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La Corriveau: De la légende à la vérité

18 novembre 2015 par Instantanés | Domaine(s) : Diffusion et mise en valeur

Le 27 octobre 2015, le Musée de la Civilisation annonçait officiellement l’authentification de la cage de La Corriveau. Ce serait donc, bel et bien, dans cette cage que le corps de cette sorcière du folklore québécois fut suspendu pour le meurtre de son mari.

http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/453624/la-cage-de-fer-de-la-corriveau-est-bel-et-bien-authentifiee

L’exposition du corps de La Corriveau dans une cage en fer a marqué l’imaginaire québécois et a donné naissance à la légende. Mais qui était vraiment La Corriveau ?

Marie-Josephte Corriveau est née en 1733 au sein d’une famille d’agriculteurs établis dans la paroisse rurale de Saint-Vallier de Bellechasse. Elle est la fille de Joseph Corriveau et de Françoise Bolduc.

Elle épouse son premier mari, Charles Bouchard, le 17 novembre 1749. Pour ce premier mariage, les parents de Marie-Josephte font don d’une terre aux nouveaux mariés. Tel qu’indiqué dans les registres des insinuations de la Prévôté de Québec :

« Donation d’une terre sise à Saint-Vallier, au village Saint-Jean, avec une charrue garnie; par Joseph Corriveaux (Corriveau) et Marie-Françoise Bolduc, mari et femme; à Charles Bouchard et Marie-Josèphe Corriveaux (Corriveau), leur gendre et fille; la présente donation est passée pardevant maître Fortier, notaire. – 15 novembre 1757 [Document insinué le 21 février 1758] » BAnQ Québec (CR301, P4328).

Son premier époux décède en 1760. Elle se remarie en 1761 avec Louis Étienne Dodier. En 1763, ce dernier est retrouvé mort dans la grange, avec de nombreuses blessures à la tête. Marie-Josephte Corriveau sera accusée du meurtre de son mari. Le procès de La Corriveau débuta le 29 mars 1763. Elle fut condamnée à la pendaison, le 15 avril 1763, et à être exposée dans une cage en fer.

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Transcription de la déclaration de culpabilité de Marie-Josephte Corriveau par la Cour Martiale de Québec, le 15 avril 1763. BAnQ-Québec (P1000,S3,D435).

 

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Transcription de la déclaration de culpabilité de Marie-Josephte Corriveau par la Cour Martiale de Québec, le 15 avril 1763. BAnQ-Québec (P1000,S3,D435).

 

On sait aujourd’hui que le père de Marie-Josephte et son mari, Louis Étienne Dodier, étaient en mauvais terme, tel qu’en témoigne cet extrait du registre du Conseil militaire de Québec :

« Entre Joseph Corriveau, demandeur et le nommé Dodier, défendeur. Le Conseil défend audit Dodier de maltraiter ou injurier le demandeur et le condamne à 12 livres d’amendes applicable à l’Hopital général et aux dépens liquidés à 20 shillings . – 21 avril 1762 » BAnQ Québec (TL9, P4272).


La transcription du procès, provenant de la Collection Centre d’archives de Québec (P1000,S3,D435), peut être consultée à BAnQ Québec.

 

Véronique Gagnon, archiviste – BAnQ Québec

3 commentaires pour “La Corriveau: De la légende à la vérité”

  1. Bonjour,

    Il eût été approprié, il me semble, de mentionner explicitement que le document présenté sur cette page numérique ne constitue pas un fac-similé de la pièce originale.

    Car, sauf erreur de ma part…, la machine à écrire n’était pas encore inventée en 1763.

    Cela étant, je constate fréquemment de petits manquements de cette nature au sein des « Instantanés » que l’on m’achemine par courriel. La qualité de l’expression n’est pas toujours impeccable, non plus.

    Or je pense que les citoyens sont en droit de s’attendre à plus de rigueur de la part du BAnQ.

    Systématiquement.

    Sinon, ça fait pas, mais vraiment pas, très sérieux.

    Merci à la direction du BAnQ (quel affreux acronyme, en passant !) de réfléchir à la question. Et, ce faisant, d’apporter rapidement les correctifs qui s’imposent.

    Il y va de la réputation d’une Institution publique culturelle qui, par définition, doit se montrer d’une crédibilité intellectuelle constante. Et sans failles.

    Merci.

    Jean-Luc Gouin

  2. Bonjour Monsieur Gouin,

    Nous avons bien pris connaissance de vos commentaires.
    Une mention indique désormais qu’il s’agit de transcriptions et non de reproductions de documents originaux.

    Nous vous remercions de l’intérêt que vous portez au blogue Instantanés.

  3. Désolé.
    Mais ce n’est pas clair du tout.

    À la toute fin du texte, vous faites mention d’une transcription. Mais rien ne laisse entendre, ou comprendre, qu’il s’agit bel et bien d’un fac-similé du jugement officiel.

    Ou… d’une retranscription ultérieure.

    Ce n’est pas tragique. J’en conviens.

    Mais la rigueur devrait aller de soi au sein de la prestigieuse institution.

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