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La guerre n’est pas que morts et blessés…il y a de la vie au camp!

24 juillet 2017 par Instantanés | Domaine(s) : Diffusion et mise en valeur

 

Olivar Asselin passe la majeure partie de l’année 1918 dans différents camps des forces canadiennes installés dans la campagne anglaise afin d’y compléter sa formation d’officier. Au camp de Witley, il commence à rédiger pour Pierre, son plus jeune fils, des « histoires de chien », racontant la vie d’un chien qui vit au camp auprès des soldats.

 

Dessin du bon chien Marion. 1918. BAnQ Vieux-Montréal (CLG72). Auteurs : Olivar Asselin et un dessinateur inconnu (officier du 10e de réserve).

 

« Il y a au 10e de réserve un chien si beau, si bon, si fin, que je me dis toujours en le regardant : « Si Pierre avait un chien comme ça! » […] Il s’appelle Marion. Je ne sais pas de quelle race il est, car tu sais que nous n’avons jamais eu de chiens, et je ne les ai pas étudiés. Je crois seulement que c’est un barbet, car il a de la barbe jusque dans les yeux. Peut-être aussi que c’est un ratier […] Il est au 10e depuis une dizaine de mois. Un officier l’apporta dans sa poche, alors qu’il avait un mois environ. Il a grandi dans le bataillon. Le jour, il fait l’exercice et la manœuvre, sans y jamais manquer. Quand les soldats marchent en colonne, le colonel ou son second vient d’abord, puis un peu à gauche, l’adjudant, puis avec son capitaine en tête, comme tu as vu aux Bermudes. Le bon chien Marion trotte et gambade toujours devant le sergent-major comme ceci : (dessin) […] Naturellement, tous les soldats le connaissent et l’aiment. Aux heures des repas, il va, comme Pierre, faire ses visites; il arrive aux cuisines, au réfectoire. Comme Pierre, il est trop poli pour demander, mais assis sur son petit derrière, il vous regarde par en-dessous [sic], avec l’air de dire : « Moi, je mangerais bien de ces bonnes choses-là ». Et on le bourre de soupe, de viande, de desserts. Pour manger, il va chez les hommes : on dirait qu’il les sent moins égoïstes, plus près des bêtes; mais il passe ses soirées et ses dimanches chez les officiers, car c’est un chien de gentleman. Comme il n’a pas appris de catéchisme ni aucune espèce de Bible, il aime également les catholiques, les juifs, les protestants; et tout le monde le lui rend. »

 

Vous souhaitez consulter cette lettre d’Olivar Asselin dans son intégralité? Rendez-vous sur Wikisource ou, pour découvrir l’ensemble des lettres sélectionnées, rendez-vous sur la page du projet Première Guerre mondiale de BAnQ.

 

Pour en savoir plus sur Olivar Asselin et sur la diffusion de sa correspondance de guerre, consultez l’article phare du projet.

 

Florian Daveau, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Émilie Dufour-Lauzon, agente de bureau – BAnQ Vieux-Montréal

Elena Fracas, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Catherine Lamarche, stagiaire de l’Université de Montréal

 

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Un commentaire pour “La guerre n’est pas que morts et blessés…il y a de la vie au camp!”

  1. […] Cuteness alert: Olivar Asselin drew a picture of a dog for his son!!! […]

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