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Touchante missive d’un veuf éploré

25 septembre 2019 par Instantanés | Domaine(s) : Diffusion et mise en valeur

 

Le 23 juin 1909, Ernest Marceau voit sa vie bouleversée par la perte de celle qu’il a épousée il y a 30 ans, Elzina Tassé.

 

Notice nécrologique de Marie-Eudoxie-Elzina Tassé (1850-1909), fille de Rose-de-Lima Painchaud et de François-Zéphirin Tassé, La Presse, 24 juin 1909, p. 13.

 

« Rien ne saurait éclairer la nuit où je suis plongé » confie-t-il à son ami et collègue Louis-Gustave Papineau dans une émouvante lettre de remerciements. Écrite sur du papier encadré de noir en signe de deuil, cette missive exprime de manière remarquable la douleur qui l’accable depuis la mort de sa femme qui l’a plongé dans un profond désarroi.

Enveloppe adressée à Louis-Gustave Papineau, 17 juillet 1909. BAnQ Vieux-Montréal (P7, S1, D76).

 

Lettre d’Ernest Marceau à Louis-Gustave Papineau, 17 juillet 1909, p. 1. BAnQ Vieux-Montréal (P7, S1, D76).

Lettre d’Ernest Marceau à Louis-Gustave Papineau, 17 juillet 1909, p. 2. BAnQ Vieux-Montréal (P7, S1, D76).

 

Transcription libre :

 

Montréal, le 17 juillet 1909

 

Mon cher Gustave

 

Le désarroi dans lequel je suis encore m’a empêché de te dire plus tôt combien j’ai été touché de la suprême marque d’estime que vous avez voulu, Madame Papineau [Juliette MacKay (1863-1943)] et toi, donner à ma pauvre chère femme et de te remercier personnellement d’avoir consenti à l’accompagner jusqu’à la dernière demeure.

Si quelque chose pouvait me consoler de sa perte, je ne parle pas évidemment de l’espoir de la retrouver bientôt, ce serait de savoir que des cœurs comme les vôtres comprennent ma douleur et s’y associent ; mais, pour le moment, rien ne saurait éclairer la nuit où je suis plongé.

 

Fidèlement à toi

 

Ernest Marceau

 

Malgré sa peine, Ernest Marceau reprend son travail d’ingénieur en chef responsable des voies de canalisation de la province de Québec.

 

Ernest Marceau (1852-1919), ingénieur en chef responsable des voies de canalisation de la province de Québec de 1893 à 1919, [189-]. BAnQ Vieux-Montréal (P751, DS8, P3504). Photographe non identifié.

 

Il poursuit également son mandat de principal à l’École polytechnique de Montréal dont il est, avec Louis-Gustave Papineau, l’un des cinq diplômés de la première promotion en 1877.

 

Ernest Marceau (1852-1919), principal à l’École polytechnique de Montréal de 1904 à 1919, [190-]. BAnQ Vieux-Montréal (P750, DS7, P1784). Photographe non identifié.

 

Louis-Gustave Papineau (1855-1931), ingénieur responsable de travaux d’aménagement sur les canaux de Lachine, de Chambly, à l’écluse de Saint-Ours ainsi qu’aux ports de Montréal et de Sorel, [189-]. BAnQ Vieux-Montréal (P7, S13, D2, P22). Photographe : Quéry Frères.

 

 

Marthe Léger, archiviste, avec la collaboration d’Hélène Chartrand, technicienne en documentation – BAnQ Vieux-Montréal

 

En complément :

http://www.biographi.ca/fr/bio/marceau_ernest_14F.html

http://www.banq.qc.ca/histoire_quebec/parcours_thematiques/Papineau/papineau_louis-gustave.jsp

2 commentaires pour “Touchante missive d’un veuf éploré”

  1. Touchante histoire, et beau travail de recherche, ainsi que de mise en contexte socio-historique. Bravo à vous deux pour ce billet.

  2. Comme cette lettre est touchante et bien écrite, non par un littéraire, mais un ingénieur!

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