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Georges-Henri Lévesque, le « père fondateur » de l’École des sciences sociales, politiques et économiques de l’Université Laval

28 février 2019 par Instantanés | Domaine(s) : Diffusion et mise en valeur

 

Le 28 février 1938, en présence de l’élite laïque et ecclésiastique de la ville de Québec, le père Georges-Henri Lévesque prononce une conférence intitulée À la recherche du paradis perdu [1]. Cette allocution s’inscrit dans le cadre d’une soirée organisée en l’honneur du cardinal chancelier de l’Université Laval, Mgr Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve. Une chorale féminine, sous la direction de Maurice Blackburn, interprète les chants du programme musical de cette « conférence-concert » présentée au Palais Montcalm.

Programme, 28 février 1938. BAnQ Vieux-Montréal (P957,S3.D9).

 

Programme, 28 février 1938. BAnQ Vieux-Montréal (P957,S3.D9).

 

 

Le directeur et les membres de la chorale féminine. À la droite de Maurice Blackburn, sa future femme, Marthe Morisset, [février 1938]. BAnQ Vieux-Montréal (P957,S3,D7). Photographe non identifié.

 

 

 

À la fin de la soirée, le cardinal chancelier de l’Université Laval, appelé à remercier le conférencier, annonce en grande primeur la création d’une École des sciences sociales, politiques et économiques à l’Université Laval dont le père Georges-Henri Lévesque, instigateur de ce projet, sera le directeur. Mgr Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve, évoquant le thème de la conférence du père Lévesque, conclut son discours en soulignant qu’il y a « lieu d’espérer que, si nous ne retrouvons pas le paradis perdu, nous serons quand même dans le chemin pour y arriver » [2].

 

 

 

Le cardinal Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve, [juillet 1938]. BAnQ Vieux-Montréal (P833,S1,D1815). Photographe non identifié.

 

 

 

L’École des sciences sociales, politiques et économiques de l’Université Laval ouvre ses portes le 3 octobre 1938. Le père Georges-Henri Lévesque déclare, dans son allocution d’ouverture de la nouvelle institution d’enseignement supérieur, « Après le jour de mon ordination, ce premier jour de l’École est le plus beau de ma vie… » [3].

 

 

Premiers étudiants de l’École des sciences sociales, politiques et économiques de l’Université Laval (première rangée au centre, en blanc, le père Georges-Henri Lévesque), 3 octobre 1938. BAnQ Vieux-Montréal (P283). Photographe : Turcotte & Gousse enr’g.

 

 

 

L’École des sciences sociales, politiques et économiques de l’Université Laval, devenue la Faculté des sciences sociales de l’Université Laval en 1943, va assurer la formation de plusieurs acteurs de la Révolution tranquille. Homme aux idées libérales, de la trempe des pionniers et des bâtisseurs, Georges-Henri Lévesque est d’ailleurs considéré comme un des pères de la Révolution tranquille.

 

 

Marthe Léger, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

 

 

Références :

 

[1] Le père Georges-Henri Lévesque, alors professeur de théologie et de sociologie au Collège dominicain d’Ottawa, a déjà prononcé cette conférence à Ottawa le 9 avril 1934.

 

[2] FAUCHER, Albert. Cinquante ans de sciences sociales à l’Université Laval.  L’histoire de la Faculté des sciences sociales (1938-1988). Sainte-Foy, Faculté des sciences sociales de l’Université Laval, 1988, p. 18.

 

[3] FAUCHER, Albert. Cinquante ans de sciences sociales à l’Université Laval.  L’histoire de la Faculté des sciences sociales (1938-1988). Sainte-Foy, Faculté des sciences sociales de l’Université Laval, 1988, p. 20.

 

 

En complément :

 

http://www.expo-virtuelle.fss.ulaval.ca/dalbert-georges-henri-levesque

 

La majeure partie des archives de Georges-Henri Lévesque sont conservées à Québec, au Service des archives de l’Université Laval, sous la cote P151.

 

Fonds Georges-Henri Lévesque (CLG8), BAnQ Vieux-Montréal.

 

http://blogues.banq.qc.ca/instantanes/2018/12/19/les-fiancailles-a-noel-le-prelude-au-mariage-du-printemps/

4 commentaires pour “Georges-Henri Lévesque, le « père fondateur » de l’École des sciences sociales, politiques et économiques de l’Université Laval”

  1. Merci pour cet article madame Léger. Une question: connaissons-nous le nom de la seule femme sur cette photographie, donc peut-être la seule femme acceptée à l’École des sciences sociales, politiques et économiques de l’Université Laval ?

  2. D’après Jules Racine St-Jacques :
    L’École est ouverte à l’ensemble de la population. La première cohorte comprend 45 étudiants, dont une seule femme, Jeanne Ménard, qui recevra son diplôme en 1941. De ce groupe, on sait que Cyril Felteau deviendra journaliste, notamment à La Presse; Bona Arsenault sera politicien; Jean-Charles Falardeau, un sociologue réputé; Roger Marier, un travailleur social, sera un artisan de la Révolution tranquille; Albert Faucher deviendra économiste tout comme Maurice Lamontagne; et enfin, Maurice Tremblay sera sociologue. Repérés par le père Lévesque comme les meilleurs éléments de leur promotion, Falardeau, Marier, Faucher, Lamontagne et Tremblay iront tous compléter leur formation hors du Québec afin de revenir enseigner à Laval, lorsque l’École deviendra la Faculté des sciences sociales.
    Source : https://www.acfas.ca/publications/decouvrir/2018/06/georges-henri-levesque-ecole-sciences-sociales-universite-laval

  3. Il s’agit de Jeanne Ménard (1917-1998). Elle a été en effet la première femme diplômée en sciences sociales de l’Université Laval. Elle a poursuivit des études en droit à l’Université de Sherbrooke où elle a enseigné de 1970 à 1975. Elle a aussi été commissaire au Conseil de la radio-diffusion et des télécommunications canadiennes, de 1976 à 1981.
    Elle a épousé le Dr Gerald La Salle.

  4. Si toute la vie et l’oeuvre du compositeur et cinéaste Maurice Blackburn permettait d’offrir un pan de l’histoire du Québec ce serait formidable. C’est déjà tout un honneur et un enrichissement que de ressortir celle de Georges-Henri Lévesque, « père fondateur » de l’École des sciences sociales, politiques et économiques de l’Université Laval. Surtout que la BANQ en possède les artefacts après identification d’au moins deux donatrices soit La succession Esther Rochon incluant ma donation personnelle et d’autres précieuses sources. Félicitations à madame Léger du service de la recherche et de la rédaction.

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