Portail BAnQ Nétiquette
Instantané, le blogue des archivistes.

La conservation des photographies analogiques : savoir reconnaître certains supports.

24 avril 2014 par Instantanés | Domaine(s) : Préservation et conservation

06M_Daguerreotype

L’image d’un daguerréotype change du positif au négatif selon l’angle de vue. Source inconnue.
____________

L’histoire de la photographie est riche. Selon les époques, les différentes techniques de production d’images ont créé plusieurs types de photographies qui commandent des moyens de préservation propres à chaque procédé utilisé.

Sans être un spécialiste de l’évolution technique de la photo, l’archiviste doit néanmoins savoir reconnaître les différents supports photographiques afin de bien les décrire et d’appliquer les bons moyens de conservation pour en assurer la pérennité. Cela est d’autant plus vrai que ces documents d’archives sont parmi les plus fragiles compte tenu de leur composition chimique et physique particulière. Leur détérioration est souvent irréversible, aussi faut-il bien en planifier la préservation.

À cet égard, le contrôle des facteurs de détérioration externes est essentiel. Ainsi, la température, l’humidité relative et la luminosité seront contrôlées en fonction de chaque type de support et des mesures de prévention, telle une manipulation adéquate, seront mises en œuvre. L’UNESCO met à la disposition de tous sur son site Internet un document résumant les bonnes pratiques en termes de préservation d’archives photographiques. À la page six, un tableau propose des normes pour maintenir un environnement de conservation optimal à ces types de documents.

06M_P34S5P60

Ambrotype d’un homme tenant un enfant, [vers 1870]. BAnQ Vieux-Montréal (P34,S5,P60).
____________

Parmi les photographies les plus anciennes et susceptibles d’être retrouvées dans un fonds d’archives, mentionnons les daguerréotypes (1839-1860), les ferrotypes (1853-1890) et les ambrotypes (1854-1880). Les trois sont des images obtenues par procédé positif direct, c’est-à-dire des images en copie unique et non reproductibles. D’abord l’apanage de la bourgeoisie et très en vogue au 19e siècle, on les retrouve fréquemment sous forme de portraits d’individus.

Au premier abord, l’archiviste peut reconnaître ces trois types de photographies selon leur support. Les daguerréotypes se présentent sur plaque de cuivre polie, recouverte d’une couche d’argent; les ferrotypes, moins coûteux que les précédents, sont constitués de plaques de fer ou de zinc; enfin les ambrotypes utilisent le verre blanchi comme matrice.

Les daguerréotypes et les ambrotypes se présentent le plus souvent sous le format de 8.3 x 7 cm et sont scellés dans des coffrets de bois ouvragé. Une vitre protège l’image des manipulations qui les abîmeraient irréversiblement. On distingue le premier du second par le reflet caractéristique du daguerréotype qui fait passer les couleurs de l’image du positif au négatif selon l’angle de vision de l’observateur. Quant à l’ambrotype, l’image apparaît en positif uniquement si elle est disposée sur fond noir.

06M_P186S7P1

Ferrotype montrant une femme assise, [vers 1880]. BAnQ Vieux-Montréal (P186,S7,P1).
____________

D’un ton gris-sombre, le ferrotype se présente quant à lui généralement dans un simple passe-partout en papier. Lorsqu’il en est dépourvu, on remarque son contour irrégulier qui le caractérise.

Pour conserver ces pièces uniques, voici quelques conseils utiles. Tout d’abord, il est impératif de ne jamais toucher leur surface, surtout les daguerréotypes dont l’émulsion est particulièrement sensible. On doit les conserver dans des pochettes en papier ou en plastique neutre (tel le polyester communément appelé Mylar) lesquelles seront rangées à la verticale dans des boîtes les protégeant de la lumière. En ce qui concerne les ferrotypes, bien qu’ils soient rigides et moins fragiles que les ambrotypes et daguerréotypes, il faut tout de même les protéger des pliures possibles en insérant un morceau de coroplaste comme support à l’intérieur de la pochette en Mylar. Enfin, le port des gants de coton ou de latex non poudrés est obligatoire en tout temps.

.

.

Julie Fontaine, archiviste, BAnQ Vieux-Montréal

2 commentaires pour “La conservation des photographies analogiques : savoir reconnaître certains supports.”

  1. Bravo ! Très intéressant !

  2. Le lien vers le tableau de l’UNESCO ne fonctionne plus.

Laissez un commentaire




© Bibliothèque et Archives nationales du Québec