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Un legs d’archives nous fait découvrir l’histoire d’une vie peu banale

18 octobre 2017 par Instantanés | Domaine(s) : Diffusion et mise en valeur

 

Il arrive rarement que nous recevions des archives par legs testamentaire. C’est toutefois le cas de la Collection Jean-Paul Simard (P111) conservée à BAnQ Saguenay.

 

Monsieur Simard est baptisé le 1er mai 1919 à Saint-Alphonse-de-Liguori-de-Bagotville. Entre 1933 et 1941, il entreprend des études classiques au Petit Séminaire de Chicoutimi et des études théologiques au Grand Séminaire. Par la suite, il est ordonné prêtre le 29 juin 1945. À partir de 1969, il enseigne à l’Université du Québec à Chicoutimi où il travaille pendant plusieurs années. Quelques mois après son décès survenu le 29 novembre 1983, ses archives personnelles sont déposées à BAnQ Saguenay selon ses dernières volontés.

 

Abbé Jean-Paul Simard, s.d. BAnQ Saguenay (P111,S2,P391). Photographe non identifié.

 

La collection qu’il a léguée est constituée, entre autres, d’une série de bandes magnétiques contenant des témoignages de personnes âgées qui racontent les expériences qu’elles ont vécues et les différents événements qui ont jalonné leur vie. Nous avons aussi reçu une série de photographies illustrant la vie de Jean-Paul Simard et de sa famille. De plus, parmi le lot de documents, nous avons obtenu une série de cartes et de plans concernant la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Finalement, la collection comprend également une série de documents textuels portant sur l’histoire régionale ainsi que sur les années d’enseignement de Monsieur Simard et sur ses recherches archéologiques et généalogiques.

 

À cet égard, un des dossiers (le dossier 116) concerne la généalogie de la famille du père de Jean-Paul, Philippe Simard. On y apprend notamment que ce dernier et son épouse Hélène Bouchard étaient propriétaires d’une ferme dans le rang Saint-Pierre des Chutes à Bagotville. De leur union sont nés dix enfants – huit garçons et deux filles – auxquels s’est ajouté un fils adoptif. Les deux filles ainsi que trois des garçons ont joint des communautés religieuses.

 

Philippe Simard et Hélène Bouchard, s.d. BAnQ Saguenay (P111,S2,P430). Photographe non identifié.

 

Parmi les parcours individuels de ces enfants, la vie peu banale de Marie-Alice est particulièrement fascinante et tragique. Née le 29 septembre 1904, elle quitte le foyer paternel en 1929 et entre au couvent des Sœurs Antoniennes de Marie à Chicoutimi. Elle y prononce ses vœux perpétuels en 1934, prenant le nom de Sœur Sainte-Hélène. Elle suit également un cours d’infirmière à Chicoutimi. En 1938, Marie-Alice est nommée supérieure du couvent qui est situé près du Séminaire de Chicoutimi.

 

Marie-Alice Simard, s.d. BAnQ Saguenay (P111,S2,P122). Photographe non identifié.

 

Deux ans plus tard, elle est choisie comme missionnaire en Chine malgré la guerre qui y sévit. Peu de temps après son arrivée, elle subit l’épreuve du camp de concentration japonais de 1941 à 1945. Après avoir été libérée à la fin de la guerre, elle est de nouveau faite prisonnière, cette fois par les armées communistes de la révolution chinoise. À cause de sa formation d’infirmière, Marie-Alice est obligée d’intégrer le corps médical de l’armée communiste. Travaillant sous un régime politique inhumain et sous la menace du révolver, sa santé se dégrade. À l’été 1947, elle est échangée par le régime communiste grâce à l’entremise de la Croix-Rouge internationale. Pour l’aider à refaire sa santé, ses supérieures décident de l’envoyer à Worcester dans l’État du Massachusetts aux États-Unis. C’est là qu’elle décède le 9 juin 1953 lors d’une violente tornade qui fait 94 morts et près de 1000 blessés, en plus de détruire 4000 bâtiments et de causer 52 millions de dollars en dommages. Le corps de Marie-Alice Simard est rapatrié au Québec où des funérailles grandioses sont célébrées le 15 juin à la cathédrale de Chicoutimi.

 

Funérailles des Sœurs Sainte-Hélène et Saint-Jean-de-Dieu, 1953. BAnQ Saguenay (P111,S2,P208). Photographe non identifié.

 

Ce n’est qu’un aperçu des découvertes que vous pouvez faire à BAnQ Saguenay. N’hésitez pas à venir nous visiter.

 

André Leblanc, Agent de bureau – BAnQ Saguenay

Sous la supervision de Myriam Gilbert, Archiviste-coordonnatrice – BAnQ Saguenay

5 commentaires pour “Un legs d’archives nous fait découvrir l’histoire d’une vie peu banale”

  1. Que le destin des petites gens est fascinant parfois!

  2. Très beau legs. Est-ce qu’on sait pourquoi il a décidé de léguer ses archives à BAnQ particulièrement?

  3. Une histoire pas banale et une fin tragique!

  4. Dans le dossier d’acquisition, nous ne trouvons pas de raisons précises, nous ne pouvons que supposer que M. Simard, prêtre et professeur d’université, souhaitait léguer ses documents à une institution qu’il respectait.

  5. […] week, Instantanés shows how archival collections can hold the most fascinating stories. For instance, the Jean-Paul Simard fonds contains information about his family and the unusual and […]

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