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Charbonnier : un savoir-faire en péril

11 avril 2018 par Instantanés | Domaine(s) : Diffusion et mise en valeur

 

Le métier de charbonnier, est-ce que vous connaissez? Métier transmis d’une génération à l’autre, c’est aujourd’hui un savoir-faire en déclin. En raison du manque de relève et de la rareté des débouchés commerciaux, la production de charbon de bois est en forte baisse, voire quasiment inexistante dans plusieurs régions du Québec. Pourtant, il fut un temps où des centaines de fours à charbon produisaient ce combustible en quantité considérable, surtout à l’époque des deux Guerres mondiales. D’ailleurs, les charbonniers étaient exemptés de la loi sur la conscription, car la production de charbon était considérée comme un effort de guerre essentiel.

 

La construction et l’utilisation des fours à charbon de bois sont surtout le fruit d’une tradition orale perpétuée depuis l’Antiquité. La carbonisation du bois requiert une technique particulière ainsi qu’un savoir-faire qui se transmet habituellement de père en fils. Toutes les étapes de la fabrication du charbon de bois ont une incidence sur sa qualité et sur sa quantité, qu’il s’agisse de la construction du four, du choix de l’essence de bois à utiliser, de la disposition de la matière première dans le four, de la manière de l’allumer, du contrôle du feu, de l’apport en oxygène à l’aide des évents ou du « scellage » du four.

 

La région de Portneuf, plus particulièrement les villes de Saint-Raymond, de Saint-Léonard et de Sainte-Christine-d’Auvergne, compte sur son territoire quelques-uns des derniers fours à charbon de bois encore en fonction dans la province. Pendant les années 1940, plus de 300 fours à charbon étaient recensés dans Portneuf. Cette région était celle où la concentration de ce genre d’équipement était la plus élevée au Québec et, par le fait même, où la production de charbon était la plus prolifique. Évidemment, l’abondance de la matière première n’était pas étrangère à cette polarisation. La plupart des producteurs étaient des agriculteurs qui voyaient dans cette activité le moyen d’arrondir leurs fins de mois pendant les périodes plus creuses de l’année.

 

Aujourd’hui, la production est assurée en grande partie par la compagnie Les Charbons de bois feuille d’érable. Cette entreprise écoule, aux États-Unis et au Canada, sa production qui est utilisée principalement pour la cuisson des aliments. Quelques rares exploitants indépendants lui vendent le fruit de leur labeur afin de profiter de son réseau de distribution élargi. Véritable témoin d’un patrimoine bâti rural, plusieurs structures de fours, maintenant à l’abandon, sont toujours visibles. La MRC de Portneuf a même comme projet de faire un circuit touristique patrimonial pour les mettre en valeur.

 

BAnQ Québec conserve plusieurs documents portant sur ce métier méconnu. Entre autres, on retrouve dans le fonds du Ministère des Terres et Forêts (E21), un bulletin d’information de 1945 qui contient des renseignements pratiques sur la fabrication du charbon de bois. De même, dans le fonds du Ministère de la Culture et des Communications (E6), il y a plusieurs photographies intéressantes, dont voici quelques exemples :

 

 

 

 

Four à charbon de bois, Alexandre Paquet, Saint-Raymond, Portneuf, 1950. BAnQ Québec (E6,S7,SS1,P78170). Photographe : J.W. Michaud.

 

 

 

Four à charbon de bois, Alexandre Paquet, Saint-Raymond, Portneuf, 1950. BAnQ Québec (E6,S7,SS1,P78172). Photographe : J.W. Michaud.

 

 

 

 

Four à charbon de bois. Four au premier plan; en brique avec revêtement de mortier d’une capacité de 65 cordes de 4 pieds La Macaza, 1951. BAnQ Québec (E6,S7,SS1,P87444). Photographe : Roch Delisle.

 

 

 

 

Four à charbon de bois à Sainte-Catherine, 1941. BAnQ Québec (E6,S7,SS1,P5760). Photographe : J.W. Michaud.

 

 

 

Sylvie Bédard, archiviste – BAnQ Québec

 

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