & Nadeau, 2001, 125 p.

Sauvetage d’une maison historique : le cas de la maison Dorion-Coulombe

 

En 1975, la maison historique Dorion-Coulombe, située au 80 du boulevard Wilfrid-Hamel dans l’ancienne ville de Vanier, est menacée de démolition. Sans l’initiative de l’architecte Cardwell Ross Anderson, elle n’existerait plus aujourd’hui. Fervent admirateur des vieilles maisons canadiennes et de leur restauration, M. Anderson se porte acquéreur de la maison de Berthe Coulombe au mois d’août 1975.

 

 

 

Habitation ancienne sise boulevard Wilfrid-Hamel à Québec [Maison Dorion-Coulombe], 9 août 1948. BAnQ Québec (E6,S8,SS1,SSS1700,D14823,PA3). Photographe : Gérard Morisset.

 

 

 

Par la suite, la maison doit subir deux déménagements consécutifs avant de trouver sa place définitive sur la rive nord de la rivière Saint-Charles, plus précisément sur la rue Domagaya dans le Vieux-Limoilou.

 

 

 

 

Maison Dorion-Coulombe, Québec, 1977. BAnQ Québec (P732,D112). Photographe : Cardwell Ross Anderson.

 

 

 

Depuis son acquisition par la Ville de Québec en 2000 et sa remarquable restauration en 2007, la maison héberge désormais le Centre d’interprétation de la rivière Saint-Charles. L’histoire des écosystèmes naturels de la rivière ainsi que les caractéristiques architecturales uniques de la maison font partie intégrante de la mise en valeur du site.

 

Voici plusieurs photographies de la maison avant son déménagement en 1976. Nous pouvons y voir, entre autres, l’aménagement intérieur ainsi que différents détails architecturaux dignes d’intérêt.

 

 

 

Maison Dorion-Coulombe, Québec, 1975. BAnQ Québec (P732,D112). Photographe : Cardwell Ross Anderson.

 

 

 

Maison Dorion-Coulombe, Québec, 1975. BAnQ Québec (P732,D112). Photographe : Cardwell Ross Anderson.

 

 

 

Maison Dorion-Coulombe, Québec, 1975. BAnQ Québec (P732,D112). Photographe : Cardwell Ross Anderson.

 

 

 

Maison Dorion-Coulombe, Québec, 1975. BAnQ Québec (P732,D112). Photographe : Cardwell Ross Anderson.

 

 

 

Maison Dorion-Coulombe, Québec, 1975. BAnQ Québec (P732,D112). Photographe : Cardwell Ross Anderson.

 

 

 

Maison Dorion-Coulombe, Québec, 1975. BAnQ Québec (P732,D112). Photographe : Cardwell Ross Anderson.<1i>

 

 

 

Certains documents d’archives conservés à BAnQ Québec témoignent également de l’histoire de la maison et de la terre qui ont appartenu à la famille Dorion et aux nombreux autres propriétaires qui en ont hérité au fil du temps. Par exemple, sur cette carte, les seigneuries de la région de Québec sont bien visibles, dont celle de Lespinay, sur laquelle était installée la famille Dorion.

 

 

 

Seigneuries de la région de Québec : Saint-Gabriel, Saint-Ignace, Lespinay, Orsainville, Notre-Dame-des-Anges, Beauport et Beaupré / Copié par Louis-Philippe Vallerand, échelle inexistante. Copié en mars 1889, original créé en 1702. BAnQ Québec, Collection initiale (P600,S4,SS2,D734).

 

 

De même, plusieurs actes notariés conservés à BAnQ Québec sont aussi très révélateurs. Le 17 août 1756 (CN301,S36), l’inventaire des biens de la communauté de Madeleine Chapeau, veuve de Claude Dorion, mentionne qu’il n’y a aucun bâtiment sur la terre située dans le lieu dit de la Petite Rivière Saint-Charles, anciennement dans la seigneurie Saint-Joseph de Lespinay.

 

 

 

 

 

Inventaire des biens de la communauté de Madeleine Chapeau, veuve de Jean-Claude Dorion, de la Petite Rivière Saint-Charles, paroisse de Notre-Dame de Québec, 17 août 1756. BAnQ Québec, Fonds Cour supérieure — District judiciaire de Québec – Greffes de notaires (CN301,S36).

 

 

Le 19 août 1756 (CN301,S36), un partage de terres s’effectue entre Madeleine Chapeau et ses enfants. Sa fille, Barbe Dorion, qui est mariée à Jean-Baptiste Sylvestre, fait l’acquisition du lopin de terre où sera éventuellement construite la maison.

 

Le 22 avril 1799 (CN301,S178), l’acte de vente entre les héritiers de Barbe Dorion et John Robinson mentionne, pour la première fois, une maison.

 

C’est donc vraisemblablement entre 1756 et 1799 que la famille Dorion a fait construire la maison sur la rive nord de la rivière Saint-Charles.

 

La maison ainsi qu’une grange construite en bois sont une fois de plus évoquées dans l’acte de vente du 20 avril 1815 (CN301,S230,P6605) entre Sarah Morton, veuve de John Robinson, et le nouvel acquéreur, François Bilodeau.

 

 

 

Terre de François Bilodeau, située à la Petite Rivière Saint-Charles, au sud du rang Saint-Bonaventure, 15 janvier 1818. Sur ce plan d’une terre appartenant à François Bilodeau située dans la seigneurie de Lespinay figurent la ville de Neufchâtel, la concession Saint-Bonaventure, le lieu-dit Petite Rivière Saint-Charles, les bâtiments, les puits, la prairie et les terres cultivées. BAnQ Québec, Fonds Cour supérieure — District judiciaire de Québec — Greffes de notaires (CN301,S16,D7165).

 

 

 

 

Plan de la paroisse St-Roch de Québec, fait d’après les mesures prises sur les lieux, par ordre des Commissaires appointés pour l’érection des paroisses, 18 juillet 1835. BAnQ Québec, Fonds Cour supérieure – District judiciaire de Québec – Greffes d’arpenteurs (CA301,S27,DM92). Auteur : Adolphe Larue. Notez ici la parcelle de terre de Madame Bilodeau où la maison Dorion fut construite.

 

 

 

La maison Dorion-Coulombe est un des rares témoins encore debout du patrimoine architectural québécois du XVIIIe siècle. Elle se situe à mi-chemin entre l’architecture domestique d’inspiration française et la façon de construire à la québécoise qui a été influencée par la tradition anglaise.

 

Si vous désirez satisfaire votre curiosité, BAnQ Québec conserve le Fonds Cardwell Ross Anderson. On peut y consulter le dossier (P732,D112) qui témoigne du projet de restauration de cette maison. On y retrouve, notamment, un journal, un rapport, des relevés architecturaux ainsi que plusieurs négatifs et diapositives documentant le déménagement et la restauration de la maison vers la fin des années 1970.

 

 

Catherine Lavoie, technicienne en documentation – BAnQ Québec

 

 

Pour en apprendre davantage :

 

BaladoDécouverte — La Maison Dorion-Coulombe

 

Laframboise, Yves. La maison au Québec : de la colonie française au XXe siècle. Éditions de l’Homme, 2001, 363 p.

Yvette Mercier-Gouin, populaire dramaturge des années 1930 et 1940

 

 

Originaire de Québec, Yvette Ollivier (1895-1984) étudie chez les Ursulines avant d’entrer au Conservatoire français de Québec. En 1917, elle déménage à Montréal et y épouse le futur sénateur Léon Mercier-Gouin.

 

 

 

Yvette Mercier-Gouin, 1936. BAnQ Vieux-Montréal (P764,S7). Photographe : Studio V. Garcia.

 

 

 

Après quelques rôles sur les planches, elle quitte la carrière de comédienne et participe activement à la vie littéraire pendant plusieurs décennies. Elle se consacre, entre autres, à l’écriture scénique et radiophonique. Deux de ses pièces de théâtre, « Cocktail » (1935) et « Le jeune dieu » (1936), sont publiées alors que « La réussite » (1939) est jouée à Paris.

 

 

 

Notes manuscrites d’une scène de la pièce Cocktail d’Yvette Mercier-Gouin, [1930]. BAnQ Vieux-Montréal (P764,S2).

 

 

 

Distribution de la pièce Cocktail d’Yvette Mercier-Gouin, extrait du programme du Théâtre Stella, 1935, non paginé. BAnQ Vieux-Montréal (P764,S2).

 

 

 

 Ses œuvres théâtrales, accueillies très favorablement, font travailler des comédiens de talent, dont Antoinette et Germaine Giroux, Janine Sutto, Marcel Chabrier, Roger Garceau et Jean Duceppe.

 

 

 

Dîner soulignant la présentation de la pièce Un homme d’Yvette Mercier-Gouin au His Majesty’s Theatre, 1937. BAnQ Vieux-Montréal (P764,S7). Photographe : Roger Janelle. De gauche à droite : Germaine Giroux, Jacques Auger, Antoinette Giroux, Henri Letondal, Yvette Mercier-Gouin, Adhémar Raynault, personne non identifiée, Antoine Godeau, Jean Despréz (Laurette Larocque). Debout : personnes non identifiées.

 

 

 

 

Distribution de la pièce Sous le masque d’Yvette Mercier-Gouin, extrait du programme du Théâtre Arcade, 1944, non paginé. BAnQ Vieux-Montréal (P764,S2).

 

 

 

Yvette Mercier-Gouin entourée des comédiens de la pièce Sous le masque, 1944. BAnQ Vieux-Montréal (P764,S7). Photographe non identifié. De haut en bas : Jean Duceppe, Yvette Mercier-Gouin, Albert Duquesne, Jeanne Demons, Marcel Chabrier, Antoinette Giroux, Germaine Giroux, Roger Garceau.

 

 

 

 

Afin d’élargir son public, Yvette Mercier-Gouin adapte et met en ondes, sous la forme de radio-théâtres, plusieurs de ses textes destinés à la scène. Après la présentation de la dernière pièce de son répertoire, « Porté disparu » (1945), elle produit surtout des créations originales pour la radio, moyen de diffusion qu’elle privilégie à partir des années 1940.

 

 

 

 

Programme de la pièce Porté disparu d’Yvette Mercier-Gouin présentée par le théâtre du Palais Montcalm de Québec, 1945. BAnQ Vieux-Montréal (P764,S2).

 

 

 

 

Distribution de la pièce Porté disparu d’Yvette Mercier-Gouin, extrait du programme du théâtre du Palais Montcalm de Québec, 1945, non paginé. BAnQ Vieux-Montréal (P764,S2).

 

 

 

BAnQ Vieux-Montréal conserve des carnets de notes manuscrites, des programmes et des photographies de plusieurs pièces de théâtre d’Yvette Mercier-Gouin. Des journaux personnels, qui comprennent des pages écrites par le premier ministre du Québec et beau-père de l’auteure, Lomer Gouin, ainsi qu’un récit de voyage en Afrique et en Espagne témoignent également du parcours exceptionnel de cette femme avant-gardiste.

 

 

Marthe Léger, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

 




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