Portail BAnQ Nétiquette
Instantané, le blogue des archivistes.

La vie rocambolesque de Louise Vanasse

29 juillet 2015 par Instantanés | Domaine(s) : Diffusion et mise en valeur

Le Fonds Famille Bourassa (P266) contient les portraits de personnages historiques québécois et de gens ordinaires. On y retrouve entre autres la photographie d’un homme jouant de la flûte, mais qui serait, selon des notes inscrites à l’endos, le portrait de Louise Vanasse.

06M_P266S3SS1P30

Louise Vanasse, vers 1880. BAnQ Vieux-Montréal (P266,S3,SS1,P30). Photographe non identifié.

 

Née en 1805, fille de Louis Vanasse dit Vertefeuille et de Marie Louise Doucet, cette femme était destinée à une vie paisible avec son époux Alexis Pichette. Mais le destin en a voulu autrement : abandonnée par son mari et après la perte de ses deux enfants, Louise Vanasse – qui n’utilisa jamais le patronyme de son mari – quitta son village pour une vie d’aventures, de voyages et de découvertes. Grande et forte, elle n’eut aucune difficulté à trouver un emploi comme matelot à bord d’un steamer (bateau à vapeur) qui reliait Halifax à Liverpool en Angleterre. Habillé comme ses compagnons, nul ne sut pendant les dix-huit années qu’elle vécut sur la mer, qu’elle était femme.

À 66 ans, Louise Vanasse était de retour à Louiseville ; elle vivait seule, pêchait sur les eaux du fleuve Saint-Laurent et le soir, à l’auberge, elle se colletait aux hommes et aimait exhiber sa force en tirant au poignet. Le curé n’aimait pas l’accoutrement de sa paroissienne et tenta de la convaincre de s’habiller comme toute bonne chrétienne. Louise ne céda qu’en partie : elle accepta de porter la jupe, mais uniquement sur son pantalon !

Louise, elle s’éteignit en 1890 à l’âge très respectable de 85 ans après avoir vécu la vie qu’elle désirait, une vie pleine d’aventures et de découvertes. Et bien qu’il ne reste de sa vie que cette photographie, elle a laissé assez d’éléments pour intéresser un écrivain, un cinéaste ou un dramaturge, qui sait ?

 

Denyse Beaugrand-Champagne, archiviste de référence – BAnQ Vieux-Montréal

6 commentaires pour “La vie rocambolesque de Louise Vanasse”

  1. Tres interessant

  2. Excellent article qui m’a fait découvrir une personnalité pittoresque. Ce serait sûrement intéressant de faire une expo autour des femmes « fortes » du passé, qui malgré les revers, ont su vivre une vie hors des sentiers traditionnels. Merci.

  3. Merci pour cet excellent article et pour la photo. J’ai une photo de mon arrière-arrière grand-mère Zoé Vertefeuille,née en 1828. J’imagine qu’elles sont de la même lignée et cela m’encourage à continuer mes recherches.

  4. Bonjour,
    Merci de ce partage! Michèle Gélinas, professeur d’histoire au Collège de Maisonneuve en parle dans son livre « Ma voisine dérange, portraits de femmes d’un autre siècle » (Les Éditions GID). Amusantes histoires de femmes hors du commun.
    Aucun lien de parenté (proche) avec moi même si on possède le même patronyme.

  5. Et bien, d’après la généalogie que mon grand-père, Samuel Vanasse, avait faite sur notre famille; nôtre ancêtre, NICOLAS VANASSE dit Vertefeuille, serait le frère de LOUIS (père de cette femme Louise dont vous avez écrit ce récit) nés du mariage, en 1728, de Nicolas Vanasse et Marguerite Poitiers… Ils avaient aussi 2 autres soeurs, Marie-Geneviève et Marie-Josette et un autre frère nommé François…

    Passionnante cette histoire que je ne connaissais pas mais nullement surprise de ce qu’a pu être cette femme car si je me fie aux Vanasse d’aujourd’hui que je connais et en étant moi-même une, nous avons, comment dire, du «caractère» (rires) !!!

    Merci beaucoup pour cette information ! 🙂

    Marielle Vanasse,
    sixième fille de François-Noël Vanasse et Élizabeth Grégoire

  6. Très intéressant.mon arrière grand-mère Virginie Vanasse et j’ai aussi comme ancêtre NICOLAS VANASSE dit Vertefeuille, serait le frère de Louis (père de Louise dont vous avez écrit le récit) nés du mariage, le 30 mars 1728, de Nicolas Vanasse dit Vertefeuille et Marguerite Poitier

Laissez un commentaire




© Bibliothèque et Archives nationales du Québec