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La tension monte dans les colonies

29 novembre 2017 par Instantanés | Domaine(s) : Diffusion et mise en valeur



En août 1837, David MacLaren, père du futur entrepreneur et industriel James MacLaren, se trouve à Québec pour affaires.

 

 

David MacLaren, vers 1865. BAnQ Gatineau (P57, D34). Photographe non identifié.

David MacLaren, vers 1865. BAnQ Gatineau (P57, D34). Photographe non identifié.




Pendant son séjour, il écrit régulièrement à sa femme Elizabeth Barnet pour s’informer de l’état de leur terre à Torbolton, dans la province du  Haut-Canada, et de la situation familiale ou encore pour lui décrire sa propre vie à Québec. Au même moment au Bas-Canada, la tension monte entre les partisans du Parti patriote et les loyalistes, alors que des assemblées tenues par les chefs patriotes durant l’été 1837 exaltent les foules qui y assistent. C’est dans ce climat politique et social instable que la mort du roi de Grande-Bretagne, Guillaume IV, est annoncée. Une assemblée dite « loyale » est alors organisée le 31 juillet 1837 sur l’esplanade de Québec. David MacLaren décrit dans sa correspondance les processions et les démonstrations dont il est le témoin, notamment une cérémonie en l’honneur du couronnement de la reine Victoria.





(Traduction libre d’un extrait d’une lettre de David MacLaren à sa femme Elizabeth Barnet)

« En ce dernier lundi, il y a eu moult démonstrations de la partie loyaliste de la population. Une réunion, à laquelle on a vu de cinq à huit mille personnes, a pris place sur l’Esplanade. Le but de cette rencontre était d’adopter quelques résolutions contre Papineau et son parti. Plusieurs Canadiens ont participé et donné leur appui à cet événement. Ils ont ensuite défilé dans les rues de la Haute et de la Basse-Ville et leurs environs, accompagnés de musique et, il me semble, de plus d’une centaine de drapeaux de couleurs et de devises très variées produits pour l’occasion. Dans le défilé, monté sur un chariot, on pouvait voir une presse au travail qui distribuait des pamphlets à la foule. Et Sandy, qui ne voulait surtout pas être en reste, a monté un énorme chardon écossais sur un chariot, en plus d’avoir plusieurs chardons écossais imprimés sur ses drapeaux. Il était escorté par plusieurs hommes en costume des Highlands. Évidemment, ce ne serait pas écossais si ça ne venait pas des Highlands.

 

Ils avaient aussi trois canons qui tiraient à intervalles à partir d’un quai. Et dès qu’ils eurent terminé, un grand fusil a commencé à se faire entendre du haut de la Citadelle. Cela a continué pendant environ une heure, les canons tirant à toutes les minutes. Ces coups de fusil n’avaient aucun lien avec le défilé, mais étaient très opportuns. Ils rehaussaient l’importance de la journée et étaient dus à l’annonce officielle du décès du roi.

 

Hier, la jeune reine Alexandrina Victoria a été proclamée, avec grande formalité, – et tout un charivari – et tant de cloches qui ont sonné et de tambours qui ont résonné – et les mousquets qui ont tiré et les canons qui ont lâché leurs boulets. Il y avait assez de bruit pour faire peur à tous les Rats de Québec et ainsi asseoir irrévocablement la reine sur le trône d’Angleterre, – pour autant que de tels bruits puissent faire peur aux rats ou avoir un impact sur la stabilité des royaumes. Le brouhaha mercantile habituel a repris sa place aujourd’hui, et la fumée et les bruits et l’exhibitionnisme des deux derniers jours ont passé tel un rêve. »



 

 

 

Transcription d’une lettre de David Maclaren à son épouse Élizabeth, 2 août 1837. BAnQ Gatineau (P117, S3, SS1, D128).

Transcription d’une lettre de David MacLaren à son épouse Élizabeth, 2 août 1837. BAnQ Gatineau (P117, S3, SS1, D128).

 

 

 

 

Si la lettre de David MacLaren nous offre une description détaillée de l’atmosphère fébrile de l’époque, rien n’indique que les MacLaren prirent part d’une quelconque manière aux événements qui entourèrent les révoltes de 1837-1838. Leurs activités personnelles se déroulaient surtout dans la région de l’Outaouais qui fut peu touchée par les troubles qui éclatèrent à de nombreux endroits dans les colonies.

 

 

Pour en découvrir davantage sur les MacLaren, n’hésitez pas à venir consulter le fonds James Maclaren Company (P117) à BAnQ Gatineau.

 

 

Tristan Dumas, stagiaire – BAnQ Gatineau

Sous la supervision de Jacinthe Duval, archiviste-coordonnatrice – BAnQ Gatineau

 

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