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Le fonds Studio Boudrias : l’arrière-scène du traitement documentaire

28 février 2018 par Instantanés | Domaine(s) : Diffusion et mise en valeur

 

Lorsqu’un fonds d’archives est acquis par BAnQ, le contenu des boîtes est souvent ardu à consulter. Le fonds Studio Boudrias (P21) est un excellent exemple de cette difficulté.

 

Le Studio Boudrias

Né à Saint-Lambert en 1917, Jean-Paul Boudrias est le fils de Napoléon Boudrias, opérateur, et d’Alexina Dion. Boudrias devient d’abord photograveur, c’est-à-dire un spécialiste de la photographie imprimée, telle la carte postale. En 1948, il travaille au Studio Bélanger à Sherbrooke comme photographe. C’est au nom du Studio Bélanger qu’il participe, la même année, au 33e congrès annuel de l’International Association for Identification à Denver au Colorado, la photographie étant l’une des branches scientifiques utiles aux enquêtes policières.

 

 

Toujours en 1948, Boudrias démarre son propre commerce en association avec Albert Prince, sous la raison sociale Studio Boudrias et Prince. Le commerce est installé dans l’ancien studio qu’occupait A. Z. Pinsonneault sur la rue King Ouest à Sherbrooke. L’entreprise est dissoute dès mars 1951. Boudrias crée alors son propre studio qu’il déménage sur la rue Belvédère Sud en 1965. Le commerce ferme en 1980, peu de temps avant le décès de son propriétaire.

 

 

Tâches archivistiques

Constitué, à l’origine, de près de 35 000 négatifs répartis dans 18 boîtes, le fonds, acquis en 1981, est resté en « dormance » jusqu’à ce que le traitement commence en 2015. À l’ouverture des boîtes, nous avons rapidement compris la complexité, pour un chercheur ou pour un membre du personnel, d’accéder à l’information contenue dans les enveloppes.

 

 

 

 

Une boîte du fonds Studio Boudrias, avant traitement, 2018. BAnQ Sherbrooke. Photographe : France Monty. 

 

 

 

 

Les enveloppes contiennent des négatifs et des épreuves âgés de plusieurs décennies. Sur chacune d’elles, le nom du client et son adresse sont inscrits. L’utilisation de la table lumineuse et de la loupe peuvent s’avérer nécessaires pour capter le détail qui permet de bien identifier les images.

 

 

Une sélection est effectuée : nous conservons les pièces ayant une valeur documentaire certaine, mais aussi celles qui sont représentatives de leur époque. Dans les cas de portraits ou de photos de commerces, le numéro du négatif retenu par le client est souvent indiqué, ce qui facilite le choix des pièces à conserver. Sont éliminés, les négatifs et les épreuves comportant des défauts techniques et les doublons.

 

 

Chaque enveloppe devient un dossier et chaque négatif ou épreuve, une pièce. Pour numéroter les dossiers, nous avons choisi d’utiliser le même numéro que celui qui est inscrit sur l’enveloppe. Par la suite, celle-ci est décrite au contenant dans le système d’information Pistard.

 

 

 

 

Une enveloppe et son contenu. L’épreuve no 3 a été sélectionnée par le client. BAnQ Sherbrooke. Photographe : France Monty. 

 

 

 

 

À ce jour, les enveloppes nº 1 à nº 3430, couvrant la période de 1959 à 1965, ont été traitées. La production des années 1950 du Studio Boudrias est, quant à elle, fragmentaire; des paquets de négatifs collés ensemble ont été retrouvés pêle-mêle, avec des résidus d’enveloppes. Il semble qu’un dégât d’eau ait obligé la destruction des pochettes et, conséquemment, des informations qu’elles présentaient. Néanmoins, quelques beaux spécimens ont pu être sauvés.

 

 

Le traitement du fonds en sera un de longue haleine, puisque les dates inscrites sur les enveloppes se rendent jusqu’à la fin de l’histoire du studio, soit en 1980. Cependant, les découvertes faites jusqu’à maintenant laissent entrevoir la présence d’autres trésors.

 

 

Voici quelques-unes de nos premières trouvailles :

 

 

 

 

Etta Jones, octobre 1959. L’artiste, en tournée dans les Cantons-de-l’Est, séjourne à l’hôtel Normandie; elle profite alors de son passage pour se faire prendre en photo au Studio Boudrias, situé à proximité de l’hôtel. La chanteuse de jazz américaine est née en 1928; après une carrière de choriste, elle entreprend une carrière solo en 1960. BAnQ Sherbrooke (P21,S2,D228,P1). Photographe : Studio Boudrias. 

 

 

 

 

 

Jacques Michel et ses Colibris, 1961. Débutant sa carrière de chanteur et de guitariste avec les Rock’n Roll Kids à l’âge de 16 ans, Jacques Michel (à gauche sur la photo) fonde les Colibris au début des années 1960. Le chanteur a 20 ans au moment de la prise de la photo. BAnQ Sherbrooke (P21,S2,D1565,P2). Photographe : Studio Boudrias. 

 

 

 

 

 

Robert Quirion, chauffeur de taxi de la compagnie Blue Veteran Taxi de Sherbrooke, 1960. BAnQ Sherbrooke (P21,S2,D886,P1). Photographe : Studio Boudrias. 

 

 

 

 

Raymond Ouellette, de la Legion of Frontiersmen, 1961. BAnQ Sherbrooke (P21,S2,D762,P1). Photographe : Studio Boudrias. 

 

 

 

 

Marcel Bouchard en uniforme de pompiste de la station-service Texaco de Lennoxville, 1961. BAnQ Sherbrooke (P21,S2,D573,P1). Photographe : Studio Boudrias. 

 

 

 

 

Dans la cuisine de l’hôtel Bellevue de Sherbrooke, 10 août 1962. BAnQ Sherbrooke (P21,S2,D3110,P1). Photographe : Studio Boudrias. 

 

 

 

 

Le bar du Club de Raquette Dollard situé sur la rue Raimbault à Sherbrooke, 1962. BAnQ Sherbrooke (P21,S2,D1880,P1). Photographe : Studio Boudrias. 

 

 

 

 

 

Une cliente gagne une machine à coudre au nouveau Marché Galt à Sherbrooke, 1962. BAnQ Sherbrooke (P21,S2,D2652,P1). Photographe : Studio Boudrias. 

 

 

 

 

 

Salon de coiffure, années 1950. À l’avant, une cliente relaxe sous la hotte d’un séchoir à cheveux de marque Helene Curtis. À l’arrière, le coiffeur et ses aides prennent la pose avec une autre cliente. Dans les années 1950, peu d’hommes pratiquent la coiffure à Sherbrooke. Entre 1955 et 1957, seuls deux coiffeurs s’annoncent clairement dans les bottins téléphoniques : Gonzague Rancourt et Albert Baker. BAnQ Sherbrooke (P21,S1,D2,P4). Photographe : Studio Boudrias. 

 

 

 

 

 

Infirmière à l’œuvre lors d’une fête d’employés de la British American Oil Company, tenue en plein air sur le mont Royal à Montréal, 1960. BAnQ Sherbrooke (P21,S2,D627,P3). Photographe : Studio Boudrias. 

 

 

 

 

Louis Mobile Luncheonette, avant 1957. Le motorisé, stationné devant les numéros civiques 1 à 19 de la rue King Ouest, à proximité du pont Aylmer, dessert les employés des commerces et des usines du centre-ville, dont la S. Rubin Ltd. Véritable institution à Sherbrooke, les restaurants Louis existent toujours. BAnQ Sherbrooke (P21,S1,D2,P1). Photographe : Studio Boudrias. 

 

 

 

 

 

La côte King et l’édifice Continental à Sherbrooke, 1959. BAnQ Sherbrooke (P21,S2,D211,P2). Photographe : Studio Boudrias. 

 

 

 

 

 

Le Sherbrooke Trust et le comptoir de commandes par catalogue Simpsons-Sears de la rue Wellington Nord à Sherbrooke, 1964. BAnQ Sherbrooke (P21,S2,D3227,P1). Photographe : Studio Boudrias. 

 

 

 

 

La Banque Canadienne de Commerce, la bibliothèque municipale et la Stanstead & Sherbrooke Insurance Company de la rue Dufferin à Sherbrooke, 1964. Aujourd’hui, les mêmes édifices accueillent le Musée des beaux-arts de Sherbrooke, la Société d’histoire de Sherbrooke, la firme Espace Vital Architecture et une compagnie d’assurances. BAnQ Sherbrooke (P21,S2,D3263,P1). Photographe : Studio Boudrias. 

 

 

 

 

 Julie Roy, archiviste-coordonnatrice – BAnQ Sherbrooke

Hélène Liard, agente de bureau – BAnQ Sherbrooke

France Monty, technicienne en documentation – BAnQ Sherbrooke

 

2 commentaires pour “Le fonds Studio Boudrias : l’arrière-scène du traitement documentaire”

  1. Merci pour ce texte très intéressant. C’est une très bonne idée de faire voir au public ce qui se fait au traitement des fonds d’archives. Il y a un immense travail derrière tout ça! Bravo!

  2. Très intéressant ces photos d’époque. Je retiens aussi le travail parfois « ingrat » de l’archiviste qui doit traiter une information souvent reçue en vrac. Comme archiviste, au CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, je (opinion personnelle) suis aussi confronté à ce genre de situation pour les fonds d’archives hérités des différents établissements intégrés et fusionnés au fil de l’histoire. Comment assurer la conservation pérenne et le traitement de telles richesses sans les ressources requises pour le faire?

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