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Les débuts rocambolesques de l’éducation à Rouyn-Noranda

16 septembre 2015 par Instantanés | Domaine(s) : Diffusion et mise en valeur

À la suite des découvertes faites par de nombreux prospecteurs, Rouyn et Noranda connaissent une véritable ruée vers l’or dès 1922. À partir de 1925, les chercheurs d’or, qui parcourent le territoire en quête du bon filon, ne sont toutefois plus les seuls dans la communauté dont le développement s’avère plutôt anarchique. Aussi des familles entières, qui veulent retirer des bénéfices d’un tel Klondike, viennent s’installer de façon permanente dans le Far West abitibien. Cette situation fait naître de nouveaux besoins, dont celui d’éduquer les enfants qui accompagnent les familles nouvellement installées dans la région.

La construction de la première école

Récemment arrivé à Rouyn, le curé Albert Pelletier commence à planifier la construction de la première école-chapelle durant l’été 1925. C’est à l’angle des rues Perreault et Galipeault (aujourd’hui l’avenue Larivière) qu’elle sera érigée, là où se trouve actuellement le centre Élisabeth-Bruyère. Étant donné que la scierie la plus proche se trouve à Guérin, les matériaux de construction doivent être acheminés par voie de navigation sur plus de 175 kilomètres.

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Flottage du bois qui a servi à construire la fondation de l’école. Lac Osisko, 1925. BAnQ Rouyn-Noranda, Fonds Société d’histoire de Rouyn-Noranda, série Albert Pelletier. 08-Y,P117,S5,P359

 

La lourdeur des chargements et les intempéries rendent le transport des matériaux long et pénible. D’ailleurs, le convoi sur lequel sont transportées les chaises et la fournaise a dû faire demi-tour aux rapides de l’Esturgeon en raison de la glace qui prenait. C’est par train, en faisant un détour par l’Ontario, que la cargaison arrive à Macamic. De là, elle sera tirée par des chevaux jusqu’à Rouyn. Enfin, la fournaise arrive le 8 décembre 1925… La rentrée scolaire a dû être froide cette année-là !

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L’école Saint-Louis-de-Gonzague, la première de Rouyn, vers 1927. Elle a ensuite été déménagée de l’autre côté de la rue au 330, rue Perreault Est. BAnQ Rouyn-Noranda, Fonds Xstrata Cuivre Canada, Fonderie Horne, série Vavasour & Dick 08-Y,P123,S1,P146

 

L’arrivée des Sœurs grises de la Croix

Il n’y a pas que les matériaux qui ont de la difficulté à se rendre jusqu’aux villes-sœurs: les enseignantes également connaissent quelques péripéties. Durant la nuit du 20 octobre 1925, quatre religieuses de la communauté des Sœurs grises de la Croix quittent Ottawa en avion à destination d’Angliers. Là, elles montent dans une barque qui les mène du lac des Quinze jusqu’au chemin de rondins donnant accès aux rives du lac Osisko, en passant par le lac Rémigny, le lac Barrière, le lac Provencher, le lac Montbeillard, le lac Beauchastel, la rivière Pelletier, le lac Pelletier et le lac Édouard.

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Les quatre sœurs grises de la Croix devant la tente qui a servi d’école temporaire en attendant la fin des travaux de construction de l’école Saint-Louis-de-Gonzague. Rouyn 1926. BAnQ Rouyn-Noranda, Fonds Société d’histoire de Rouyn-Noranda, série Albert Pelletier. 08-Y,P117,S5,P100

 

De son côté, comme prévu, le curé Pelletier part à leur rencontre en compagnie du docteur Linklater. Toutefois, en raison de la tempête de neige qui fait rage ce soir-là, la visibilité est quasi nulle, et le prêtre ne parvient pas à les repérer. C’est finalement les voix qu’il perçoit qui lui permettent de s’orienter. Il a toute une surprise lorsqu’il aperçoit l’embarcation des religieuses échouée dans le sable, sur la berge. Ces dernières sont couchées dans le fond du bateau, enroulées dans des couvertures pour se protéger du froid. L’homme de foi aide l’équipage qui accompagne les sœurs à dégager le bateau, et tous arrivent enfin à bon port, sains et saufs !

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Le curé Pelletier à bord de son embarcation à moteur, sans date. BAnQ Rouyn-Noranda, Fonds Société d’histoire de Rouyn-Noranda, série Albert Pelletier. 08-Y,P117,S5,P418

 

Pour en apprendre plus sur l’histoire de l’éducation en Abitibi-Témiscamingue, visitez BAnQ Rouyn-Noranda, où de nombreux fonds d’archives sont mis à votre disposition pour vos recherches. Vous pouvez également consulter notre site Web pour découvrir une multitude de documents numériques disponibles en ligne.

De plus, BAnQ Rouyn-Noranda conserve une vaste collection de photographies de groupes scolaires dans les fonds Joseph Hermann Bolduc (P124), Eddy Mathon (P169) et Studio Annie & Maurice inc. (P251), qui peuvent être reproduites sur support numérique.

 

Sébastien Tessier, archiviste coordonnateur – BAnQ Rouyn-Noranda

 

La version originale de ce texte a été publié dans l’édition de septembre du journal « L’Indice Bohémien ». Cliquez sur le lien ici-bas pour le consulter:

http://www.indicebohemien.org/chroniques/2015/09/les-debuts-de-leducation-a-rouyn-noranda#.VehXH7G1aHs

Un commentaire pour “Les débuts rocambolesques de l’éducation à Rouyn-Noranda”

  1. Je suis émue de voir ma première école ! Je l’ai fréquentée en première année en1945 ayant Madame Melançon comme « maîtresse ». La deuxième année avec mademoiselle Belhumeur, la troisième avec mademoiselle Lapointe.
    Il n’y avait que trois classes. Je suis allée au couvent des Saints-Anges juste à côté par la suite.
    Merci pour ce beau document.

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