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Adorables petits officiers à quatre pattes!

31 juillet 2017 par Instantanés | Domaine(s) : Diffusion et mise en valeur

 

Olivar Asselin passe la majeure partie de l’année 1918 dans différents camps des forces canadiennes installés dans la campagne anglaise afin d’y compléter sa formation d’officier. Au camp de Witley, il commence à rédiger pour Pierre, son plus jeune fils, des « histoires de chien », racontant la vie d’un chien qui vit au camp auprès des soldats. En juin, le 10e de réserve est posté dans un autre camp à Branshott, où Asselin rédige une nouvelle lettre au sujet de ces compagnons à quatre pattes.

 

« Un être que le beau temps rend parfaitement heureux, c’est le bon chien Marion. Le matin, il va déjeuner chez les soldats; parce qu’il y a plus de restes et parce qu’il ne veut pas aller à la gymnastique, comme les officiers, l’estomac vide. Il accompagne ensuite les soldats à la parade de gymnastique; fait le tour des pelotons en aboyant, pour hâter l’alignement; vient se camper sur le front et aboie encore, et quand tous sont immobiles et que le sergent-major va commander EYES FRONT vient se placer à son côté comme pour surveiller l’exécution du commandement. Durant l’exercice, il se promène, surveille, voit à tout, fait l’important […] Nous avons acquis dernièrement deux autres chiens. L’un est âgé de six(6) mois, est un pur Danois. Il est déjà haut comme toi (je te vois encore comme je te quittai sur le quai des Bermudes, essuyant tes larmes avec le dos de tes petites mains, et haussant les épaules à chaque sanglot, ce qui te grandissait un peu), et debout, grand comme un homme. L’autre âgé de trois mois environ, est une petite ratière irlandaise (Irish Terrier) haute de huit pouces environ. […] Ce qu’il y a de plus amusant, c’est que comme un grand fou, il est jaloux d’elle. Si vous la caressez trop, il se dresse entre vous et elle, pose ses pattes sur vos épaules, et vous regarde dans les yeux en ayant l’air de dire : « Assez, n’est-ce-pas? À mon tour, maintenant. » Et pendant cette scène, Mimi le mort aux jarrets. Mon cher Pierre, c’est tout ce que je puis t’écrire aujourd’hui. Je suis fatigué. Étudie bien les bêtes : elles sont parfois plus intéressantes que les hommes. »

 

Dessin de la lettre du 4 juin 1918. BAnQ Vieux-Montréal (CLG72). Auteur : Olivar Asselin.

 

Vous souhaitez consulter cette lettre d’Olivar Asselin dans son intégralité? Rendez-vous sur Wikisource ou, pour découvrir l’ensemble des lettres sélectionnées, rendez-vous sur la page du projet Première Guerre mondiale de BAnQ.

 

Pour en savoir plus sur Olivar Asselin et sur la diffusion de sa correspondance de guerre, consultez l’article phare du projet

 

Florian Daveau, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Émilie Dufour-Lauzon, agente de bureau – BAnQ Vieux-Montréal

Elena Fracas, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Catherine Lamarche, stagiaire de l’Université de Montréal

 

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