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Qui êtes vous? Normand Brathwaite sur les traces d’Oxford Brathwaite

23 novembre 2013 par Instantanés | Domaine(s) : Diffusion et mise en valeur, Généalogie et histoire familiale

Extrait d'un plan d'assurance incendie montrant la rue Albert, où a vécu Oxford Brathwaite. Vol. 2, Mai 1945.

Extrait d’un plan d’assurance incendie montrant la rue Albert, où a vécu Oxford Brathwaite. Vol. 2, Mai 1945.
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Les cartes géographiques sont de précieuses sources pour la recherche généalogique. Ces documents permettent non seulement de localiser une ville, un village, un cours d’eau, un comté, mais parfois aussi la terre ou l’habitation d’un ancêtre et son environnement immédiat. Il y a, parmi les collections de BAnQ, toutes sortes de cartes du territoire québécois à des échelles variées. Mais c’est probablement le type de document connu sous l’expression « plans d’assurance-incendie » qui intéressera particulièrement les généalogistes. Ces plans, que l’ingénieur Charles Goad produit à partir des années 1870, répondaient à un besoin bien précis: mieux évaluer les risques d’incendie, d’où le nom qu’on leur a attribué. Destinés aux compagnies d’assurances, ils faisaient connaître l’environnement des bâtiments assurés, à une époque où les incendies étaient encore fort nombreux. D’une précision remarquable, ils ont été tracés à une échelle suffisamment grande pour montrer la disposition et les dimensions des bâtiments. Ils fournissent également toutes sortes de renseignements utiles: matériau de construction et revêtement extérieur, nombre d’étages, forme du toit, etc. Les plans présentent aussi l’adresse, le découpage cadastral et parfois les noms des commerces et des industries occupant les édifices, ainsi que ceux de leurs propriétaires. Des centaines de villes et de villages du Québec ont ainsi été cartographiés entre les années 1870 et 1970, au fil des besoins, depuis Amos à Yamachiche en passant par Louiseville, Saint-Apollinaire, Montréal et Québec.

Maisons ouvrières de la rue Beaudoin dans le quartier Saint-Henri, août 1945. Centre d'archives de Montréal (P48,S1,P11908). Conrad Poirier.

Maisons ouvrières de la rue Beaudoin dans le quartier Saint-Henri, août 1945. Centre d’archives de Montréal (P48,S1,P11908). Conrad Poirier.
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Parti à la recherche de ses ancêtres dans le cadre de l’émission Qui êtes-vous? et avec la complicité de notre collègue archiviste Denyse Beaugrand-Champagne, Normand Brathwaite a ainsi pu découvrir toute l’utilité de ces plans. Après avoir consigné (grâce aux annuaires Lovell) les adresses de résidence successives de son grand-père Oxford Brathwaite, il a été possible de repérer les habitations sur la carte. Une recherche minutieuse a permis d’apprendre qu’il a passé l’essentiel de son existence dans les quartiers Saint-Joseph, Sainte-Cunégonde et Saint-Henri à Montréal, aujourd’hui dans l’arrondissement Le Sud-Ouest. Le premier logement répertorié se trouvait au 563, rue Albert. Oxford vivait dans un hangar en bois, sûrement dans des conditions de vie déplorables, collé sur le chemin de fer et à quelques pieds d’une « wagon shop ». On imagine mal la quiétude des lieux à l’époque. Depuis lors, les rails ont été enlevés. La rue Albert a été rebaptisée avenue Lionel-Groulx, le hangar et les autres habitations du secteur ont été détruits.

En 1923, Oxford déménage non loin vers le nord, dans la ruelle Marmette, près de la rue des Seigneurs. Et là encore, plus rien n’existe de l’environnement bâti de l’époque, à l’exception du bain public Hushion, particulièrement salutaire dans un quartier ouvrier des plus densément peuplés au pays (et où le taux de mortalité était parmi les plus élevés). Oxford a beaucoup déménagé par la suite, mais toujours dans les environs, les quartiers du sud-ouest de Montréal, au contrebas de Westmount, sur les rues Notre-Dame, Saint-Ferdinand, Collège et Saint-Philippe. Plusieurs des édifices de l’époque étaient en bois. Aujourd’hui disparus, ils sont encore présents dans le souvenir qu’en ont gardé certaines personnes. Mais plus sûrement, ce paysage urbain ouvrier est consigné sur des plans précieusement conservés dans les réserves de BAnQ.

Jean-François Palomino, cartothécaire – Centre de conservation

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