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Une vision de la Belgique libérée

25 septembre 2017 par Instantanés | Domaine(s) : Diffusion et mise en valeur

Olivar Asselin est de retour sur le front depuis peu lorsque l’armistice est signé, le 11 novembre 1918. Cependant, il demeure tout de même en Belgique quelques semaines avant d’être renvoyé à Paris, et ultimement au Canada, en 1919. Dans cette lettre datée du 19 novembre et adressée à sa femme Alice, il raconte ses impressions sur la population belge, leur lent retour à la vie normale et plus particulièrement de la rivalité nouvellement exacerbée entre les Flamands et les Wallons. Il est question aussi de la popularité des soldats canadiens-français auprès des civils et du relâchement de la discipline des troupes.

 

« Petit à petit, nos impressions de la Belgique libérée se précisent et se complètent. Dans le peuple, certains éléments ont moins souffert qu’on le croit à l’étranger : ce sont les gens qui vivaient à la fois du soldat allemand et du ravitaillement américain, espagnol, hollandais, scandinave; la hausse des prix, ceux-là, ne les affectait guère. Certains autres ont plus souffert qu’on ne serait tenté de le croire en voyant la mine générale des habitants : ce sont ceux qui, par fierté ou autrement, ne pouvaient s’accommoder de la domination étrangère. […] Il y a même une classe très nombreuse qui, s’étant habituée à compter sur l’assistance des neutres, semble, au dire des patrons, ne pas vouloir reprendre le travail, ou vouloir établir ici le bolchevisme comme il existait en Russie. Cette région de la Belgique est libérée depuis plus de dix jours, mais il n’y a encore virtuellement personne qui travaille. […] Un des traits les plus curieux de la situation, c’est la haine que les gens du pays — les Wallons — ont pour les Flamands. J’avais vu que la guerre avait uni dans un même sentiment patriotique les deux branches de la famille belge : il faut en rabattre : je me demande même si les Flamands, qui avant la guerre étaient aux yeux des Wallons des frères encombrants, mais rien de plus, ne seront pas désormais pour eux des traitres. C’est le nom qu’on leur donne partout ici. […]»

 

Lettre du 19 novembre 1918. BAnQ Vieux-Montréal (CLG72).

Lettre du 19 novembre 1918. BAnQ Vieux-Montréal (CLG72).

 

Vous souhaitez consulter cette lettre d’Olivar Asselin dans son intégralité? Rendez-vous sur Wikisource ou, pour découvrir l’ensemble des lettres sélectionnées, rendez-vous sur la page du projet Première Guerre mondiale de BAnQ.

 

Pour en savoir plus sur Olivar Asselin et sur la diffusion de sa correspondance de guerre, consultez l’article phare du projet.

 

Florian Daveau, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal
Émilie Dufour-Lauzon, agente de bureau – BAnQ Vieux-Montréal
Elena Fracas, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal
Catherine Lamarche, stagiaire de l’Université de Montréal

 

Lettre précédente

 

Un commentaire pour “Une vision de la Belgique libérée”

  1. […] Poor Olivar Asselin is back at the front, even though the war is over. Find out what he thinks of the Belgian people and the popularity of French-Canadian soldiers in this…. […]

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