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Les registres des prisons

9 mars 2016 par Instantanés | Domaine(s) : Diffusion et mise en valeur

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Registre de la prison de Saint-Hyacinthe pour 1871-1882. BAnQ Vieux-Montréal (E17,S1,SS3).

 

Saviez-vous qu’en 1884, un gamin de 8 ans reconnu coupable d’avoir brisé une vitre pouvait encourir une peine de 4 ans à l’école de réforme? Que le traitement quotidien en prison pour la syphilis pouvait atteindre 1 dollar en 1901? Ou que les individus incarcérés en 1898 à Beauharnois n’avaient droit à des douceurs, telles que le beurre ou la bière, que sous ordonnance d’un médecin? Voilà le type d’information que renferment les registres des prisons (1826-1975) conservés à BAnQ Vieux-Montréal.

Le centre d’archives conserve en effet les registres des différentes prisons de la grande région montréalaise sous juridiction provinciale et accueillant des prisonniers devant purger des peines maximales de 2 ans moins 1 jour. C’est aux pénitenciers de juridiction fédérale que revient la responsabilité des peines plus lourdes et, incidemment, plus longues. Au district de Montréal, le pénitencier de Saint-Vincent-de-Paul à Laval remplissait ce rôle, de 1873 jusqu’à sa fermeture en 1989.

Pour la ville de Montréal précisément, ces registres font référence à plusieurs établissements rarement identifiés. La première véritable prison a été construite en 1808, à un jet de pierre de l’actuel hôtel-de-ville, mais les conditions lamentables de détention ont rapidement forcé la main des autorités à envisager un nouvel édifice plus spacieux et surtout mieux adapté. La prison commune pour le district de Montréal, plus connue sous le vocable de prison au Pied-du-Courant du quartier Sainte-Marie, va donc opérer de 1835 jusqu’en 1912, date à laquelle ont été transférés les prisonniers vers la prison de Bordeaux, sise boulevard Gouin Ouest, qui possède encore aujourd’hui la même vocation.

La mixité d’emprisonnement perdura jusqu’en 1876 lorsque la prison des femmes, aussi désignée comme l’asile Sainte-Darie, accueilla ses premières détenues rue Fullum. Dans la foulée de la création du ministère de la Justice, on retira la gestion de l’établissement aux Sœurs du Bon Pasteur en 1964 et on transféra les femmes dans une toute nouvelle prison jouxtant Bordeaux, la Maison Tanguay. Enfin, on apprenait récemment que ce centre de détention allait à son tour cesser ses activités au profit de la prison Leclerc de Laval.

Le registre d’écrou est le document administratif le plus répandu dans cette série. Il consigne l’identité des personnes devant purger une peine d’emprisonnement dans un établissement carcéral de juridiction provinciale. Aux informations de base (nom, sexe, adresse du domicile, âge, religion, description physique, etc.) et en lien avec l’incarcération (accusation, sentence, date projetée de libération) se rajoutent parfois des détails personnels (niveau d’éducation, occupation).

 

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Registre de la prison de Saint-Hyacinthe, de 1883 à 1886. BAnQ Vieux-Montréal (E17,S1,SS3).

 

À ce type de registre se rajoutent d’autres documents dignes de mention. Le registre du médecin comptabilisant les consultations et les coûts rattachés à celles-ci, ou celui des rations, dénombrant à l’once ou à la chopine les aliments nécessaires à la pitance des détenus, offrent également une autre perspective sur la vie intra muros.

 

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Registre du médecin de la prison de Salaberry-de-Valleyfield, de 1898 à 1903 (E17,S1,SS9). Attention : cliquer pour agrandir

 

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Livre des rations pour la prison de Salaberry-de-Valleyfield, de 1898 à 1902. BAnQ Vieux-Montréal (E17,S1,SS9). Attention : cliquer pour agrandir

 

  • Tous ces registres sont repérables dans Pistard sous la cote E17,S1. Notons que les registres de 1916 à 1975 font l’objet d’une restriction de consultation.

 

  • Pour les chercheurs de la région de Québec s’intéressant à ce type de documents, il faut souligner qu’une base de données est disponible en ligne sur le portail de BAnQ et répertorie toutes les entrées aux registres, de 1823 à 1866 (les femmes jusqu’en 1899). Voici un article de blogue y faisant référence

 

  • Finalement, un intéressant article de blogue de nos collègues aux archives de la Ville de Montréal retrace l’histoire de la prison au Pied-du-Courant

 

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Registre de la prison de Saint-Hyacinthe pour 1864-1867. BAnQ Vieux-Montréal (E17,S1,SS3).

 

Hyacinthe Munger, agent de bureau – BAnQ Vieux-Montréal

3 commentaires pour “Les registres des prisons”

  1. Bravo Hyacinthe,

    Ton article est très intéressant et donne vraiment le goût d’être curieux et d’aller voir plus loin.

  2. J’abonde en ce sens, bel article instructif,dévoilant ce qu’on peut trouver dans des registres de prison.

  3. Très intéressant! merci

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