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Les fiançailles à Noël, le prélude au mariage du printemps

19 décembre 2018 par Instantanés | Domaine(s) : Diffusion et mise en valeur

 

 

En 1942, Maurice Blackburn obtient un poste de compositeur de musique de film à l’Office national du film du Canada à Ottawa. Cet emploi lui donne « tout lieu d’espérer que d’ici quelques mois » il sera « en mesure de gagner suffisamment pour fonder un foyer ». Cette stabilité financière lui permet, en effet, de demander la main de celle qu’il aime depuis longtemps « du plus profond de [son] être » et qu’il désire épouser, Marthe Morisset.

 

 

 

Le « National Symphony Orchestra » de Washington, D. C., au Théâtre Capitol – Québec, programme de la première invitation à un concert de Maurice Blackburn à Marthe Morisset, 6 décembre 1935. BAnQ Vieux-Montréal (P957,S3,D9).

 

 

Le 14 octobre 1942, il écrit au père de Marthe, le docteur Alfred Morisset, et lui avoue qu’il serait « le plus heureux des hommes » s’il lui permettait « de fiancer Marthe à Noël » avant de le « remercie[r] à l’avance de cette grande part de bonheur ».

 

 

 

 

Lettre de Maurice Blackburn à Alfred Morisset, p. 1, 14 octobre 1942. BAnQ Vieux-Montréal (P957,S1,SS1,D3).

 

 

 

 

Lettre de Maurice Blackburn à Alfred Morisset, p. 2, 14 octobre 1942. BAnQ Vieux-Montréal (P957,S1,SS1,D3).

 

 

Transcription :

Ottawa, mercredi le 14 octobre, 1942

Dr Alfred Morisset

Greffier du Conseil Exécutif,

Hôtel du Gouvernement,

Québec,

 

Cher monsieur Morisset,

 Vous m’avez toujours si bien accueilli par le passé lorsque j’avais besoin de votre expérience et de vos précieux conseils, qu’aujourd’hui, je viens avec la plus entière confiance soumettre à votre approbation le projet qui réalise, pour moi, le bonheur.

 Depuis bientôt six ans que je connais Marthe, je me suis servi de tous mes efforts, de toutes mes énergies et de tout l’enthousiasme que j’ai de devenir quelqu’un, justement dans l’idée de faire cela pour elle et pour qu’elle devienne un jour ma femme. Je l’aime du plus profond de mon être et mon plus grand désir est de la rendre heureuse.

 Jusqu’ici, les moyens matériels m’empêchaient de vous en parler ouvertement, mais comme j’ai tout lieu d’espérer que d’ici quelques mois, je serai en mesure de gagner suffisamment pour fonder un foyer, je serais le plus heureux des hommes si vous me permettiez de fiancer Marthe à Noël.

 Ce serait la première récompense que je crois avoir bien méritée, pour les sacrifices que j’ai dû m’imposer pour ne pas faillir à mon idéal. Grâce à Marthe, j’ai déjà surmonté bien des obstacles mais je suis sûr que si l’amour profond et l’entière confiance que nous avons l’un pour l’autre étaient réunis, il n’y aurait rien qui pourrait nous résister, et les difficultés de la vie seraient vaincues sans efforts.

 Je vous remercie à l’avance de cette grande part de bonheur dont, j’ose espérer, cher monsieur Morisset, vous allez me nommer bénéficiaire !

 

Maurice Blackburn

 

Dans sa réponse, le docteur Morisset, ayant déjà donné son approbation à Marthe qui a « fait le choix de celui qui devait unir sa destinée à la sienne », consent volontiers à ces fiançailles qui, il le souhaite, « seront le prélude de la vie que vous rêvez à deux, vie de joie, vie d’amour ».

 

 

Lettre [brouillon] d’Alfred Morisset à Maurice Blackburn, p. 1, [15 octobre 1942]. BAnQ Vieux-Montréal (P957,S1,SS1,D3).

 

 

 

Lettre [brouillon] d’Alfred Morisset à Maurice Blackburn, p. 2, [15 octobre 1942]. BAnQ Vieux-Montréal (P957,S1,SS1,D3).

 

 

Transcription :

Mon cher M.

 La lettre que tu m’as envoyée hier ne m’a pas pris par surprise ; Marthe avait commencé à préparer les voies et je l’avais déjà approuvée puisqu’elle même avait fait le choix de celui qui devait unir sa destinée à la sienne et faire son bonheur. Je n’ai aucun doute que vous êtes faits l’un pour l’autre, que vous avez le même idéal, la même bonne volonté de réussir dans la vie en combinant vos efforts. Vous aurez peut-être à devenir un peu plus « pratiques », mais c’est une chose qu’on apprend vite quand on est aux prises avec toutes les difficultés qu’on rencontre sur le chemin de la vie. L’important pour être heureux, c’est de se bien comprendre, de bien s’entraider et d’avoir foi en l’avenir, ayant toujours en vue que la Providence nous dirige et nous protège. – Je consens donc volontiers à vos fiançailles à Noël; ce sera elles seront le prélude de la vie que vous rêvez à deux, vie de joie, vie d’amour que je vous souhaite et que vous méritez.

Bien à toi.

  1. Dr. A. M.

Le mariage de Maurice Blackburn et de Marthe Morisset est célébré au printemps 1943.

 

 

Photo de mariage de Marthe Morisset et Maurice Blackburn, 22 mai 1943. BAnQ Vieux-Montréal (P957,S1,SS1,D7). Photographe : Michel.

 

 

 

 

Photo de mariage de Marthe Morisset, 22 mai 1943. BAnQ Vieux-Montréal (P957,S1,SS1,D7). Photographe : Michel.

 

 

 

« La mariée portait une robe de crêpe mat blanc aux lignes très simples, à longue jupe formant traîne. Son voile de tulle illusion était maintenu par une torsade de crêpe, comme sa robe. Elle portait un livre d’heures décoré de rubans et de muguets. Son seul bijou consistait en un collier de perles : cadeau du marié. ». Extrait de l’annonce publiée dans Le Soleil (Québec), 26 mai 1943, p. 6.

Après le voyage de noces à l’Hôtel La Sapinière de Val-David, le couple s’installe à Ottawa.

 

 

 

Télégramme de félicitations de la part de collègues de travail de l’Office national du film (ONF) : [Vincent] Paquette, [?] Hunter, [Jean] Palardy, [Paul] Lamoureux, [Norman? ou Jean-Yves?] Bigras, 22 mai 1943. BAnQ Vieux-Montréal (P957,S3,D8).

 

 

Annonce du mariage publiée dans Le Soleil (Québec), 26 mai 1943, p. 6. BAnQ Vieux-Montréal (P957,S3,D8).

 

 

 

BAnQ Vieux-Montréal conserve le fonds Famille Blackburn Rochon (P957) qui comprend les archives du compositeur de musique Maurice Blackburn, de la scénariste Marthe Morisset Blackburn et de leur fille, l’auteure de romans de science-fiction Esther Rochon.

Marthe Léger, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

 

 

2 commentaires pour “Les fiançailles à Noël, le prélude au mariage du printemps”

  1. Comme une des dépositaires de la collection du fonds Famille Blackburn Rochon à la BANQ, je suis très émue par ce premier blogue portant sur les fiancailles et le mariage des parents de leur fille Esther, romancière avec qui j’entretiens depuis plusieurs années une solide amitié. Je tiens à souligner la clarté de la reproduction des photos et des documents originaux. La retranscription des lettres apporte une seconde lumière.

  2. Merci de partager ces informations sur une étape importante de la vie de Maurice Blackburn. Ses lettres et les transcription, les photos et les articles de journaux donnent des détails intéressants sur ces événements. Je serai heureuse de lire d’autres articles qui seront publiés sur votre blogue.

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