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Les donations de fermes, l’exemple de la famille Langlois de Neuville

11 septembre 2014 par Instantanés | Domaine(s) : Diffusion et mise en valeur

Parmi la dizaine de producteurs de maïs membres de l’association des producteurs de maïs sucré de Neuville, la ferme Langlois peut se targuer de cultiver ses terres bordant le fleuve Saint-Laurent depuis pas moins de 11 générations consécutives.

En effet, depuis l’arrivée de Nicolas Langlois en sol de la seigneurie de Pointe-aux-Trembles, fils et petits-fils se sont relayés à l’exploitation du domaine familial en acquérant par voie de donation ces terres. Qualifié « d’ancêtre de la pension de vieillesse » par l’auteur Renaud Santerre, spécialiste de la question des donations, ce mode de transmission était un moyen très fréquemment utilisé par nos ancêtres afin d’assurer la survie des parents vieillissants en l’absence de sécurité financière garantie par l’état.

Les donations sont intéressantes, car elles présentent de manière très précise le patrimoine physique qui sera transmis aux donataires, mais également les obligations de ces derniers. Tout cela se fait du vivant des donateurs, qui « se donnent », littéralement, aux donataires. Tout y passe, de la corde de bois, aux quantités de viande et d’épices à fournir, en passant par les bons soins à procurer et les messes basses à faire célébrer à leur décès.

Par exemple, la donation en date du 15 octobre 1704 devant le notaire Chambalon de Québec entre Nicolas Langlois, père, se donnant à son fils, Nicolas Langlois, stipule que le donataire devra en plus de « nourrir, laver, blanchir et entretenir son dit père de tout ce qui luy sera nécessaire tant sain que malade », fournir au donateur « vêtements, linge et choses à son usage » de même que « vingt cinq minots de blé fromant et un cochon gras par chacun an jusqu’au jour de son décès».

La précision avec laquelle ce type d’acte notarié est rédigé fait en sorte qu’il nous est possible à sa simple lecture de juger du niveau de vie, mais également du mode de vie impliqué par un tel acte. N’oublions pas que le couple donataire se voit bien souvent dans l’obligation de vivre en « colocation » avec le couple donateur jusqu’au décès de ces derniers! À cet effet, les donations prévoient aussi ce qui en arrivera en cas d’incompatibilité d’humeur; « Il luy sera en ce cas permis de se retirer dans une petite maison qui est sur la dite terre ».

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Donation de Nicolas Langlois à son fils Nicolas Langlois, Notaire Louis Chambalon 15 octobre 1704, BAnQ-Québec (CN301,S58)

 

Sylvie Bédard, archiviste – BAnQ-Québec

 

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Savez-vous que….

 

BAnQ possède 2808 greffes de notaires répartis à travers ses 10 centres d’archives. 1322 greffes ont été jusqu’à ce jour numérisés, dont 282 avec les actes, et disponibles sur la collection numérique. Plusieurs donations sont disponibles dans ces greffes.

 

 

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