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Le peuple inuit et les défis du Grand Nord québécois

10 janvier 2018 par Instantanés | Domaine(s) : Diffusion et mise en valeur

 

 

Afin de mettre en lumière la grande ingéniosité des Inuits devant les défis de l’hiver nordique, voici quelques images illustrant l’évolution de leur mode de vie au Nunavik au cours de la deuxième moitié du XXe siècle.

 

 

 

Enfant dans un village inuit, vers 1960. BAnQ Vieux-Montréal (P97,S1,D18537-18594,P18572). Photographe : Armour Landry.

 

 

Les formes d’habitations et les modes de transport utilisés par les Inuits se transforment au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, notamment en raison de la présence accrue des gouvernements fédéral et provincial au nord du 55e parallèle. Ces derniers souhaitent, entre autres, affermir leur souveraineté dans l’Arctique et aider les populations souffrant de famine à la suite de la chute du prix des fourrures.

 

 

Enfant près d’une affiche du département de la chasse et de la pêche, service des fourrures, gouvernement du Québec, vers 1960. BAnQ Vieux-Montréal (P97,S1,D18537-18594,P18585). Photographe : Armour Landry.

 

 

Des habitations traditionnelles aux maisons préfabriquées.

 

 

 

Inuits dans un igloo, vers 1960. BAnQ Vieux-Montréal (P97,S1,D18537-18594,P18567). Photographe : Armour Landry.

 

 

Vieille femme inuite devant une tente traditionnelle, vers 1960. BAnQ Vieux-Montréal (P97,S1,D18537-18594,P18579). Photographe : Armour Landry.

 


Des chiens de traîneau aux motoneiges.

 

 

Inuit et chien de traîneau, vers 1960. BAnQ Vieux-Montréal (P97,S1,D18809-18884,P18820). Photographe : Armour Landry.

 

 

Bâtiment de la Compagnie de la Baie d’Hudson et autoneige, vers 1960. BAnQ Vieux-Montréal (P97,S1,D18624-18633,P18630). Photographe : Armour Landry.

 

 

L’éducation des enfants inuits se faisait traditionnellement par l’observation des pratiques, par la socialisation en famille et en groupe, par l’enseignement des traditions orales et par la participation aux cérémonies. C’est ainsi que se transmettaient des valeurs, des compétences et des connaissances jugées nécessaires à la vie adulte.

 

 

Vieilles femmes et enfants inuits, vers 1960. BAnQ Vieux-Montréal (P97,S1,D18537-18594,P18582). Photographe : Armour Landry.

 

 

 

Enfants à Povungnituk, 31 août 1978. BAnQ Québec (E10,S44,SS1,D78-665,PE2). Photographe : Marc Lajoie.

 

 

Dans les années 1960 et 1970, la Révolution tranquille et la modernisation du système éducatif québécois entraînent des changements importants dans l’éducation traditionnelle. Avec la signature de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois en 1975, la Commission scolaire Kativik est créée pour servir les communautés autochtones du Nouveau-Québec. Le gouvernement québécois reconnaît des Inuits en tant qu’enseignants et l’on assiste à la mise sur pied des premiers programmes d’enseignement des habiletés inuites.

 

 

Malgré tout, le système d’éducation bouleverse les repères sociaux et la transmission des traditions. Partagés entre le désir de vivre de façon traditionnelle et l’envie de se moderniser, les jeunes autochtones sont nombreux à décrocher précocement du système scolaire. Les faibles résultats scolaires et le manque de travail qui s’ensuit entraînent de lourdes répercussions sociales.

 

 

 

Les enfants en classe dans une école inuite, vers 1960. BAnQ Vieux-Montréal (P97,S1,D18621-18623,P18621). Photographe : Armour Landry.

 

 

Gestion des ressources

 

 

À l’aube des projets hydroélectriques de la Baie-James, la signature de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois mène à la création de plusieurs institutions et organismes. Ceux-ci sont alors dirigés par les Inuits qui s’occupent du développement social et économique du territoire.

 

 

 

Visite du ministre d’État au Développement culturel, Camille Laurin, à Poste de la Baleine et Povungnituk, septembre 1978. BAnQ Québec (E10,S44,SS1,D78-667,PC5). Photographe : Marc Lajoie.

 

 

Le développement économique des peuples autochtones qui habitent les terres arctiques repose également sur l’émergence des coopératives, devenues aujourd’hui un pilier de leur développement et de leur autonomie économiques. Ces coopératives leur permettent de contrôler une partie des activités commerciales et ouvrent les marchés internationaux aux artistes et aux artisans.

 

 

 

Visite du ministre d’État au Développement culturel, Camille Laurin, à la coopérative d’art inuit, 31 août 1978. BAnQ Québec (E10,S44,SS1,D78-665,PD6). Photographe : Marc Lajoie.

 

 

Quoi qu’il en soit, les statistiques actuelles démontrent que la vie des peuples nordiques est beaucoup plus ardue que celle des résidents du sud québécois. À titre d’exemple, l’espérance de vie, entre 2005 et 2008, est de 65,9 ans au Nunavik, alors qu’elle est de 80,8 ans pour l’ensemble du Québec; le taux de mortalité infantile, en 2009, est de 19,4 décès pour 1000 naissances vivantes au Nunavik, alors qu’il est de 4,6 pour l’ensemble du Québec.

 

 

 

Femme inuite avec son enfant sur le dos à Povungnituk, 31 août 1978. BAnQ Québec (E10,S44,SS1,D78-664,PB6). Photographe : Marc Lajoie.

 

 

Femme inuite avec enfant sur le dos dans la région de Grande-Baleine ou de Fort Georges, vers 1960. BAnQ Vieux-Montréal (P97,S1,D6749-6750,P6749). Photographe : Armour Landry.

 

 

Ces images témoignent aussi de la puissance de la résilience d’un peuple qui a dû s’adapter, en quelques décennies seulement, à des siècles d’évolution technologique.

 

 

Famille inuite de Kuujjuaq, 1959. BAnQ Vieux-Montréal (P97,S1,D18444-18485,P18479). Photographe : Armour Landry.

 


Sources :

GIRARD, Réjean (dir.), Histoire du Nord-du-Québec, Québec, Presses de l’Université Laval, 2012, 554 p http://iris.banq.qc.ca/alswww2.dll/APS_ZONES?fn=ViewNotice&Style=Portal3&q=4339965&Lang=FRE

 

DUHAIME, G., S. LÉVESQUE et A. CARON, Le Nunavik en chiffres 2015 – version intégrale, Chaire de recherche du Canada sur la condition autochtone comparée, Université Laval, Québec, 133 p.

http://www.nunivaat.org/documents/Publication/Le-Nunavik-en-chiffres-2015-version-int-grale-2016.pdf

 



Sophie Côté, archiviste – BAnQ Québec

 

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