Pauline Julien, de comédienne à chanteuse

Pauline Julien, Photographe : Antoine Desilets
Pauline Julien, [197-]. BAnQ Vieux-Montréal. (P697, S1, SS1, SSS04, D096). Photo : Antoine Desilets

« … je me suis mise il y a quelques mois à chanter et à orienter une partie de mon temps et travail, dans ce sens (je reste aussi comédienne)…», écrit Pauline Julien au compositeur Gabriel Charpentier en septembre 1954. Elle poursuit : « Cet été nous sommes partis en tournée avec la Cie Bernard Bimont… et durant un mois à l’Ile de Ré… j’ai débuté dans la chanson réaliste dite attraction au programme. Une émotion, une sensation aigue du public, une partie à gagner – ça été vachement intéressant… et on m’a dit qu’il y avait vraiment quelque chose à faire, à continuer…» (p. 1)

Dans cette longue et révélatrice lettre, Pauline Julien décrit le « costume » qu’elle porte sur scène (« espadrilles noires, corsaire rayé noir et blanc, pull noir et col blanc »), demande à Gabriel Charpentier s’il aurait « le goût de [lui] faire de la musique » puisqu’elle a « des camarades, dont Roland Giguère, qui ont le goût d’écrire pour [elle] » (p. 2) et mentionne des projets au théâtre. « du travail dans un Pirandello … peut-être un Lorka. C’est la course au boulot. » (p. 3). Enfin, elle énumère des chansons de son répertoire : « Paris canaille… La rose blanche… Les bancs publics » (p. 4).

Cette missive de la jeune comédienne fonceuse et fougueuse, qui voit encore sa vie dans le théâtre, témoigne d’un moment déterminant, soit une tournée pendant l’été 1954, dans la carrière de celle qui va devenir la chanteuse engagée qu’on a surnommée « la pasionaria du Québec ».

En plus des lettres de Pauline Julien contenues dans le fonds Gabriel Charpentier (P873), BAnQ Vieux-Montréal conserve les fonds d’archives de Pauline Julien (MSS419) et de son compagnon, Gérald Godin (MSS464).

Pour en savoir plus :
Lettre de Pauline Julien à Gabriel Charpentier, 11 septembre [1954] , BAnQ Vieux-Montréal. (P873, S3).

Marthe Léger, archiviste, BAnQ Vieux-Montréal