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« Jouer un tour » avec des fils barbelés!

19 juin 2017 par Instantanés | Domaine(s) : Diffusion et mise en valeur

Cette lettre, datée du 14 mai 1917, a été envoyée par Olivar Asselin à son plus jeune fils Pierre. Il y partage les conditions de vie dans les tranchées, les opérations contre les lignes allemandes et il termine son message en demandant à sa famille de prier pour qu’il accomplisse son devoir.

 

More Fragments from France n 2, 1916. BAnQ Vieux-Montréal (CLG72). Bruce Bairnsfather.

 

« Ta maman me dit aussi que tu couches avec elle, et que tu la réchauffes le matin. Il y a plusieurs semaines de cela. Je crois bien qu’à présent ta maman n’a pas besoin de ta chaleur. Tu pourrais, ta chaleur, me l’envoyer par la poste pour que je m’en serve dans les tranchées. On passe dans les tranchées jusqu’à cinq jours à la fois et comme on y est presque toujours en plein air, on y dort quelquefois assez mal. Hier, il a plu, et nous étions dans la boue. Mais j’étais quand même de bonne humeur, car je viens de recevoir à la fois une lettre de toi, une de Jean et une de ta maman, et tous trois vous me disiez que vous priez pour moi. Je crois que le Bon Dieu entend la prière des bonnes mamans et des bons petits enfants. Si vous demandez que je fasse bien mon devoir, je crois que vous serez exaucés. Le Bon Dieu vous accordera peut-être aussi que je revienne vivant, car je lui ai promis de ne vivre désormais que pour vous, de faire de vous mes amis et associés. Je te raconterai la guerre, et nous laisserons écouter Maman, Paul et Jean. J’ai de la crotte jusque dans les cheveux, et j’ai beaucoup de poux. La nuit, je vais avec mes hommes poser du fil de fer barbelé entre nos tranchées et celles des Allemands. Ensuite, quand les Boches veulent avancer, ils se prennent les pieds dans le fil, et ça leur joue un bon tour. Nous autres, nous savons où est notre fil, et quand nous voulons avancer nous allons la nuit faire des brèches dedans le fil avant, mais c’est un métier dangereux, car les Allemands lancent toute la nuit des fusées pour éclairer le terrain. Ordinairement, ce n’est pas la besogne du major, mais étant ici pour apprendre, il faut bien que j’apprenne tout. »

 

Vous souhaitez consulter cette lettre d’Olivar Asselin dans son intégralité? Rendez-vous sur Wikisource ou, pour découvrir l’ensemble des lettres sélectionnées, rendez-vous sur la page du projet Première Guerre mondiale de BAnQ.

 

Pour en savoir plus sur Olivar Asselin et sur la diffusion de sa correspondance de guerre, consultez l’article phare du projet.
Florian Daveau, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Émilie Dufour-Lauzon, agente de bureau – BAnQ Vieux-Montréal

Elena Fracas, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Catherine Lamarche, stagiaire de l’Université de Montréal.

 

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Un commentaire pour “« Jouer un tour » avec des fils barbelés!”

  1. […] Olivar Asselin is back this week, talking about his experiences in the trenches and asking his family to pray for him. […]

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