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Instantané, le blogue des archivistes.

Bientôt à BAnQ : l’actualité du 20e siècle racontée à travers les photographies du journal La Presse

Depuis sa fondation, en 1884, jusqu’à sa récente édition entièrement en format numérique, le quotidien La Presse n’a eu de cesse de documenter l’actualité montréalaise, canadienne et internationale. Au fil des décennies, ce sont des millions d’images – d’abord des gravures et ensuite des photographies – qui ont été produites pour illustrer les articles des journalistes et des chroniqueurs. Une partie de ces clichés provient de diverses agences de presse internationales, mais une large part est le fruit du travail de la trentaine de photographes employés par le journal, surtout dans la seconde moitié du 20e siècle. Ce sont les Yves Beauchamp, Bernard Brault, les frères Réal et Roger St-Jean, Antoine Desilets, Robert Mailloux et Pierre McCann pour ne nommer que ceux-là!

Chacun à leur manière et avec leur propre technique, ils ont immortalisé les moments forts de l’histoire québécoise à travers toutes les sphères de l’actualité, qu’elle soit sportive, culturelle, politique, internationale ou encore économique. Les photos nous renvoient ainsi autant aux matchs les plus mémorables du Canadien de Montréal, ou encore des Expos, qu’à la tenue d’événements majeurs pour la métropole comme les Jeux olympiques de 1976 ou les différents festivals d’été devenus désormais incontournables. Les événements plus dramatiques y sont aussi documentés comme la crise d’octobre (1970), la crise d’Oka (1990) ou encore l’actualité politique comme les deux référendums sur la souveraineté du Québec (1980 et 1995) ou les diverses campagnes électorales. Par ailleurs, les reportages mettent en scène plusieurs personnalités publiques ayant marqué leur époque : politiciens, poètes et écrivains, acteurs, chanteurs, artistes visuels, sportifs et plus encore. Enfin, une foule de sujets plus inusités sont également documentés.

La Presse conserve actuellement plusieurs centaines de milliers de photographies analogiques (négatifs et épreuves) produites entre 1930 et 2001 auxquelles s’ajoute le volet numérique. Consciente de la richesse patrimoniale de son fonds photographique, La Presse a fait don de la portion analogique de celui-ci à BAnQ en 2015. Toutefois, avant le transfert physique des documents à BAnQ Vieux-Montréal, prévu pour l’automne 2016, les deux institutions se sont associées afin de traiter cette importante masse documentaire pour mieux la mettre en valeur.

 

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Yves Dugas, spécialiste en numérisation à La Presse, s’affaire au tri des épreuves non pertinentes.


Ainsi depuis le 14 septembre dernier, une équipe de quatre archivistes embauchée par La Presse et supervisée par BAnQ se consacre à la sélection, à la description et à la conservation des reportages les plus significatifs. Pour faciliter son travail, l’équipe peut compter sur la précieuse collaboration d’Yves Dugas, spécialiste de la numérisation au journal.

À la suite de leur transfert à BAnQ à l’automne 2016, la totalité des images retenues sera progressivement numérisée et ainsi mise à la disposition du grand public sur notre portail. En raison de l’envergure du projet et de la valeur patrimoniale des documents qui seront conservés, nous informerons ponctuellement les lecteurs du blogue Instantanés de l’avancée des travaux. C’est donc à suivre…

 

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L’équipe de traitement en plein travail. De gauche à droite : Sylvie Grondin, Mireille Lebeau et Judith Dimitri. Absente sur la photo:  la quatrième archiviste, Joanie Levasseur.


Julie Fontaine, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Les archives de Gabrielle Messier à BAnQ : portrait d’une artiste-peintre

Le traitement définitif des archives de Gabrielle Messier, l’une des premières artistes-peintres ayant fait carrière au Québec, vient récemment d’être complété. Ce fonds est accessible à BAnQ Vieux-Montréal et permet aux chercheurs ainsi qu’au grand public de découvrir la vie et la carrière de cette artiste hors-norme. En effet, celle-ci a commencé sa carrière à une époque où son domaine est encore dominé par les hommes.

Gabrielle Messier est fille d’une famille aisée de Mont-Saint-Hilaire et est née en 1904. Attirée par les arts picturaux dès son enfance, elle se lie d’amitié avec un garçon du voisinage, Paul-Émile Borduas, le futur peintre de grande renommée.

En 1940, elle devient l’élève, puis l’assistante de l’artiste tout aussi réputé Ozias Leduc et le demeurera jusqu’à la mort de ce dernier en 1955. Elle est notamment sa proche collaboratrice pendant le dernier grand projet du maître, c’est-à-dire la décoration de l’église Notre-Dame-de-la-Présentation à Almaville-en-Bas (devenue Shawinigan-Sud), travail qu’elle termine seule en 1956.

 

Gabrielle Messier et Ozias Leduc [vers 1945]. BAnQ Vieux-Montréal (P895). Photographe non identifié.

Gabrielle Messier et Ozias Leduc [vers 1945]. BAnQ Vieux-Montréal (P895). Photographe non identifié.

 

Après ce projet d’envergure, Gabrielle Messier poursuit sa carrière artistique. Elle participe en son propre nom à plusieurs concours d’art et expose ses œuvres dans les galeries québécoises, autant en solo qu’avec d’autres artistes. Elle enseigne également la peinture et le dessin pendant le reste de sa carrière, partageant son art avec les enfants et les adultes inscrits à ses cours. Parallèlement, elle demeure tout de même dévouée à son dernier maître et à son travail, participant à de nombreux projets et expositions mettant en valeur les œuvres d’Ozias Leduc. Elle collabore notamment à la réalisation du film Correlieu – nom donné par Ozias Leduc à son atelier de travail – avec Jean Palardy et Clément Perron pour l’ONF.

Durant les dernières années de sa vie, Gabrielle Messier s’installe à Port-Daniel au bord de la Baie-des-Chaleurs pour découvrir de nouveaux paysages à peindre. Ses œuvres – plus de 675 au total – sont dispersées auprès de collectionneurs privés, mais aussi dans quelques musées, dont le musée des Beaux-arts de Québec. Elle s’éteint en 2003 à l’hôpital de Chandler en Gaspésie.

Son fonds laisse ainsi entrevoir une bonne partie de son parcours professionnel. De plus, l’influence du « Sage de Saint-Hilaire » est palpable dans ses œuvres et ses archives : tout au long de sa carrière, on peut, en effet, retracer ses nombreuses collaborations avec des auteurs, des cinéastes, des étudiants ou des collectionneurs en quête d’informations sur la vie et l’œuvre d’Ozias Leduc. La pièce maîtresse du fonds est d’ailleurs le journal de travail de Gabrielle Messier, relatant entre autres l’avancement du projet de décoration de Notre-Dame-de-la-Présentation jusqu’à la fin des travaux et détaillant le processus de création de la dernière œuvre de Leduc, classée patrimoine culturel en 1975.

 

Première page du journal de travail de Gabrielle Messier, datant du début du projet de décoration de l’Église Notre-Dame-de-la-Présentation à Almaville-en-Bas. 1941. BAnQ Vieux-Montréal (P895).

Première page du journal de travail de Gabrielle Messier, datant du début du projet de décoration de l’Église Notre-Dame-de-la-Présentation à Almaville-en-Bas. 1941. BAnQ Vieux-Montréal (P895).

 

Outre ce journal de travail, on peut trouver dans le fonds de cette artiste d’autres documents de nature professionnelle dont des livres d’or et un catalogue des œuvres de Messier, en plus de conventions et de contrats avec diverses institutions. Le fonds contient également plus de 500 documents photographiques portant sur les œuvres et la carrière de l’artiste et témoignant, entre autres, de son passage à Shawinigan-Sud. Quant aux autres documents, les journaux intimes et la correspondance volumineuse disponible témoignent d’une personne adorable et chaleureuse, qui a entretenu des liens d’amitié durables avec plusieurs artistes, collaborateurs et anciens élèves.

 

Photographie montrant «Verger en fleurs», 1994. BAnQ Vieux-Montréal (P895). Photographe non identifié

Photographie montrant «Verger en fleurs», 1994. BAnQ Vieux-Montréal (P895). Photographe non identifié.

 

Catherine Lamarche, stagiaire de l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information (supervisée par Julie Fontaine, archiviste) – BAnQ Vieux-Montréal

Henri Rémillard et l’architecture

Diplômé de la New York Institute of Photography et employé de l’Office du film du Québec, le photographe, Henri Rémillard nous fait découvrir la ville et ses environs par le biais de son goût pour l’architecture urbaine et moderne de Montréal tout en témoignant de l’aspect rural et ancien des maisons construites à partir du XVIIe siècle. Avec la dernière acquisition en provenance de BAnQ Vieux-Montréal (P685 S3) majoritairement composée de diapositives couleur (1989-2007), il nous dévoile la grande richesse culturelle et patrimoniale qui nous entoure et nous offre, doublé d’un classement chronologique, un voyage dans le temps à partir d’images de gratte-ciel nés des techniques d’ingénierie moderne autant que d’images de bâtiments historiques.

Parmi les sujets de prédilection du photographe, les maisons de campagne des régions entourant Montréal sont à l’honneur. Par exemple, la Maison Chapais, résidence victorienne datant du XIXe siècle, est située à Saint-Denis-De La Bouteillerie dans le Bas-Saint-Laurent. Cette maison, propriété du fondateur de la paroisse, est devenue un site touristique ouvert au public.

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La maison Chapais, 1990. BAnQ Vieux-Montréal (P685, S3, D138, P19). Photographe Henri Rémillard.

Dans la grande région de Montréal, nous trouvons la Maison Saint-Gabriel située à Pointe-Saint-Charles. Cette demeure reconnue en tant que lieu historique reflète une architecture typique de l’époque de la Nouvelle-France, construite en 1668.

Certaines églises ont également attiré son attention. Le photographe privilégie une approche qui relève davantage du point de vue architectural que religieux. Le style gothique de la cathédrale Christ Church, située sur la rue Sainte-Catherine, est maintes fois exploré dans les dossiers photographiques portant sur le centre-ville de Montréal. D’autres constructions sont mises en valeur pour leur somptueux décor intérieur comme le chœur de la basilique Notre-Dame, élément incontournable du patrimoine religieux de Montréal.

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La basilique Notre-Dame, 1991. BAnQ Vieux-Montréal (P685, S3, D140, P4). Photographe Henri Rémillard.

Montréal étant une île, plusieurs ponts en délimitent le paysage urbain et le photographe capte, à travers les saisons, les différentes structures entourant la ville. Le pont Champlain est celui que nous retrouvons le plus souvent dans les photoreportages étant donné la proximité avec la résidence de l’artiste. Ces images témoignent également de son intérêt pour l’innovation dans le domaine de la construction et de l’ingénierie.

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Le pont Champlain, 1991. BAnQ Vieux-Montréal (P685, S3, D141, P4). Photographe Henri Rémillard.

Le stade olympique et sa tour inclinée deviennent des sujets récurrents. Un détail architectural devient presque un objet artistique et suggère le rapprochement du photographe face à ce bâtiment habituellement regardé avec plus de recul.

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Le stade olympique, 2003. BAnQ Vieux-Montréal (P685, S3, D155, P10). Photographe Henri Rémillard.

Enfin, le verre bleuté des tours BNP et Banque Laurentienne (avenue McGill College) témoignent, quant à elles, du contraste existant au centre-ville de Montréal, entre les monuments patrimoniaux et les gratte-ciel de facture résolument moderne et innovatrice.

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Les tours BNP et Banque Laurentienne, 1992. BAnQ Vieux-Montréal (P685, S3, D66, P134). Photographe Henri Rémillard.

La troisième série du fonds Henri Rémillard P685 S3 peut être consultée via la base de données Pistard de BAnQ Vieux-Montréal. Le travail d’Henri Rémillard est aussi disponible à l’Office du film du Québec (E6,S7,SS1) du même centre d’archives.

 Joëlle Paquet, stagiaire (supervisée par Johanne Mont-Redon, archiviste) – BAnQ Vieux-Montréal

Le fonds Jean Goguen : un petit fonds qui en dit long!

BAnQ Vieux-Montréal termine actuellement le traitement du fonds Jean Goguen (P913). Ce peintre a contribué activement aux réflexions qui ont marqué le milieu des arts visuels au Québec dans les années 1950 et 1960. Signataire du manifeste du mouvement plasticien, il a entre autres participé, au côté de Guido Molinari et Claude Tousignant, à l’exposition Art abstrait en 1959. À compter des années 1960, Jean Goguen a poursuivi dans l’enseignement son travail d’élaboration théorique et esthétique amorcé dans sa pratique artistique. Il a été professeur en arts à l’Université Sir George Williams, devenue l’Université Concordia.

Le fonds Jean Goguen contient quinze centimètres de documents textuels, 85 photographies, six enregistrements sonores et un enregistrement vidéo. Bien que peu volumineux, ce fonds est d’un grand intérêt documentaire. Il offre aux chercheurs des pistes pour la compréhension de la démarche artistique de Goguen et nous révèle les liens qu’il entretenait avec des artistes déterminants de son époque comme Guido Molinari, Paul-Émile Borduas et Claude Gauvreau. Parmi les petits trésors de ce fonds, les cahiers de notes et d’esquisses donnent un accès privilégié aux états d’âme et aux préoccupations artistiques du peintre.

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Extrait d’un cahier de notes dans lequel Jean Goguen commente un projet d’exposition de Guido Molinari, 24 octobre 1953. BAnQ Vieux-Montréal (P913,S2,D2).

 

Qui plus est, cette nouvelle acquisition vient enrichir le corpus des fonds d’artistes en art visuel disponibles au centre de BAnQ Vieux-Montréal, pensons à Léon Bellefleur (P898), Kittie Bruneau (MSS476), Pierre Ayot (P905) et René Derouin (P922). L’interrelation de ces fonds, qui traitent souvent d’un même sujet sous différents angles, permet dans le cas présent d’avoir une vue d’ensemble de la pratique artistique des années 1950 à 1980, une période d’effervescence dans l’histoire de l’art au Québec.

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Élément de recherche visuelle, vers 1970. BAnQ Vieux-Montréal (P913,S2,D2).

 

Valérie D’Amour, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Daniel Filion, technicien en documentation – BAnQ Vieux-Montréal

La connaissance de l’environnement commence à BAnQ Vieux-Montréal

À l’heure où les préoccupations environnementales occupent une place importante dans notre quotidien, BAnQ Vieux-Montréal est heureuse d’annoncer l’acquisition des archives de la Fondation québécoise en environnement (P936).

Premier organisme à faire la promotion du respect de l’environnement au Québec, la Fondation a pour mission de favoriser l’éducation, l’information et la mise en place de projets concrets en environnement dans une perspective de développement durable. Organisme apolitique, elle œuvre à la sensibilisation et à l’éducation du public par le biais d’émissions et de chroniques diffusées dans les médias québécois. Elle est également présente sur le terrain en finançant des projets d’envergure, tels que des plantations d’arbres.

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Gilles Séguin lors de la distribution de pousses d’arbres, [vers 1990]. BAnQ Vieux-Montréal (P936,S10). Photographe non identifié.

Les archives de la Fondation témoignent de l’action éducative mise de l’avant comme moyen privilégié pour rejoindre la population et l’inciter à adopter des habitudes saines respectant l’environnement.

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Rona-Dismat et le programme de recyclage de la peinture, [vers 1990]. BAnQ Vieux-Montréal (P936,S10). Photographe non identifié.

 

 

Paul-André Leclerc, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

David Ouellet, l’architecte, François Soucy, le constructeur

Coup sur coup, deux fonds d’archives de grande valeur ont été acquis par BAnQ Rimouski. Ils forment un ensemble documentaire inséparable. Il s’agit d’abord du Fonds David Ouellet (1876-1896; 0,10 mètre linéaire de documents textuels – 66 dessins d’architecture, d’ingénierie et techniques), architecte renommé au Québec qui a notamment œuvré au Bas-Saint-Laurent dans la deuxième moitié du 19e siècle dans des projets de construction et de rénovation d’églises ou de presbytères à Rivière-Ouelle, à Saint-Philippe-de-Néri, à Saint-Denis de Kamouraska, à Saint-Épiphane et à Saint-Antonin. Le fonds est abondamment documenté de dessins et de plans détaillés, dont leur réalisation a été l’affaire du constructeur-artisan François Soucy.

Devis et spécifications concernant l'église de Rivière-Ouelle, 3 mars 1876. BAnQ Rimouski (P56,D1,P1).

Devis et spécifications concernant l’église de Rivière-Ouelle, 3 mars 1876. BAnQ Rimouski (P56,D1,P1).

Ce dernier – Fonds François Soucy (1859-1900; 0,08 mètre linéaire de documents; 53 dessins d’architecture, d’ingénierie et techniques) – est tout aussi célèbre dans la région pour avoir réalisé, conjointement avec l’architecte, bon nombre de projets de construction et de rénovation d’églises et de presbytères, mais également de bâtiments publics, gares ferroviaires et ponts. Le fonds contient une masse importante de dessins et de plans détaillés, de devis et de rapports d’experts.

Palais de justice de Kamouraska, cour de circuit. Élévation (façade) avec addition, no 6544, 1888. BAnQ Rimouski (P57,D8,P16)

Palais de justice de Kamouraska, cour de circuit. Élévation (façade) avec addition, no 6544, 1888. BAnQ Rimouski (P57,D8,P16).

L’ensemble documentaire des deux fonds présente des valeurs archivistiques indéniables en raison du caractère unique des documents, de la période dont il témoigne et de l’information qu’il apporte à l’univers du patrimoine bâti. Pour MM. Paul Trépanier et Luc Noppen, il appert que ces documents sont uniques et ils appartiennent à l’un des plus prolifiques architectes et l’un des plus actifs constructeur-artisan du 19e siècle que le Québec a connu. Des spécialistes du patrimoine religieux de l’est du Québec sont très heureux d’apprendre l’existence de ces documents et de la possibilité de leur exploitation prochaine. D’ailleurs, d’ici peu, ces fonds d’archives seront accessibles en ligne dans la base de données PISTARD.

Donald O’Farrell, Archiviste-coordonnateur, BAnQ Rimouski

Les conventions collectives : baromètre de l’évolution des conditions de travail au Québec

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Extrait de la convention collective de la Johns Manville Company Limited d’Asbestos avant la grève du secteur de l’amiante en 1949 (Convention collective de la Canadian Johns Manville Company Limited, 1 févier 1946. BAnQ Québec, fonds du ministère du Travail (E24, 1984-02-008/8).

Les relations de travail occupent une place importante dans l’histoire socio-économique du Québec contemporain. Il est, entre autres, possible d’étudier leur évolution à travers les législations adoptées par le gouvernement du Québec, mais également en consultant les conventions collectives signées entre les employeurs et les syndicats de travailleurs.

En effet, les conventions collectives offrent un important potentiel de recherche en ce qui a trait à l’étude des conditions de travail au Québec. Leur examen permet aisément aux chercheurs et aux historiens de tracer l’évolution des conditions de travail des employés d’une entreprise en particulier ou d’un regroupement d’entreprises identifié à un secteur commercial, industriel ou professionnel. D’une durée d’application minimale d’un an, mais habituellement négociées pour une période de trois ans, les conventions collectives offrent une multitude de renseignements concernant les salaires, les vacances, les jours fériés, les régimes de retraite, les congés parentaux, les horaires, les assurances collectives, les droits syndicaux et les mouvements de main-d’œuvre.

Les conventions collectives tirent leurs origines de la Loi des relations ouvrières adoptée, en 1944, par le gouvernement libéral d’Adélard Godbout. Ce nouveau cadre législatif québécois en matière de relations de travail consent aux travailleurs québécois le droit de se regrouper en syndicat et de négocier, par l’intermédiaire de leurs représentants, des contrats de travail collectifs. Dans le contexte ouvrier de l’époque, où les patrons se considèrent comme rois et maîtres, cette nouvelle loi vient rééquilibrer le rapport de force entre les travailleurs et les employeurs puisqu’elle oblige dès lors les patrons à négocier de bonne foi les conditions de travail de leurs employés. La Loi des relations ouvrières peut être considérée comme la pièce maîtresse des transformations des relations de travail au Québec. Elle est de plus à l’origine du Code du travail du Québec adopté vingt ans plus tard et que nous connaissons aujourd’hui.

Acquis par versements réguliers du ministère du Travail depuis 1976, BAnQ Québec conserve et met à la disposition des chercheurs une série de conventions collectives de travail pour la période s’étendant de 1935 à 2002.

Les conventions collectives sont des documents publics et accessibles à tous les citoyens.

Intéressés par les conventions collectives, visitez le Fonds du ministère du Travail du Québec.

Jacques Rouillard, Ph., Professeur titulaire et spécialiste de l’histoire des travailleurs et du syndicalisme au Québec – Département d’histoire de l’Université de Montréal et Jean-Alexandre Charland, Archiviste – BAnQ Québec.

Françoise «À cœur ouvert»

BAnQ Québec annonce l’acquisition du Fonds Françoise Larochelle-Roy, personnalité incontournable du monde de la radio à Québec. Entre 1966 et 1986, elle anime la populaire émission radiophonique À cœur ouvert sur les ondes de la station CHRC, où elle traite de mille et un sujets. Pendant plus de vingt ans, elle anime cette émission radiophonique qui s’adresse principalement aux femmes à la maison. À sa manière, Françoise Larochelle-Roy a marqué l’histoire de la radio à Québec dans les années d’après-guerre.

Portrait de Françoise Larochelle-Roy, s.d. BAnQ Québec (P970,S1,SS1,D5,P2). Photographe non identifié

Portrait de Françoise Larochelle-Roy, s.d. BAnQ Québec (P970,S1,SS1,D5,P2). Photographe non identifié

Madame Larochelle-Roy est née en 1917 dans une famille où le chant est omniprésent puisque son père est professeur de chant classique. Elle fera partie du Trio Larochelle formé de son père, Émile, et son frère Jacques. Entre 1948 et 1964, elle occupe le poste de directrice des pages féminines au journal L’Action catholique. Parmi ses nombreuses compétences, elle sera une des premières femmes journalistes et une des premières femmes commissaires d’école à exercer à Québec.

Le fonds d’archives comporte trois niveaux d’information. Les documents témoignent de sa famille, de sa carrière comme chanteuse, et puis comme journaliste. On la découvre à travers sa correspondance, ses carnets de voyage, ses notes personnelles, ses critiques de spectacles et autres. Quelques documents iconographiques complètent le fonds.

O Cessate Di Piargarmi, Alessandra Scarlati, (partie de partition), s.d. BAnQ Québec (P970,S2,SS1,D3,P1).

O Cessate Di Piargarmi, Alessandra Scarlati, (partie de partition), s.d. BAnQ Québec (P970,S2,SS1,D3,P1)

Cette récente acquisition offre un intérêt pour les recherches portant sur l’histoire de la radio à Québec et sur la condition des femmes dans la période précédant et suivant l’après-guerre. L’ensemble incite les études sur l’émancipation des femmes et leur histoire en général.

Tour à tour chanteuse classique, pianiste, critique musicale, journaliste, commentatrice de mode, conférencière, chroniqueuse, animatrice à la radio et à la télévision, cette femme a mené avec brio une carrière diversifiée autant sur la scène publique que culturelle dans la région de Québec. Bref, les documents témoignent des activités d’une pionnière en matière de communications.

Lynda Corcoran, archiviste – BAnQ Québec

Les personnages de Jean-Guy Moreau entrent à BAnQ

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Personnage de Sol présenté lors du spectacle Jean-Guy Moreau Chasseur de têtes, 1986. BAnQ Vieux-Montréal (P919). Photo d’Yves Binette.
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BAnQ est très heureuse d’annoncer l’acquisition du fonds d’archives de l’un des plus grands imitateurs et humoristes québécois, Jean-Guy Moreau, qui a été présent sur la scène, à la télévision et au cinéma pendant plus de 50 ans.

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Jean-Guy Moreau dans l’une de ses célèbres interprétations de Jean Drapeau, 1986. BAnQ Vieux-Montréal (P919). Photo d’Yves Binette.
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Le fonds d’archives, confié à BAnQ par la famille de l’artiste, regroupe plus de 1,5 mètre linéaire de documents textuels qui permettent de suivre le développement de sa riche carrière. Les notes de travail, les textes de spectacles et les notes de mise en scène offrent un accès privilégié à la méthode de travail de ce pionnier de l’imitation au Québec et à la façon dont il travaillait ses personnages. Le fonds rassemble aussi une riche collection de photographies et de vidéos à travers lesquels on peut également suivre sa carrière. On le voit notamment lors de différents spectacles sous les traits de Vigneault, Montand, Brassens et surtout Lévesque et Drapeau avec lesquels il a marqué l’imaginaire québécois. On le remarque également lors de séances maquillage présentant les étapes de ses transformations. D’autres photographies le montrent avec les membres de sa famille et ses amis ainsi que lors de ses voyages aux Îles de la Madeleine, lieu qu’il affectionnait particulièrement.

Né le 29 octobre 1943, dans le quartier Ahuntsic à Montréal, l’artiste a fait ses débuts dans les années 1960 en parcourant les boîtes à chansons, accompagné au piano par son ami Robert Charlebois. Dès 1965, il se produit en première partie des spectacles des plus grandes personnalités d’ici et d’ailleurs : Pauline Julien, les Cyniques, France Gall, Enrico Macias, Darry Cowl, etc. Son premier disque intitulé  Mes amis les Chansonniers?  et sa première revue humoristique – Yéyés vs Chansonniers, écrite et jouée en compagnie de Mouffe et de Robert Charlebois – sont également créés en 1965. Un an plus tard, il effectue ses premières armes derrière le micro à la radio de Radio-Canada, toujours accompagné de Robert Charlebois. Au fil du temps, en solo ou en groupe, Jean-Guy Moreau a écrit et interprété plus d’une quinzaine de spectacles alliant humour et chansons. Il a aussi enregistré des disques, tourné pour le cinéma (IXE-13, Y’a toujours moyen de moyenner, Le million tout-puissant, L’Audition et Réseaux) et la télévision (Super Dimanche, plusieurs Bye Bye de 1975 à 1989, Omerta, etc.) et fait du doublage.

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Une autre des célèbres interprétations de l’artiste, celle de René Lévesque. Jean-Guy Moreau Chasseur de têtes. 1986. BAnQ Vieux-Montréal (P919). Photo d’Yves Binette.
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En 1974, il propose son tout premier «one man show» à titre d’humoriste qu’il présente à la Place des Arts. Plusieurs autres spectacles suivront : Yesterday, aujourd’hui Tout-Moreau (1978), Manquez pas le bateau! (1980), La tête des autres (1983), Chasseur de têtes (1986), Chez Gérard en reprise (1991), De Félix à Desjardins (1992), Menu à la carte (1995), Le chum à Céline (1998) et Jean-Guy Moreau comme personne (2005). Dessinateur à ses heures, Jean-Guy Moreau publie, en 2005, avec Pierre Létourneau, l’ouvrage À tort et à travers, un recueil de textes qu’il a illustré. Il est décédé le 1er mai 2012.

Le tout constitue un fonds complet sur l’œuvre de Jean-Guy Moreau et représente une source d’information incontournable sur le travail de création de ce grand artiste de même que pour tout chercheur s’intéressant au développement de l’humour et des arts de la scène au Québec. Le fonds d’archives de Jean-Guy Moreau peut d’ailleurs être consulté à BAnQ Vieux-Montréal de même que plusieurs autres fonds du domaine de l’humour et des arts de la scène conservés par BAnQ, dont ceux de Jean Bissonnette, d’Albert Brie, d’Yvon Deschamps, de Clémence DesRochers, de Jean Grimaldi, de Claude Meunier, de Dominique Michel et de Jean-Pierre Plante.

 

Hélène Fortier, Archiviste-coordonnatrice – BAnQ Vieux-Montréal

Sept-Îles photo Ltée n’est plus… mais demeure bien vivant !

Visite de la Reine d’Angleterre, Elisabeth II, à Sept-Îles, en compagnie du duc d’Édimbourg, 1959. BAnQ Sept-Iles (P59,S4,D62). Photographe non identifié.

Visite de la Reine d’Angleterre, Elisabeth II, à Sept-Îles, 1959. BAnQ Sept-Iles (P59,S4,D62). Photographe non identifié.
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C’est en 2013 que le dernier commerce spécialisé en vente d’appareils photo et en photographie professionnelle a fermé définitivement ses portes à Sept-Îles. Au cours de 64 années d’opération sous la gouverne d’Arthur Lévesque (1949-1969), de Germain Fortin (1969-2011) et de Geneviève Pelletier (2011-2013), le commerce a produit plus 400 000 clichés photographiques. En 2007, l’archiviste de BAnQ en poste à Sept-Îles a pu constater l’ampleur et la qualité des documents produits suite aux démarches entreprises par monsieur Fortin en vue d’en faire don à notre institution. À la conclusion d’une première acquisition d’un lot de plus de 150 000 photographies débutait la grande aventure du traitement de ce fonds d’archives. Ce traitement a été grandement facilité par l’outil de recherche produit par monsieur Fortin qui lui permettait de repérer un travail effectué suite à une commande. Cet outil nous a permis d’élaborer rapidement un plan de classification nous permettant de faire le traitement intellectuel et physique ainsi que d’établir des critères de tri pour l’ensemble de la masse documentaire acquise. Enfin, il nous a renseigné, du moins sommairement, sur la description des sujets et les dates de réalisation des projets commandés auprès de ce commerce.

En 2011, madame Pelletier avise BAnQ de son désir de continuer la donation des documents d’archives du studio. Après discussion, il a été convenu que la donation se poursuivrait en deux temps. D’abord, un premier lot d’archives photographiques, héritées de l’ancien propriétaire monsieur Fortin, serait donné. Ensuite, une procédure serait établie afin que soient donnés par lots, à BAnQ, les documents photographiques numériques produits sous la responsabilité de madame Pelletier.

Vieux quai, rue Arnaud, 1963. BAnQ Sept-Îles (59,S8,D254). Photographe non identifié.

Vieux quai, rue Arnaud, 1963. BAnQ Sept-Îles (P59,S8,D254). Photographe non identifié.
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Malgré la fermeture de l’institution en décembre dernier, le processus de don des archives se poursuit. Ainsi, suite à l’acquisition du premier lot des archives produites par monsieur Fortin, le second lot est en cours d’acquisition. Quant aux archives numériques produites sous la gouverne de madame Pelletier, elles feront partie d’une troisième acquisition qui devrait être complétée au cours des prochaines années.

Présentement, et après application des critères de tri, BAnQ Sept-Îles conserve 63 825 photographies du fonds d’archives Sept-Îles photo Ltée. Ce dernier rend compte du portrait des habitants de la région photographiés par le studio, individuellement ou en groupes (enfants, familles, passeports, équipes sportives, employés), d’évènements de leur histoire familiale et, par extension, de l’histoire locale (baptêmes, mariages, funérailles, premières communions, évènements spéciaux), de la vie étudiante à travers des photographies d’écoles et d’activités scolaires ou encore de l’évolution physique de la ville grâce à des clichés des infrastructures municipales, commerciales et industrielles.

Pour plus de détails sur le contenu de ce fonds, je vous invite à consulter sa description sur PISTARD en cliquant sur le lien qui suit : P59 Fonds Sept-Îles photos Ltée

 

Danielle Saucier, archiviste – BAnQ Sept-Îles




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