Des lycéens à l’esprit vif et curieux s’initient aux archives

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Élèves du Lycée Claudel consultant des documents d’archives à BAnQ Gatineau, 13 mars 2014. Banq Gatineau. Photographe : Marc St-Jacques.

Ce billet est né en préparant une visite pour un groupe de vingt-trois lycéens de quinze ans.  En préparant cette activité de diffusion, il y avait ce petit quelque chose qui stimulait toute l’équipe, faisant ainsi vibrer notre fibre d’archiviste, c’est-à-dire cette flamme qui nous anime lorsque nous parlons de notre travail. Et pour cause, nous n’en étions pas à notre première expérience avec les élèves du Lycée Claudel.

Grâce à l’engagement de ses enseignants en histoire et en français, qui œuvrent en complémentarité pour atteindre des objectifs pédagogiques communs, nous savons que ces rencontres sont certes l’occasion de transmettre nos connaissances et de sensibiliser un jeune public au patrimoine archivistique, mais aussi – et c’est encore mieux, dirais-je – une façon de partager notre fierté et notre passion pour les archives.   

Cette collaboration s’est concrétisée en deux temps, soit d’une part, par le biais de trois séances de travail d’une journée aux archives et, d’autre part, via notre participation, à titre d’observateurs, à la présentation des projets de recherche. Plus familiers avec les bibliothèques, les visites aux archives plongent les élèves dans cet environnement de travail qu’ils découvrent souvent pour la première fois. Au fil des visites ils apprivoisent les lieux, y trouvent leur place, apprennent à maîtriser les outils de repérage et de réquisition des archives pour finalement atteindre leur objectifs : voir et toucher de vieux documents. C’est l’occasion parfaite pour nous, archivistes, de présenter les archives, de faire connaître le rôle d’un service d’archives et de démystifier le travail des spécialistes.

Avec la complicité des enseignants, nous nous immisçons dans le projet pour y ajouter une autre dimension, non plus celle de l’utilisateur, mais celle des coulisses du travail archivistique d’acquisition, de traitement, de conservation et de diffusion. La première visite vise à initier et à faire découvrir l’univers des archives. Ô surprise ! Nos novices de l’archivistique se sont bien préparés. C’est muni d’un questionnaire préalablement élaboré en classe qu’ils se présentent devant nous, attendant avec impatience des réponses. Pendant près de deux heures, en parcourant notamment les aires de recherche, le dépôt et la salle de traitement, les questions fusent de toutes parts. Il y a bien sûr les questions classiques portant sur ce que sont les archives ou sur la date du document le plus ancien que nous conservons, mais, aussi, des interrogations sur la provenance des archives, leur accessibilité ou le droit des archivistes à détruire des documents. Cette petite bande de futés semblait ainsi saisir l’essence de notre travail. Un véritable délice pour nous! Qui a dit que les adolescents ne s’intéressaient pas aux archives ?

La seconde visite en était une d’incursion dans le travail de l’archiviste. Bénéficiant encore une fois de la complicité des enseignants qui ont bien voulu servir de cobayes à notre expérience, nous avons exploré la description archivistique et expliqué son importance pour la diffusion. À la troisième visite, ils eurent de ce fait tout leur temps pour consulter, manipuler, déchiffrer et interpréter les documents d’archives propres à inspirer leur thème de recherche. 

Prochain rendez-vous, fin mai, pour une visite du lieu historique du ruisseau de la Brasserie, animé par les élèves. Histoire à suivre…      

 

Nathalie Gélinas, Archiviste-coordonnatrice – BAnQ Gatineau