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Archives du mois: Les trésors du fonds Johns Manville Canada Inc.

7 décembre 2015 par Instantanés | Domaine(s) : Diffusion et mise en valeur

L’exploitation de l’amiante (asbestos en anglais) à Asbestos, en Estrie, remonte à 1881. La première mine est exploitée par William H. Jeffrey et Evan William. Elle prend le nom de l’un de ses fondateurs : Mine Jeffrey. En 1895, la mine passe aux mains d’administrateurs new-yorkais et prend le nom d’Asbestos and Asbestic Co. En 1916, la mine devient la propriété de Charles B. Manville, déjà propriétaire, depuis 1885, de la Manville Covering Company au Wisconsin, aux États-Unis. La nouvelle entité s’appelle Manville Asbestos Company Limited. En 1918, l’entreprise devient une branche canadienne de la multinationale américaine, la Johns Manville, et s’appelle Canadian Johns Manville Company Limited (1918-1978), puis Johns Manville Canada Inc. (1978-1983).

L’entreprise est célèbre pour l’importante grève générale qu’elle a connue en 1949, touchant 1900 employés seulement à la mine d’Asbestos. Bombardée par des poursuites d’employés atteints par l’amiantose ou un cancer bronchopulmonaire, la multinationale américaine fait banqueroute en 1982. La mine d’Asbestos est alors rachetée par des cadres de la défunte entreprise et devient la J. M. Asbestos Inc. En 2000, l’entreprise change de nom pour Mine Jeffrey Inc. Malgré le bannissement de l’utilisation de l’amiante dans plusieurs pays européens en 2005, elle tente néanmoins de relancer ses activités afin de répondre à la demande des marchés asiatiques et américains. À la suite de l’annulation d’un prêt de 58 millions de dollars par le gouvernement du Québec, l’entreprise cesse sa production en octobre 2012 et met en vente sa machinerie industrielle en 2014. La mine Jeffrey d’Asbestos aura été le plus gros exploitant mondial d’amiante.


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Pit – showing use of air drill, vers 1897. BAnQ Sherbrooke (P56, S1, SS1, D1, P517). Photographe non identifié.

 

Dans le puits à ciel ouvert, l’utilisation de la dynamite permet de détacher des blocs de pierre des parois rocheuses. Les blocs sont ensuite pulvérisés à l’aide d’une perceuse pneumatique. Le minerai est enfin hissé à la surface par des câbles et dirigé vers le moulin 1 pour traitement.

 

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Original Mill no 1, vers 1897. BAnQ Sherbrooke (P56, S1, SS1, D1, P539). Photographe non identifié.

 

La construction du premier moulin pour le traitement du minerai d’amiante débute en 1895 et s’achève l’année suivante. Les opérations de concassage, de séchage et de tamisage sont facilitées par des équipements fonctionnant à la vapeur. Un feu de cheminée est à l’origine d’un violent incendie qui détruit complètement le moulin 1, ainsi que les installations en périphérie, le 22 mars 1900. Les activités d’exploitation du minerai cessent pendant six mois, ce qui entraîne des pertes financières considérables.


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Picking table on first mill, vers 1897. BAnQ Sherbrooke (P56, S1, SS1, D1, P540). Photographe non identifié.

 

Table de triage du premier moulin de la mine d’amiante d’Asbestos. Les travailleurs récoltent la fibre brute du minerai concassé alors qu’elle passe lentement sur un tapis roulant.


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Old storehouse, 1900. BAnQ Sherbrooke (P56, S1, SS1, D1, P534). Photographe non identifié.

 

 

Cette photo, prise en janvier 1900, deux mois avant le violent incendie qui ravagea le moulin 1 et les installations en périphérie, montre l’entrepôt où sont placés des morceaux de différentes catégories de fibre d’amiante, catégories déterminées selon la longueur des fibres. À cette époque, l’entreprise produit environ 500 tonnes d’amiante par jour.


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First locomotive on works, 1897. BAnQ Sherbrooke (P56, S1, SS1, D1, P528). Photographe non identifié.

 

Première locomotive neuve acquise à l’été 1897 par The Asbestos & Asbestic Co. (Tos & Tic), entreprise qui gère la mine d’amiante d’Asbestos entre 1897 et 1916. Une ligne de chemin de fer, l’Asbestos & Danville Railway Co., est construite afin de relier la mine au Grand Trunk et de faciliter ainsi les exportations de fibre d’amiante. De gauche à droite : MM. Boas, Greenshields et Marcuse de l’Asbestos & Asbestic Co. et M. Martin, vice-président de la H. W. Johns Co.


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First locomotive, 1897. BAnQ Sherbrooke (P56, S1, SS1, D1, P527). Photographe non identifié.

 

Posant fièrement, mesdames les épouses prennent place dans la nouvelle locomotive.


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Pit showing coal chute, vers 1922. BAnQ Sherbrooke (P56, S1, SS1, D1, P505). Photographe non identifié.

 

Vue partielle de la mine d’amiante d’Asbestos à ciel ouvert montrant la chute de charbon où des locomotives à vapeur s’approvisionnent. À partir de 1917, tout un système de rails est construit dans le trou minier afin d’acheminer le minerai brut vers les moulins de transformation ou encore de transporter les résidus miniers vers une décharge.


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J M executives taken in pit, vers 1922. BAnQ Sherbrooke (P56, S1, SS1, D1, P515). Photographe non identifié.

 

En 1916, l’Asbestos & Asbestic Co., pourtant très prospère en cette période de Première Guerre mondiale, fait faillite dans des circonstances nébuleuses et les actifs passent aux mains de la famille Manville, propriétaire de la H. W. Johns Manville Company, une entreprise américaine. La nouvelle entité, la Manville Asbestos Company Limited, puis la Canadian Johns Manville Company Limited, après un changement de nom en 1918, sera à l’origine de l’expansion du trou minier et de l’empiètement urbain. Parmi les dirigeants réunis à Asbestos, on reconnaît un représentant de la famille Manville, au centre supérieur, canne à la main.


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Original Roman Catholic Church, vers 1897. BAnQ Sherbrooke (P56, S1, SS1, D1, P547). Photographe non identifié.

 

L’église catholique Saint-Aimé est construite en 1897 sur la rue Saint-Aimé, à Asbestos. Sur la photographie, le clocher n’est pas encore érigé. Au début des années 1920, la population d’Asbestos augmente avec l’expansion des activités minières de l’Asbestos & Asbestic Co., qui nécessitent un plus grand nombre de travailleurs. Entre 1923 et 1925, une deuxième église Saint-Aimé sera construite afin de mieux répondre aux besoins des paroissiens.


Acquis en 2013, le fonds d’archives Johns Manville Canada Inc. (P56) est consultable à BAnQ Sherbrooke.



Julie Roy, archiviste-coordonnatrice – BAnQ Sherbrooke

Un commentaire pour “Archives du mois: Les trésors du fonds Johns Manville Canada Inc.”

  1. Très belle photos et commentaires recommandé au membre de ma par

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