Histoires croustillantes et anecdotes étonnantes : les dessous de la gravure commerciale

 

Le 29 novembre dernier, à La Petite Boîte Noire de Sherbrooke, s’est tenue l’inauguration de l’exposition virtuelle intitulée Histoires croustillantes et anecdotes étonnantes : les dessous de la gravure commerciale mettant en lumière la beauté et l’histoire du patrimoine bâti des Cantons-de-l’Est.

 

Le projet a été réalisé par des étudiants de la maîtrise en histoire de l’Université de Sherbrooke, grâce à la collaboration du Centre de ressources pour l’étude des Cantons-de-l’Est (CRCE) et de Bibliothèque et Archives nationales du Québec – BAnQ Sherbrooke.

 

L’origine du projet

Au départ, c’était le rêve d’une spectaculaire mise en valeur : recréer les grandes artères urbaines de Sherbrooke en affichant, les unes à la suite des autres, des gravures représentant des édifices commerciaux et institutionnels, pour donner la sensation de se promener dans les rues Wellington et King d’antan.

 

Dès lors, les grands moyens sont pris pour réaliser ce rêve. À l’occasion de la Journée internationale des archives, le 9 juin 2018, la population estrienne est alors invitée à une session de recherche intensive à BAnQ Sherbrooke. L’objectif est de constituer une banque de gravures d’édifices. Les participants dépouillent donc les fonds d’archives en quête de gravures pour ensuite localiser les édifices sur une carte.

 

 

 

Session de recherche dans les archives pour retrouver des gravures d’édifices, 9 juin 2018. Photographe : Lëa-Kim Châteauneuf.

 

 

 

Localisation des gravures d’édifices sur une carte du centre-ville de Sherbrooke, 9 juin 2018. Photographe : Lëa-Kim Châteauneuf.

 

 

 

Les gravures sont dénichées principalement dans la papeterie commerciale (lettres, factures, reçus) issue du fonds Chambre de commerce de Sherbrooke (P1), du fonds Famille Bowen (P4), de la collection Freeman Clowery (P14), de bottins d’adresses et d’albums de finissants. En effet, la gravure commerciale est une technique qui a grandement été utilisée à partir du XIXe siècle en publicité afin de promouvoir les produits de consommation et le savoir-faire des commerçants des Cantons-de-l’Est.

 

Malgré la fonction utilitaire de l’illustration, le regard est immédiatement attiré par la pureté et la finesse des lignes qui la composent : la gravure est belle à voir !

 

 

 

Papier à en-tête du Sherbrooke House – extrait, 6 juin 1895. BAnQ Sherbrooke, collection Freeman Clowery (P14).

 

 

 

À la fin de la journée de recherche cependant, et malgré la cinquantaine de gravures découvertes, nous constatons la limite de nos collections : nous n’avons pas en banque toutes les images nécessaires pour reproduire avec grand effet les artères urbaines les plus fréquentées de Sherbrooke…

 

Une collaboration renouvelée

La déception est de courte durée puisqu’un autre projet voit le jour deux mois plus tard grâce à un partenariat entre l’Université de Sherbrooke, le Centre de ressources pour l’étude des Cantons-de-l’Est et BAnQ Sherbrooke. L’année dernière, ces mêmes collaborateurs avaient réalisé l’exposition Barbus et moustachus / A Hair Affair, un projet de mise en valeur de la pilosité masculine qui avait fait grand bruit. Cette année, nous récidivions, cette fois avec le patrimoine bâti des Cantons-de-l’Est.

 

En l’espace de trois mois, les étudiants et les partenaires réalisent une exposition virtuelle sur carte géographique grâce à l’application Story Maps. Chaque gravure d’édifice est alors accompagnée d’un document d’archives et d’une histoire croustillante s’étant déroulée audit édifice : morts accidentelles, faillites, exploits sportifs, récits de fantôme ou de géant, malédictions et autres bizarreries sont au rendez-vous! L’exposition virtuelle est consultable en suivant le lien : http://gravures-des-cantons.historiamatica.ca/ (à ouvrir de préférence avec Google Chrome).

 

 

 

 

Papier à en-tête de la Walter Blue – extrait, 1912. BAnQ Sherbrooke, fonds Chambre de commerce de Sherbrooke (P1).

 

 

 

Delphine Bégin à l’hôtel Queen, [vers 1911]. BAnQ Sherbrooke, fonds Sylvio Lacharité (P3). Photographe non identifié. L’édifice de la Walter Blue est à l’arrière-plan.

 

 

Lors de la soirée d’inauguration, le 29 novembre 2018, une exposition temporaire est installée sur les murs de La Petite Boîte Noire. Pour l’occasion, la conteuse Claude Hamel y va d’une prestation originale : s’inspirant des différents récits historiques et anecdotes sur les gravures d’édifices, elle raconte cinq histoires, tantôt drôles, tantôt émouvantes.

 

Le projet Histoires croustillantes et anecdotes étonnantes : les dessous de la gravure commerciale est une autre réussite régionale qui a su mettre en valeur les archives de BAnQ et du CRCE. Laissons-nous sur quelques photographies prises au cours de la soirée !

 

 

 

L’exposition temporaire est prête à recevoir le public, 29 novembre 2018. Photographe : Hubert Cousineau.

 

 

 

Papier à en-tête de la Canadian Silk Products Limited – extrait, 1933. BAnQ Sherbrooke, fonds Chambre de commerce de Sherbrooke (P1). Photographe : Joshua Vachon.

 

 

 

L’événement a attiré plus de 80 personnes, 29 novembre 2018. Photographe : Joshua Vachon.

 

 

 

Prestation de la conteuse Claude Hamel, 29 novembre 2018. Photographe : Joshua Vachon.

 

 

 

Après les contes de Claude Hamel, les visiteurs circulent à nouveau dans l’exposition, cette fois avec un regard neuf sur les édifices, 29 novembre 2018. Photographe : Joshua Vachon.

 

 

 

Les maîtres d’œuvre du projet : Anthony Trouilhas, Hubert Cousineau, Sarah Lacasse, Gauthier Ruel et Antoine Gauthier Trépanier, tous étudiants à la maîtrise en histoire, ainsi que Julie Roy, archiviste-coordonnatrice à BAnQ Sherbrooke, Julie Allard, chargée de cours à l’Université de Sherbrooke, et Fabian Will, directeur administratif du Centre de ressources pour l’étude des Cantons-de-l’Est (CRCE). Saluons l’apport de Jody Robinson, archiviste au CRCE, et d’Hélène Liard, agente de bureau à BAnQ Sherbrooke, qui n’ont pu paraître sur la photo. 29 novembre 2018. Photographe : Joshua Vachon.

 

 

 

Julie Roy, archiviste-coordonnatrice – BAnQ Sherbrooke