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Aurore Gagnon, l’enfant martyre.

12 février 2016 par Instantanés | Domaine(s) : Diffusion et mise en valeur

Le 12 février 1920, Aurore Gagnon, dite l’enfant martyre, âgée de 10 ans, meurt de façon mystérieuse dans son village natal de Sainte-Philomène-de-Fortierville, dans le comté de Lotbinière. Issue du mariage de Télesphore Gagnon et de Marie-Anne Caron, cette dernière meurt à l’Asile Saint-Michel-Archange de Beauport, le 23 janvier 1918, alors qu’Aurore n’a que 8 ans. Étrangement, trois jours plus tard, l’archevêque de Québec accorde au veuf la permission de se remarier. Gagnon épouse le 1er février 1918, Marie-Anne Houde, veuve de Napoléon Gagnon et mère de six enfants, qui habitait sous le même toit que les Gagnon au moment de la mort de Marie-Anne Caron.

Le coroner George William Jolicoeur réclame une autopsie: 54 blessures sont découvertes sur le corps de la petite victime. Gagnon et Houde sont arrêtés. Un premier procès débute le 13 avril 1920; le juge condamne Marie-Anne Houde à la pendaison, mais sa sentence est commuée à l’emprisonnement à vie. Libérée après 15 ans d’incarcération, elle meurt le 12 mai 1936 à Montréal.


La Presse 27 avril 1920 P1_2

« Le martyre d’Aurore Gagnon. L’accusé, que dominait l’infâme mégère, flagellait la pauvre enfant pour les motifs les plus futiles », La Presse (Montréal), 27 avril 1920.

 

La Presse 16 avril 1920 P1_2

« Le martyre d’Aurore Gagnon. Marie-Jeanne Gagnon, sœur de la défunte, déclare que la prévenue tourmentait sa victime avec un tisonnier rougi au feu », La Presse (Montréal), 16 avril 1920.

 

Le Soleil 22 avril 1920 P1_2_2

« La femme Gagnon sera pendue le 1er octobre », Le Soleil (Québec), 22 avril 1920.

 

La Presse 30 septembre 1920 P1_2

« Le bagne à la place de l’échafaud », La Presse (Montréal), 30 septembre 1920.

 

La Presse 30 septembre 1920 P8_2

« Le bagne à la place de l’échafaud », La Presse (Montréal), 30 septembre 1920.

 

Télesphore Gagnon subit un procès séparé, du 23 au 28 avril 1920; il est condamné à la prison à vie pour homicide involontaire. Il est libéré cinq ans plus tard et retourne vivre à Fortierville où il se marie une troisième fois; il meurt en 1961.

Plus de 1280 images des documents du dossier, conservé à BAnQ Québec, sont disponibles en ligne pour consultation (P1000,S3,D2837); il regroupe les documents de l’enquête du coroner, les procès intentés à Houde et à Gagnon, ainsi que les sentences. Le dossier est constitué d’actes d’accusation, de correspondance, de procès-verbaux, de jugements, de mandats, de témoignages entendus lors des procès et d’extraits de registres de baptêmes, mariages et sépultures.


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Extrait d’une lettre de Marie-Jeanne Gagnon à Marie-Anne Houde, Sainte-Philomène-de-Fortierville, vers 1920. BAnQ Québec (P1000,S3,D2837)

 

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Identifiant d’une pièce à conviction, déposée le 13 avril 1920, dans le procès contre Marie-Anne Houde. BAnQ Québec (P1000,S3,D2837)


Denyse Beaugrand-Champagne, archiviste de référence – BAnQ Vieux-Montréal, en collaboration avec le personnel de la Collection nationale.



Pour en savoir plus :

De nombreux ouvrages sur ce célèbre procès sont disponibles à BAnQ; consultez IRIS, le catalogue en ligne. Le Dictionnaire biographique du Canada offre une biographie succincte. Les grands mystères de l’histoire canadienne lui ont consacré un vaste site de recherche.

2 commentaires pour “Aurore Gagnon, l’enfant martyre.”

  1. Très bel article, bien documenté avec des liens intéressants , qui arrive à point pour ce triste anniversaire.

  2. Bonjour quand vous aurer d’autres renseignement de la petits de L’affaire aurore Gagnon. Sa me ferais plaisir d’avoir d autre renseignements de tout sur la famille des Gagnon et Houde et Thhelephar Gagnon et tout les caron de tout Les Enfants Gagnon
    Mercie a la Vence a bientôt

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