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Jacques Languirand : son Théâtre de Dix Heures aimé par l’ami Jean Cocteau

27 mars 2018 par Instantanés | Domaine(s) : Diffusion et mise en valeur

 

 

Le 1er novembre 1956, à la suite du succès de sa pièce Les Insolites, Jacques Languirand inaugure le Théâtre de Dix Heures dont il sera à la fois le fondateur et le directeur.

 

 

 

Jacques Languirand, 1972. BAnQ Vieux-Montréal (P833,S2,D3123). Photographe : Antoine Desilets.

 

 

 

 

Carton d’invitation à l’ouverture du Théâtre de Dix Heures, 1er novembre [1956]. BAnQ Vieux-Montréal (P944,S7,SS2).

 

 

 

Ce théâtre porterait ce nom parce que les comédiens qui y jouent travaillent souvent à la télévision, source de leur gagne-pain, et ne sont libres qu’à dix heures (1). Logée au 1300, rue Saint-Urbain, cette petite salle de spectacle montréalaise marie le théâtre et le cabaret et sa « spécialité » est « le risque » (2). Le soir de l’inauguration, les créations Le roi ivre de Jacques Languirand, présentée par la troupe « Les Insolites », ainsi qu’On demande un souvenir de Louis-Georges Carrier prennent l’affiche. La soirée se termine par la présentation du spectacle du Cabaret de minuit qui met en vedette Vonny [Yvonne Guillaud], Jean Letarte et Marc Gélinas.

 

 

 

Programme des pièces Le roi ivre et On demande un souvenir, 1956, [p. 4 et 5]. BAnQ Vieux-Montréal (P944,S1,D5).

 

 

 

 

 

Carte postale annonçant les dernières représentations des pièces Le roi ivre et On demande un souvenir, janvier 1957. BAnQ Vieux-Montréal (P944,S12,D5).

 

 

 

Dès le printemps de 1957, la formule cabaret-théâtre du Théâtre de Dix Heures disparaît. Les tables sont enlevées et les consommations sont supprimées pour faire place à du « vrai théâtre » d’après Jacques Languirand.

 

 

 

 

Lettre de Jacques Languirand, mars 1957. BAnQ Vieux-Montréal (P944,S7,SS2).

 

 

 

 

 

Lettre de Jacques Languirand, avril 1957. BAnQ Vieux-Montréal (P944,S2,SS2).

 

 

 

Toutefois, malgré les efforts de son fondateur qui a fait appel à l’appui et à la générosité des « amateurs de bon théâtre », des « vrais amateurs de théâtre » et des « amateurs de théâtre de choc », le Théâtre de Dix Heures, théâtre avant-gardiste dont chaque spectacle était qualifié d’« aventure » par Jacques Languirand, doit fermer ses portes en octobre 1957 après moins d’une année d’activités.

 

Le dramaturge et futur animateur de l’émission radiophonique Par 4 chemins doit certainement avoir été touché de recevoir le témoignage d’appréciation de son ami Jean Cocteau qui n’était, de toute évidence, pas encore au courant de la fermeture du théâtre de poche lorsqu’il a écrit ce message.

 

 

Jean Cocteau à Jacques Languirand, 6 avril 1958. BAnQ Vieux-Montréal (P944,S7,SS2).

 

 

 

 

Transcription par Marthe Léger : « 6 avril 1958 Mon cher ami Notre époque crève de luxe et d’un désir de luxe. Les grandes choses de l’art ont toujours commencé par être petites et les naissances divines se présentent dans la paille d’une étable. C’est la raison pour laquelle j’aime votre Théâtre de Dix Heures. L’anti gala [voilà?] le programme que je préconise et auquel votre entreprise semble répondre. Salut fraternel de Jean Cocteau*»

 

 

 

Marthe Léger, archiviste, BAnQ Vieux-Montréal

 

 

Références :

 

(1) Programme des pièces Le roi ivre et On demande un souvenir, texte « Avant-première » signé « La direction », 1956, p. 1, BAnQ Vieux-Montréal (P944,S1,D5).

(2) Idem

 

En complément :

 

Fonds Jacques Languirand (MSS138, MSS230, MSS353).

Fonds Roland Laroche et Hélène M. Stevens (P944).

Fonds Gabriel Charpentier (P873,S13,D11).

Apostolska, Aline, Jacques Languirand : le cinquième chemin, Les Éditions de l’Homme, 2014.

Paquette, Claude, Jacques Languirand : biographie, Libre expression, 1998.

2 commentaires pour “Jacques Languirand : son Théâtre de Dix Heures aimé par l’ami Jean Cocteau”

  1. Bel article, il tombe à point pour la Journée mondiale du théâtre.

  2. Très intéressant … et le choix de terminer l’article avec la lettre de Cocteau « … Les grandes chose de l’art ont toujours commencé par être petites … » illustre bien la création de ce théâtre et elle est toujours d’actualité.

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