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Le destin parfois difficile des enfants en Nouvelle-France

15 mars 2017 par Instantanés | Domaine(s) : Diffusion et mise en valeur

De nos jours, les enfants sont particulièrement choyés, élevés dans un environnement protégé, aseptisé et entouré de l’affection de leurs proches. Il en était autrement en Nouvelle-France alors que le taux de mortalité infantile était de 38% avant l’âge de 24 mois.

Les archives judiciaires de la Nouvelle-France contiennent plusieurs causes qui présentent le triste destin de certains enfants. Les chercheurs seront intéressés par la lecture d’un extrait de l’Édit du roi Henri II, de l’an 1556 :

 

Enregistrement de l’ordonnance de Michel Bégon, du 6 février 1722, au sujet des femmes qui sont enceintes par des voies illicites selon l’Édit du roi Henri II, du 2 février 1556 [extrait]. BAnQ Vieux-Montréal (TL4,S35,P7).


Enregistrement de l’ordonnance de Michel Bégon, du 6 février 1722, au sujet des femmes qui sont enceintes par des voies illicites selon l’Édit du roi Henri II, du 2 février 1556 [extrait]. BAnQ Vieux-Montréal (TL4,S35,P7).


« portant peine de mort contre les filles et femmes qui, étant devenues enceintes par voie illégale, ne déclarent point leurs grossesses et qui font ou laissent périr leur enfant, (…) soit réputée comme ayant homicidé son enfant… »

 

Des accidents pouvaient survenir. Les bambins étaient souvent laissés seuls à la maison ou encore confiés à un enfant à peine plus âgé : l’enfant se blessait en tombant de son berceau, se brûlait dans l’âtre du foyer et parfois se noyait dans un simple sceau d’eau. Pour éviter ce genre d’accident, des mères attachaient leurs jeunes enfants avec de longues bandes de tissu appelées « lisières » pour restreindre leurs mouvements.

Au mois d’août 1717, Pierre Noël dit Lavigeur, soldat et valet du sieur de Portneuf, fit une découverte macabre : le ventre, d’un « mal achigan ou brême » qu’il venait de pêcher, contenait le bras d’un nouveau-né !

 

Enquête concernant une découverte macabre faite par Pierre Noël dit Lavigeur, soldat et valet du sieur de Portneuf, 1717 [extrait]. BAnQ Vieux-Montréal (TL4,S1,D2156).


Les maladies infantiles étaient aussi très nombreuses : le croup, la typhoïde, la rubéole, la rougeole, la scarlatine et la redoutable petite vérole représentaient des risques élevés de décès chez les jeunes enfants. Tous ne mourraient pas de ces maux mais nombreux étaient ceux dont le corps restait marqué à jamais.

Les chercheurs pourront consulter plusieurs dossiers judiciaires numérisés provenant des juridictions royales de Montréal (TL4) et de Trois-Rivières (TL3) ainsi que de la Collection Pièces judiciaires et notariales de Québec (TL5), tous disponibles sur le site de BAnQ.


Maryse Dompierre, technicienne en documentation – BAnQ Trois-Rivières


Pour en savoir plus :

2 commentaires pour “Le destin parfois difficile des enfants en Nouvelle-France”

  1. Un sujet très intéressant. Merci!

  2. […] week on Instantaés is a blog post about the fragility of children of New France. While it is definitely depressing, the research is superb and the details are […]

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