Les conventions collectives : baromètre de l’évolution des conditions de travail au Québec

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Extrait de la convention collective de la Johns Manville Company Limited d’Asbestos avant la grève du secteur de l’amiante en 1949 (Convention collective de la Canadian Johns Manville Company Limited, 1 févier 1946. BAnQ Québec, fonds du ministère du Travail (E24, 1984-02-008/8).

Les relations de travail occupent une place importante dans l’histoire socio-économique du Québec contemporain. Il est, entre autres, possible d’étudier leur évolution à travers les législations adoptées par le gouvernement du Québec, mais également en consultant les conventions collectives signées entre les employeurs et les syndicats de travailleurs.

En effet, les conventions collectives offrent un important potentiel de recherche en ce qui a trait à l’étude des conditions de travail au Québec. Leur examen permet aisément aux chercheurs et aux historiens de tracer l’évolution des conditions de travail des employés d’une entreprise en particulier ou d’un regroupement d’entreprises identifié à un secteur commercial, industriel ou professionnel. D’une durée d’application minimale d’un an, mais habituellement négociées pour une période de trois ans, les conventions collectives offrent une multitude de renseignements concernant les salaires, les vacances, les jours fériés, les régimes de retraite, les congés parentaux, les horaires, les assurances collectives, les droits syndicaux et les mouvements de main-d’œuvre.

Les conventions collectives tirent leurs origines de la Loi des relations ouvrières adoptée, en 1944, par le gouvernement libéral d’Adélard Godbout. Ce nouveau cadre législatif québécois en matière de relations de travail consent aux travailleurs québécois le droit de se regrouper en syndicat et de négocier, par l’intermédiaire de leurs représentants, des contrats de travail collectifs. Dans le contexte ouvrier de l’époque, où les patrons se considèrent comme rois et maîtres, cette nouvelle loi vient rééquilibrer le rapport de force entre les travailleurs et les employeurs puisqu’elle oblige dès lors les patrons à négocier de bonne foi les conditions de travail de leurs employés. La Loi des relations ouvrières peut être considérée comme la pièce maîtresse des transformations des relations de travail au Québec. Elle est de plus à l’origine du Code du travail du Québec adopté vingt ans plus tard et que nous connaissons aujourd’hui.

Acquis par versements réguliers du ministère du Travail depuis 1976, BAnQ Québec conserve et met à la disposition des chercheurs une série de conventions collectives de travail pour la période s’étendant de 1935 à 2002.

Les conventions collectives sont des documents publics et accessibles à tous les citoyens.

Intéressés par les conventions collectives, visitez le Fonds du ministère du Travail du Québec.

Jacques Rouillard, Ph., Professeur titulaire et spécialiste de l’histoire des travailleurs et du syndicalisme au Québec – Département d’histoire de l’Université de Montréal et Jean-Alexandre Charland, Archiviste – BAnQ Québec.