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Vimy, la « naissance d’une Nation »

12 juin 2017 par Instantanés | Domaine(s) : Diffusion et mise en valeur

Le 9 avril 1917, les pays de la Triple Entente lancent la première offensive majeure de l’année, connue aujourd’hui comme la bataille de la crête de Vimy. Première bataille à regrouper les quatre divisions du Corps expéditionnaire canadien, ces dernières forment les principaux corps déployés pour cette bataille, face à trois divisions de la 6e Armée allemande. Le corps canadien est le premier à reprendre la côte 145, après les tentatives échouées des troupes françaises et britanniques. Bien que n’étant pas la plus grande victoire tactique de la Grande Guerre, la bataille de Vimy est considérée comme le premier symbole d’un Canada fort et unifié, indépendant de la Grande-Bretagne. N’ayant pas participé directement à l’affrontement, Olivar Asselin est l’un des officiers en charge des troupes de réserve, opérant dans les villages autour de la crête.

 

 

« Vous avez probablement appris dès hier la prise des hauteurs de Vimy, près de Neuville-Saint-Vaast. Plusieurs kilomètres alentour, le sol était jonché de cadavres, bien qu’on en eût enterrés des milliers sous des croix. Après un feu d’artillerie d’une dizaine de jours, tel que tous les feux du 22e disent qu’on n’en vit pas à la Somme, et probablement tel qu’il ne s’en vit jamais dans l’histoire, les Canadiens et quelques bataillons anglais ont emporté la position en moins de six heures, et depuis lors, paraît-il, l’avance continue. Je dis “ paraît-il ”, car je n’ai pas eu le bonheur de prendre part à l’action. Je suis parmi les officiers qu’on réserve pour les corps qui vont suivre. Avec le colonel Tremblay, le major Chabelle et une dizaine d’autres, je suis revenu à l’arrière à la dernière heure, après quatre jours passés en support dans les ruines de Neuville-Saint-Vaast en contre-bas de la ligne allemande, sous le feu des 5.9. Une heure auparavant, j’avais conduit une corvée de 20 hommes entre la ligne d’observation et la ligne de feu, par des tranchées bombardées de ces intéressants légumes. J’ai constaté avec plaisir que j’étais apparemment le plus froid de la bande. Au retour, un obus est tombé au milieu des hommes pendant qu’ils déposaient dans un chantier une charge d’outils; comme par miracle, personne n’a été blessé. Mais cinq minutes plus tard, en rentrant au dug-out, j’ai trouvé le toit en partie démoli et l’escalier rempli de décombres et de sang; la sentinelle et un autre homme venaient d’être blessés. […] Il semble que le 22e s’en soit tiré avec des pertes relativement minimes.[…] En mettant ensemble toutes les versions, il se trouve que nous avons eu une dizaine d’officiers et quelques deux cents hommes blessés (la plupart légèrement), sur seize officiers et un peu plus de six cents hommes. Le 25e, le 24e, le 26e, le 10e, n’auraient pas été aussi heureux. […] Il y a du côté allemand, des milliers de morts, la plupart, au dire de nos gens, foudroyés dans les dug-outs sans avoir pu sortir, ou écrabouillés avant l’attaque par le feu infernal de notre artillerie. »

 

Vous souhaitez consulter cette lettre d’Olivar Asselin dans son intégralité? Rendez-vous sur Wikisource ou, pour découvrir l’ensemble des lettres sélectionnées, rendez-vous sur la page du projet Première Guerre mondiale de BAnQ.

 

More Fragments from France n 2 .1916. BAnQ Vieux-Montréal (CLG72), Bruce Bairnsfather

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Pour en savoir plus sur Olivar Asselin et sur la diffusion de sa correspondance de guerre, consultez l’article phare du projet.

 

Florian Daveau, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Émilie Dufour-Lauzon, agente de bureau – BAnQ Vieux-Montréal

Elena Fracas, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Catherine Lamarche, stagiaire de l’Université de Montréal.

 

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Un commentaire pour “Vimy, la « naissance d’une Nation »”

  1. […] This week, Olivar Asselin is fighting at Vimy Ridge. […]

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